«Heil Trump», salut nazis: une réunion d’extrême droite appelle au «nettoyage ethnique» des USA

Des journalistes américains ont filmé une réunion d’un parti d’extrême droite pro-Trump. Son leader appelle au « nettoyage ethnique » des États-Unis.

Ces images n’auraient pas dû être enregistrées. Daniel Lombroso et Yoni Appelbaum, du magazine américain The Atlantic, comme d’autres journalistes invités, auraient dû quitter la salle après le dîner. Mais ils s’y sont attardés avec leurs caméras et ce qu’ils ont vu et entendu choque. « Heil Trump ! Heil notre peuple ! Heil la victoire ! » scande le public à coups de saluts nazis, lors d’une conférence du National Policy Institute, une organisation américaine qui se qualifie d’« indépendante, dédiée au patrimoine, à l’identité, et au futur des descendants européens aux États-Unis et à travers le monde ».

Dix jours après la victoire de Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche, cette réunion annuelle a rassemblé, samedi 19 novembre, près de 200 personnes au Ronald Reagan Building de Washington D.C. Le leader de ce parti politique s’appelle Richard B. Spencer, situé à l’extrême droite selon The Atlantic. Le magazine rappelle sur son site que Spencer appelait récemment à « une nouvelle société, un État mono-ethnique qui rassemblerait tous les Européens », ainsi qu’à un « nettoyage ethnique pacifique ».

« Lügenpresse »

Dans l’extrait du documentaire, qui sera lui diffusé fin décembre aux États-Unis, le leader nationaliste prend la parole : « Personne ne nous honorera pour avoir perdu, lance-t-il sous les applaudissements. Personne ne pleure aujourd’hui le grand crime commis contre nous. Pour nous, c’est vaincre ou mourir ! » Richard B. Spencer utilise dans son discours une terminologie nazie en qualifiant la presse de « Lügenpresse », autrement dit « la presse du mensonge ». « La presse a clairement décidé de mater et faire la guerre contre la légitimité de Trump et l’existence éternelle d’une Amérique blanche. (…) Mais en réalité, ils nous ouvrent grand la porte. L’Amérique était, jusqu’à la génération précédente, un pays blanc, construit pour nous et pour notre prospérité. C’est notre création, notre héritage, et il nous appartient. »

L’association non lucrative Southern Poverty Law, qui répertorie les groupes haineux, considère Richard B. Spencer, dont le compte Twitter a été désactivé le 16 novembre, comme le « leader nationaliste blanc le plus brillant du pays – une version costume-cravate des vieux suprémacistes blancs, une sorte de raciste professionnel en khaki ».

Deux jours après la publication de cette vidéo, l’équipe de Donald Trump faisait la déclaration suivante : « Le président élu a toujours dénoncé le racisme sous toutes ses formes, et il a été élu parce qu’il sera un leader pour tous les Américains. » Depuis son élection, les actes de haine et de racisme assumés se multiplient dans tout le pays.

Le Point

L’entourage de Donald Trump envisage de relancer le fichage des musulmans

Selon un de ses conseillers, son administration songe à réactiver un fichier ciblant les immigrants de certains pays, créé après le 11 septembre 2001. Durant sa campagne, le candidat a promis d’interdire l’accès du territoire américain aux musulmans, puis aux ressortissants de pays où sévit le « terrorisme islamiste ».

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«Le jour où ils créeront une base de données des musulmans, j’irai m’enregistrer comme musulman», a déclaré récemment Jonathan Greenblatt, le président de l’organisation antiraciste américaine Anti-Defamation League. Ces derniers jours, la phrase «First they came for the muslims» («D’abordils sont venus chercher les musulmans»), référence au poème antinazi de Martin Niemöller, est devenue très populaire sur Twitter.

La promesse d’une «base de données des musulmans» a été une des plus explosives de toute la campagne de Donald Trump, et on en sait un peu plus désormais sur ce qu’entend mettre en place la nouvelle administration: pour résumer, une politique qui existait déjà lors de la dernière décennie, a été jugée discriminatoire à l’époque par les organisations de protection des droits de l’homme et inefficace par l’administration qui l’appliquait.

Un système déjà en place après le 11-Septembre

Le secrétaire d’État du Kansas Kris Kobach, artisan de quelques-unes des lois sur l’immigration les plus restrictives des années 2000 et conseiller de Trump sur les questions d’immigration, a expliqué à l’agence Reuters que la nouvelle administration (dans laquelle il pourrait devenir ministre de la Justice) réfléchissait à réactiver le National security entry-exit registration system (NSEERS). Un système de contrôle des immigrants mis en place après le 11 septembre 2001, et qu’il avait lui-même contribué à façonner en tant que conseiller de l’administration Bush.

Le même système était imposé à des citoyens déjà présents sur le territoire avec un visa non-résident (tourisme, travail, étudiant…), qui devaient notamment signaler certains de leurs déplacements, comme leurs déménagements

Ce système créait un fichier avec une triple identification (empreintes digitales, photographie et interrogatoire poussé) pour des citoyens de 25 pays lors de leur entrée sur le territoire américain. Le même système était imposé à des citoyens des mêmes pays déjà présents sur le territoire avec un visa non-résident (tourisme, travail, étudiant…), qui devaient notamment signaler certains de leurs déplacements, comme leurs déménagements. Il ne ciblait pas explicitement les musulmans mais 24 des 25 pays cités étaient arabes, du Maghreb à l’Asie du Sud-Est en passant par le Moyen-Orient, le vingt-cinquième étant la Corée du Nord.

Selon NBC News, plus de 80.000 personnes avaient été fichées dans ce cadre. Aucune n’avait été poursuivie pour des faits de terrorisme, mais 13.000 personnes avaient été déportées pour violation des lois sur l’immigration. Le programme a été vidé de sa substance en 2011, mais n’a jamais été complètement abrogé.

Au mauvais souvenirs des camps d’internement

Comme l’explique The Hill, Trump avait beaucoup varié sur le sujet durant la campagne, donnant parfois l’impression qu’il voulait ficher tous les musulmans du pays ou interdire l’immigration de tous les pays à majorité musulmane. Quand un journaliste l’avait interrogé en lui demandant en quoi ce fichage différerait de celui des Juifs sous le nazisme, il avait eu une réponse évasive.

Et histoire d’ajouter aux craintes que suscitent ce genre de fichiers chez beaucoup de citoyens, les soutiens de Trump citent des exemples qui rappellent des périodes sombres de l’histoire des États-Unis: sur Fox News, Carl Higbie, le porte-parole d’un lobby pro-Trump, a défendu les intentions de l’administration en rapppelant que l’Amérique avait pratiqué des politiques du même genre pendant la Seconde Guerre mondiale vis-à-vis des personnes d’origine japonaise. 120.000 personnes avaient alors été internées dans des camps, dans ce que Ronald Reagan avait qualifié quarante ans plus tard de «grande injustice» de l’histoire américaine. Après les attentats de Paris, de nombreux politiques avaient appelé à la création de camps du même genre pour les immigrants du Moyen-Orient.

Slate

USA : «Trump pourrait te faire déporter», une chrétienne d’orient victime d’une agression raciste

Dans le métro de San Francisco, une passagère s’en prend verbalement à une personne en train de discuter au téléphone dans la langue assyrienne. Cette dernière a filmé la scène avec son smartphone.

La scène est choquante : le 10 novembre, alors qu’elle discutait au téléphone dans la langue parlée par les chrétiens du Moyen-Orient, l’assyrien, dans le métro de San Francisco, une femme se fait invectiver par une autre passagère : « Cette femme est une harceleuse et une terroriste du Moyen-Orient ! » et ajoute « elle sera probablement déportée« . La personne ainsi agressée a filmé l’agression verbale avec son téléphone.

Bien qu’il s’agisse d’un incident isolé, le contexte de l’élection de Donald Trump renforce le sentiment de malaise, alors que le nouveau président des Etats-Unis avait déclaré vouloir expulser 2 à 3 millions d’immigrés clandestins.

France Info

Steve Bannon : Trump nomme un «suprémaciste blanc et antisémite» comme haut conseiller

KKK, néonazis: Steve Bannon fait l’unanimité chez les suprémacistes blancs

Le patron du site d’extrême-droite Breitbart, nommé haut conseiller à la Maison Blanche par Donald Trump, remporte une vive adhésion chez les plus extrémistes des mouvements racistes et antisémites.

Le Ku Klux Klan s’est trouvé un nouveau porte-voix

La liste des soutiens à Stephen Bannon, ultra-conservateur connu pour ses liens avec les suprémacistes blancs, patron du site raciste, nationaliste et complotiste Breitbart, est éloquente.

ll a été félicité par David Duke, ancien responsable du Ku Klux Klan, qui a tenté un retour en politique cette année en surfant sur la vague Trump. « C’est excellent », a-t-il dit à CNN. « Une idéologie est au final l’aspect le plus important de n’importe quel gouvernement », a estimé Duke. Sur Twitter, il s’est écrié « Dieu bénisse WikiLeaks », en référence aux emails publiés par le site de Julian Assange et qui ont fait beaucoup de tort à Hillary Clinton.

Les néonazis derrière Bannon

D’autres figures du suprémacisme blanc ont également publiquement exprimé leurs félicitations à Bannon, comme Peter Brimelow, qui dirige le site VDARE, Brad Griffin, blogueur sur Occidental Dissent, Jared Taylor du site American Renaissance, ou encore Richard Spencer du National Policy Institute. Brad Griffin juge que la nomination du patron de Breitbart est le signe que Trump tiendra ses promesses. Richard Spencer se montre encore plus optimiste, espérant que Bannon poussera Trump à être « de plus en plus radical ». 

Bannon obtient un soutien encore plus sulfureux, de la part du Parti Nazi Américain de Rocky Suhayda. « Peut-être que Donald est sérieux et ne va pas se révéler une marionnette de plus contrôlée par les ‘Tireurs de Ficelles’ habituels, et qu’il a vraiment l’intention de secouer le cocotier? L’avenir le dira », a déclaré le leader du parti néonazi, dont des tracts ont été distribués dans le Montana, accusant les juifs de contrôler les médias. En août, Suhayda avait déclaré que Donald Trump offrait « une réelle opportunité » de bâtir un mouvement nationaliste blanc.  


Donald Trump a nommé comme haut conseiller à la Maison Blanche Steve Bannon, patron du site controversé Breitbart, plaque tournante de la « droite alternative », mouvement associé aux idées nationalistes et partisan de la supériorité de la race blanche, contempteur virulent de l’establishment politique.

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Steve Bannon, 62 ans, dirigeait le site Breitbart jusqu’à son recrutement en août par Donald Trump en tant que directeur général de sa campagne. Dimanche, le président élu a annoncé qu’il le garderait à ses côtés à la Maison Blanche, en tant que chef de la stratégie et haut conseiller, aux côtés de Reince Priebus, nommé secrétaire général, avec qui il devra travailler en tandem.

Sa nomination au sommet de l’Etat fédéral a suscité la consternation des démocrates, qui ont rappelé les innombrables articles incendiaires publiés sur Breitbart et frôlant l’antisémitisme, alimentant la nostalgie pour le drapeau confédéré du Sud esclavagiste pendant la Guerre de Sécession ou dénonçant l’immigration et le multiculturalisme.

« Les partisans de la suprématie de la race blanche seront représentés au plus haut niveau de la Maison Blanche de Trump« , a dénoncé Adam Jentleson, porte-parole du chef des démocrates du Sénat Harry Reid.

« L’extrême-droite raciste et fasciste est représentée au seuil du Bureau ovale. L’Amérique devra être très vigilante« , a écrit sur Twitter John Weaver, proche de l’ancien candidat modéré aux primaires républicaines John Kasich.

Le candidat conservateur indépendant à la présidence Evan McMullin a également dénoncé la promotion de « l’antisémite Steve Bannon« .

Et les démocrates de citer les accusations de l’ex-femme de Steve Bannon, Mary Louise Piccard, qui dans des procédures de divorce il y a près d’une décennie a affirmé selon le New York Daily News que son ex-mari avait refusé d’envoyer leurs enfants dans une certaine école en raison de la présence de juifs. Des accusations qu’il réfute.

En août, à l’annonce qu’il intégrait l’équipe de Donald Trump, l’entourage d’Hillary Clinton avait accusé Steve Bannon et Breitbart d’avoir rapporté d’innombrables « théories du complot anti-musulmanes ou antisémites« .

 

« Je viens d’une famille démocrate de cols bleus, catholiques irlandais, pro-Kennedy, pro-syndicats« , expliqua Steve Bannon en 2015 à Bloomberg. « Je n’étais pas politique avant de rentrer dans l’armée et de découvrir à quel point Jimmy Carter a foutu le bordel. Je suis devenu un grand admirateur de Reagan, et je le suis toujours. Mais le déclencheur, contre l’establishment, a été de diriger des entreprises en Asie en 2008 et de voir que Bush a mis autant de bordel que Carter. Tout le pays était une catastrophe« .

 

L’Express

Népotisme : dans l’équipe de transition de Trump figurent…trois de ses enfants

La composition de l’équipe de transition chargée de mettre sur pied une administration Trump a été annoncée ce vendredi par le président élu dans un communiqué. C’est son colistier et futur vice-président Mike Pence qui mènera cette cellule.

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Point notable : trois des enfants du milliardaire populiste figurent dans cette équipe, Donald Trump Jr, Eric Trump et Ivanka Trump, ainsi que des membres connus de l’establishment républicain.

Plusieurs favoris pour intégrer le cabinet présidentiel

Figurent également le président du parti républicain Reince Priebus et le président de l’équipe de campagne de Donald Trump, Stephen Bannon, par ailleurs patron du site d’informations ultraconservateur Breitbart News.

«La mission de notre équipe sera claire : constituer le groupe le plus hautement qualifié de brillants responsables capables de mettre en œuvre notre programme du changement à Washington», a expliqué Donald Trump cité dans le communiqué. Le président élu, rejoint par son équipe de campagne, a passé la journée vendredi à préparer cette équipe de transition depuis la tour Trump sur la 5e avenue à New York, où il a ses bureaux et sa résidence.

20 Minutes

L’entourage de Trump dément avoir contacté Marion Maréchal-Le Pen pour travailler avec elle

Marion Maréchal-Le Pen a laissé entendre sur Twitter que le directeur de campagne de Donald Trump lui a demandé de travailler avec lui. Une journaliste américaine dément cette information.

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A l’annonce de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, Marion Maréchal-Le Pen a salué sur Twitter la «victoire de la démocratie et du peuple face aux élites, à Wall-Street et au politiquement correct médiatique», avant de souhaiter «bonne chance» au milliardaire. Dans deux autres tweets publiés samedi en anglais et français, la députée FN du Vaucluse a laissé entendre que le directeur de campagne de Donald Trump, Stephen Bannon, voulait collaborer avec elle. «Je réponds oui à l’invitation de Stephen Bannon, directeur de la campagne Trump, à travailler ensemble», a-t-elle écrit.

 

Malgré cet intérêt certain, une journaliste de l’agence Bloomberg a démenti dimanche que Stephen Bannon avait contacté l’élue française. «L’équipe de Trump m’a dit que Bannon n’avait pas contacté Marion Le Pen, une leader du parti conservateur (sic) français, ou quiconque en lien avec elle ou son oncle (sic)».

Paris Match

Le Ku Klux Klan défilera pour fêter l’élection de Donald Trump

Le Ku Klux Klan a annoncé sur son site Internet qu’une parade sera organisée en décembre pour célébrer l’élection de Donald Trump à la présidence.

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Alors que l’élection de Donald Trump provoque d’importantes manifestations à travers les Etats-Unis, certains comptent bien la célébrer : le Ku Klux Klan. Sur son site internet, le groupe raciste annonce qu’une «klavalkade de la victoire» sera organisée le 3 décembre prochain en Caroline du Nord. Pas de précision quant au lieu et à l’heure de ce rassemblement n’a été donné, mais le KKK a écrit : «Trump = La race de Trump a uni mon peuple», juste au-dessus d’un photomontage de Donald Trump.

Derrière cet appel à manifester se trouvent les Loyal White Knights (les Loyaux chevaliers blancs) de Pelham, qui compte entre 150 et 200 membres selon l’Anti-Defamation League. Ce groupe est «probablement le plus actif du Klan aux Etats-Unis à ce jour», selon l’organisation.

Le soutien de David Duke

En février dernier, David Duke, ancien cadre du KKK, avait déjà salué les propos de Donald Trump. «La révolution arrive aux Etats-Unis pour les vrais gens, la vaste majorité des Américains. Je suis ravi de voir que Donald Trump et la plupart des Américains s’approprient les questions que je soulève depuis des années», avait-il déclaré en juillet, annonçant sa candidature pour devenir sénateur de la Louisiane. Un mois plus tard, David Duke appelait les électeurs à voter pour lui : «A moins d’un arrêt immédiat de l’immigration massive, nous deviendrons minoritaires dans notre propre pays. Il est temps de nous défendre et de voter pour Donald Trump comme président, et de voter pour moi, David Duke, au Sénat.» L’homme n’a pas été élu mardi.

Au début de l’année, Donald Trump avait tardé à désavouer ce soutien venu d’un personnage négationniste issu de l’extrême droite. Mais cet été, l’équipe de campagne du candidat républicain avait rapidement rejeté ce soutien. «C’est tout à fait inquiétant. L’équipe Trump ne sait rien de la campagne de David Duke, et nous avons désavoué David Duke et ne cautionnons aucune de ses activités», avait déclaré Katrina Pierson, une porte-parole du milliardaire.

Paris Match

Comment le FN récupère et truque le vote Trump

Marine Le Pen refuse d’analyser les résultats de l’élection américaine de manière «racialisée». Pourtant, l’électorat de Trump est massivement blanc.

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INTOX. Pour le Front national, la victoire de Trump, c’est du petit-lait. C’est aussi l’occasion de tordre largement le résultat du scrutin et le profil des électeurs. Ainsi, le FN y voit le triomphe «du peuple» qu’il appelle de ses vœux en France… Tout en refusant d’admettre la dimension ethnique du scrutin. Ce qui fait deux intox.

Au JT de France 2 hier soir, Marine Le Pen a d’abord refusé de répondre à une question sur le vote blanc contre le vote des minorités.

«C’est une erreur d’analyse, cette manière de racialiser cette élection. C’est n’avoir rien compris à ce qui s’est passé», insiste la présidente du FN, faisant mine de prendre de la hauteur sur les petites analyses médiatiques. Un avis d’ailleurs partagé avec admiration par son lieutenant Florian Philippot qui tweete:

Philippot glisse dans son hommage la deuxième idée scandée par le FN : celle d’une victoire du «peuple» contre l’élite. Une analyse recrachée par Nicolas Bay.

 

DÉSINTOX. Un coup d’œil aux enquêtes post-électorales montre d’abord que le FN a tort de ne pas vouloir regarder les résultats en les «racialisant», comme dit Marine Le Pen. Autant nier l’évidence. Aux États-Unis, où les statistiques ethniques sont autorisées, le profil des électeurs est établi en fonction de leur genre, leur niveau d’éducation, leurs revenus mais aussi ethnies. Les électeurs blancs, qui ont représenté 70% de l’électorat mardi, ont voté à 58% pour Donald Trump selon un sondage de sortie des urnes mené par Edison et publié, notamment, par le New York Times.

Chez les Noirs (12% des votants), il n’a recueilli que 8% des voix contre 88% pour Hillary Clinton. Même en regardant les autres minorités, leur vote pour la candidate démocrate au détriment de Trump reste massif. Celui-ci n’a obtenu que 29% des voix dans la catégorie hispanique/latino et 29% chez les Asiatiques. Contre 65% pour Clinton. Le clivage est net.

L’autre lecture contestable du FN consiste donc à analyser cette victoire comme celle «du peuple contre les élites», comme le fait Nicolas Bay. Si le 45e président des États-Unis a convaincu le «peuple», on ignore de quel peuple il s’agit. Mais en tout cas, il n’a pas séduit les plus pauvres. Les sondages de sortie des urnes divisent les Américains en six catégories de revenus. Et les deux catégories les plus basses sont justement celles qui ont voté pour la démocrate.

Ceux qui gagnent moins de 30 000 dollars par an ont voté à 41% pour Trump et à 53% pour Clinton, et ceux qui ont un revenu annuel situé entre 30 et 50 000 dollars ont voté à 42% pour Trump et 51% pour Clinton. La tendance s’inverse à partir de la troisième catégorie, celle où les personnes ont des revenus qui se situent entre 50 000 et 100 000 dollars annuels. Dans les deux catégories suivantes, les deux candidats sont à peu près à égalité, avec toujours un point de plus en faveur de Trump. Si les plus pauvres ont voté pour la candidate démocrate, les plus riches ont voté Trump. Les Américains qui gagnent plus de 250 000 dollars par an ont voté à 46% pour la démocrate contre 48% pour Trump.

Enfin, si les catégories les moins éduquées ont massivement voté Trump à l’inverse des diplômés, un cas de figure qui accréditerait la théorie de Bay sur le «peuple» contre les «élites», c’est uniquement vrai si l’on regarde les votants en fonction de leur niveau d’éducation et de leur origine ethnique.

51% des personnes (toutes origines ethniques confondues) qui ont un diplôme de lycée ou moins ont voté Trump, contre 45% pour Clinton. Si l’on regarde les Blancs sans diplôme universitaire, ce taux monte à 67% contre 28%. En 2012, ils étaient 61% à voter pour Romney contre 36% pour Obama. La tendance d’un vote des Blancs sans diplôme pour les Républicains s’est donc accentuée en quatre ans. Du côté des personnes non diplômées et non-blanches, elles sont seulement 20% à voter Trump contre 75% pour Clinton.

Libe

 

Injures, salut nazi, attaques contre des musulmans : le racisme se réveille avec la victoire de Trump

Les actes racistes et islamophobes contre les minorités se multiplient depuis la victoire de Trump

Mur anti-hispaniques, tags racistes et croix gammées… les actes contre les minorités se multiplient depuis la victoire de Donald Trump. Sur Twitter, le journaliste et activiste Shaun King recense les agressions contre les minorités depuis l’annonce de la victoire de Donald Trump. Et elles sont nombreuses.

 

 

 

Sur Facebook, une jeune femme raconte qu’un homme blanc l’a harcelée parce qu’elle est Mexicaine. « Je suis impatient que Trump nous demande de vous violer et de vous renvoyer derrière le grand mur que nous allons construire », lui aurait-il lancé.

Ces étudiants Blancs qui ont posté une photo d’eux en « blackface » devant un drapeau des confédérés pour célébrer la victoire de Donald Trump.

 

 

 


 

Ils sont jeunes, environ une vingtaine d’années et posent fièrement devant un drapeau confédéré, symbole ségrégationniste du Sud américain, leurs visages grimés en « blackface », des blancs qui se déguisent de manière caricaturale en noirs, un autre symbole raciste. La photo de ce couple n’est que l’un des témoignages racistes compilés par Insanul Ahmed dans une anthologie sobrement intitulée : « Jour 1 dans l’Amérique de Trump« .

Des dizaines de témoignages qui font état de remarques racistes au lendemain de l’élection du candidat républicain. « Quelqu’un dans la rue à Los Angeles a crié à l’une des mes collègues de travail latino de ‘retournez d’où vous venez’ #TrumpsAmerica ». Parmi d’autres, une vidéo fait froid dans le dos : un homme filme sa voiture taguée avec les mots « Nigger », « négro », « Fuck You », « Va te faire f***** » et « Trump ».

Des femmes musulmanes s’interrogent aussi sur la possibilité de continuer à porter leur foulard » pour leur propre sécurité ». Des mères racontent que leurs enfants ont été pris à partie par certains de leurs camarades de classe, l’une d’entre elle poste des photos des coups donnés à son fils, sous les insultes de « stupide Mexicain ». En plus d’insultes parfois très violentes, plusieurs agressions physiques sont aussi rapportées notamment sur des campus.

Tout au long de sa campagne, Donald Trump a multiplié les sorties racistes. Les partisans de Daech se sont d’ailleurs réjoui de l’élection du milliardaire, le plus à même selon eux de diviser les États-Unis.

Le Point

Breitbart, le site pro Trump souhaite s’implanter en France pour aider à la victoire de l’extrême droite

Le site sensationnaliste américain, dont le cofondateur n’est autre que le directeur de campagne de Donald Trump, souhaite s’implanter en France avant l’élection présidentielle de 2017.

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Après avoir conquis les sommets des États-Unis, Donald Trump va-t-il jouer un rôle politique dans l’Hexagone ? Le magnat de l’immobilier, qui deviendra officiellement le 45e président américain le 20 janvier prochain, pourrait bien peser sur l’élection présidentielle française qui se profile.

Pour étendre encore un peu plus la portée de son message, Donald Trump peut compter sur Breitbart News, un site d’information conservateur. Déjà présent en Angleterre et en Israël, le site pourrait trouver deux nouveaux points de chute en Europe : en France et en Allemagne. Une information confirmée par son rédacteur en chef à Reuters : « Le but est d’aider à la victoire de la droite nationaliste dans ces deux pays, où le sentiment anti-immigrants est en progression« .

Un objectif clair qui va de paire avec la position politique du cofondateur Stephen Bannon, qui était par ailleurs le directeur de campagne de Donald Trump. Une véritable pièce maîtresse dans l’élection du milliardaire américain à la tête de la Maison Blanche.

Breitbart News, porte-drapeau d’une droite alternative

En juillet dernier, dans les colonnes du site Internet Radio Londres, Stephen Bannon évoquait notamment cet intérêt pour Paris : « Nous pensons que la France est l’endroit où il faut être. Avec ses jeunes entrepreneurs, les femmes de la famille Le Pen… Marion Maréchal Le Pen est la nouvelle étoile montante« , explique celui qui a également porté la casquette d’officier naval, de banquier chez Goldman Sachs ou encore de réalisateur et producteur.

Et autant dire que le site détonnerait dans le paysage médiatique français. Ses liens avec l’Alt-Right, la droite alternative américaine, sont désormais avérés. Ce mouvement, qui se positionne comme anti-système, prône ainsi le nationalisme blanc, décrit l’immigration comme une véritable menace et place les femmes en-dessous de l’homme.

Résultat : des titres évocateurs sur les questions migratoires (Les jeunes musulmans en Occident sont des bombes à retardement), sur la contraception (La contraception rend les femmes moches et folles) ou encore sur les femmes en général (Préférez-vous que votre enfant attrape le féminisme ou le cancer ?)

Un site très influent sur la Toile

Le site, qui a fait du sensationnalisme une véritable marque, a su séduire une véritable frange de la population, devenant ainsi un site référence aux États-Unis. « De 12 millions de page vues par mois en 2012, le site a dépassé les 240 millions ce mois d’octobre », écrit notamment BFM TV.

Une réussite qui trouve un écho tout particulier sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le site d’information conservateur compte pas moins de 460.000 abonnés. Un chiffre qui grimpe à plus de 2,7 millions sur Facebook. Une tactique payante selon les chiffres donnés par l’institut News Whip, repéré par Le Figaro. En mai et juin dernier, le site était le plus prolifique des médias avec plus de 8,1 millions d’interactions, loin devant le Huffington Post (6,7 millions), The Hill (4,8 millions), CNN (3,4 millions) ou encore The Guardian (2,7 millions).

RTL

L’abstention de l’électorat démocrate a permis l’élection de Trump

Election américaine : davantage qu’un raz-de-marée de Trump, un naufrage de Clinton. La candidate démocrate, Hillary Clinton, a réuni près de 6 millions de voix de moins que Barack Obama en 2012.

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Lors de l’élection du 8 novembre 2016, Donald Trump a perdu plus d’un million de voix par rapport au candidat républicain Mitt Romney en 2012.

Mais Hillary Clinton semble avoir davantage pâti de la réduction du corps électoral et de l’augmentation de l’abstention, en perdant près de 6 millions de voix par rapport à Barack Obama il y a quatre ans.

Le Monde

Etats-Unis : 2 étudiantes voilées ont été agressées au nom de Trump

Deux étudiantes voilées ont été agressées ce mercredi sur les campus de l’université de San Diego et de Louisiane. Un agresseur a évoqué Donald Trump et ses propos sur les musulmans, selon la police, tandis qu’un autre portait une casquette Trump, selon le témoignage de sa victime. 

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Catherine Cusset: «Trump, c’est la victoire de la haine et du racisme»

La romancière, finaliste du Prix Goncourt 2016 pour L’autre qu’on adorait, vit aux États-Unis depuis plusieurs années. Dépitée et en colère, elle livre au Figaro son sentiment sur l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

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On a élu un homme sans programme, autre que rendre l’Amérique «great again», chasser les musulmans, construire un mur à la frontière avec le Mexique, et annuler tout de suite Obamacare, la première tentative de sécurité sociale gratuite. Il s’est imposé par l’insulte, en ridiculisant et en attaquant tous ses concurrents, en disant sur eux des choses dégradantes, en parlant des femmes et des minorités comme on n’avait pas parlé d’eux en ce pays depuis longtemps… Ce discours et cette attitude l’ont fait gagner. Pourquoi en changerait-il?

Nous avons suivi tous les débats, nous avons entendu cet homme parler et chaque fois nous nous sommes dit: non, ce n’est pas possible, comment peut-on dire des choses pareilles aujourd’hui, insulter impunément les gens? Parler des femmes, de leur corps, avec cette vulgarité? Parler sans aucun respect de la mère d’un soldat musulman tué en Afghanistan, en utilisant le silence de cette femme bouleversée par la photo de son fils soudain exposée, cette photo qu’elle n’arrivait plus à regarder, pour sous-entendre un désaccord avec les paroles de son mari!

Un voile noir s’étend sur les États-Unis. C’est la victoire de la haine et du racisme.

Il faut voir le film de Michael Moore, Michael Moore in Trumpland. Il a raison de A à Z: cette élection est un gigantesque «fuck you» aux élites et au gouvernement, de ceux qui ont exercé le seul pouvoir qu’ils avaient: voter. Mais comme le dirait Moore: on n’a pas juste «élu» Trump président. Il va en fait être le président des États-Unis pendant quatre ans!

En conclure que les mots n’ont aucune importance, qu’on peut dire n’importe quoi du moment qu’on met de son côté les rieurs, les haineux et les gens en colère? En conclure à la victoire du «bully,» celui qui terrorise les autres dans la cour de récréation?»

Le Figaro

L’interdiction de l’immigration des musulmans de retour sur le site de Trump

La proposition de Donald Trump émise lors de la campagne d’interdire l’accès au territoire américain à tous les musulmans qui avait un temps disparu du site web de son équipe de campagne, a remarqué le Washington Post.

Donald Trump avait appelé en décembre 2015 sur son site web à interdire totalement l’accès du territoire américain aux musulmans pour «  montrer aux responsables de notre pays ce qu’il se passe ». Cela avait provoqué la colère de ses opposants qui l’avaient accusé de racisme et de xénophobie.

L’équipe de campagne du Républicain a expliqué au quotidien américain que le site avait eu un souci avec une boucle de redirection mais que le problème devrait être réglé assez vite. Et ce jeudi soir, la page en question a refait son apparition.

Le Soir


L’interdiction de l’immigration des musulmans ne figure plus sur son site

La proposition de Donald Trump émise lors de la campagne d’interdire l’accès au territoire américain à tous les musulmans a été retirée du site web de son équipe de campagne, rapporte jeudi la chaîne télévisée américaine ABC. 

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Donald Trump avait appelé en décembre 2015 sur son site web à interdire totalement l’accès du territoire américain aux musulmans pour « montrer aux responsables de notre pays ce qu’il se passe ». Cela avait provoqué la colère de ses opposants qui l’avaient accusé de racisme et de xénophobie.

Lors de sa campagne, il avait changé sa position, selon ABC. L’interdiction ne devrait s’appliquer qu’à ceux qui proviennent de pays liés au terrorisme. En outre, il a promis en août dernier un examen plus rigoureux des migrants qui souhaitent rejoindre les Etats-Unis. La rhétorique d’une complète interdiction de l’immigration des musulmans a disparu à la fin de sa campagne électorale.

La proposition se trouvait encore sur le site web de Donald Trump le 5 novembre, selon ABC, soit quelques jours seulement avant l’élection.

L’équipe autour du nouveau président a désormais mis en ligne le site http://www.greatagain.gov, en référence à son slogan de campagne « Make America Great Again » (« Rendre à l’Amérique sa grandeur »), pour mettre en place la transition entre Barack Obama et Donald Trump.

Dh.be