« J’ai tiré parce que c’était une étrangère » il y a 10 ans, une tuerie raciste sans précédent

Hans Van Themsche Luna Drowart Oulematou Niangado Songül Koc

Bart De Wever (N-VA), le bourgmestre d’Anvers, a rédigé une lettre ouverte à l’occasion du dixième anniversaire de la fusillade pour motifs racistes perpétrée par Hans Van Themsche dans le centre de la ville le 11 mai 2006.

Le bourgmestre estime que ces événements ont « laissé des cicatrices dans notre société ». Il dit rêver « plus que jamais » d’une « communauté anversoise au sein de laquelle tout le monde serait intégré et transcendant les différences culturelles et religieuses », mais il promet parallèlement en tant que bourgmestre de combattre les extrémismes violents.

Les assassinats racistes de la petite Luna Drowart, âgée de deux ans, et de sa nourrice malienne Oulematou Niangadou, 25 ans, ainsi que la grave blessure par balle qu’a subie Songül Koç, une dame originaire de Turquie, ont propagé une « onde de choc à travers la ville », se souvient M. De Wever.

marche
De Wever rappelle que l’extrémisme violent a malheureusement toujours existé

« La folie a frappé ce jour-là », explique-t-il. « Celui qui se livre à l’extrémisme violent ne voit pas son prochain comme un compagnon, ni même comme un être humain. L’extrémisme violent justifie l’assassinat et le consacre même comme un bien moral. Cette perversion a malheureusement toujours existé. » Les assassinats de Hans Van Themsche sont « une tragédie que nous ne pouvons jamais oublier », estime le bourgmestre, qui appelle à condamner la violence et le racisme et à mettre en avant « ce qui nous rassemble ».

Pour rappel, Hans Van Themsche, alors âgé de 18 ans, était un étudiant fréquentant des milieux skinheads et issu d’une famille proche du nazisme et de l’extrême-droite, dont le père est même membre fondateur du Vlaams Block devenu Belang. Il arborait différent signes liés à l’extrême-droite le jour où il a perpétré sa tuerie raciste. Il déclarera après coup, à propos du meurtre d’Oulematou Niangadou : « J’ai tiré parce que c’était une étrangère. »

RTL

 

#Verdun : Déferlement de messages racistes a l’encontre du chanteur Black M

BLAK-M_M1

Le chanteur, dont la carrière solo connaît le succès depuis 2014 (notamment avec Sur ma route), sera la star du concert de clôture, le 29 mai prochain, de la cérémonie du centenaire de la bataille de Verdun. Il a lui-même officialisé sa venue dans une interview à L’Est républicain en indiquant : « C’est de la scène, et c’est quelque chose que j’aime énormément alors je réponds présent.

« Les organisateurs du concert ne s’attendaient pas à se trouver sous le feu de la critique, notamment d’une partie de l’extrême droite. Sur les réseaux sociaux, des militants ne cessent ainsi de dénoncer la venue du rappeur, alors que le site identitaire « Fdesouche » a lancé mardi une campagne médiatique « Touche pas aux poilus! Pas de rappeur francophobe au centenaire de Verdun ».

Plusieurs responsables politiques de l’extrême droite ont emboîté le pas en début de semaine. Dans un communiqué, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen et le sénateur FN Stéphane Ravier se sont indignés et ont demandé l’annulation de la venue de Black M. « Il est inconcevable qu’un ‘artiste’ qui insulte aussi violemment la France participe à un quelconque événement officiel », écrivent-ils. Dans Le Figaro, le maire de Béziers Robert Ménard, soutenu par le FN, fustige, lui, « la vulgarité, l’antisémitisme, le mépris des Français » du chanteur.

Les organisateurs du concert, géré par la ville de Verdun – et non par l’Etat qui pilote la cérémonie officielle du centenaire – ont défendu leur choix mercredi. « Nous sommes harcelés depuis hier [mardi] par des mails et des appels à connotation raciste », déplore dans Le Figaro le maire PS de Verdun Samuel Hazard, qui rappelle que d’autres concerts ont lieu.

JDD

Israel: l’existence des palestiniens est remise en question dans un livre d’instruction civique

2016-04-15t055223z_697541710_gf10000382743_rtrmadp_3_israel-military-religion_0

En Israël, la parution d’un nouveau livre d’instruction civique pour les élèves crée la polémique. Selon ses détracteurs, ce livre intitulé Etre citoyen israélien met en avant les Juifs religieux et néglige les laïcs et les Arabes dans la société israélienne.

C’est un livre de 500 pages, qui vient d’être publié sur Internet, et qui doit figurer, à la rentrée prochaine, au programme des lycéens. L’instruction civique est une matière obligatoire en Israël. Toute la presse, de gauche comme de droite, publie des extraits du manuel en se montrant très critique. Pour résumer, celui-ci résume l’identité israélienne, très complexe, à une seule de ses composantes : l’identité juive.

« Il ne parle pas du tout du droit à l’autodétermination du peuple palestinien »

La place accordée aux Arabes par exemple, qui constituent 20 % de la société israélienne, est très faibleLes musulmans sont particulièrement dénigrés. Dans les pages accordées à leur vie quotidienne, le livre montre « une société archaïque qui opprime ses femmes », dénonce le journal de gauche HaaretzPas un mot en revanche des discriminations que cette minorité subit. 

« Il y a un sentiment anti-arabe voir raciste qui émane du livre », commente un professeur de l’université de Haïfa, interrogé par le quotidien de droite Maariv. Mais les juifs laïcs passent également en second plan, dans cet ouvrage où la religion prend beaucoup de placeLes auteurs insistent sur le fait que l’Etat d’Israël a été créé, entre autres, parce que « Dieu l’a promis » au peuple juif.

Il y a tout un discours religieux et nationaliste dans ce livre d’instruction civique. « Il met l’accent sur l’Etat-nation juif, mais il ne parle pas du tout du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, dont l’existence est remise en question », dénonce un analyste dans le journal Maariv.

RFI

Un ministre qui traite les noirs de «nègres» fait condamner d’une amende un avocat noir qui l’a traité de consanguin

Le ministre bavarois de l’Intérieur a un sens de l’humour sélectif. Alors qu’il avait évoqué les «nègres merveilleux» à la télévision, il s’est offusqué qu’un avocat d’origine africaine l’ait qualifié de «merveilleux produit de la consanguinité».

57307fbcc36188aa558b4639

Bataille médiatique de noms d’oiseau en Allemagne. Tout a commencé l’été dernier, après que le ministre bavarois de l’Intérieur Joachim Herrmann a traité le chanteur populaire Roberto Blanco de «nègre merveilleux» lors d’une émission télévisée. «Roberto Blanco a toujours été un nègre merveilleux qui a toujours merveilleusement plu à la plupart des Allemands. […] Et au FC Bayern [de Munich], il y en a aussi beaucoup avec la peau noire qui jouent et les fans du FC Bayern trouvent ça très bien», a t-il lâché comme si de rien n’était.

Avec cette diatribe, le ministre entendait montrer sa tolérance vis à vis d’autres cultures et son point de vue favorable à l’immigration, alors que son gouvernement débattait de la crise des migrants. Si Roberto Blanco avait pris son commentaire avec humour, le traitant à son tour de «merveilleux blanc», la boulette n’a pas fait rire sur les réseaux sociaux, où elle a provoqué un déluge de réactions outrées, qualifiant de racistes les propos de Joachim Herrmann. 

Au-delà des réseaux, les propos du ministre ont également indigné un avocat allemand d’origine africaine, David Schneider-Addae-Mensah, qui a décidé de prendre sa plume pour rédiger une lettre ouverte qu’il a terminée en saluant son interlocuteur comme «un merveilleux produit de la consanguinité». 

Joachim Herrmann ayant moyennement apprécié la plaisanterie, il décide de présenter la lettre de l’avocat à la police, ce qui vaudra une amende à son auteur.

La surenchère s’arrêtera là, les procureurs ayant estimé que l’accusation de consanguinité avait été trop loin mais qu’elle était néanmoins méritée en raison de la provocation raciale initiale.

RT

Afrique du Sud : une juge estime que le viol est un trait culturel des hommes noirs

Capture d’écran 2016-05-09 à 16.39.28.png

Une juge Blanche sud-africaine a été fermement condamné pour avoir déclaré sur les médias sociaux que le viol faisait partie de la culture des hommes noirs.

la juge Mabel Jansen a déclaré que le viol des bébés, des filles et des femmes a été considérée comme un passe-temps « agréable » pour les hommes noirs.

Une pétition a été lancée pour demander son retrait en tant que juge. Elle a dit que ses commentaires ont été pris hors contexte.

L’Afrique du Sud a été frappée par une série de racisme au cours des derniers mois, déclenché par des commentaires sur les médias sociaux.

Le gouvernement a répondu en disant qu’il a l’intention de renforcer les lois anti-racisme.

BBC

Donald Trump refuse de condamner ses supporters antisémites

Un journaliste a demandé au favori républicain s’il condamnait ses fans antisémites. Mais le candidat a esquivé la question.

Julia Ioffe donald Trump journaliste antisemitisme

Fin avril, Julia Ioffe, une journaliste qui avait écrit un article sur Melania Trump, la femme de Donald, a fait l’objet d’insultes antisémites et de menaces de mort venant de supporters de Trump. Le site néonazi Daily Stormer avait en effet encouragé les fans du candidat à harceler la journaliste, qui est juive. Les lecteurs et supporters de Trump ont aussitôt posté des caricatures antisémites violentes ainsi que des images photosphoppées de la journaliste où on la voit revêtue d’un uniforme de camp de concentration avec une étoile jaune.

Quelques jours après ce déferlement de haine, Trump a été interviewé sur la chaîne CNN, où le journaliste Wolf Blitzer lui a demandé s’il avait un message pour ces fans antisémites. Il aurait été facile pour le milliardaire de dire qu’il condamnait ce genre d’attaques haineuses. Au lieu de cela, il a expliqué qu’il avait entendu dire que l’article de Julia Ioffe était inexact et méchant et que sa femme était quelqu’un d’extraordinaire et qu’elle ne devrait pas être critiquée dans la presse.

Le journaliste de CNN a insisté et lui a demandé ce qu’il pensait de «ces menaces de mort antisémites»«Oh je ne suis pas du tout au courant de ça. Vous voulez dire mes fans?» De nouveau, le journaliste a demandé s’il avait un message pour eux et Trump a répondu: «Je n’ai pas de message pour les fans… Une femme a écrit un article plein d’inexactitudes

Silence

Comme le souligne le site Media Matters, cette absence de condamnation a été très appréciée dans les milieux suprémacistes blancs. Après l’interview, le rédacteur en chef du site néonazi Daily Stormer a écrit un texte intitulé «Le glorieux leader Donald Trump refuse de dénoncer l’armée des trolls de Stormer»

Slate

Discrimination : dans les quartiers prioritaires, la galère des bac+5

15112941.jpg

C’est une facette méconnue des inégalités qui structurent les villes françaises. Dans les quartiers prioritaires, la faible qualification de l’emploi ne se limite pas aux seuls habitants peu diplômés. Elle concerne aussi les bac+5. Selon un rapport publié mardi par l’Observatoire politique de la ville, les habitants des quartiers prioritaires disposant d’un master II ne sont que 53% à occuper un emploi de cadre contre 71% de leurs voisins de même niveau de diplôme.

Pour les autres, les emplois occupés peuvent se révéler très peu qualifiés. Ainsi, parmi les hommes, 1 diplômé sur 5 ayant un niveau bac+5 résidant en quartier prioritaire occupe un poste d’employé ou d’ouvrier. Ils ne sont que… 5% parmi les autres diplômés bac+5 du reste de l’agglomération.

Toutes choses égales par ailleurs, le rapport indique qu’un homme diplômé de niveau de bac+5 de plus de trente ans a 22% de chances de moins d’occuper un emploi de cadre lorsqu’il est issu d’un quartier prioritaire. Et la situation est amplifiée chez les femmes diplômées bac+5 des quartiers populaires, qui ne sont que 46% à occuper un poste de cadre.

Challenges

Henry de Lesquen, le candidat carrément raciste

5768501_1-0-231693950_545x460_autocrop

Depuis son entrée en lice dans la course « virtuelle » à la présidentielle, Henry de Lesquen, patron de Radio Courtoisie, multiplie les outrances. Son programme et son site de campagne regorgent de propositions hallucinantes susceptibles de tomber sous le coup de la loi. A tel point que le conseiller régional Paca Front national Thibault de la Tocnaye, qui anime une émission sur les ondes de la même station, s’est fendu mardi d’un communiqué pour « désavouer publiquement » ses prises de position.

Ainsi, sur son site, Henry de Les- quen pose sans ciller la question : « Les races sont-elles égales ? » Et d’y répondre en citant une pseudoenquête menée, dit-il, « par des Américains », qui affirme qu’il existe une différence de QI de 15 points entre les Noirs et les Blancs (sic). Il classe également les races entre « caucasoïdes » (les Blancs) et « congoïdes » (les Noirs).

Travaux forcés

Ce polytechnicien et énarque, ex conseiller municipal de Versailles, ancien RPR passé par le MNR, affirme également : « Sarkozy a des raci- nes juives, mais la France n’en a pas. » Quant à son programme, il préconise d’engager « la réimmigration ». Et de détailler : « Des millions d’immigrés envahisseurs seront déportés légitimement dans des conditions humaines. » Le rétablissement des travaux forcés et de la peine de mort, le port d’arme « pour les honnêtes gens », le bannissement des « musiques nègres », le « racisme positif » figurent au menu. Il entend également « brûler le Code du travail ».

Son tweet nauséabond sur Auschwitz (où il s’interroge sur la longévité des survivants, après la mort, à 93 ans, de l’écrivain rescapé des camps Martin Gray), a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a porté plainte contre lui. Le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) a saisi le CSA. L’institution ne peut rien faire : Internet ne relève pas de ses compétences. Mais, précise un porte-parole : « Nous sommes très vigilants sur tout ce qui est dit sur Radio Courtoisie. »

Le Parisien

Un élu FN dresse un parallèle entre musulmans et porcs pour dénoncer le droit du sol

1327322_316_capture-facebook_800x549p.jpg

Gérard Prato est élu FN de Frontignan, conseiller régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Il est aussi amateur, à ses heures perdues, de montages visuels qu’il n’hésite pas à partager sur les internets. C’est ce que le frontiste a fait, début avril, relaye ce jeudi 5 mai, diffusant sur son Facebook un montage pour le moins raciste puisqu’il dresse un parallèle entre des hommes musulmans et des porcs. Tout simplement.

On y voit un homme et ce surtexte : « Voici Ahmed, il est suédois car il est né en Suède ». Puis une photo de porc avec ce commentaire : « Voici Piglet, il est né dans une écurie, il est donc un cheval ». À noter que l’image de ces hommes est largement partagée sur internet depuis des années. Les s hommes présentés comme des fanatiques servent à illustrer le terrorisme au Canada en 2009, les terroristes islamistes en Allemagne en 2011, l’arabisation du Maghreb en 2013 ou encore le djihadisme en France en 2015…

La diffusion de ce montage a fait réagir des anciens membres du FN ayant claqué la porte du parti pour divergences d’opinion. Stéphane Goepfert par exemple, conseiller municipal de Juvignac (Hérault), ironise auprès du Midi Libre : « Il n’a rien fait d’autre que de comparer les ‘Arabes’ à des porcs après tout. »

L’intéressé s’est défendu sur Facebook. « Ces images tentaient de démontrer tout simplement que ce n’est pas parce que l’on naît dans un pays (nous l’avons vu avec Mohamed Merah, les frères Kouachi ou Coulibaly), que l’on se sent systématiquement citoyen de ce pays », avait écrit Gérard Prato. Il ajoutait :

Je confirme que je ne pratiquerai jamais la langue de bois et appellerai toujours un chat un chat.

Il ne pratique pas la langue de bois, peut-être, mais l’élu FN a tout de même préféré retirer son message Facebook.

Le Lab

Autriche: Les actes racistes, islamophobes et antisémites commis par l’extrême droite en hausse

Les actes à connotation raciste, islamophobe et antisémite ont considérablement augmenté en Autriche l’an dernier dans un contexte marqué par l’arrivée de milliers de migrants, montre un rapport des services du renseignement intérieur (BVT) publié aujourd’hui.

Migrants-l-Autriche-restreint-son-droit-d-asile
Le nombre « d’actes extrémistes » liés à l’extrême droite a été évalué à environ 1.150 contre 750 en 2014. Quelque 90.000 migrants en provenance d’Afghanistan, d’Irak ou encore de Syrie, ont déposé en 2015 une demande d’asile en Autriche, la plupart au cours des derniers mois de l’année.

« Si l’on se penche sur ces crimes haineux, on voit (qu’ils cherchent) à créer des tensions et à semer la division dans la société civile », a déclaré à la presse Martin Weiss, directeur du département chargé de la collecte d’informations et des enquêtes du BVT. « La police et le pouvoir judiciaire doivent y prêter davantage attention parce que le contexte actuel est un défi pour les forces de sécurité », a-t-il ajouté.

La crise des migrants et des réfugiés a dopé les scores de l’extrême droite autrichienne dont le chef de file, Norbert Hofer, est arrivé en tête le 24 avril du premier tour de l’élection présidentielle avec environ 35% des voix.

Le Figaro

« Le racisme se banalise et gagne toute la société »

Antisémitisme, actes racistes vécus au quotidien… En Indre-et-Loire, la Licra tire la sonnette d’alarme et appelle à plus de vigilance.

LICRA.

Des dérapages dans des classes de collèges et de lycées face à des enseignants, des propos racistes et antisémites tenus dans des lieux publics, dans les transports en commun… Depuis les vagues d’attentats, les signalements de tels actes sont plus nombreux, les dérapages de plus en plus affirmés et malheureusement assumés. « C’est un constat effrayant, confirme Martine Strohl, la présidente de la Licra Touraine. Le pire, et c’est là que c’est le plus dangereux, c’est la banalisation du racisme et l’indifférence, oui, l’indifférence »

A l’antenne tourangelle de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), on s’inquiète surtout de la montée du racisme chez les jeunes. « Nous continuons à intervenir dans les établissements scolaires, explique Martine Strohl, sans relâche. Si des enseignants nous sollicitent, nous faisons le nécessaire pour être disponibles. »

La Nouvelle République

Tirs à balles réelles, agressions, incendies… les actes islamophobes sont en hausses

Agissez-CCIF-Collectif-contre-Islamophobie-en-France-mosquées racisme
Les actes antimusulmans
Ils ont franchi un seuil jamais atteint depuis leur recensement par le ministère de l’Intérieur. Malgré le recul observé en 2014, les chiffres de cette année confirment la tendance à la hausse observée depuis 2011 (+ 30 % en 2011, 28 % en 2012, 11,3 % en 2013, -41 % en 2014, + 223 % en 2015).
Les faits répertoriés semblent indiquer une progression dans l’échelle de violence : tirs à balles réelles, jets de grenade, agressions, incendies ou tentatives d’incendies…

«Hitler avait raison » « sale noir » « sale bougnoule » Stéphane condamné à 3 mois ferme pour racisme

Ces mots avaient retenti le 1er décembre 2015 au commissariat d’Arras : « Ta mère est une juive. Hitler avait raison. Heil Hitler ! » À la barre du tribunal correctionnel d’Arras, mardi, le prévenu soutenait que c’est l’alcool qui lui avait fait tenir de tels propos.

gettyimages-86037063.jpg

ll « ne boi(t) plus depuis huit ans, du coup… » Le mélange whisky et cannabis aura peut-être été trop raide. Le problème, c’est que Stéphane Codevelle, Arrageois de 33 ans, déjà condamné dix fois, a prononcé pas mal d’autres injures, ce soir-là, quand les policiers sont intervenus chez lui pour des violences conjugales. Il avait d’ailleurs été jugé aussitôt après pour ces faits-là, et placé en détention jusqu’en novembre prochain.

Quand les officiers de police ont voulu l’interpeller, il s’est violemment débattu, mais pas seulement : « Lâchez-moi, je vais vous tuer, je suis Daech, je vais baiser vos femmes », leur avait-il lancé, avant de tenir des propos également racistes en garde à vue, traitant l’officier de police judiciaire en poste ce soir-là de « sale noir » et « sale bougnoule ».

« Il a même des amis blacks »

Mardi, il comparaissait donc pour injure publique envers un particulier en raison de sa race ou origine, ainsi que pour apologie d’un acte de terrorisme et pour apologie d’un crime de guerre. Par chance pour lui, cette dernière mention a été écartée, le délai de prescription n’était que de trois mois !

Stéphane Codevelle a été condamné à trois mois de prison ferme. Le Parquet en avait requis quatre.

La Voix Du Nord

En 1918, l’armée américaine demandait aux Français d’être racistes avec les soldats noirs

La différence entre l’accueil des Français et la ségrégation imposée par les lois Jim Crow aux États-Unis inquiétait les officiers blancs américains.

grande_guerre.jpg

Dans une circulaire publiée en 1919 par William Edward Burghardt Du Bois –un historien et sociologue militant pour les droits civiques– dans le magazine de la NAACP, un agent de liaison français conseille les officiers sur la façon de gérer les troupes noires américaines.

Le memo, signé par le lieutenant-colonel Jean-Louis Albert Linard, fait part des inquiétudes de l’Amérique blanche sur le traitement «familier et indulgent» que reçoivent les officiers et soldats en France. Selon l’archiviste Benjamin Doizelet, l’officier français n’est pas vraiment l’auteur de ce document, dicté par les autorités américaines.

À l’époque, des unités de soldats noirs américains étaient affectées en France aux côtés des troupes françaises. Les Français étaient généralement accueillants, en les intégrant socialement. La différence entre ses conditions et la ségrégation imposée par les lois Jim Crow aux États-Unis inquiétait les officiers et soldats blancs américains, qui ont tenté par de nombreuses façons de recréer des séparations raciales: en placardant des affiches «Réservé aux blancs» dans les bases militaires, en imposant des couvre-feu et en édictant d’autres réglementations pour que les soldats noirs restent dans le rang.

Accusations de viol et de lâcheté

Pendant la Première Guerre mondiale, des rumeurs racistes selon lesquelles les soldats noirs n’étaient pas assez performants et qu’ils représentaient un danger pour les femmes françaises circulaient en abondance. L’enquête menée par William Edward Burghardt Du Bois était justement en partie sensée réfuter ces allégations.

Dans L’Encyclopédie de l’histoire afro-américaine, l’historien Cary De Cordova Wintz écrit que Du Bois «a conclu que les noirs étaient souvent dirigés par des officiers et sous-officiers blancs racistes qui assuraient un mauvais leadership et envoyaient des troupes mal équipées sur le champ de bataille, puis se défendaient en reportant la faute sur les troupes noires».

L’historien ajoute que Robert Russa Moton, à l’époque directeur adjoint de l’institut Tuskegee ­—un établissement d’enseignement afro-américain en Alabama—, s’est rendu en France en 1918 pour enquêter sur les comportements des troupes noires, et «a constaté que les accusations de viols et de lâcheté [portées à l’encontre des soldats noirs] faisaient l’objet d’une sérieuse exagération».

Slate

Vague de racisme et d’Islamophobie au sein de la STIB après les attentats de Bruxelles

Le directeur-général de la Stib s’est fendu d’une vidéo pour condamner les propos déplacés et racistes de certains collaborateurs.

57235b3735708ea2d500f5fb.jpg

L’attitude des agents de la Stib lors des attentats du 22 mars a été saluée par la direction de la société des transports bruxellois ainsi que le gouvernement régional. Les collaborateurs présents au moment du drame ont réagi de manière exemplaire et la majorité des agents ont répondu à l’appel de la direction leur demandant de reprendre rapidement le volant pour permettre aux citoyens de regagner leur domicile. Plus tard, les stibiens ont déclaré, dans une lettre ouverte émouvante, être « unis dans la douleur mais déjà debout contre la haine et la terreur ».

Malheureusement, les tragiques événements du 22 mars n’ont visiblement pas permis de rapprocher l’ensemble des travailleurs de la Stib. Il nous revient, au contraire, que les attentats de Bruxelles ont suscité une déferlante raciste au sein de la société de transport public. Une série de messages à caractère raciste ont été postés sur les réseaux sociaux.

À tel point que le directeur-général Brieuc de Meeûs s’est fendu d’un message vidéo diffusé sur l’intranet de la Stib pour tenter de mettre un terme à ces dérapages.

« Malheureusement, il m’a été rapporté que certains de nos collègues, indignes d’être des nôtres, ont eu des propos complètement déplacés, discriminants, voire racistes, notamment sur les réseaux sociaux. De tels propos, de tels actes sont intolérables: je ne les accepterai jamais. Et je vous le dis, cela ne restera pas sans conséquences », prévient le CEO dans une vidéo adressée à l’ensemble du personnel début avril.

Même si la fermeté des propos du CEO a permis d’apaiser les esprits, certains travailleurs ne digèrent pas les déclarations racistes de leurs collègues« Pour certaines personnes, les attentats ont servi d’exutoire. Cela a libéré une parole de haine nocive et dangereuse qui était déjà présente depuis longtemps, mais en sourdine. Les discours islamophobes font d’autant plus mal qu’on a quand même un collègue du métro qui a perdu sa femme, une musulmane », rappelle un délégué syndical qui déplore que les auteurs de propos racistes n’aient pas été plus lourdement sanctionnés.

La Libre