«C’est une expédition punitive.»L’analyse de Béatrice Curvale, présidente du tribunal correctionnel de Foix, est partagée par François Hébert, vice-procureur de la République.
Raphaël, Frédéric et James, entre les 28 et 29 novembre, puis dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, ont poursuivi Mohamedjusqu’au domicile de sa belle-famille, Malik et Cindy — son beau-père et sa copine, dans les rues de Laroque-d’Olmes.
Une fois arrivé chez Malik, après avoir proféré à plusieurs reprises des menaces de mort («On va te tuer»), le trio a causé des dégâts importants sur la porte d’entrée et sur un volet roulant, notamment avec une batte de baseball, puis a «gazé» avec une bombe lacrymogène les trois victimes.
Dans son box, James reconnaît avoir cassé un carreau avec une batte de baseball, mais de façon involontaire, assure-t-il : «J’ai toqué à la porte, mais un peu trop fort sur le carreau». Frédéric, lui, ne reconnaît qu’un «coup de gazeuse» sur Mohamed, et uniquement pour les faits du début de semaine : «Je n’étais pas là avant». Raphaël, enfin, avoue seulement avoir poursuivi Mohamed.
Pour le magistrat du ministère public, les trois prévenus font preuve de «mauvaise foi» en minimisant ce qui, à ses yeux, constitue des violences «insupportables».
Pour mettre un coup d’arrêt à leurs agissements délinquants — Raphaël est récidiviste et tous ont déjà eu affaire à la justice— François Hébert requiert un mandat de dépôt et des peines de prison ferme : neuf mois contre James (condamné, mardi, à trois mois de prison ferme dans une autre affaire), et douze mois contre Frédéric et Raphaël.
La juridiction ordonne un mandat de dépôt et condamne James à six mois ferme ; Raphaël et Frédéric écopent de neuf mois de détention.
Mardi soir, les policiers débarquent dans un foyer pour femmes d’Argenteuil. Pendant la perquisition, la police se serait lâchée : « C’est du gâchis [de porter le voile]. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée ». A StreetPress, Célia raconte sa soirée.
Argenteuil, mardi 8 décembre, 20 heures. – « Police ! Police ! » Célia, 20 piges est tranquillement posée dans sa chambre, en train d’envoyer des SMS quand elle entend des cris et des coups portés dans la porte du foyer. Les forces de l’ordre déboulent en trombedans ce foyer pour femmes en grande précarité, géré par l’asso muslim Baytouna.
Quelques secondes plus tard, une quinzaine de policiers cagoulés, casqués pour certains, grimpent 4 à 4 les marches qui mènent à la chambre de Célia, seule ce soir-là dans le foyer. Arrivé à l’étage,un homme en bleu braque son arme dans sa direction. Les agents lui auraient intimé l’ordre de se mettre face au mur et lui arrachent son téléphone. Célia s’exécute :
« Je n’ai pas eu le temps d’enfiler mon Jilbab [un grand-voile islamique qui couvre la tête et le corps, ndlr], heureusement que j’étais habillée d’une robe dotée d’un voile intégré. J’ai pu me couvrir rapidement. »
Pendant près de 2h30, les forces de l’ordre retournent la maison. Célia nous raconte sa sale soirée et, elle l’assure, émaillée de commentaires sexistes et islamophobes. Car comme l’explique lui-même un agent, ils disent « ce qui leur passe par la tête ». Et c’est gratiné :« coquine », « bien gaulée », « tu as l’air con »…
Perquisition et fouille au corps
Dans sa chambre, Célia est fouillée minutieusement par une policière. « Ils m’ont palpée à plusieurs reprises et m’ont arraché mon voile. » La situation est tendue :
« Ils se demandaient entre eux en criant “ y’a d’autres personnes? “ Je me suis retournée pour leur répondre que non, mais un policier m’a crié : “ face au mur “, en me poussant afin que je plaque bien ma tête contre la paroi. Sa collègue appuyait fortement sur mon dos afin que je reste immobile. »
Dans le pavillon, c’est le grand ménage de printemps : les affaires des 7 occupantes sont jetées au sol et 4 portes, fermées à clef, enfoncées à coup de bélier. Le contenu des ordinateurs et des téléphones portables est copié.
Ambiance café du commerce
Pendant que les policiers jouent les fées du logis, Célia est conduite au rez-de-chaussée. 3e fouille au corps. D’un ton plus léger, la policière tient à préciser : « Je fais ça car c’est mon métier, je préfère vous le dire pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. » Célia esquisse un sourire. Quelques flics entament la conversation. Sur un ton badin, ils auraient enchainé les punchlines :
« C’est du gâchis. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée, vous pouvez vous en sortir ! »
Une autre policière, plus virulente, se serait lancée dans des commentaires sur la femme musulmane, forcément « soumise »: « Combien de femmes se sont battues pour leurs droits! Pourquoi vous portez le voile? » Célia commence à perdre patience et lance « qu’est-ce que ça peut vous faire ? » en guise de réponse :
Dans la pièce, c’est ambiance café du commerce.Le commissaire fait son entrée et aurait lancé en guise de vanne, à sa collègue : « Tu n’es pas encore convertie? » Et d’enchaîner : « Le commissaire m’a dit de toute façon, tu ne peux pas être à la fois policier et musulman, ce n’est pas possible. » Puis une autre :
« – Je suis sûr que t’es une petite coquine. – Pourquoi vous dites ça ? – Je dis ce qui me passe par la tête… »
22h30, la police plie bagage. « Au revoir, bonne soirée ! », lance sans rire un agent. Pour Virginie, co-fondatrice de l’asso, cette perquis’ va laisser des traces :
« C’est vraiment dur pour les filles, ce sont des femmes qui n’ont presque rien et le peu qu’elles ont, elles l’ont chez Baytouna. Et là ils ont tout saccagé ! Mais on reste combatifs, d’autant qu’on a reçu de nombreux soutiens de gens de toutes les confessions. Nous, on ne veut pas opposer les religions. »
La chambre de Célia après le passage de la police :
Pour avoir martyrisé son enfant de quatre ans, mort des suites de violences répétées, une mère a été condamnée jeudi soir à Pau à 20 ans de réclusion criminelle et son ex-compagnon à 30 ans de la même peine par la Cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques.
Diana Codassé et Matthieu Mayont été condamnés par les jurés de la Cour d’assises pour avoir exercé en septembre 2013 à Pau des violences répétées ayant entraîné la mortsans intention de la donner sur Killian, le fils de Diana Codassé, âgé de 4 ans et demi.
Le petit garçon avait succombé en septembre 2013 à un oedème cérébral majeur à l’hôpital de Pau où il avait été admis dans un état extrêmement grave. L’enfant avait été soumis durant de longues heures à des violences répétées, des coups, des bousculades et coups de ceinture, un véritable calvaire pour le petit garçon.
Les gendarmes sarthois ont interpellé un homme ce mardi 8 décembre dans le cadre de l’enquête sur la bouteille incendiaire lancée dans la mairie de Mamers.
Placé en garde à vue, cet homme domicilié à Mamers est déjà connu par les services de gendarmerie pour des faits de délinquance. Il a été interpellé dans le cadre de l’affaire de la bouteille incendiaire jetée, mercredi 2 décembre vers 19 h, dans le hall du bâtiment qui abrite les services de la mairie et de la sous-préfecture.
Rappelons qu’une réunion se tenait dans la salle du conseil municipal au moment de l’incident.Les forces de l’ordre avaient alors découvert les restes d’une grande bouteille de bière flanqués à l’intérieur d’un torchon imbibé de carburant.
Un témoin avait vu un individu s’enfuir juste après. Il s’agissait d’un homme de type européenet de taille moyenne. Les gendarmes n’avaient alors pas réussi à mettre la main dessus.
Mickael, 24 ans, comparaissait pour violences volontaires avec usage d’une arme et sous l’emprise de l’alcool. L’invité est un proche de la belle famille de l’hôte. Pour une raison, là encore difficile à connaître, le jeune homme a mis un coup de poing à son aîné. Ce dernier a rétorqué en lui donnant un coup de tête puis il est sorti de la caravane. Il a, alors, reçu deux coups de couteau dans le dos, avant de s’écrouler face contre terre, tandis que son agresseur continuait de le frapper avec sa lame. On compte sept coups de couteau provoquant une plaie profonde au niveau du thorax et une autre qui a frôlé l’artère pulmonaire. «À un centimètre près, la victime y restait», a rappelé la présidente du tribunal.
«Ce n’est pas lui»
Premier rebondissement de cette audience : le prévenu a nié les faits… qu’il avait, pourtant, reconnus lors de sa garde à vue au commissariat et devant les juges lors de sa première convocation le 24 novembre (la comparution immédiate avait été renvoyée).
Le deuxième coup de théâtre est venu de la victime : «Je ne suis pas sûr que ce soit lui», a affirmé le quinquagénaire en désignant le prévenu. Et d’ajouter : «On s’est battu, oui mais les coups de couteau ce n’est pas lui, c’était quelqu’un de plus foncé», évoquant une seconde bagarre, qui sortait de nulle part, avec «des Maghrébins». Des déclarations inédites qui ont créé la stupéfaction dans la salle… Enfin surtout chez les avocats et magistrats.
«Monsieur a été victime de pressions venant de la famille du prévenu, c’est évident», a souligné la procureure.
Mickaël a été reconnu coupable et restera en détention. Il a été condamné à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de trois ans.
A l’origine de l’altercation des insultes à caractère raciste.Telle est la version livrée par plusieurs témoins de la scène dimanche 6 décembre, à Aincourt.
Des chasseurs s’en sont violemment pris à un jeune de 21 ans qu’ils ont passé à tabac après l’avoir injurié sur son ses origines présumées.Ils ont ensuite roulé au volant de leur 4×4 sur son copain de 17 ans au terme d’une course-poursuite dans les rues du village. Trois des agresseurs, âgés de 19, 31 et 49 ans, ont été interpellés.
L’affaire commence dans un café-restaurant du village vexinois. Après la battue, six chasseurs se retrouvent vers 17h30 au comptoir pour boire un verre.
Des témoins racontent :
Ils étaient déjà alcoolisés en entrant dans le bar. Plusieurs d’entre eux étaient sortis fumer lorsqu’un jeune client habitué des lieux est entré. Les chasseurs sont revenus à l’intérieur et ils l’ont traité de sale Arabe. Il n’est même pas Maghrébin, il est français de père italien»
Le ton est alors monté entre les six chasseurs et le jeune de 21 ans rejoint par un ami, qui l’attendait jusque là à l’extérieur. Des clients se sont interposés et ont tenté de calmer les chasseurs qui auraient insulté à plusieurs reprises les jeunes. Ces derniers sortis, ils sont rattrapés par l’un des hommes violents désirant en découdre.
Une cliente du bar précise :
Il leur a sauté dessus mais les jeunes se sont défendus. Les autres sont alors sortis et les ont roués de coups. Ils continuaient à les frapper alors qu’ils se trouvaient au sol. J’ai tenté de m’interposer mais je n’ai rien pu faire. Puis j’ai alerté les pompiers. »
Au volant de leur 4×4, ils percutent les deux jeunes à Mobylette
Les victimes réussissent à s’extirper et à prendre la fuite sur la Mobylette d’un de leur copain qui passait par là. Dans une chasse à courre urbaine, avec un 4×4 en lieu et place des montures, trois chasseurs se lancent à la poursuite de leurs proies.
Au cours de la folle chevauchée, l’un des fuyards descend du deux-roues pour filer se réfugier dans les bois. Les deux autres à Mobylette sont rattrapés par les chasseurs à hauteur de l’hôpital.«Ils ont accéléré et les ont percutés par l’arrière pour les faire tomber.»
Là, le conducteur du 4×4 a roulé sur une jambe du conducteur de la mobylette. Pris en charge par les secours, le jeune homme ne souffre toutefois pas de fracture. Il s’est tout de même vu prescrire cinq jours d’Itt. Son camarade, insulté et tabassé présente, lui, un nez cassé.
Les gendarmes ayant été alertés, ils ont ramené le calme et interpellé les trois chasseurs qui étaient sous l’emprise de l’alcool dont le conducteur du 4×4 âgé de 19 ans. Par ailleurs, les enquêteurs ont récupéré les images filmées par les caméras de vidéosurveillance du café-restaurant afin d’identifier l’ensemble des auteurs de l’agression. D’autres individus présents au moment des faits pourraient ainsi être interpellés.
Il a déjà été condamné à trois reprises pour des violences mais n’a semble-t-il toujours pas pris la pleine mesure de ces condamnations. David était hier dans le box des prévenus, jugé en comparution immédiate. Ce samedi, vers 22 h, les gendarmes sont intervenus au domicile maternel, à Malleloy, pour « un différend familial ».
La maréchaussée a interpellé le fils alors qu’il était fortement alcoolisé, qu’il avait tenté de donner un coup de poing à sa mère, lui avait craché dessus et avait renversé tous les meubles du salon. L’arrestation n’a pas été de tout repos. Les gendarmes ont essuyé des insultes et le jeune s’est rebellé. Il a même balancé un crachat sur un gendarme.
David, 21 ans, a arrêté ses études en classe de troisième et, depuis, vit aux crochets de sa mère, qui habite seule. Il ne travaille pas, passe visiblement son temps à s’alcooliser. « Et si elle ne vous donne pas d’argent, vous l’insultez, la frappez ».
La remarque ne suscite absolument aucune réponse. En fait, durant les trente minutes d’audience, David va demeurer mutique.
Le tribunal suit les réquisitions : 8 mois dont 2 avec SME et maintien en détention.
Ce mercredi 9 décembre, le Parti socialiste s’insurge contre cette figure de l’extrême droite française. La raison ? Des messages postés sur Twitter dans lesquels le leader des mouvements Troisième Voie et Jeunesses nationalistes révolutionnaires explique, très sérieusement, que l’avenir de François Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis pourrait bien ressembler à celui de… Mouammar Kadhafi.
Dans son communiqué, le PS dénonce des menaces de mort proférées par ce « soutien du Front national ». Le parti ajoute :
Faut-il rappeler à M. Ayoub que la menace de mort et l’incitation à la violence sont des délits graves punis par la loi ?
Serge Ayoub se sent-il peut-être autorisé à piétiner les lois de la République ? Et révéler ainsi du même coup le véritable visage de l’extrême-droite.Celle qui, loin d’accepter le pluralisme politique, la démocratie ou même l’Etat de droit, préfère l’intimidation, la violence et la haine.
Le message en question, le voici :
Hollande, Valls & Cambadelis devraient comprendre que le vrai danger pour eux c’est pas le FN, mais de finir comme Khadafi.
On rappellera ici que Mouammar Kadhafi a été tué le 20 octobre 2011, après avoir été capturé et lynché par des rebelles libyens. C’est donc un sort semblable que Serge Ayoub imagine pour François Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis. Et, pour être bien sûr de se faire comprendre, l’ancien leader d’extrême droite a posté, peu après, une photo de guillotine.
« Un enfer. » Des années que cet homme, ancien médecin généraliste à Rumilly, vit un enfer avec son fils, un trentenaire. De multiples fois, il a fait l’objet de coups d’une rare violence.
Deux doigts cassés et des lésions au visage
Déjà condamné à trois reprises, le fils -qui venait à peine d’achever une peine de prison– était renvoyé, hier, devant le tribunal correctionnel d’Annecy dans le cadre de la comparution immédiate.
Les faits sont à chaque fois tristement les mêmes.
Ivre, il s’en est pris une nouvelle fois à son père, âgé de 68 ans, pour une question de cigarettes.
Bilan : deux doigts cassés et des lésions au visage. « Il n’a jamais rien fait pour moi, je n’ai pas d’ordre à recevoir de lui » se défend le trentenaire.
Antoine André a été condamné par le tribunal à deux ans d’emprisonnement, dont six mois avec sursis mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins et de travailler.
La Cour d’assises de Vaucluse a rejeté la demande de renvoi du dossier déposé par la défense de Noël Lacroix.
La sérénité est cependant revenue et c’est dans le calme que les débats ont pu s’ouvrir. Noël Lacroix, un Pertuisien, âgé de 42 ans, conteste avoir participé à Grambois, le 7 décembre 2012, à un home jacking au préjudice d’un couple de septuagénaires et un de leurs amis.
C’est d’ailleurs dans le cadre d’une enquête sur une série de vols commis en 2012, pour lesquels il a écopé d’une peine de cinq ans de prison, qu’il va être confondu dans ce dossier de home jacking. Le véhicule volé utilisé par les malfaiteurs a été retrouvé incendié à proximité de son domicile. Et les empreintes de ses chaussures correspondent à celles laissées dans la neige par l’un des voleurs lors de sa fuite après le braquage.
L’étude de la téléphonie finira par convaincre les gendarmes de sa mise en cause dans les faits de Grambois. Ce vol a été « un vrai carnage », témoigne la directrice d’enquête qui se souvient de l’état de choc, de sidération des victimes. Les voleurs, au nombre de quatre, armés, cagoulés et gantés ont mis au sol et ligoté avec de l’adhésif le couple et leur ami avant de les asperger d’insecticide. Puis, ils ont dévasté la maison en vidant tous les meubles. « Rien n’a été épargné », assure la gendarme.
Amar fait parti de ces milliers de musulmans perquisitionnés par la police dans le cadre de l’état d’urgence. Pour Islam&Info, il témoigne des abus policiers dont lui et sa famille ont été victimes quelques jours après les attentats du 13 novembre.
Un individu, armé d’un couteau, a commis une agression vendredi soir dans une boulangerie de Mourcourt, près de Tournai. L’homme s’est fait remettre le contenu de la caisse. On ne déplore aucun blessé, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Tournai.
L’homme était seul et armé d’un couteau, a précisé lundi soir Frédéric Bariseau, substitut du procureur du roi de Tournai.
L’auteur s’est présenté dans le commerce afin d’effectuer des achats. L’homme a payé. Lorsque la vendeuse a ouvert sa caisse afin de remettre la monnaie, l’intéressé a exigé le contenu de la caisse, sous la menace d’un couteau. Tout en menaçant de coups et de mort la vendeuse et exigeant qu’elle se couche au sol, l’individu s’est servi dans le tiroir-caisse et s’est emparé de l’argent liquide. Rapidement, l’agresseur a pris la fuite.
Une description de celui-ci a été fournie lundi par le parquet de Tournai. De type européen, mesurant entre 1m70 et 1,75m, l’homme est de corpulence normale. Âgé de 25 à 35 ans, il a des cheveux foncés avec une mèche sur le front. Au visage allongé, à la mâchoire carrée, l’individu a une dentition manquante à la mâchoire supérieure. L’auteur, qui était blessé à la main, était vêtu d’une doudoune foncée et d’un pantalon foncé.
On appelle cela des photos à la chambre. Le matériel nécessaire est généralement volumineux et n’a rien à voir avec le numérique. « J’étais seul dans une rame de métro, explique un jeune étudiant américain. La perspective de deux voitures vides me plaisait. »
Nous sommes sur la ligne 2, à Tourcoing, en direction de Lille. Il est environ minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi. L’artiste déballe son matériel et pose son appareil sur un trépied. Une fois le déclencheur actionné, il faut parfois trente minutes pour réaliser un seul cliché.
Avec, au bout du parcours, une image particulièrement esthétique. C’est compter sans la présence d’Alban Y., 28 ans. « Il était certainement dans la rame quand j’ai voulu prendre mon image,narre l’étudiant. Je ne l’avais même pas remarqué. » Le voyageur dort, étalé dans un coin de la voiture.
« J’ai entendu des cris de singe, assure Alban Y., SDF. J’ai cru que c’était pour moi. » Sur le banc des victimes, l’étudiant porte un pansement sur le nez et sa veste en cuir est barbouillée de sang.« Je n’ai jamais rien prononcé, se défend le brutalisé. À ce moment, les pneus du métro ont grincé. »
Le jugement reporté
Dans le box, le prévenu paraît hagard. Il n’est pas de la région. Son dossier de recherche d’emploi est traité à Metz. Il vient de passer quelques mois en Seine-Saint-Denis et aurait peut-être besoin d’une expertise psychiatrique. De toute façon, il ne sera pas jugé tout de suite. Il faudra d’abord saisir l’assurance maladie de la victime, de l’autre côté de l’Atlantique.
Il avait fait l’objet d’une comparution immédiate à l’issue de sa garde à vue. Mais la grève des avocats lui a sauvé la mise et Frédéric B, 49 ans, a bénéficié d’un petit sursis pour préparer sa défense, sous contrôle judiciaire. Il a donc comparu hier à la barre du tribunal correctionnel d’Albi pour outrages et ivresse publique,le 15 octobre à Gaillac.
Il s’en est pris à deux policiers municipaux qui sécurisaient l’entrée d’une école. Lui, explique qu’il a vu des gamins leur filer entre les pattes et il aurait émis une petite remarque, du genre, «ils vous ont eu !». Ce qui, confie-t-il à la présidente, aurait eu le don de les agacer. Ils en auraient même profité pour lui demander ses papiers et le fouiller. Les gendarmes, appelés à la rescousse, l’auraient embarqué et le prévenu, avec un peu plus de 2 g d’alcool dans le nez, s’en est pris à un jeune gendarme adjoint.
La procureur tient à rappeler qu’il se trouve en état de récidive légalepour avoir été condamné à Montauban, le 28 mars 2014 pour des faits similaires. Une condamnation qui s’ajoute aux 14 autres de son casier pour des vols, alcoolémie, dégradations, rébellion, évasion et meurtre.
Le tribunal a tranché : 4 mois de prison aménageables, 100 € d’amende, 150 € pour chaque policier municipal et 300 € pour le gendarme, plus sérieusement menacé par le prévenu.
Troisième jour de procès du docteur Léothaud devant la cour d’assises du Gard. Jugé pour le viol d’une de ses patientes, il encourt 15 ans de prison.
Ce mercredi 2 décembre, c’est le moment pour le prévenu de s’expliquer sur les faits. La présidente Geneviève Perrin l’invite à donner sa version, ce qu’il fait d’un ton posé :
– Madame a fait un malaise. J’ai écouté le cœur, ça m’a fait un émoi. Je lui ai caressé les seins et ma main a débordé. Ne comprenant pas l’origine de son malaise, je me suis baissé pour voir s’il n’y avait pas d’écoulement sanguin et en me relevant ça a frotté.
Sur les questions de la présidente, il précise :
– Par pudeur, c’est difficile à avouer, j’ai parlé de bouche-à-bouche mais c’était un baiser. Et le massage cardiaque, c’étaient des caresses.
– J’ai un peu de mal à comprendre, coupe la présidente. Vous avez une patiente qui fait un malaise et votre réaction est de l’embrasser puis de lui toucher les seins…
– C’est un dérapage, j’ai eu une pulsion, je n’ai pas pu me contrôler. Ca m’a échappé, je suis confus.
Le 13 septembre 2014, à 5 h 10, dans une zone de travaux, à Pocé-sur-Cisse, une employée qui se rendait à vélo au travail demande un renseignement à Christophe,35 ans, qui revient de discothèque.
Ce dernier, un peu alcoolisé, exige un bisou de remerciement en échange du renseignement. Puis il baisse son pantalon et la viole.
Un véhicule surgit et son conducteur, spectateur de la scène, appelle les secours. Une expertise médico-légale sur la jeune fille ne relève pas de lésion mais des pressions compatibles sur le front et des réserves sur des séquelles psychologiques.
En garde à vue, Christophe, tout d’abord, ne reconnaît pas les faits. Il admet plus tard qu’il « a pu avoir des pulsions dont il n’a pas pris conscience ».