Guyane : Une enseignante suspendue pour ses propos insultants et racistes sur Facebook

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La page facebook incriminée de l’enseignante est désormais indisponible mais des captures d’écran ont été faites et largement relayées sur les réseaux sociaux. Les propos contenus dans le message facebook ont rapidement fait le buzz.

« Si nous métropolitains » écrit-elle, « on été pas là pour les éduquer vos enfants, qui le ferait ? A ben pas vous apparemment puisque vous, vous êtes incapables de le faire ».  Et l’enseignante poursuit « la preuve : chaque 5 du mois, quand nous on trime pour apporter un peu d’éducation à vos gamins, vous, vous faites la queue à la poste ».

Le collectif des Iguanes de l’Ouest qui entend défendre la population, s’émeut de ces écrits qui sont des propos insultants et racistes et indignes d’un enseignant de la République. Il a donc adressé un courrier au recteur et aux autorités locales.

Une attaque en règle sur la maire de la commune, Léon Bertrand

L’enseignante termine en parlant du maire de la ville en ces termes : « Vous qui respectez votre maire, sachez qu’il vous vole depuis des années et vous ne vous en rendez pas compte ». La réaction du collectif est vive : « avant d’être un non-respect pour sa fonction, c’est une insulte pour le choix démocratique » des Saint Laurentais.

Le collectif demande donc au recteur des sanctions, la radiation pure et simple de l’éducation nationale de cette enseignante et se réserve le droit d’entamer des poursuites judiciaires à son encontre.

France Info

« Il faut une épuration ethnique en france » Extrait du documentaire Arabes, Juifs, Noirs : Pourquoi nous détestent-ils ?

 

Planète+ programme une série documentaire exceptionnelle à partir de lundi, en prime. Un an après les attentats du 13 Novembre, Planète+ propose dès lundi d’interroger la montée de la haine, le repli communautaire et la libération de la parole raciste et antisémite en France.

Trois films, « Pourquoi nous détestent-ils ? », seront programmés en prime (20h55). Amelle Chahbi, comédienne et réalisatrice, Alexandre Amiel, producteur et Lucien Jean-Baptiste, réalisateur (« La première étoile ») confrontent leurs histoires personnelles à la réalité des racismes anti-arabes, des racismes anti-juifs et des racismes anti-noirs.

Initiative inédite, « Pourquoi nous détestent-ils ? » raconte ceux qui, tout en étant fiers de leurs origines, refusent qu’elles constituent leur seule identité. « Comme si ils étaient condamnés à appartenir à des communautés imaginaires, à devoir subir tous les clichés racistes qui vont avec« , note la chaîne. En pleine campagne pour la primaire à droite, où les thématiques identitaires ont pris une part importante dans les débats, « Pourquoi nous détestent-ils ? » tombe à pic.

 

Pure Médias

« On va te crever, sale Arabe! » : Elle vit un calvaire pour le seul tort de s’appeler Kouachi

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Ma vie a basculé un 7 janvier 2015, devant les écrans télé envahis par mon nom chéri, Kouachi, Kouachi, Kouachi. Jusque-là, j’étais tranquille, cadre dans une grosse boîte, jeune femme bien sous tous rapports, simplement affublée d’un nom difficile à mémoriser, que voilà étalé, répété, martelé, lapidé! Les médias crachent du Kouachi, Kouachi, Kouachi, qui claque comme du Kalach, Kalach, Kalach!

Je suis entrée en clandestinité téléphonique pour mettre fin aux rafales de coups de fil de menaces et d’insultes, « On va te crever, sale Arabe! ». Sale Arabe? On ne m’avait jamais traitée de sale arabe. Il faut vous dire que je suis une blonde de Versailles. J’ai vécu dans l’idée qu’il fallait s’attendre à des représailles contre les « musulmans », et que s’appeler Kouachi n’allait pas aider dans le contexte. (…)

Moi, la blonde de Versailles qui s’appelle Kouachi, amatrice de vin et de charcuterie, amoureuse des églises, qui connait mieux la Bible que le Coran, déjà victime d’homonymie avec une paire de fanatiques qui voulaient « venger le Prophète », je refuse d’être doublement prise en otage, entre l’enclume de Daech et les marteaux de tous les racistes de France, profitant de concert de la faiblesse de la classe politique.

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Islamophobie, antisémitisme : la Fachosphère «Fdesouche, Egalité et Réconciliation», arme d’intoxication massive

Mouvance disparate où cohabitent les sphères complotistes, antisémites, anti-musulmans… la fachosphère jouit désormais d’une audience telle qu’elle empoisonne le débat politique national.

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  • Fachosphère : arme d’intoxication massive

 

La fachosphère n’a certes rien d’un milieu homogène : sa diversité est celle de l’extrême droite. Y cohabitent identitaires et catholiques traditionalistes, nationalistes-révolutionnaires et disciples d’Alain Soral… Certains, telle l’actrice porno Electre, ont même tenté de mettre le X au service des idées nationales.

Immigration. Ces agents hétéroclites partagent a minima certains ennemis : élites, «mondialisme», libéralisme culturel… «Notre seul point commun, c’est vous, les médias, juge Pierre Sautarel, le créateur de Fdesouche. Votre réaction nous apporte la cohésion idéologique que l’on n’a pas forcément.»

Cette fachosphère roule-t-elle pour le FN de Marine Le Pen ? Elle affiche dans l’ensemble des positions plus radicales que cette dernière, voire de francs désaccords. Mais la plupart de ses représentants n’en valident pas moins les orientations fondamentales du parti, notamment l’hostilité envers l’islam et l’immigration. A l’instar d’un Eric Zemmour, la mouvance assume ainsi un rôle d’auxiliaire. Créant sur Internet un terrain favorable à la propagation des thèses du FN sans que ce dernier n’ait besoin de soutenir officiellement ces initiatives. La fachosphère reste une marge, mais de celles où se fabrique peut-être le débat politique de demain.

Boris Le Lay : le nazillon breton

«Bevet Breizh ! Breizh Atao !» («Vive la Bretagne, Bretagne toujours !»). Lancée d’un ton jovial, la devise ouvre chaque vidéo de Boris Le Lay sur YouTube. Avec ses traits juvéniles et ses longs cheveux blonds, ce Breton est une vraie gueule d’ange. S’il n’est pas l’une des figures les plus influentes de la fachosphère, il en est l’un des éléments les plus radicaux. Face caméra, le jeune homme disserte avec emphase sur ses nombreuses obsessions : indépendance de la Bretagne,«judéo-trotskisme», «croisade» contre «la secte mahométane»… Sur son site Breiz Atao, ces joyeusetés voisinent avec des références à l’Allemagne nazie, mais aussi avec les menaces et invectives adressées à ses têtes de Turc. Ancien militant du groupuscule indépendantiste Adsav, Boris Le Lay affiche un parcours baroque : il a basculé vers 2008 dans un antisémitisme forcené. Ses outrances lui ont valu de nombreuses condamnations – notamment deux ans de prison en avril à la suite d’une virulente diatribe contre une magistrate noire.

Pierre Sautarel : la voix de «Fdesouche»

Terrorisme, agressions, drames sociaux : Fdesouche consiste en une compilation d’articles anxiogènes liés à l’islam et à l’immigration. Le site se veut le «lobby des Français de souche» : il encourage ses lecteurs à «faire buzzer» les sujets les plus sensibles afin d’inciter les politiques à s’en emparer à leur tour. En mai, Fdesouche a activement contribué à l’annulation du concert du rappeur Black M à Verdun. En 2014, il avait aussi fait pression pour que le maire FN de Fréjus, David Rachline, reprenne sa croisade contre l’ouverture d’une mosquée dans sa commune. Sautarel n’est pas un inconnu au FN. Ancien habitué du Kop of Boulogne, un groupe de supporteurs du PSG, il a été membre du mouvement lepéniste. Et même prestataire de service de celui-ci entre 2006 et 2011, au sein de la cellule Internet du parti.

Alain Soral : l’entrepreneur conspirationniste

Il est l’une des figures les plus connues de la fachosphère et l’une des plus prospères. A bientôt 60 ans, le polémiste Alain Soral a bâti autour de son organisation «Egalité et Réconciliation» une véritable PME politique, dont le succès est indissociable du Web. Le site du mouvement est un véritable centre de formation idéologique où d’innombrables textes et vidéos déclinent la pensée du leader – un ensemble confus, puisant à différentes traditions d’extrême droite, où surnagent surtout antisémitisme et conspirationnisme. C’est aussi sur la Toile que l’ex-frontiste, désormais en duo politique avec «l’humoriste» Dieudonné, réalise un lucratif business à base de produits dérivés : tee-shirts, DVD, mais aussi grands classiques de la littérature conspirationniste, survivaliste ou antisémite. Tel Mein Kampf, bible d’un nazisme que la notice soralienne présente comme un simple «socialisme protecteur à l’intérieur de frontières assumées». 

Guillaume de Thieulloy : le magnat catho

Guillaume de Thieulloy est un Citizen Kane de la blogosphère catholique. A la tête du petit hebdomadaire droitier les 4 Vérités, ce royaliste revendiqué, familier des milieux «pro-vie» américains, est aussi directeur de la publication d’une série de sites et de blogs. Parmi eux, le Salon beige. Centré sur les questions identitaires, familiales et religieuses, le blog a connu un pic d’activité lors des mobilisations anti-mariage homosexuel. Relayant les actions de terrain des partisans de la Manif pour tous, il est vite devenu un incontournable carrefour pour une partie d’entre eux. Au grand dam de la direction du mouvement, où l’on déplore en privé le «positionnement intégriste, limite FN» du site.  L’homme rêve désormais de constituer un lobby «familialiste» en mesure d’influer sur la droite, grâce aux vastes fichiers de coordonnées que ses activités en ligne lui ont permis de constituer.

Libe

Burkini: un reportage australien fustige le racisme français

Diffusé sur une chaîne australienne, un reportage montrant les réactions « des locaux » face au port du burkini par des australiennes sur une plage de Villeneuve-Loubet entend dénoncer le « racisme français » et « l’interdiction du burkini ».

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Si la polémique autour du burkini a particulièrement agité la France cet été, elle est aussi partiellement retombée, notamment depuis la décision du Conseil d’État de suspendre son interdiction. Mais elle n’a pas fini d’alimenter les réactions à l’étranger. Ni les critiques. Ni les leçons de morales. En témoigne le reportage, diffusé par chaîne australienne Channel 7, dressant le portrait caricatural d’une France raciste tout en mettant en scène le voyage de Zeynab Alshelh, une jeune australienne musulmane, sous fond de musique dramatique.

Déterminée à « montrer sa solidarité avec les musulmanes françaises » et à défendre « la façon de vivre australienne », cette étudiante en médecine et judokate de 23 ans a décidé de porter son burkini -ce maillot de bain inventé par une couturière australienne- sur une plage de Villeneuve-Loubet. Cette ville du sud de la France, dirigée par Lionnel Luca (Les Républicains), avait été l’une des premières à interdire le port du burkini.

« Forcés de faire demi-tour »

« Juste après avoir posé les pieds sur cette plage française [avec des membres de sa famille, NDLR], ils ont reçu une leçon montrant jusqu’à quel point les locaux peuvent être hostiles envers les musulmans », lance la journaliste qui accompagne la famille, tout en filmant un homme leur demandant de « faire demi-tour » et de « partir » et une femme brandissant son pouce orienté vers le bas. 

« On a été forcé de partir, on a été menacé par les locaux qui nous ont dit que si on ne quittait pas la plage ils appelleraient la police« , témoigne ensuite Zeynab Alshelh face caméra, visiblement émue.

Dans un article publié en même temps que la diffusion du reportage, Channel 7 n’hésite pas à déclarer que « le sentiment antimusulman (…) est plus fort en France que dans n’importe quel autre pays ». Une affirmation illustrée par l’interview de Lionel Tivoli, président du groupe FN au Conseil municipal d’Antibes et seul politique français interrogé dans le reportage, qui affirme notamment que « l’islamisme est responsable des attaques terroristes ». 

L’Express

Accès à l’emploi: les discriminations varient selon qu’on est perçu comme «arabe» ou «noir»

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Les salariés dont l’apparence signale une origine étrangère ont davantage d’obstacles à surmonter au cours de leur vie professionnelle que les autres. Comme le souligne une étude du Défenseur des droits publiée lundi, ceux qui sont perçus comme « arabes » doivent plus fréquemment se justifier de leur religion réelle ou supposée, tandis que les personnes identifiées comme « noires » sont, elles, plus souvent réduites à la couleur de leur peau.

Après le sondage « sur les musulmans » du JDD qui a fait grand bruit tout au long du week-end, le Défenseur des droits Jacques Toubon publie, lundi 19 septembre, une étude sur les discriminations liées à l’origine dans l’accès à l’emploi (la lire ici) « Accès à l’emploi et discriminations liées aux origines ». Il est possible qu’elle attire moins l’attention, alors qu’elle est des plus intéressantes.

Médiapart

«Sale bougnoul, rentre chez toi bâtard» Un individu condamné pour violences/injures raciales

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Un Dieppois de 37 ans comparaissait pour injures raciales et violences, vendredi matin, devant le tribunal correctionnel de Dieppe. Ce père de trois enfants, agent de maintenance, s’en est pris au conjoint de sa sœur, en juin 2013.« Il ne m’a jamais apprécié et il me l’a fait sentir dès que je suis arrivé dans la famille », indique la victime, devant le juge.

Le 22 juin 2013, les tensions sont arrivées à leur paroxysme et pour une simple histoire de fête d’anniversaire à laquelle participait la petite fille, le trentenaire s’est rendu chez sa sœur et a agressé verbalement et physiquement son beau-frère. « Sale bougnoul, sale arabe, rentre chez toi bâtard ». Par ailleurs, il l’a bousculé et secoué. Mais il nie l’avoir frappé, contrairement à ce que relate la victime, dont le tee-shirt a, tout de même, été déchiré.

Le casier judiciaire du prévenu compte cinq mentions : on y retrouve essentiellement des vols et des conduites sans permis. Le trentenaire a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 400 € d’amende. Il devra, en outre, indemniser la victime à hauteur de 600 €.

Paris Normandie

Martin, électeur FN : maintenant c’est «nous, les blancs» contre «eux, les Arabes»

Face à cette montée du parti d’extrême droite qui paraît aujourd’hui inexorable, il faut sortir de l’état de sidération pour revenir à l’essentiel : l’électeur du Front national. L’objectif de ce livre est aussi simple à énoncer qu’ambitieux à réaliser. Comprendre comment, et pourquoi, on choisit de glisser un bulletin FN dans l’urne. À l’issue d’entretiens avec des électeurs du parti frontiste, l’auteur décortique leur vie, y cherchant, pour chacun, les traces de cette inflexion politique… 

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La métamorphose mentale de Martin va s’accompagner d’un phénomène que je rencontrerai chez de nombreux autres électeurs du FN : la relecture complète de son passé à travers ses nouveaux yeux de frontiste, concrètement une racialisation de celui-ci.

Sur le terrain il va découvrir que le FN n’est pas perçu comme un parti comme les autres. Quand vous tendez un tract électoral, vous recueillez bien souvent des insultes. Les collages ont lieu la nuit pour éviter de croiser des adversaires politiques et même de simples passants qui pourraient devenir agressifs. L’accueil inamical n’effraie pas Martin, ce dernier trouve y trouvant même la preuve de la justesse de son combat.

« S’ils sont hostiles envers nous c’est qu’on fait des choses qui les dérangent »

Même si la parenthèse de l’activisme va rapidement se refermer, ces quelques mois de militantisme vont endurcir Martin, ses convictions récentes vont s’enraciner. La question de l’immigration va en particulier prendre une grande place dans son positionnement politique. Il est persuadé que la France est en train de subir une invasion, un « grand remplacement ». L’ignorance de Martin en matière d’histoire des migrations est un terrain fertile pour ce genre de fantasme.

« La France a 2 400 ans d’histoire écrite et n’a pas connu de grande migration depuis l’installation des Celtes au deuxième millénaire avant JC »

En plus de son ampleur, c’est l’origine de cette immigration qu’il pointe du doigt.

« Ce qui est regrettable de mon point de vue c’est qu’il y a une part très importante qui vient du Maghreb et d’Afrique. »

Accusant ces migrants d’être quasiment inintégrables du fait de leur culture et de leur religion, il décrit une France parsemée de territoires communautarisés, véritables corps étrangers au sein de la République où ce sont les règles de l’Islam qui font la loi. Dans cette vision fantasmée et apocalyptique d’une France totalement fragmentée, la guerre civile est vue comme un horizon probable.

« Si les choses continuent sur la dynamique actuelle, il y aura beaucoup de violence entre d’une part, les blancs, les Français de souche et d’autre part, une proportion importante des personnes venue de l’immigration extra Européenne, ce qui reproduira quelque chose de similaire avec ce qui s’est passé en Algérie. Si ça venait à se passer comme ça, si les Français de souche venaient à gagner, qu’il y ait une violence qui conduise à cette rémigration, ce serait au prix d’une très grande souffrance, ce ne serait pas souhaitable. Il vaudrait mieux tenter de tarir la source tant que c’est possible. »

Martin veut que le FN lui parle de ce qu’il voit… ou du moins de ce qu’il croit voir, de cette fracture raciale qui l’obsède.

« Je caricature un peu mais maintenant c’est « nous, les blancs » contre « eux, les Arabes. »

On est bien loin de l’idéal républicain. Si Martin ne se retrouve pas dans le discours d’un FN en pleine dédiabolisation, il a par contre de la « sympathie » pour celui décomplexé de la mouvance identitaire.

Atlantico

Belgique. « Retourne au Maroc » Dérapage raciste contre une députée d’origine marocaine

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Le député flamand Luk Van Biesen flanqué de la députée Meryame Kitir à la Chambre des représentants à Bruxelles

Alors que les députés étaient en plein débat sur les conditions de départ des travailleurs du groupe Caterpillar, à l’occasion de la rentrée de la Chambre fédérale belge, le jeudi 15 septembre, la députée d’origine marocaine Meryame Kitir a mis en cause la politique du Premier ministre libéral, Charles Michel. “Ce qui lui a valu, des rangs de l’Open VLD [le parti libéral flamand, qui fait partie de la coalition au pouvoir], une remarque qui a mis les bancs parlementaires sens dessus dessous”, écrit Le Vif-L’Express.

Interrogée par Le Soir,  Meryame Kitir, députée du parti socialiste flamand Sp. a , a affirmé que le député fédéral Luk Van Biesen (VLD) lui avait lancé : “Retourne au Maroc !”, et ce, lorsqu’elle rejoignait sa place après avoir posé une question au Premier ministre :

C’est vraiment terrible qu’il ait dit cela au Parlement. Cela dépasse les limites de la liberté d’expression.”

La députée n’était pas la seule à déplorer la réflexion raciste de Van Biesen. Le député écologiste Kristof Calvo (parti Groen, vert, néerlandophone), prenant à son tour la parole, “a dénoncé publiquement l’attitude du député libéral flamand”, relate L’Echo.

Voix chevrotante

Pour sa défense, Luk Van Biesen a indiqué plus tard, au cours de la même séance plénière, que, “si ses propos avaient été mal compris, il s’excusait”. Selon L’Echo“il a noyé le poisson en revenant sur le débat du jour, précisant avoir voulu rassurer les travailleurs de Caterpillar qui n’auront selon lui pas de peine à convaincre d’autres employeurs vu leurs qualifications”.

Le député n’a pas été soutenu par son parti qui a jugé sa réflexion “inappropriée”. La présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, l’a condamnée fermement en déclarant : Ceci ne peut se produire, jamais, nulle part.”

Luk Van Biesen a finalement exprimé ses excuses “la voix chevrotante” dans un point presse commun, tenu avec Meryame Kitir au Parlement le lendemain, vendredi 16 septembre, décrit Le Soir dans un autre article :

Je suis désolé d’avoir utilisé les mots blessants de retour au Maroc dans le cadre d’un raisonnement hier à la Chambre…Je regrette d’avoir donné l’impression de blesser Mme Kitir et la communauté marocaine. Je m’en excuse. Je n’ai voulu blesser ni l’une ni l’autre. Ce sont des mots qui n’appartiennent pas à mon vocabulaire… Je ne suis pas raciste et le racisme n’a pas sa place ici.”

Courrier International

Le faux profil islamiste: démonstration d’une technique de la fachosphère

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Certaines des tactiques décrites ici ont déjà été repérées et détaillées dans cet article, preuve que cette stratégie n’est pas neuve, et que les Debunkers s’ étaient déjà attaqué:

http://www.debunkersdehoax.org/comment-contrer-la-rhetorique-d-extreme-droite

  • Quel est l’intérêt de cette tactique?

Il est triple:

-Il faut entretenir la peur, montrer que « l’ennemi » est présent.

-Montrer que « l’ennemi » s’attaque à leurs vrais et seuls opposants, c’est à dire la fachosphère.

-Annihiler la réflexion et le sens critique des lecteurs.

-Développer un rôle de catharsis

Nous avons donc fureté de longues heures dans les pages de la fachosphère afin de trouver ces faux profils. Et nous avons trouvé.

Ces profils sont protéiformes et servent les intérêts du moment et de chaque page.
Décryptage.

  • Le profil inexistant

Plusieurs exemples comme celui ci. Des « petites frappes islamistes » interviennent sur une page facebook, balancent des insultes et des menaces en message privé à l’administrateur de la page. Qui n’a plus qu’à publier la capture d’écran de ce message privé.
Problème.
Ces profils n’existent pas… Conclusion? Message fabriqué de toutes pièces par l’administrateur de la page. Simple, efficace.

Exemple:

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Deuxième exemple.

Cette fois le but est plus précis. Il s’agit d’attaquer une page « ennemie » de la vôtre. En l’occurrence, celle des Debunkers… Le but est alors de montrer la collaboration objective des « gauchiasses » que nous sommes avec les « islamistes ». Et de révéler qui est le véritable agresseur.

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Problème. Ce profil n’a jamais commenté notre page, n’a jamais été inscrit chez les DbK… Et pour cause ce profil n’existe pas…

Peu importe le but est atteint et les lecteurs de « sos racisme anti blancs » s’emballent sur une manipulation du facho tenant cette page:

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Lire la suite sur Debunkers de Hoax

Zemmour : La «loi de Bonaparte» ne mentionne strictement aucun «prénom chrétien»

Prénoms « français » : quand Zemmour raconte n’importe quoi

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C’est la rentrée : Éric Zemmour veut vendre des livres.  Et pour vendre, quoi de mieux que de surfer sur les haines du temps en se saisissant d’un sujet qui n’en est pas un pour faire monter la mayonnaise en tapant à nouveau sur sa cible préférée, les musulmans de France. L’enjeu ? Après leur nourriture et leurs vêtements, voilà qu’il s’intéresse à leurs prénoms. Et raconte une nouvelle fois n’importe quoi. 

Premier épisode le 6 septembre : sur France 5, Eric Zemmour affirme dans l’émission « C à vous » que « donner un prénom qui n’est pas un prénom français à ses enfants, c’est ne pas se détacher de l’islam. C’est vouloir continuer l’identité islamique en France ». Rien que ça.

Ravi de s’être taillé son petit succès, il  fait rebelote sur LCI le 12 septembre – mais cette fois-ci  Éric Zemmour, qui a eu le temps de potasser son sujet avec plus d’attention qu’il n’en consacre à la relecture de ses propres livres, s’appuie sur toute la rigueur de la loi, et pas n’importe laquelle : une loi de la grande époque napoléonienne s’il vous plaît :

« Un prénom français, c’est un prénom chrétien, cela vient d’une loi établie par Bonaparte » et abrogée (déplore-t-il) en 1993.

Le problème, c’est qu’Éric Zemmour s’arrange joyeusement avec la réalité d’un document historique, pariant sur le fait que les journalistes en face n’ont évidemment pas le temps ni les moyens de vérifier ses affirmations en direct. La loi qu’il évoque est pourtant un tantinet différente.

La « loi de Bonaparte » ne mentionne strictement aucun « prénom chrétien »

La fameuse loi qu’évoque  Zemmour existe bel et bien. C’est la loi n°2614 du 11 Germinal an XI, ou plus simplement du 1er avril 1803, « relative aux prénoms et aux changements de noms ». Elle a effectivement été abolie en 1993 mais voici ce que disait son titre premier, article 1 :

« A compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne, pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l’état civil destinés à constater la naissance des enfants ; et il est interdit aux officiels publics d’en admettre aucun autre dans leurs actes »

N’en déplaise à Éric Zemmour, il n’y a donc pas l’ombre d’une quelconque référence aux « prénoms chrétiens ». Ils y sont bien entendus compris : ce sont ceux de l’éphéméride  catholique . Mais la loi parle bien DES calendriers et pour cause :  le calendrier en vigueur N’EST PAS catholique ; c’est le calendrier révolutionnaire et ses prénoms savoureux : Philogon, Tydrique ou Télesphore pour les garçons ; Rusicule, Vénéfride ou Egobille pour les filles. Moderne, tellement moderne et si français.

Mieux : l’autorisation d’avoir recours aux « personnages connus de l’histoire ancienne » autorise de fait l’usage des prénoms de l’Antiquité grecque, romaine ou … persane : on doute que Sadi Carnot, dont le prénom vient d’un poète iranien, ait ainsi pu devenir président de la République en 1887avec un prénom illégal…

En revanche, Bonaparte n’aimait pas trop les prénoms juifs

Quitte à appeler Napoléon au secours de ses idées, il est bien étrange qu’Eric Zemmour n’ait pas fait allusion à une autre loi de Napoléon, en l’occurrence directement dirigée contre une autre religion que la religion musulmane : la foi juive.

Revenant sur le travail accompli par la Révolution, Napoléon revient à partir de 1807 sur les droits accordés aux citoyens de confession juive, accusés de maux qui évoquent de façon frappante ceux qu’on associe aujourd’hui aux  Français musulmans. Les Juifs sont ainsi obligés de répondre à un questionnaire qui rappelle largement celui qu’un autre grand esprit, Nicolas Dupont-Aignan,  voudrait imposer aux imams français : considèrent-ils la France comme leur patrie, sont-ils polygames, sont-ils prêts à se battre pour le pays, etc. Les Juifs, eux, ne cessent de réclamer qu’on revienne au seul respect du Code civil, qui ne prévoit aucune obligation particulière.

Napoléon ignore cette demande ; le 17 mars 1808, une loi vient durcir considérablement le statut des Juifs,  dont la vie privée ou professionnelle devient soumise à une série d’autorisations. Le 20 juillet, deuxième lame : un décret impérial prévoit que dans les trois mois, tous les Juifs de France sont tenus de changer de prénom et de nom de famille. L’article 3 est limpide : « ne seront point admis comme nom de famille aucun nom tiré de l’Ancien Testament (…) Pourront être pris comme prénoms ceux autorisés par la loi du 11 Germinal an XI » – celle qu’évoquait donc Éric Zemmour comme un modèle à suivre.

Le résultat ? Même s’il est difficile d’évaluer la concrétisation de ces mesures, les préfets se penchent bel et bien sur la question et un peu partout, des officiers civils « francisent » les noms des citoyens juifs, parfois avec une imagination débordante : Jacob devient Julien, Isaac Low-Lowi devient Jacques Lion et Wolff-Lazard devient…. Daniel-Alexandre Pompet.

L’antisémitisme d’état et l’assimilation forcée voulue par une monarchie militaire, est-ce bien là l’idéal de société que porte Éric Zemmour ?

France Tv

Christiane Taubira à « une tête de faits divers » pour Henri Levréro, délégué Les Républicains

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Le remarque est mal passée sur Twitter, où elle a été postée. « Taubira est de retour en une de Libération avec une vraie tête de « faits divers », y écrit Henri Levréro, délégué Les Républicains de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantique. « Un portrait en gros plan d’un(e) Noir(e) en une, c’est que pour un fait divers« , commente un utilisateur qui voit dans la remarque l’expression d’un « racisme intériorisé ».

Henri Levréro se défend de tout commentaire raciste à l’encontre de l’ancienne Garde des Sceaux : « Je voulais dire qu’elle avait une drôle de tête, explique-t-il à ‘l’Obs‘, du fait de l’éclairage et du gros plan qui ne sont pas très heureux. On dirait un portrait policier, elle a un teint blafard. »

En octobre 2015, une élue Les Républicains de Bourgogne avait été exclue du parti après des propos racistes contre Christiane Taubira.

L’Obs

A Lille, un bar réservé aux « Français blancs » provoque une levée de boucliers

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Parmi les Lillois que ce projet laisse perplexes, Josiane Dabit, conseillère Europe Écologie- Les verts du quartier Moulins. La pétition qu’elle a lancée sur Change.org pour s’opposer à l’inauguration de cet établissement a récolté plus de 4400 signatures en à peine trois jours.

Un retentissement auquel Josiane Dabit, de son propre aveu, ne s’attendait pas. « J’ai réagi à chaud à peine lu l’article sur La Voix du Nord« , explique-t-elle à LCI ce lundi après-midi. « Cette pétition, je l’ai lancée avec le cœur, en tant que citoyenne, en tant que Lilloise, pas en tant que conseillère politique. D’ailleurs, au départ, je l’ai simplement relayée sur ma page Facebook. Mais cet engouement prouve bien que le peuple n’en veut pas, de ce bar ! Génération Identitaire, on n’en veut pas ! »

Évidemment, il faudra être Français Aurélien Verhassel
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Représentant d’un groupe connu pour ses positions anti-immigrés, il poursuit : « Evidemment, il faudra être Français. Pour Génération Identitaire, un étranger n’a rien à faire sur notre territoire, encore moins dans notre bar. » Le message a le mérite d’être clair. D’ailleurs, un coup d’œil sur la page Facebook du groupe confirme l’ouverture imminente de ce bar réservé aux Français… et rien qu’à eux.

LCI


Bar identitaire pour les « Français blancs » à Lille : une pétition demande sa fermeture

Le groupe d’extrême droite Génération identitaire ouvrira, fin septembre, un bar-estaminet à 200 mètres de la Grand-Place de Lille. Une militante lilloise lance une pétition pour sa fermeture, craignant « un déferlement de haine ».

On a connu la « Maison flamande » de Lambersart, fermée il y a quatre ans ; voici la « Citadelle », le nouveau QG des identitaires (mais d’une autre branche). Ce bar-estaminet associatif ouvrira le 24 septembre dans le Vieux-Lille, à 200 mètres de la Grand-Place. Génération identitaire Flandres-Artois-Hainaut, et son leader Aurélien Verhassel, y cultiveront les grands thèmes de ce mouvement de jeunesse «  flamand, français et européen  », placé à l’extrême droite : la défense du «  Français blanc  » contre la «  racaille  », la «  reconquête  » de nos villes «  occupées  » par les «  populations étrangères  », etc. Dans ce nouveau bastion lillois, les militants, qui seraient près de 300 dans la région, profiteront également d’un espace cinéma, d’une bibliothèque, d’une salle d’entraînement à la boxe de rue…

« J’ai été effarée »

Un vaste programme que Génération identitaire dévoilait, vendredi soir, dans une interview publiée sur notre site, provoquant la réaction immédiate de Joe Dabit, conseillère du quartier de Moulins. «  J’ai été effarée en lisant cet article, explique la militante EELV. Ces thèses (des identitaires), c’est une incitation à la haine, également punissable par la loi. C’est trash et ça choque tout le monde»

« Dérives incontrôlables »

Dès vendredi soir, Joe Dabit a lancé une pétition sur change.org pour demander la fermeture de la Citadelle, avant son ouverture. À 19 h 30, ce samedi soir, elle cumulait déjà plus de 3000 signatures.

«  J’ai agi en tant que citoyenne, militante pour les droits humains, et j’adresse cette pétition à Martine Aubry. Elle ne peut pas accepter l’implantation d’un bar d’identitaires en plein centre de Lille. Je suis profondément inquiète. Ce lieu va propager de la haine, provoquer des dérives incontrôlables et des incidents (notamment avec les militants de gauche). Dans une ville où on prône le vivre ensemble, ce bar n’a pas d’avenir.  »

Ce samedi après-midi, les jeunes socialistes ont aussi exprimé leur «  consternation  » en apprenant l’ouverture de «  ce lieu de rassemblement des extrémistes et des extrémismes  ». Ils réitèrent leur appel à la dissolution de Génération identitaire.

Nord Éclair

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