
Après réflexion, le parquet a finalement décidé qu’ils devaient être placés en garde à vue. « Ils », ce sont cet homme de 38 ans, qui avait acheté vingt bonbonnes de gaz lundi soir, dans un supermarché nantais et cet abbé de 65 ans qui avait prêté un hangar au premier, afin qu’il puisse y stocker ses « achats ».
Le contexte national a pesé dans cette décision, assurément. Mais pas seulement , selon un proche de l’enquête : « dans cette affaire, les versions divergeaient », indique-on, en coulisses. « L’un assurait vouloir chauffer sa maison dans le Maine-et-Loire, l’autre assurait que ce gaz était destiné aux nécessiteux ». Ces contradictions ont intrigué, un peu plus encore, les enquêteurs, qui les ont donc placés en garde à vue pour « mise en danger de la vie d’autrui », à 19 h mardi soir.
Une perquisition a été menée au domicile de l’acheteur et des vérifications effectuées, autour de sa personnalité notamment. « L’objectif était de s’assurer qu’aucun projet dangereux n’était fomenté». L’inquiétude semblait levée ce mercredi, en fin d’après-midi. Les deux amis ont été remis en liberté dans la journée, sans autre forme de poursuite.
La « petite chapelle nantaise » en question est un lieu très particulier. Cet endroit porte un nom : la « Chapelle du Christ Roi ». Elle est l’un des rares lieux en France et dans le monde à abriter un lieu de culte « sédévacantiste ».
De quoi s’agit-il ? Les sédévacantistes sont les catholiques ultras, la ligne la plus extrême des croyants traditionalistes. Plus radicaux que les intégristes, ils ne reconnaissent pas le Pape, considéré comme trop « moderniste ».
La communauté, particulièrement bien implantée à Nantes, dispose d’une école, qui va de la maternelle à la 4e. Groupusculaire, ce courant ultra-radical du traditionalisme religieux – d’influence maurrassienne et royaliste – possède 20 lieux de cultes en France. Dont 3 dans la région nantaise.













