Marine Le Pen fuit la police : un bras d’honneur qu’elle va payer cher

French far-right Front National (FN) party president Marine Le Pen delivers a speech during a campaign meeting in Lens, northern France, on May 17, 2014 ahead of the May 25 European elections in France.  AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN

Marine Le Pen refuse d’être entendue par la police judiciaire sur l’affaire des assistants parlementaires européens présumés détournés par le FN. En claironnant qu’elle ne se rendrait à aucune convocation jusqu’au lendemain des législatives de juin, la candidate se croit à l’abri, en toute impunité, mais elle prend un gros risque électoral à moyen terme, estime Olivier Picard.

C’est une remarque triviale de micro-trottoir entendue ce matin sur les marchés. Une exclamation de bistrot qui pourrait glisser sur le zinc, sans conséquence, comme un petit blanc sec qui déborde du verre. C’est pittoresque mais c’est l’expression spontanée d’un certain étonnement populaire que Marine Le Pen a manifestement sous-estimé.

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États-Unis : un père qui a violé sa fille de 12 ans condamné à… 2 mois de prison

Un juge du Montana aux États-Unis a tenté de justifier sa décision en disant que le père pouvait être réhabilité et qu’il fallait protéger sa relation avec ses fils.

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Plus de quatre-vingt mille personnes ont signé une pétition demandant le renvoi du juge John McKeon, qui a condamné Martin Blake, un père ayant plusieurs fois violé sa fille de douze ans à deux mois de prison ferme. Alors que les procureurs avaient requis vingt-cinq ans de prison pour viol et inceste, ce juge de l’État du Montana a décidé de condamner le prévenu à trente ans avec sursis et deux mois de prison ferme.

Parmi les conditions du sursis, le prévenu, qui a quarante ans, devra être inscrit sur le registre des délinquants sexuels et aura un accès restreint à internet, dont une interdiction de regarder des sites pornographiques. Pendant le procès, un psychologue a témoigné que le prévenu présentait un faible risque de récidivisme et qu’un traitement psychiatrique lui serait bénéfique.

Des juges silencieux

Comme l’explique le Washington Post, la plupart des juges dans ce genre d’affaires controversées restent silencieux mais John McKeon a décidé de parler à la presse pour justifier son choix.

Dans un email envoyé à l’Associated Press, il a expliqué que la loi du Montana avait une clause permettant d’éviter la prison pour les coupables d’inceste sur enfant de moins de douze ans si l’évaluation psychologique montre qu’une alternative à la prison aura plus de chance de réhabiliter le coupable.

 

Le juge a aussi cité une lettre écrite par la mère de la jeune victime, qui a pris le père en flagrant délit d’agression sexuelle, mais a déclaré que ses deux fils l’aimaient et qu’«ils devraient avoir la possibilité de réparer leur relation avec leur père». La grand-mère de la victime a aussi écrit une lettre similaire.

Personne n’a parlé pour la victime

Le procureur, Dylan Jensen, a expliqué à la presse que, lors de l’audience déterminant la peine de l’accusé, personne n’avait parlé au nom de la victime. Alors que de nombreuses personnes –la famille, des membres de son Eglise– sont venus soutenir l’accusé, personne n’était là pour la victime.

«Personne n’a parlé au nom de l’enfant de douze ans au procès, peut-on lire dans la pétition. On n’a pas fait justice à la victime, au lieu de cela, elle devra vivre dans la peur de rencontrer son violeur dans leur ville.»

Après vingt-deux ans en tant que juge, McKeon devait de toutes façons prendre sa retraite en novembre. La pétition demande donc qu’il ne reçoive pas sa retraite venant de l’État. Dans l’affaire de Brock Turner, un étudiant coupable de viol qui avait été condamné à six mois de prison en juin dernier, une pétition demandant le renvoi du juge Aaron Persky avait reçu plus d’un million de signatures. Malgré ces protestations, Persky continue à exercer mais a décidé de ne plus statuer sur des affaires criminelles.

Slate

 

Etats-Unis : Le violeur de Stanford libéré après.. trois mois de prison

Six mois de prison dont trois ferme pour un viol : l’affaire avait relancé le débat sur la violence sur les campus américains, et la légèreté de la peine, prononcée en juin, avait scandalisé.

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Le « violeur de Stanford » Brock Turner, ancien étudiant et nageur star de cette prestigieuse université californienne, a été libéré vendredi 2 septembre après n’avoir purgé qu’un trimestre de la peine de prison à laquelle il avait été condamné pour le viol en janvier 2015 d’une jeune femme inconsciente.

Les télévisions américaines ont montré ce vendredi les images d’un jeune homme sortant de l’établissement pénitentiaire du comté de Santa Clara à San José, tandis que des victimes de viol et des militants étaient rassemblés pour dénoncer cette courte peine. Pour les faits dont il a été reconnu coupable, Brock Turner encourait jusqu’à 14 ans de prison.

L’Obs

Marc l’apprenti éducateur viole une trisomique «pour rire» et écope de.. 8 mois ferme

Spécialisée dans les affaires de mœurs, la procureure Yvonne Gendre en a vu d’autres. Mais face au prévenu de 20 ans jugé la semaine dernière à Fribourg, elle n’a pu que s’étrangler d’horreur. Apprenti éducateur alors âgé de 18 ans, Marc* venait de sortir du foyer dans lequel il avait été placé lorsqu’il a été engagé par une résidence, en 2013. 

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Ce soir-là, l’éducateur s’est glissé dans son lit pour la violer avant de déféquer dans ses draps. Il a ensuite emmené sa victime auprès d’un vieil handicapé, qu’il a incité à lui introduire un godemiché dans l’anus. Le lendemain, les déjections dans le lit de la patiente ont alerté le personnel. Pincé, Marc a avoué. Il a été viré illico, mais en rigole: «Ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça», s’est-il exclamé. Les dégâts, eux, sont considérables chez la victime, dont l’âge mental est de 6 ans.

Le risque de récidive est élevé, a estimé la procureure. La Cour a condamné le jeune à 30 mois de prison, dont 8 mois ferme, assortis d’une interdiction de travailler avec des enfants ou des personnes dépendantes.

20 Minutes

Voiture de police incendiée à Paris : Trois des quatre suspects.. remis en liberté

Les quatre jeunes interpellés étaient soupçonnés d’avoir incendié un véhicule de police le 18 mai, en marge des manifestations contre la loi travail.

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Trois des quatre hommes mis en examen après l’incendie d’un véhicule de police en marge des manifestations contre la Loi travailont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, ce mardi. Le quatrième a été placé en détention provisoire. Le parquet de Paris avait requis la détention provisoire pour les quatre mis en examen.

C’est le plus jeune des quatre suspects, âgés de 18 à 32 ans, qui a été placé ce mardi en détention provisoire sur décision du juge des libertés et de la détention (JLD).

Etudiants pour les trois plus jeunes, âgés de 18 à 21 ans, au chômage pour le plus âgé, qui a 32 ans, les quatre suspects avaient été mis en examen samedi notamment pour tentative de meurtre.

« Cette décision est incompréhensible pour l’ensemble des policiers et au-delà, je pense, pour les citoyens », a réagi Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat de police Alliance. « On a tous vu ces images de violences avec des individus déterminés… Le message envoyé pour trois d’entre eux n’est pas bon pour tous ceux qui souhaiteraient encore s’attaquer aux policiers », a-t-il ajouté, « c’est désastreux ».

L’Express

En excès de vitesse et sans permis, Dylan écope d’une simple peine de travail pour la mort de Laura

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Le Berlozien de 19 ans responsable de la mort de la Waremmienne Laura Baillien le 8 juin 2015 à Hannut s’en sort bien. Le tribunal de police de Huy l‘a condamné ce mardi à une lourde peine de travail (250 heures) et une déchéance du permis de conduire de plus de 3 ans mais il échappe à la prison. Le parquet avait requis deux ans ferme.

Pour la famille de Laura, le jugement sera sans doute difficile à comprendre, mais aussi à accepter. «  Vu la gravité des faits, mais aussi l‘attitude du prévenu, ses regrets artificiels et superficiels, ils auraient certainement préféré une peine de prison, même avec sursis  », commente à froid l’avocate de la maman, Me Louisa Spadazzi.

La sortie de route fatale à la jeune musicienne waremmienne de 17 ans remonte au 8 juin 2015, vers 22h. Alors qu‘il circulait à Trognée-Hannut, Dylan G. a perdu le contrôle de sa Peugeot 306 après avoir franchi, à plus de 80km/h !, un ralentisseur. Sa voiture a alors effectué un bond avant de quitter sa trajectoire, puis elle est allée percuter un muret. Ni Laura, ni Dylan ne portaient leur ceinture de sécurité. Ils ont été tous les deux éjectés du véhicule. Seule Laura n‘a pas survécu au choc. Elle est décédée sur le coup.

L‘enquête a démontré la négligence coupable dont avait fait preuve Dylan qui roulait sans permis de conduire, sans assurance. Son véhicule n‘était pas en ordre de contrôle technique et était équipé de plaques d‘immatriculation volées. D‘un point de vue mécanique, l‘état du véhicule n‘était guère plus brillant. Le Berlozien l‘avait acheté dans une casse avant de la retaper lui-même, sans en avoir les compétences. L‘expert avait même relevé un pneu monté à l‘envers !

Cependant, pour ce même expert, c‘est la vitesse inadaptée qui était à l‘origine de l‘accident.

La Meuse

Richard, libéré trois jours après avoir poignardé une femme

Richard Z. (51 ans), défendu par Me Van Der Beken, n’imaginait sans doute pas se retrouver si tôt en liberté.

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Vendredi soir, complètement ivre, il avait donné un coup de couteau dans le ventre d’une femme boulevard Pape-Jean-XXIII, dans le quartier Saint-Roch à Nice.

Placé en garde à vue puis en détention provisoire ce week-end, l’individu devait être jugé en comparution immédiate lundi.

DÉTENTION ILLÉGALE

Sa victime, étant toujours hospitalisée dans un état très sérieux, n’a pu être entendue. L’audience a donc dû être repoussée au 16 mars.

Le tribunal, présidé par David Hill, s’est aperçu que la détention de l’agresseur présumé était illégale puisqu’aucune enquête de personnalité ne figurait au dossier.

CONTRÔLE JUDICIAIRE

La mort dans l’âme, le tribunal a remis en liberté le prévenu, le soumettant néanmoins à un contrôle judiciaire très strict en attendant de le juger.

Il devra pointer chaque jour au commissariat Auvare comme l’a demandé le procureur. Et il va sans dire qu’il lui est strictement interdit d’entrer en contact avec la victime.

Nice Matin

Un famille musulmane victime de racisme et d’islamophobie dénonce l’impunité

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Un couple d’Hirsonnais veut aujourd’hui interpeller l’opinion publique sur des propos racistes dont ils sont victimes depuis de longues années. Voici leur histoire.

Mohammed Guettaf-Temam est français d’origine algérienne. Lui et Maryline Deparpe sont musulmans. « On rencontre des problèmes avec certains habitants depuis 2002, raconte le père de famille. Avec des injures qui visent mes origines arabes et notre religion. Un voisin m’a déjà traité de bougnoule, de terroriste, de kadhafiste et d’islamiste. »

Le couple, qui a deux enfants de 9 ans et bientôt 3 ans, a habité plusieurs quartiers d’Hirson depuis une vingtaine d’années. À chaque fois, ils ont rencontré le même problème. « On nous interpelle dans la rue, ce sont souvent des voisins. On a fait le tour d’Hirson : on a déménagé cinq fois à cause de problèmes de racisme.»

Mohammed Guettaf-Temam affirme ainsi que lui et sa famille doivent essuyer des remarques nauséabondes et même des menaces de mort : « On nous appelle ces gens-là, on nous dit qu’on n’a rien à faire ici, qu’il faut rouvrir les chambres à gaz… On a même eu une menace d’égorgement. »

Cette famille hirsonnaise, qui a également dû faire face à des agressions physiques, vit très mal la situation. « Je me sens stressé et je perds l’appétit. Ma conjointe n’ose plus sortir et ma fille dort mal. On ne reçoit plus personne. Je suis inquiet pour ma conjointe et mes enfants, je pense à leur santé. Nous, on ne cherche pas d’histoires. »

De plus, Mohammed Guettaf-Temam, qui s’est rendu de nombreuses fois à la gendarmerie, a été déçu de l’accueil de certains militaires à la brigade. Selon ses affirmations, ses plaintes n’auraient pas été toujours prises en compte.

« Beaucoup d’étrangers victimes de racisme n’osent pas parler. Mais il faut que les coupables passent devant la justice », insiste l’Hirsonnais qui a déjà demandé à rencontrer le procureur et le juge. « Je n’ai peur de personne », ajoute-t-il.

Ainsi, lui et Maryline Deparpe, qui est née à Buire, n’ont jamais envisagé de partir. « Mes racines sont ici. Ce n’est pas à moi de m’en aller », estime Maryline Deparpe.

Aisne Nouvelle

Le privilège de Saint-Romain ou quand l’Église graciait les assassins

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Alors que dans quatre jours la foire Saint-Romain doit s’ouvrir, retour sur une ancienne pratique dont la première mention remonte en 1210. Le pouvoir de gracier une fois l’an, un condamné avait été accordé à l’Église de Rouen après qu’un condamné à mort eut débarrassé la ville d’un monstre : la Gargouille, qui hantait les marais.

Depuis, chaque année, un condamné était choisi. Au cours d’une cérémonie, il devait, sur la Fierte, monument qui existe encore, place de la Haute Vieille Tour, soulever les reliques de Saint-Romain et, ainsi, gagnait de rester en vie.

Ce privilège dit du prisonnier était fort connu en Normandie et même au-delà, et on se bousculait pour en bénéficier. Mais il occasionna aussi des tensions avec le pouvoir royal, qui n’appréciait pas de partager une sienne prérogative, de même que vis-à-vis du clergé : la fête, devenue très populaire, était moins religieuse que célébrant le prisonnier. Elle dura néanmoins du début du XIIIe siècle à 1789.

En près de sept siècles, le privilège a permis de libérer au moins 15 voleurs, 6 violeurs, 9 infanticides, 3 faux monnayeurs et plus de 350 assassins. Sur cet usage de la grâce du prisonnier, un jeune lycéen de Yainville, Bruno Bertheuil et un de Duclair, Laurent Dutrait, ont, dans les années 1975 réalisé une étude que récompensa un deuxième prix national, remis alors par Jack Lang.

Noël condamné a perpétuité pour 4 assassinats déjà libéré

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Noël Mariotti a été reconnu coupable de quatre meurtres. Trois perpétrés en 1993 dans une boîte de nuit d’Aix-en-Provence et celui d’un bijoutier, en 2006, dans le quartier de Noailles à Marseille.

C’est en effet au terme d‘une avalanche de bonnes grâces judiciaires que Noël Mariotti a miraculeusement recouvré sa liberté. Pourtant, en mai 2007, Mariotti écope de 5 ans de prison pour association de malfaiteurs ; cinq mois plus tard, la cour d’assises d’appel du Var casse l’acquittement dont il avait bénéficié concernant un triple assassinat en 1993 dans la discothèque aixoise le « Rétro 25 » et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 18 ans de sûreté. En 2010, le sort judiciaire s’acharne et 22 ans de réclusion, dont 11 de sûreté, viennent s’ajouter à son casier, pour l’affaire du bijoutier.

La peine de prison a perpétuité n’existe pas en France. Trente ans de réclusion c’est la peine maximale. Et après en avoir effectué la moitié, un détenu peut demander une libération conditionnelle. C’est ce que vient de faire Noël Mariotti, ancien proche de Francis Le Belge, après 16 ans passés derrière les barreaux.

C’est forcément un choc pour la famille de la victime, assassinée lors d’un braquage dans sa bijouterie en 2006, rue de la Palud à Marseille. Même chose pour ses amis commerçants.

France Bleu

Dominique condamné a 5 ans de prison pour viol, il est libéré 2 mois après

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Condamné à 5 ans de prison par la cour d’assises de Lot-et-Garonne, Dominique Trama avait été incarcéré au soir du verdict, au mois de juin.

Il répondait, dans une cour d’assises réunie à huis clos, à une accusation de viol et d’agression sexuelle. Une ancienne employée de ce restaurateur dénonçait avoir fait l’objet d’un viol de la part de son employeur.

Dans la plainte qu’elle avait déposée, la victime expliquait que «ce soir-là, son patron lui aurait fait boire quantité de punch. Malade, elle aurait ensuite été conduite sur un canapé où elle aurait été sexuellement agressée par celui-ci».

L’empreinte génétique du restaurateur a été retrouvée sur les sous-vêtements de la victime. L’accusé, expliquait, lui, que ces empreintes génétiques provenaient de gouttes de sueur tombées sur la jeune femme alors qu’il souhaitait lui venir en aide.

Au soir du verdict, le condamné et son avocate, Me Marie-Thérèse Pibouleau, du cabinet de Me Simon Cohen, à Toulouse, faisait appel de cette décision. En suivant, une demande de mise en liberté était déposée devant les magistrats agenais.

La chambre de l’instruction a examiné le dossier hier matin et a décidé de remettre Dominique Trama en liberté sous contrôle judiciaire.

La Dépêche

Le leader nationaliste Charles Pieri libéré après un couac judiciaire

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Il ne devait pas sortir si tôt mais un cafouillage judiciaire en a décidé autrement. Le leader nationaliste Charles Pieri a été libéré ce lundi matin de la maison d’arrêt de Borgo (Haute-Corse) ce lundi matin.

L’homme devait encore purger un an de détention pour plusieurs condamnations. En novembre 2013, notamment, Charles Pieri avait écopé de deux ans ferme pour «détention d’armes». Les avocats du leader nationaliste avaient demandé une libération conditionnelle mais le parquet avait fait appel.

Reste que les délais pour examiner sa demande de remise en liberté ont été dépassés, impliquant de fait sa libération.

Le Parisien

Explosion des actes islamophobes Et derrière, quelles condamnations ?

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Chaque jour, la liste des peines exemplaires (voire d’exception) infligées aux personnes coupables d’avoir loué les actions terroristes des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly s’allonge.

Chaque jour aussi, la liste des délits ou crimes commis contre la communauté musulmane du pays explose. Mais on ne connaît que très rarement l’issue judiciaire de ces dernières procédures.

Le ministère de la Justice recense 399 procédures pénales ouvertes depuis l’attaque contre Charlie Hebdo. Sur ce total, 126 procédures pour « apologie d’acte de terrorisme » et « provocation à la haine raciale » ont été ouvertes. Mais les actes islamophobes ne sont pas comptabilisés en tant que tels. Le cabinet de Christiane Taubira explique à Rue89 :

« Les actes islamophobes sont intégrés aux 399 procédures, mais nous n’avons pas les détails. Si c’est une mosquée taguée, cela sera considéré comme une atteinte à un bien, conformément au code pénal. »

128 actes islamophobes depuis les attentats

L’Observatoire national contre l’islamophobie tient toutefois une comptabilité précise, communiquée sur la base des plaintes déposées auprès de la police et de la gendarmerie hors Paris et petite couronne. Au total, ils recensent entre le 7 et le 20 janvier, 128 actes islamophobes :

  • 33 actions (contre des mosquées notamment) ;
  • 95 menaces (insultes, etc.).

https://i2.wp.com/www.ism-france.org/photos/islamophobie%20270813.jpgUn chiffre record qui devrait largement dépasser la totalité des actes islamophobes – les chiffres concernant Paris et sa banlieue seront intégrés en février – recensés sur toute l’année 2014 (133).

Pour avoir des détails sur ces procédures, mieux vaut être très très patient. D’abord parce que dans la plupart des 128 cas, les auteurs des crimes ou délits n’ont pas encore été interpellés. Et lorsque les principaux suspects sont retrouvés, les parquets ne souhaitent pas communiquer sur les affaires en cours. Joint par Rue89, le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, le regrette :

« Lors d’une réunion avec le ministère de l’Intérieur jeudi, j’ai demandé à ce que l’on puisse avoir un compte-rendu de la Chancellerie sur les procédures et les condamnations. »

Le plus souvent, il s’agit de mosquées taguées (des croix gammées dessinées sur celles de Chalon-sur-Saône ou de Louviers par exemple) ou de musulmans insultés et parfois agressés.

Interpellés, mais laissés libres

Des incendies criminels ont également touché certains lieux de culte comme à Poitiers , Aix-les-Bains… Plus grave encore, certaines mosquées ou commerces tenus par des musulmans ont essuyé des tirs ou subi des explosions.

Rue89 a donc entrepris de recenser des détails sur les interpellations et condamnations judiciaires liées à ces procédures. Nous avons contacté plus d’une dizaine de parquets, différentes associations et le ministère de la Justice. Quatre cas sont déjà documentés :

  • A Poitiers, un homme de 38 ans a tagué « Mort aux Arabes » sur le portail de la mosquée. Interpellé le lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, le suspect s’est excusé en évoquant « un acte imbécile ». « Bouleversé par cet acte terroriste », il est passé à l’acte très alcoolisé, a rapporté le procureur de Poitiers. Le parquet a toutefois estimé qu’il pouvait rester en liberté :

« Il sera convoqué devant le tribunal correctionnel, mais nous le laissons libre jusqu’à sa comparution. »

  • Le 12 janvier dernier à Rodez (Midi-Pyrénées), un homme aurait, selon le site Centre Presse, fait irruption dans la mosquée de la ville, muni d’un bâton, et aurait proféré des insultes à l’encontre de plusieurs pratiquants. Interpellé le soir même alors qu’il tentait de prendre la fuite, il a été relâché. Le parquet précise à Rue89 :

« Nous avons procédé à une perquisition chez cet individu qui semble par ailleurs souffrir de problèmes psychiatriques. Mais nous n’avons trouvé aucun bâton et personne n’est venu pour témoigner au commissariat. Le dossier sera donc classé sans suite. »

  • A Toulouse, c’est un homme armé d’un couteau de cuisine qui aurait fait irruption devant la grande mosquée pour « tuer un musulman ». Interpellé le 9 janvier, l’homme attendait une éventuelle expertise psychiatrique. A-t-il été remis en liberté en attendant son procès ? Est-il déjà passé en comparution immédiate ? Le parquet de la ville rose ne souhaite faire « aucun commentaire ».
  • La salle de prière musulmane de Delle dans le Territoire de Belfort a peut-être elle aussi évité le pire. Un homme de 45 ans a été mis en examen pour menaces contre un lieu de culte et détention de produits dangereux. Lors de la perquisition de son appartement le 12 janvier, les gendarmes ont retrouvé une armoire pleine de produits chimiques dont le mélange peut constituer un engin incendiaire ou explosif, ainsi que deux détonateurs. L’homme est « très très connu des services de police, notamment pour avoir détruit par explosif un bâtiment voici une quinzaine d’années à Belfort » mais le procureur a toutefois estimé qu’il n’était pas nécessaire de le placer en détention et a ordonné un simple contrôle judiciaire. Sollicité, le parquet n’a pas voulu donner suite.

Une justice laxiste face à l’islamophobie ?

Islamophobie-à-Martigues-Restaurant-interdit-aux-femmes-voilées-mais-pas-aux-chiensSi ces procédures ne sont pas nombreuses par rapport à la totalité des actes islamophobes, elles interpellent. En effet, les personnes poursuivies pour apologie du terrorisme ont, elles, dans la majorité des cas, été placées en détention avant de comparaître devant un juge. Et pour les personnes jugées, les condamnation à de la prison ferme s’accumulent.

Contactée par Rue89, la porte-parole du collectif contre l’islamophobie en France, Elsa Ray, se dit « même pas étonnée par ce déséquilibre » :

« Hélas, sur le terrain nous remarquons qu’il y a souvent deux poids, deux mesures. Il y a des peines fermes s’agissant des autres délits et crimes racistes ou d’apologie du terrorisme et nous nous en félicitions.

Mais lorsqu’il s’agit d’islamophobie, les victimes peinent à déposer plainte (la police décide souvent d’une simple main courante). Et lorsqu’il y a des condamnations, elles sont souvent très faibles. »

Rue 89