L’entourage de Donald Trump envisage de relancer le fichage des musulmans

Selon un de ses conseillers, son administration songe à réactiver un fichier ciblant les immigrants de certains pays, créé après le 11 septembre 2001. Durant sa campagne, le candidat a promis d’interdire l’accès du territoire américain aux musulmans, puis aux ressortissants de pays où sévit le « terrorisme islamiste ».

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«Le jour où ils créeront une base de données des musulmans, j’irai m’enregistrer comme musulman», a déclaré récemment Jonathan Greenblatt, le président de l’organisation antiraciste américaine Anti-Defamation League. Ces derniers jours, la phrase «First they came for the muslims» («D’abordils sont venus chercher les musulmans»), référence au poème antinazi de Martin Niemöller, est devenue très populaire sur Twitter.

La promesse d’une «base de données des musulmans» a été une des plus explosives de toute la campagne de Donald Trump, et on en sait un peu plus désormais sur ce qu’entend mettre en place la nouvelle administration: pour résumer, une politique qui existait déjà lors de la dernière décennie, a été jugée discriminatoire à l’époque par les organisations de protection des droits de l’homme et inefficace par l’administration qui l’appliquait.

Un système déjà en place après le 11-Septembre

Le secrétaire d’État du Kansas Kris Kobach, artisan de quelques-unes des lois sur l’immigration les plus restrictives des années 2000 et conseiller de Trump sur les questions d’immigration, a expliqué à l’agence Reuters que la nouvelle administration (dans laquelle il pourrait devenir ministre de la Justice) réfléchissait à réactiver le National security entry-exit registration system (NSEERS). Un système de contrôle des immigrants mis en place après le 11 septembre 2001, et qu’il avait lui-même contribué à façonner en tant que conseiller de l’administration Bush.

Le même système était imposé à des citoyens déjà présents sur le territoire avec un visa non-résident (tourisme, travail, étudiant…), qui devaient notamment signaler certains de leurs déplacements, comme leurs déménagements

Ce système créait un fichier avec une triple identification (empreintes digitales, photographie et interrogatoire poussé) pour des citoyens de 25 pays lors de leur entrée sur le territoire américain. Le même système était imposé à des citoyens des mêmes pays déjà présents sur le territoire avec un visa non-résident (tourisme, travail, étudiant…), qui devaient notamment signaler certains de leurs déplacements, comme leurs déménagements. Il ne ciblait pas explicitement les musulmans mais 24 des 25 pays cités étaient arabes, du Maghreb à l’Asie du Sud-Est en passant par le Moyen-Orient, le vingt-cinquième étant la Corée du Nord.

Selon NBC News, plus de 80.000 personnes avaient été fichées dans ce cadre. Aucune n’avait été poursuivie pour des faits de terrorisme, mais 13.000 personnes avaient été déportées pour violation des lois sur l’immigration. Le programme a été vidé de sa substance en 2011, mais n’a jamais été complètement abrogé.

Au mauvais souvenirs des camps d’internement

Comme l’explique The Hill, Trump avait beaucoup varié sur le sujet durant la campagne, donnant parfois l’impression qu’il voulait ficher tous les musulmans du pays ou interdire l’immigration de tous les pays à majorité musulmane. Quand un journaliste l’avait interrogé en lui demandant en quoi ce fichage différerait de celui des Juifs sous le nazisme, il avait eu une réponse évasive.

Et histoire d’ajouter aux craintes que suscitent ce genre de fichiers chez beaucoup de citoyens, les soutiens de Trump citent des exemples qui rappellent des périodes sombres de l’histoire des États-Unis: sur Fox News, Carl Higbie, le porte-parole d’un lobby pro-Trump, a défendu les intentions de l’administration en rapppelant que l’Amérique avait pratiqué des politiques du même genre pendant la Seconde Guerre mondiale vis-à-vis des personnes d’origine japonaise. 120.000 personnes avaient alors été internées dans des camps, dans ce que Ronald Reagan avait qualifié quarante ans plus tard de «grande injustice» de l’histoire américaine. Après les attentats de Paris, de nombreux politiques avaient appelé à la création de camps du même genre pour les immigrants du Moyen-Orient.

Slate

Birmanie : 70 musulmans Rohingyas tués en un mois par l’armée birmane

Près de 70 musulmans Rohingyas ont été tués en un mois d’affrontements avec les forces de l’ordre dans l’ouest de la Birmanie, a annoncé lundi soir l’armée birmane.

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Entre le 9 octobre et le 14 novembre, « 69 Bengalis ont été tués et 234 arrêtés », selon un communiqué de l’armée publié lundi soir sur sa page Facebook.

La minorité musulmane des Rohingyas (communément appelés « Bengalais » en Birmanie, où ils sont considérés comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin) est forte d’un million de personnes dans cette région de l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie.

Des dizaines de milliers d’entre eux vivent dans des camps de déplacés depuis des affrontements meurtriers entre bouddhistes et musulmans en 2012, dans des conditions difficiles.

L’armée est accusée de graves abus contre la minorité musulmane, du viol des femmes au meurtre de civils.

La tension est à nouveau montée ce week-end quand plus de trente personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, qui dénoncent des attaques coordonnées au sabre.

Le Figaro

Hommage aux soldats musulmans morts pour la France

Officiels, associations, représentants religieux, militaires et citoyens étaient réunis, ce vendredi 11 novembre, au cimetière de La Mulatière, pour rendre hommage aux 201 soldats musulmans morts pendant la Première Guerre mondiale. 

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La cérémonie a été organisée par le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, ainsi que par le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Michel Delpuech, en collaboration avec le maire de La Mulatière, Guy Barret.

La commémoration a commencé par la lecture et la traduction d’un verset du Coran, suivie des interventions de Bénaïssa Chana, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes, et de Kamel Kabtane. Les deux représentants du culte musulman ont, tour à tour, honoré « les liens profonds qui unissent les musulmans et la France », tout en rendant hommage aux disparus.

Michel Delpuech s’est ensuite exprimé, en insistant sur l’importance du devoir de mémoire. La cérémonie s’est terminée sur des dépôts de gerbes, ainsi que sur une musique de la formation musicale militaire de Lyon.

Le Progrès

Bondy Blog, «islamo-gauchistes» : Pourquoi Gilles Kepel doit (rapidement) prendre sa retraite

Gilles Kepel accuse le Bondy Blog d’être devenu une filiale des Frères Musulmans et s’en prend aux « islamo-gauchistes » qui sont selon lui des « charlatans ! »

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A 61 ans, il est parfois temps de laisser la place aux jeunes. Gilles Kepel semble persuadé, comme il l’assène depuis longtemps, qu’on assiste à une « radicalisation de l’Islam » en France, là où Olivier Roy voit plutôt une « islamisation de la radicalité» Mais son dada, à Gilles Kepel, c’est surtout de dénoncer les accusations d’islamophobie.

Pour lui, qui utilise toujours ce mot entre guillemets, reconnaître l’existence de l’islamophobie serait une façon de faire le jeu des djihadistes. Alors qu’Olivier Roy assure que l’islamophobie se développe en France, Gilles Kepel y voit plutôt de la victimisation qui ferait le jeu des terroristes. Et quand il est taxé de faire le jeu des islamophobes, Kepel s’emporte.

Dans une interview au Nouvel Obs, aux journalistes du Bondy Blog qui l’avaient poussé dans ses retranchements, Gilles Kepel répond que ce média a « été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l’’islamophobie’ son principal slogan. » Selon l’ »islamologue », le Bondy Blog serait donc une filiale des Frères musulmans.

Dans son livre « La Fracture », tout juste publié, Gilles Kepel assure d’ailleurs que les intellectuels de gauche sont des « idéologues utiles des islamistes. » L’auteur y tire à boulets rouges sur les « islamo-gauchistes », qu’il qualifie de « charlatans. » En février déjà, Gilles Kepel reprenait à son compte, dans son livre « Terreur dans l’Hexagone », la théorie fumeuse selon laquelle le terme « islamophobie » avait été inventé « dans les années 1990 » par « les salafistes et les Frères Musulmans. »

Info

Le nouveau président du Liban est chrétien

Le leader chrétien Michel Aoun a été élu lundi à la présidence de la République libanaise au second tour de scrutin avec 83 voix sur 127 par le Parlement libanais lors de la 46e séance électorale.

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Au premier tour, M. Aoun n’avait obtenu que 84 voix, alors qu’il lui en fallait 86. Le second tour a fait l’objet de cafouillages. Les députés ont du voter à trois reprises. Les deux premières fois, 128 bulletins avaient été déposés dans l’urne alors que 127 députés sont présents dans l’hémicycle.

Trente six députés ont voté blanc au second tour (contre 36 également au premier tour). Sept bulletins ont été annulés (5 pour la « Révolution du Cèdre continue au service du Liban », un où il était écrit « un Parlement légal ou pas » et un au nom de « Zorba le Grec »). Une voix a également été attribuée à Sethrida Tawk (Geagea).

Le président est élu à bulletin secret, à la majorité des deux tiers des députés au premier tour et à la majorité absolue aux tours suivants (soit 65 voix). Actuellement, le Parlement ne compte plus que 127 membres après la démission du député Robert Fadel.

L’Orient Le Jour

 

Canada : une école privée musulmane classée parmi les meilleurs du Québec

L’Institut Fraser, un organe privé spécialisé dans la qualité de vie des Canadiens, a dévoilé, samedi 29 octobre, son classement annuel des meilleures écoles secondaires (équivalent du collège) du Québec. L’école privée Jeunes Musulmans Canadiens (JMC) se hisse à la seconde place concernant les écoles privées. 

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Fondée en 2000 par Layla Sawaf, la JMC est une école mixte qui affiche des résultats de 100 % de réussite aux examens nationaux. Les élèves bénéficient de classes à effectifs réduits, en moyenne 15 par classe, et peuvent suivre des cours de religion et de langue arabe. Les parents y inscrivent leurs enfants pour un coût total de 4 500 dollars canadiens par an (3 070 euros).

« Cela fait 11 ans qu’on demande la subvention mais on revient le panier vide. (Cette) deuxième place au classement Fraser montre les efforts au sein de notre établissement et qui doivent être pris en compte », témoigne Mohamed Najhi, conseiller pédagogique.

Saphir News

Dalil Boubakeur insultant envers les Arabes et les musulmans ?

Patrick Buisson a décidé de régler ces comptes avec Nicolas Sarkozy. Celui qui fut le conseiller de l’ex-chef d’Etat a publié fin septembre « La cause du peuple » (Ed. Perrin) relatant « l’histoire interdite de la présidence Sarkozy » sur la base supposée d’enregistrements de conversations auxquelles Patrick Buisson a assisté. 

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Quel rapport avec la Grande Mosquée de Paris ? Un des passages du livre a directement visé Dalil Boubakeur qui a décidé, lundi 24 octobre, de démentir la teneur d’un échange qui aurait été tenu en octobre 2002 entre le recteur et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, concernant la première présidence du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2003.

Lors d’un échange qui fut rapporté à Patrick Buisson en septembre 2010 « par Sarkozy lui-même », Dalil Boubakeur n’aurait initialement pas été très emballé à la proposition de Nicolas Sarkozy de présider l’instance, déclarant être « très malade » et « très fatigué ». Une fatigue qui ne serait pas que physique des mots de Patrick Buisson.

« Tu sais que je ne les supporte plus ces Arabes, que je les déteste. Je ne peux plus les voir en peinture », aurait-il déclaré devant un Sarkozy insistant prêt à lui offrir ce qu’il désirait (« Combien ? », répétait-il). « Avec les musulmans, c’est pire. Toutes leurs histoires me sortent par les yeux. Ça fait plus de 60 ans que je les subis. Il faut me comprendre : j’ai été élevé dans une mosquée. Je n’ai jamais pu en sortir », aurait-il ajouté.

Des proférations d’insultes « inacceptables »

La Grande Mosquée de Paris a « formellement » démenti les allégations, indiquant que la décision de désigner Dalil Boubakeur à la tête du CFCM « a été prise en présence de l’ensemble des représentants des fédérations musulmanes et des grandes mosquées fondatrices du CFCM réunis par Nicolas Sarkozy, (…) qui a ensuite annoncé publiquement le choix unanime sur lequel se sont portés tous les représentants du culte musulman en France »après une réunion en décembre 2002 « en conclave au Château de Nainville-les-Roches, dans l’Essonne ».

« Et contrairement à ce qu’avancent les propos rapportés par Patrick Buisson, il n’y a eu aucune négociation personnelle et encore moins de proférations d’insultes intolérables et inacceptables », précise la fédération musulmane.

Macron s’attaque à la «laïcité revancharde» comme «arme» contre «la religion musulmane»

Dans un entretien à Marianne, l’ancien ministre de l’Economie s’est notamment prononcé contre l’interdiction du voile à l’université. Il s’émeut, toutefois, des écoles confessionnelles qui enseignent « la haine de la République ».

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#DossierTabou : «Après Tintin au Congo, de La Villardière chez les Arabes»

Samia Orosemane a accepté de participer au premier numéro de Dossier Tabou, l’émission controversée de Bernard de la Villardière consacrée à l’islam et diffusée mercredi. Elle le regrette et explique pourquoi à L’Express.

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Le premier numéro de Dossier Tabou a rassemblé 2,4 millions de téléspectateurs mercredi soir. L’émission de Bernard de La Villardière sur « L’Islam en France: la République en échec » a suscité de nombreuses réactions. Dont celle de l’humoriste Samia Orosemane, qui avait pourtant accepté d’ouvrir sa porte aux caméras de M6. Elle explique à L’Express pourquoi elle le regrette.

Comment apparaissez-vous dans le film?

J’ai été filmée lors d’un déjeuner de famille, un dimanche, où Bernard de La Villardière s’est invité. Je ne devais recevoir que l’équipe technique. Mais quand j’ai ouvert la porte, il m’a dit qu’il s’était permis de venir car chez nous, ‘quand il y en a pour dix il y en a pour onze’.

Il a donc débarqué dans mon salon avec ses a priori et ses clichés sur les musulmans, il a demandé à l’une de mes soeurs si on ne lui mettait pas la pression pour qu’elle porte le voile. Je lui ai dit qu’on la frappait tous les jours mais qu’elle ne voulait pas comprendre. Je ne m’attendais pas à ce qu’au montage ce soit aussi glauque. J’ai le sentiment d’avoir été trahi.

Pourquoi avez-vous accepté de participer?

Ils m’ont dit qu’ils voulaient faire un portrait de moi, que le principe du documentaire était de décrire la pluralité de la communauté musulmane. Ca avait l’air sympa. Avec moi, ils voulaient montrer que l’on pouvait porter le voile et être humoriste. Etant donné que l’on dépeint souvent les femmes musulmanes comme soumises, j’ai trouvé que c’était positif, l’occasion de montrer le contraire, un autre son de cloche, quand les musulmans se plaignent de ne pas être bien présentés dans les médias.

Que reprochez-vous à ce documentaire?

Bernard de La Villardière écrit des scénarios à la Spielberg, avec des gros plans et des musiques angoissantes. J’ai regardé l’émission au second degré, mais je me demande ce qui s’est passé dans la tête de ceux qui l’ont pris au premier. Les gros plans de lui dans la mosquée en train d’écouter le prêche m’ont fait beaucoup rire. Après Tintin au Congo, de La Villardière chez les Arabes… Je suis capable d’écrire un spectacle entier sur mon expérience avec lui. Je pense à en faire une parodie, mais je n’arriverai jamais à dépasser l’original, à être aussi drôle que lui.

Quels moments vous ont le plus choquée?

Lorsque Bernard de La Villardière discute avec un aumônier en prison, qui ne sait pas bien parler français. L’homme explique qu’il vient dire aux jeunes qu’il ne faut pas faire de « bêtises ». Et là, Bernard de La Villardière lui répond: « Mais de quelles bêtises vous parlez? » L’aumônier répond « les attentats ». Et là il en profite pour lui lancer: « Mais ce ne sont pas des bêtises monsieur, c’est un crime ». Il joue sur la terminologie en faisant croire que l’aumônier minimise la gravité des attentats, alors que, simplement, il ne parle pas très bien le français. C’est honteux de faire ça.

« Vous me laissez faire mon travail! »

Et quand il se rend à l’heure de la prière devant l’Institut des cultures d’islam, dont l’un des étages est occupé par la Mosquée de Paris. Il intercepte tous les gens et leur demande s’ils sont là pour l’Institut des cultures d’islam, alors que c’est l’heure de la prière. Mais de quoi il parle? C’est l’heure de la prière, ils vont à la prière. Et son petit commentaire pour dire que Bertrand Delanoé a financé un lieu de culte en plein Paris…

Enfin, l’altercation avec les jeunes à Sevran, où il débarque avec sa caméra, se croyant tout permis. Les types lui expliquent qu’ils ne veulent pas être filmés. Et lui qui leur répond: « Non, mais vous me laissez faire mon travail ». C’est magnifique!

Vous dites que ce reportage ne profite qu’à ceux qui veulent diviser…

Ce documentaire est dangereux pour celui qui ne réfléchit pas et n’a jamais vu un musulman de sa vie. Si je n’avais pas été musulmane, après l’avoir vu, je voterais Front national! Je me demanderais ce que les musulmans viennent faire chez nous. « Il l’a dit le monsieur, à la télévision, il y a des sociétés secrètes, leur objectif est d’islamiser la France, on est plus chez nous ». Une femme le dit comme ça. J’étais morte de rire. C’est une partie de mon sketch, ça!

Il faut arrêter de dire que les musulmans veulent islamiser la France, on a déjà du mal à y pratiquer notre religion. On ne gagne pas de royalties à chaque fois que l’on convertit quelqu’un. En réalité, nous sommes des Français comme tous les autres, l’amour de la France et l’islam ne sont pas opposés. Je suis Française et musulmane, fière d’être les deux.

L’express

« Non, il n’y a pas 28 % des musulmans qui sont radicalisés en France »

Depuis que l’enquête de l’Institut Montaigne, dont le rapport a été rédigé par Hakim El Karoui, « Un islam français est possible » a paru, le 19 septembre, des commentateurs ont proclamé que 28 % de musulmans seraient « radicalisés » en France.

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Une mise au point s’impose. Ni le terme de radicalisation ni aucun de ses dérivés n’est employé car il ne s’agit pas d’un concept scientifique rigoureux. « Radicalité » est devenu un mot fourre-tout pour désigner vaguement ce qui est perçu comme une menace non maîtrisée et un label hasardeux des politiques publiques dans un contexte de montée de la violence djihadiste depuis les attentats commis en France par Mohammed Merah en 2012.

Loin d’une logique de stigmatisation, l’enquête identifie les items d’attitudes autoritaires ou conservatrices en montrant leur déconnexion vis-à-vis des pratiques religieuses répandues, telle que la consommation de nourriture halal. A partir de ces résultats, on peut affirmer, données à l’appui, que l’intensification de la religiosité n’est pas associée à un basculement dans l’autoritarisme.

Méthodologie rigoureuse

Là où le débat public interprète, à tort, ces évolutions comme le signe d’une « conquête » de l’islam radical, cette enquête démontre l’indépendance de la religiosité et des attitudes justifiant l’inégalité entre les individus.
Le Monde

« Il faut une épuration ethnique en france » Extrait du documentaire Arabes, Juifs, Noirs : Pourquoi nous détestent-ils ?

 

Planète+ programme une série documentaire exceptionnelle à partir de lundi, en prime. Un an après les attentats du 13 Novembre, Planète+ propose dès lundi d’interroger la montée de la haine, le repli communautaire et la libération de la parole raciste et antisémite en France.

Trois films, « Pourquoi nous détestent-ils ? », seront programmés en prime (20h55). Amelle Chahbi, comédienne et réalisatrice, Alexandre Amiel, producteur et Lucien Jean-Baptiste, réalisateur (« La première étoile ») confrontent leurs histoires personnelles à la réalité des racismes anti-arabes, des racismes anti-juifs et des racismes anti-noirs.

Initiative inédite, « Pourquoi nous détestent-ils ? » raconte ceux qui, tout en étant fiers de leurs origines, refusent qu’elles constituent leur seule identité. « Comme si ils étaient condamnés à appartenir à des communautés imaginaires, à devoir subir tous les clichés racistes qui vont avec« , note la chaîne. En pleine campagne pour la primaire à droite, où les thématiques identitaires ont pris une part importante dans les débats, « Pourquoi nous détestent-ils ? » tombe à pic.

 

Pure Médias

Allemagne : les femmes portant un nom turc et le voile sont victimes de discrimination à l’embauche

Un institut de recherche sur le travail a envoyé des fausses candidatures, accompagnées de photos, pour tester la réaction des employeurs. Celles dont la candidate porte un nom turc et le voile reçoivent quatre fois moins de réponses.

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C’est une double peine. Sur le marché du travail allemand, les femmes portant un nom turc et le foulard islamique reçoivent quatre fois moins de réponses à leurs candidatures que celles portant un nom allemand, selon une étude menée par l’Institut IZA pour l’étude du travail (PDF en anglais), publiée mardi 20 septembre.

En envoyant 1 474 candidatures factices à des offres d’emploi de secrétaires, comptables et chef comptables, l’institut IZA a démontré que 18,8% des candidates portant un nom allemand étaient invitées à passer un entretien, contre 13,5% pour celles portant un nom turc et 4,2% pour les femmes portant un nom turc et un voile sur la photographie qui accompagnait le CV. « Ce résultat implique que les femmes portant le voile doivent envoyer 4,5 fois plus de candidatures que celles portant un nom allemand et aucun voile, pour recevoir le même nombre d’appels en retour », expliquent les auteurs de l’étude.

La discrimination plus forte à Berlin qu’à Munich

Pour mener cette étude, l’IZA a eu recours à des noms communs en Allemagne (Sandra Bauer) et en Turquie (Meryem Öztürk). Quant aux photographies, elles montrent chaque fois la même femme, cheveux découverts puis cheveux couverts. Toutes les candidatures décrivaient une femme ayant une bonne maîtrise de l’allemand et une formation en Allemagne.

L’étude révèle en outre des disparités selon les villes. A Berlin, 5,4% des femmes portant le voile ont ainsi reçu des invitations à passer un entretien, contre 8,2% à Munich, mais 0% à Stuttgart. A Dresde, 20% des « Sandra Bauer » ont eu l’opportunité de passer un entretien, mais 0% des « Meryem Öztürk », voilées ou non.

France TV

Burkini: un reportage australien fustige le racisme français

Diffusé sur une chaîne australienne, un reportage montrant les réactions « des locaux » face au port du burkini par des australiennes sur une plage de Villeneuve-Loubet entend dénoncer le « racisme français » et « l’interdiction du burkini ».

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Si la polémique autour du burkini a particulièrement agité la France cet été, elle est aussi partiellement retombée, notamment depuis la décision du Conseil d’État de suspendre son interdiction. Mais elle n’a pas fini d’alimenter les réactions à l’étranger. Ni les critiques. Ni les leçons de morales. En témoigne le reportage, diffusé par chaîne australienne Channel 7, dressant le portrait caricatural d’une France raciste tout en mettant en scène le voyage de Zeynab Alshelh, une jeune australienne musulmane, sous fond de musique dramatique.

Déterminée à « montrer sa solidarité avec les musulmanes françaises » et à défendre « la façon de vivre australienne », cette étudiante en médecine et judokate de 23 ans a décidé de porter son burkini -ce maillot de bain inventé par une couturière australienne- sur une plage de Villeneuve-Loubet. Cette ville du sud de la France, dirigée par Lionnel Luca (Les Républicains), avait été l’une des premières à interdire le port du burkini.

« Forcés de faire demi-tour »

« Juste après avoir posé les pieds sur cette plage française [avec des membres de sa famille, NDLR], ils ont reçu une leçon montrant jusqu’à quel point les locaux peuvent être hostiles envers les musulmans », lance la journaliste qui accompagne la famille, tout en filmant un homme leur demandant de « faire demi-tour » et de « partir » et une femme brandissant son pouce orienté vers le bas. 

« On a été forcé de partir, on a été menacé par les locaux qui nous ont dit que si on ne quittait pas la plage ils appelleraient la police« , témoigne ensuite Zeynab Alshelh face caméra, visiblement émue.

Dans un article publié en même temps que la diffusion du reportage, Channel 7 n’hésite pas à déclarer que « le sentiment antimusulman (…) est plus fort en France que dans n’importe quel autre pays ». Une affirmation illustrée par l’interview de Lionel Tivoli, président du groupe FN au Conseil municipal d’Antibes et seul politique français interrogé dans le reportage, qui affirme notamment que « l’islamisme est responsable des attaques terroristes ». 

L’Express

François Fillon : « il faut un contrôle administratif du culte musulman »

71% des musulmans seraient en accord avec « avec la laïcité et les lois de la République ». Mais 28% seraient « rigoristes » et « mal à l’aise » avec la laïcité, selon un sondage Ifop/Institut Montaigne, révélé dimanche par le JDD. Quel chiffre retenir entre les deux ? « Je retiens les deux », affirme François Fillon dimanche, invité du Grand Rendez-vous d’Europe1 – Les Echos – i-Télé.

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« Une dynamique en faveur de la radicalisation ». « Je retiens qu’il y a deux tiers de musulmans intégrés. Que l’institut Montaigne nous donne une vision un peu plus sérieuse de ce que sont les musulmans », démarre le candidat à la primaire LR, qui milite en faveur de « statistiques pour pouvoir avoir les moyens de traiter un sujet qui est celui de l’islam radical », poursuit-il. Et de conclure : « Je retiens aussi qu’un tiers de Français musulmans sont tentés par la radicalisation ou sont radicalisés, et que ce chiffre augmente. Il y a une sorte de dynamique en faveur de la radicalisation ».

« Il faut un contrôle administratif ». Quelle solution pour enrayer cette dynamique ? Selon François Fillon, « il y a d’abord un réexamen à faire de notre relation avec l’Arabie saoudite » d’où serait, selon lui, issue une majorité de prédicateurs « à l’origine de la montée de l’islam radical ». « Le deuxième sujet, il est intérieur », poursuit le député de Paris, qui enchaîne : « il faut un contrôle administratif du culte musulman, comme on a exercé pendant des années un contrôle sur la religion catholique, sur la religion juive, pour les forcer à accepter les lois de la République. Il faut la même chose ».

Selon l’ancien Premier ministre, ce contrôle nécessite d’abord « un interlocuteur », une « autorité pour gérer le culte musulman. Une autorité légitime et non contrôlée par l’extérieur. Une organisation du culte musulman qui n’est pas le CFCM ». Et François Fillon d’énumérer les mesures à mettre en place selon lui : « contrôler administrativement les ouvertures de mosquées, vérifier que les prêches sont faits en français, interdire les financements étrangers et dissoudre toutes les associations qui se réclament du salafisme, du wahhabisme ou des Frères musulmans ».

En guise de conclusion, le député de Paris l’assure, il ne veut pas non plus éradiquer les religions de l’espace public : « Je ne veux pas que demain, il soit interdit de se promener dans la rue avec une croix, une kippa ou un turban ».

Europe 1

Il faut regarder ce dialogue d’une femme en niqab et d’une touriste en colère à Nice

Il faut le regarder, car on entend peu, contrairement à ce qu’affirme l’ex-journaliste Françoise Laborde, de femmes voilées s’exprimer à la télévision. Et parce que ce dialogue va à l’encontre d’un fantasme et d’un amalgame de plus en plus présent dans la société, selon lequel les femmes qui portent le voile intégral seraient des graines de terroristes.

Vendredi, France Télévisions a publié sur son site Internet un reportage où l’on voit une femme en niqab dialoguer avec une autre femme, une Toulousaine, visiblement en colère. Alors que la première vient de déposer une gerbe de fleurs sur la promenade des Anglais, à Nice, en hommage aux victimes de l’attentat de juillet, la deuxième l’accuse de «provocation». La rencontre, précise France Télévisions dans l’article qui accompagne la vidéo, est fortuite.

«Vous n’avez pas l’impression de faire un peu de la provoc’, surtout là?», demande la touriste toulousaine. S’ensuit une conversation où Stéphanie Lécuyer, «une Française qui porte le niqab depuis vingt ans» précise le reportage, prône le dialogue entre femmes voilées et personnes non-voilées«A un moment donné, il faut s’arrêter, et discuter. Et je pense que la meilleure des choses ça va être le dialogue avec le temps», dit-elle. Elle parle de paix, de respect, des paroles qui visiblement touchent la touriste, qui quelques minutes après déclare, très calme: «Si c’est votre idée, votre vie, il faut la vivre».

«Vous êtes JOURNALISTE pas animatrice!»

Un reportage qui a sucité des réactions d’indignation, parmi lesquelles celle du délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ou de féministes. Et en tout premier lieu, de Françoise Laborde, ex-présentatrice du JT de France 2, qui va dégainer, entre le 16 septembre à 14h45 et le lendemain à la même heure, pas moins de 22 tweets et 15 retweets sur le sujet, et un long post sur Facebook. Dans ses messages, l’ex-journaliste s’en prend directement aux auteures du reportage, Eloïsa Patricio et Emmanuelle Lagarde. Elle les accuse de «journalisme de connivence et de sensationnalisme»«Si vous ne comprenez pas la différence entre manipulation et journalisme changez de métier», lance-t-elle«Vous êtes JOURNALISTE pas animatrice socioculturelle! Et vous devez aiguiser votre sens critique pas votre angélisme»crie-t-elle aussi (puisque sur Twitter, les lettres capitales sont utilisées pour hausser le ton).

Elle commente également ses propres tweets, dans une sorte de drôle de dialogue de Laborde avec elle-même. Car si Françoise Laborde ne veut pas qu’on dialogue avec une femme en niqab, elle ne semble pas non plus vouloir dialoguer avec quiconque ne partage pas son avis:

Une «mise en scène»?

Qu’est-ce qui énerve Françoise Laborde? Plusieurs choses. D’abord, le fait que selon elle le reportage est une «mise en scène». Stéphanie Lécuyer a été contactée via Rachid Nekkaz, homme d’affaires et militant politique algérien qui paie les amendes des femmes en niqab depuis la loi d’interdiction sur la dissimulation du visage dans l’espace public de 2010. On aperçoit d’ailleurs le militant présent à ses côtés au début de la vidéo. Une mise en scène que Françoise Laborde compare à la télé-réalité:

«Il s’agit de faire intervenir un élément extérieur inhabituel pour voir comment les gens réagissent: ici sur la Promenade des Anglais à Nice, il s’agissait d’amener sur place une jeune femme portant la burkha (sic) accompagné (sic) par un militant, et voir comment la population réagissait. Cette démarche est en soi détestable et n’a rien à voir avec le journalisme même si elle est de plus en plus pratiquée dans le cadre de ces émissions qui prétendent faire des enquêtes ou des contre-enquêtes»explique-t-elle sur Facebook. 

Accordons-lui un demi-point là-dessus: oui, le sujet de France Télévisions ne dit pas que la femme en niqab n’a pas été croisée par hasard sur la promenade des Anglais. Si la rencontre est bien «fortuite» en un sens, comme le précise France Télévisions dans l’article qui accompagne la vidéo – puisque la touriste, elle, n’a pas été contactée par avance – elle ne l’est qu’à moitié. Il manque aussi sans doute quelques lignes de présentation pour expliquer qui est Stéphanie Lécuyer, régulièrement interviewée par les médias, et qu’Atlantico qualifie de «porteuse officielle de la burqa dans l’Hexagone depuis deux décennies» (sauf que non, il ne s’agit pas d’une burqa, raté, mais d’un niqab: la burqa comporte carrément un grillage à la place des yeux, et elle est portée essentiellement en Afghanistan).

Pour autant, le journalisme ne se limite pas à «prendre sur le vif» des conversations ou des scènes «naturelles», dans une illusion de naturel, d’ailleurs, car on sait depuis que la sociologie étudie les médias que le cadrage, notamment, est un parti-pris. Faire dialoguer des personnes qui ont des opinions différentes est une pratique récurrente, particulièrement quand il s’agit d’intellectuels en désaccord. On voit mal pourquoi, si on permet à Michel Sardou et Guy Bedos de dialoguer ensemble, ou à Marcel Gauchet et Philippe Meirieu, on le refuserait à une femme en niqab et une touriste en colère, toutes les deux venues sur la promenade des Anglais à Nice, quand bien même une de ces personnes aurait été contactée en amont, et l’autre rencontrée par hasard. D’autant que dans ce cas particulier c’est quelque chose que l’on voit rarement, ou plutôt même jamais, ce qui fait son intérêt, et que la vidéo ne véhicule aucun message d’incitation à la haine, au contraire.

«On imagine déjà dans ce contexte les résultats espérés par les initiateurs du reportage!», clame Françoise Laborde, qui insinue que France Télévisions aurait planifié de filmer des insultes. On ne sait pas, en réalité, ce qui s’est passé en dehors des images qu’on nous présente. Mais quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des insultes et de la haine que France Télévisions nous livre, et il y a plutôt de quoi s’en réjouir, dans un contexte fortement marqué par les tensions.

On voit peu de femmes voilées à la télévision

Ce qui semble plus profondément gêner Françoise Laborde, c’est aussi tout simplement qu’on ait donné la parole à une femme en niqab. C’est ce qu’elle explique au HuffPost, affirmant que France Télévisions a selon elle depuis quelque temps «une fâcheuse tendance à faire témoigner des femmes en niqab, alors que de très nombreuses femmes musulmanes ne le portent pas mais ne sont jamais interrogées alors qu’elles ont une opinion intéressante sur leur société.» 

On ne sait pas si par musulmanes, Françoise Laborde entend des musulmanes voilées, mais ce qui est absolument certain, c’est que les femmes voilées, de manière générale, sont très peu représentées à la télévision. Elles ne sont jamais invitées dans les émissions, ou alors très rarement, et si c’est le cas, c’est pour jouer le rôle de la «femme voilée». Si quelqu’un peut me citer une femme voilée invitée dans une émission de C’est dans l’air, ou sur le plateau du JT de France 2, pour parler d’autre chose que de son voile, bingo, il aura gagné tout mon respect, car cela ne doit pas être facile à dégotter. Pas étonnant dans ce contexte que des fantasmes et des idées reçues ne se développent autour des femmes voilées.

Hier, alors que je l’interviewais pour un tout autre sujet, ce n’est rien de moins que la présidente de Ni putes ni soumises, cette association qui a pour slogan les trois mots «laïcité», «mixité» et «égalité», qui me le confirmait: «On nous parle du voile à toutes les sauces, mais il n’y a jamais de femmes voilées à la télévision, elles sont invisibles», me confiait-elle. Et il n’y a pas besoin d’enquête du CSA pour s’en rendre compte: à la télévision, les femmes voilées n’ont jamais la parole.

C’est donc pour cela que le document de France Télévisions est important, parce qu’il permet de faire se confronter la vision forcément fantasmée du spectateur, qui s’identifie à la touriste, à la réalité vécue par une femme qui porte le niqab. Ce reportage permet de comprendre que non, le niqab n’est pas synonyme de terrorisme, et qu’on peut porter un voile intégral sans prêter allégeance à Daech, contrairement à un amalgame de plus en plus répandu. Il permet aussi de comprendre que certaines de ces femmes ont un caractère bien trempé, comme j’ai pu moi aussi m’en rendre compte en interviewant certaines d’entre elles, ce qui remet en cause l’idée totalement stéréotypée qu’elles seraient «soumises à leur mari». Il montre aussi qu’on peut se cacher derrière un long voile, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, avoir envie de dialoguer avec quelqu’un, ou avoir en tous cas envie de renvoyer aux spectateurs une image de dialogue. En bref, il ouvre à la complexité.

Oui, on doit interviewer des personnes dans l’illégalité

Examinons enfin un dernier argument de Françoise Laborde, pour laquelle il est «gênant»de montrer dans l’espace public un voile intégral, alors qu’il y est précisément interdit:

Un argument également relayé par Céline Pina,  ex-élue PS qui s’est fait connaître en dénonçant le salon de «la femme musulmane» de Pontoise:

«Il se trouve que dès le début, on ressent une gêne intense: le niqab est interdit par la loi. Non seulement il est clair que se balader avec est une provocation, mais c’est même un délit»

Rappelons tout de même que ce n’est pas vraiment le niqab qui est interdit, et encore moins la burqa comme Françoise Laborde le dit (elle se trompe, encore une fois, ce n’est pas une burqa), mais la dissimulation du visage. Ce n’est pas l’objet religieux – ou considéré comme religieux – que le législateur sanctionne, mais le fait de se couvrir le visage, et de ne pouvoir être identifié. C’est à ce seul titre que le Conseil constitutionnel a validé la loi, malgré les mises en garde du Conseil d’Etat qui recommandait que les députés abandonnent leur idée de vouloir interdire le voile intégral dans l’espace public. Et c’est à ce seul titre que la Cour européenne des droits de l’homme n’a pas condamné la loi, tout en émettant des réserves.

Si le journaliste n’est pas un «animateur socioculturel» ou un militant, il n’est pas non plus un juge, chargé de l’application des lois, précisément. Oui, il doit interviewer des personnes qui sont dans l’illégalité, pour comprendre leurs motivations. Et il peut interroger le bien-fondé des lois, ou leur efficacité. Il n’a pas à être le bras armé des députés, à moins de tomber dans le pur et simple totalitarisme. Il faut interviewer des consommateurs de drogue, pour comprendre pourquoi et comment ils basculent dans la drogue. Il faut ou faudra, maintenant que la loi pénalise les clients de prostituées, comprendre pourquoi certains continuent à fréquenter des prostituées, pour tout simplement vérifier si cette loi est véritablement dissuasive, ou pas, et si oui, en quel sens. Et on pourrait multiplier les exemples.

On peut penser que Françoise Laborde, qui siège au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui défend l’avortement, n’est pas choquée par le fait que des journalistes aient interviewé, il y a quarante ans, des femmes qui bravaient la loi contre l’avortement. L’argument selon lequel un journaliste ne devrait pas interviewer quelqu’un qui commet quelque chose d’illégal est donc tout simplement irrecevable.

Slate

Les chrétiens d’Inde, une minorité dans le viseur des ultranationalistes hindous

L’Inde, dont la société est basée sur une hiérarchie des castes, craint beaucoup l’évangélisation de se population. Le christianisme, tout particulièrement, ainsi que l’islam sont perçus comme une invasion.

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Mi-juin, le député Yogi Adityanath, élu du parti BJP (Parti du peuple indien, nationaliste) dans une des provinces de l’Uttar Pradesh (nord de l’Inde), a déclaré que Mère Teresa faisait partie d’une « conspiration pour la christianisation de l’Inde« , basée sur des campagnes financées à l’étranger pour convertir certaines populations au christianisme.

Que doit-on comprendre de ces allégations dans l’Inde actuelle ?

Tout d’abord, ces députés représentent le discours d’une faction ultranationaliste du paysage politique : le Sangh Parivar. Il désigne le regroupement d’associations (RSS et BJP compris) suivant « l’Hindutva », c’est-à-dire le fait de faire coïncider l’identité indienne à l’identité hindoue et que les minorités religieuses doivent se plier à cet état de fait dans l’espace public.

Le christianisme, un objet de ressentiment

Ces remarques sont symptomatiques des tensions présentes entre ces deux communautés. Représentant 2,3 % de la population, soit environ 28 millions de personnes, la troisième religion d’Inde reste une minorité ciblée par ces ultranationalistes hindous. Perçue comme une invasion, le christianisme, ainsi que l’islam, restent les principaux objets de leur ressentiment.

Pourtant, le christianisme est loin d’être apparu avec la colonisation puisque c’est Saint-Thomas qui aurait commencé à diffuser le message chrétien à partir des côtes du Kerala, dans le sud de l’Inde, à partir de 52 apr. J.-C. (des doutes subsistent sur cette version, mais c’est bien à partir du premier siècle que des communautés s’y sont regroupées).

La double peur des tenants de l’Hindutva

Ce discours extrémiste masque en fait une double peur de la part des promoteurs de l’Hindutva vis-à-vis des deux grandes minorités religieuses (chrétiens et musulmans). Tout d’abord, celle du prosélytisme.

Le « retour à la maison » des brebis égarées

Depuis l’avènement de Modi (en mai 2014), les violences récurrentes contre la communauté chrétienne, dont la presse s’est fait l’écho, se déroulent un peu partout en Inde, et non plus seulement dans les zones les plus isolées (centre ou extrémité est de l’Inde). Plus inquiétant, elles se doublent d’un mouvement social et de décisions politiques créant un climat délétère.

Atlantico