La ministre Laurence Rossignol qualifie les femmes voilées de « nègres »

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La ministre en charge des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a comparé ce mercredi les femmes musulmanes qui choisissent de porter le voile à des «nègres».

Non, décidément, le racisme anti-Noir n’est pas l’apanage des opposants au mariage pour tous, lorsqu’ils insultaient Christiane Taubira en la traitant de «guenon» ou de «Banania»… Ce matin du 30 mars, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, une ministre de la République, Laurence Rossignol en l’occurrence, s’est permis de dénoncer les femmes musulmanes qui choisissent de porter le voile en les comparant à des «nègres» qui seraient favorables à l’esclavage…

Le journaliste ne l’a même pas reprise. Qu’aurait-on dit si on avait insinué – comme le font bon nombre de négationnistes – que les Juifs auraient participé à leur propre extermination ? Il y a de fortes raisons de penser que de nombreux responsables politiques seraient – et c’est tout à fait compréhensible – montés au créneau !

Outre que l’affirmation est choquante, elle est complètement irrationnelle, puisqu’elle compare une façon de se vêtir à un système d’exploitation qui a fleuri dès le XVIsiècle et saigné l’Afrique pendant des décennies. L’esclavage, qui n’est pas l’apanage des Etats-Unis mais qui a concerné bien d’autres pays tels que la France, a aussi donné lieu en Amérique à un système ségrégationniste avec l’aval des élites.

Comment peut-on exercer des fonctions de représentante de l’Etat et tenir de tels propos ? Décidément, les socialistes ne sont pas épargnés par la négrophobie et l’islamophobie, en ces temps de «printemps républicain», lorsque la parole publique se lâche, lorsqu’il est de bon ton d’attaquer les Noirs et les Arabo-musulmans en toute impunité.

La législation sur le principe de laïcité est pourtant claire : autant le voile est interdit à l’école, et plus généralement au sein du service public, autant il est admis dans la sphère privée, dans la rue, voire au travail dans l’entreprise, lorsqu’il n’est pas prohibé par un règlement intérieur au même titre que les autres signes religieux.

Libération

Université Paris II : une étudiante sommée de retirer son voile après les attentats

Interpellée par son enseignant qui lui a demandé d’enlever son voile par respect de la laïcité durant un cours magistral le 25 mars, une étudiante musulmane voilée s’est vu obliger de quitter son cours.

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Dans un communiqué publié le 26 mars, l’UNEF, syndicat étudiant de l’Enseignement Supérieur a réagi à cet incident, condamnant l’attitude de l’enseignant tout en rappelant que “c’est la deuxième fois en deux ans qu’un évènement de ce type se produit dans cette université” (Paris 2 Panthéon-Assas).

Pour éviter ce genre d’incidents, le syndicat étudiant “invite […] les établissements d’enseignement supérieur à faire un travail de pédagogie auprès de leurs personnels, pour que ces incidents, qui alimentent un climat islamophobe, ne se reproduisent pas.”

En effet, en France, la laïcité s’impose au service public et à ses agents, et non aux usagers, tels que les étudiants.

La loi du 15 mars 2004 interdit le port de tenues et de signes religieux « ostensibles » aux élèves dans les établissements scolaires publics (écoles, collèges, lycées). Les universités ne sont pas concernées.

Maman France

« Kill Muslims » Un partisan de Donald Trump appelle à « tuer tous les musulmans »

Une vidéo amateur montre un homme criant: «Tuez les musulmans », face à un groupe de musulmans dans le Michigan, tout en chantant, « Trump! Trump ! Trump ».

La vidéo a été enregistrée dans le centre de « Grand Rapids » près de « Rosa Parks Cercle » dimanche dernier.

Sur la vidéo on entend explicitement l’homme crier : « Tuez-les tous! Tuez-les tous » et criant  « on va tous vous tuer. Tuez les musulmans. »

IbTimes

Mourad, gérant d’un salon de coiffure, victime de tags islamophobes

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Mourad Gharafi est gérant du salon de coiffure se situant à quelques mètres de la Grand-Place d’Ath, le long de la rue aux Gâdes. Mardi soir, son établissement « Coiffure Venezia » a été la cible de voyous racistes. La vitrine a été bardée d’un grand tag rouge : « Daech connard ! »

L’acte de malveillance a eu lieu en fin de journée. « J’ai fermé mon commerce mardi vers 20h », explique Mourad Gharafi, la mine triste. « J’étais chez moi vers 21h quand j’ai découvert sur Facebook un message d’un de mes clients qui m’expliquait que ces tags se trouvaient sur ma devanture. Je suis immédiatement revenu sur Ath. »

Mourad Gharafi ne s’attendait pas à découvrir de tels tags dans une petite ville comme Ath. « C’est triste d’en arriver là. Mon commerce avait déjà été cambriolé à trois reprises mais jamais on m’avait insulté de la sorte… »

L’homme ne s’est cependant pas laissé abattre et a repris le travail, comme si de rien était, dès mercredi matin.

Après les attentats, les musulmans sont régulièrement attaqués, comme s’ils étaient responsables des actes commis par l’État islamique. En France, après l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, le collectif contre l’islamophobie (CCIF) dénonçait une augmentation de 70% des actes perpétrés à l’encontre des musulmans.

À la zone de police d’Ath, on a en tout cas pris l’affaire au sérieux. « Nous avons ouvert un dossier et nous allons le traiter avec une grande importance », souligne le commissaire divisionnaire Frédéric Pettiaux. « Le racisme, c’est punissable par la loi. »

DH.Net

« Sale arabe, sale islamiste » un jeune musulman agressé à cause de sa religion

Depuis les attentats, la communauté musulmane craint les amalgames. À La Louvière, Idriss, un jeune musulman de 15 ans en a d’ailleurs fait les frais… Il s’est fait insulté et agressé physiquement par un élève de son école. Cela en raison de ses origines algériennes et de sa religion.

« Sale arabe, sale islamiste »

Mardi, alors que les élèves discutent avec leur professeur de français des évènements tragiques qui viennent de se produire, un élève prend Idriss à partie et l’insulte. « L’élève m’a regardé et m’a accusé. Il a commencé à me dire des insultes racistes comme « sale arabe, sale islamiste ». Je n’ai pas aimé, mais je suis resté calme. » explique le garçon.

Une douleur plus morale que physique 

Mais les évènements ne s’arrêtent pas là. Une fois les cours finis, l‘élève, qui avait insulté Idriss, le met à terre et le frappe au visage et sur le reste du corps. Bilan : le jeune homme a le nez partiellement fracturé, des hématomes dans le dos et sur les bras ainsi qu’un œil au beurre noir.

Mais si quelques jours après les faits, les blessures physiques ont pratiquement disparues, la douleur psychologique est encore bien présente. Les faits ont extrêmement marqué Idriss, de nature plutôt timide et réservée. « J’ai trouvé un jeune garçon complètement perdu. Je me demandais ce qui s’était passé. Dans ma tête c’était une bagarre de jeunes, mais non c’était justement des insultes. » raconte Véronique Simonet, la maman.

Les parents décident de se rendre à l’école, mais, selon la mère, l’établissement prend à peine le temps de la recevoir. Elle n’a pas l’impression d’être soutenue par la direction. L’école, qui n’a pas souhaité nous rencontrer, affirme qu’elle condamne fermement les faits et qu’elle ne laissera pas les évènements impunis.

La famille porte plainte

Mais Idriss et sa famille ont décidé de ne pas s’arrêter là. Ils ont porté plainte à la police. Ils souhaitent marquer le coup et dénoncer officiellement ce type d’agression qui, selon eux, se reproduira. « On sait qu’il va y avoir des agressions et des amalgames. On le sait très bien » confie Véronique Simonet. Mais elle trouve cela d’autant plus terrible lorsqu’il s’agit d’enfants.

Plusieurs jours après les faits, Idriss a encore du mal à parler de ce qui lui est arrivé. C’est un garçon très blessé que nous avons rencontré qui voit cela, purement et simplement comme une injustice.

RTBF

Matthew, incarcéré après s’être vanté d’avoir admonesté une musulmane dans la rue

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Auteur de plusieurs messages racistes sur le réseau social Twitter, le Britannique Matthew Doyle a été appréhendé par la police et placé derrière les barreaux après avoir violement réagi aux attentats de Bruxelles sur son compte Twitter.

Matthew Doyle, un Britannique de 46 ans qui travaillait pourtant depuis des années dans le domaine des Relations Publiques, derrière les barreaux.

L’homme a posté un tweet qui a été abondamment relayé par les membres de la communauté. Dans son message, Matthew Doyle expliquait avoir exigé d’une femme musulmane qu’elle lui explique la situation à Bruxelles, avant d’ajouter que celle-ci lui avait répondu que cela “n’avait rien à voir avec elle“.

Sur sa page Facebook et son compte Twitter, l’homme crache sa haine de l’Islam et des migrants en déclarant “qui cela peut-il bien intéresser si j’insulte ces hommes-torchons (une insulte raciste communément utilisée au Royaume-Uni pour décrire les gens originaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, ndlr)?”

Abondamment partagé, son tweet fait la une des médias britanniques. L’homme tente alors de noyer l’histoire en supprimant le message qui a déchainé la twittosphère. Mais le mal est déjà fait. Quelques heures plus tard, il est arrêté par la police locale et privé de liberté.

Dans un entretien avec le Telegraph, l’homme de 46 ans explique que ses propos ont été mal interprétés par les internautes. “Ce que beaucoup de gens n’ont pas compris c’est que je n’ai pas agressé la femme musulmane avec ce sujet” explique-t-il, “J’ai juste dit, ‘Excusez-moi, puis-vous demander ce que vous pensez à propos des attaques de Bruxelles?”

Le Britannique explique que la limite de signes sur Twitter l’a empêché de décrire correctement sa rencontre et d’exprimer ses sentiments. Matthew Doyle décrit ses autres messages comme des tweets incendiaires, destinés uniquement à alimenter le buzz. Selon lui, ses tweets ce jour là n’étaient rien de plus qu’une “mauvaise blague” qui “n’a rien à voir avec la personne qu’il est vraiment.”

Des explications qui n’ont visiblement pas vraiment convaincu la police londonienne, qui a choisi d’incarcérer Matthew Doyle pour incitation à la haine raciale.”

Le Soir

Interrogée sur les Rohingyas, Aung San Suu Kyi se plaint d’être interviewée par une musulmane

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Interviewée par Mishal Husain (BBC), la lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi, a conclu l’entretien d’une phrase polémique : «personne ne m’a dit que je devais être interviewée par une musulmane». 

En Birmanie, les musulmans représentent une minorité (près de 4% de la population) et ont longtemps été une cible privilégiée. Les nationalistes bouddhistes sont notamment devenus spécialistes pour attiser les sentiments antimusulmans, particulièrement en période électorale. Les Rohingya (communauté musulmane du Sud-Ouest de la Birmanie qui ne possède que très peu de droits, et ne peuvent notamment pas devenir Birmans) font ainsi l’objet, selon l’Initiative Internationale sur les Crimes d’Etat (ISCI), d’un «nettoyage ethnique sans précédent» dans le pays.

La dictature a bon dos

C’est cette situation que Mishal Husain a demandé à Aung San Suu Kyi de condamner. Sans succès, puisque la lauréate du prix Nobel de la Paix 1991 a préféré comparer la situation des Rohingya avec celle des bouddhistes amenés à quitter le pays «pour des raisons diverses», avant de rejeter la faute sur le régime dictatorial en vigueur durant des années en Birmanie : «ceci est le résultat de nos souffrances sous un régime dictatorial». Un refus qui, couplé à la petite phrase prononcée à la fin de l’interview, illustre le fait que la future ministre des Affaires étrangères (investiture prévue le 1er avril 2016) ne parvient pas à se détacher du sentiment antimusulman si prégnant en Birmanie.

L’année dernière déjà, Aung San Suu Kyi avait essuyé de nombreuses critiques quant à son incapacité à défendre les populations musulmanes opprimées en Birmanie. 

Direct Matin

Quand la DILCRA chargée de la lutte contre le racisme censure une conférence antiraciste

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Rappelons nous la petite phrase du premier ministre :  » Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser ». Béatrice Mabilon-Bonfils a-t-elle trop voulu expliquer ? Toujours est-il que le 23 mars les services du premier ministre ont interrompu de façon brutale la captation d’une conférence qu’elle donnait dans le cadre de la Semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme à l’université de Metz. Ce que les services de  M. Valls assument…

Deux livres qui font débat

 Sous le titre « Fatima moins bien notée que Marianne », son intervention rendait compte du livre qu’elle a écrit, sous le même titre, avec François Durpaire et dont le Café pédagogique a redu compte. L’ouvrage montre qu’il y a  » une islamophobie dans l’école qui est aussi de et par l’école ». Selon l’ouvrage l’Ecole joue au détriment des élèves musulmans. Une situation qui a aussi été mise en évidence par l’Ocde et l’Ined et par d’autres sociologues.

Mais Béatrice Mabilon-Bonfils est aussi co-auteure, avec Geneviève Zoïa, d’un autre livre sur la laïcité « à la française ». Dans cet ouvrage elle défend l’idée que « la laïcité aujourd’hui c’est la peur de l’Autre » et que la conception française de la laïcité nuit à l’intégration. Ces deux positions critiques alimentent le débat sur l’intégration, le racisme et la laïcité. Et c’est pour cette raison que l’Université de Lorraine avait invité B Mabilon-Bonfils dans le cadre de la Semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

La Dilcra assume

Le 23 mars, une agence de communication diligentée par la DILCRA (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme), un service dépendant du premier ministre, entreprend de capter en vidéo et de twitter l’intervention de B Mabilon-Bonfils. Elle interrompt la capture  au milieu de l’événement sur ordre de la Dilcra. Les tweets auraient été effacés.

Interrogée par le Café pédagogique, la Dilcra ne nie pas les faits.  » Le prestataire chargé de couvrir l’événement s’est trompé. Nous voulions qu’il couvre le forum contre le racisme et pas cette table ronde consacrée à la laïcité, thème qui n’est pas directement lié à la Semaine ni aux prérogatives de la DILCRA », nous a dit la Dilcra.

L’islamophobie exclue du débat sur le racisme ?

Pour Pascal Tisserant, chargé de mission à l’égalité de l’université de Lorraine , et à ce titre organisateur de la soirée, ces arguments ne sont pas acceptables. « On est dans le cadre de la Semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, il y a donc bien une dimension  religieuse à la Semaine et le débat sur la laïcité y a sa place », nous a-t-il dit. « La Dilcra avait inscrit l’événement dans son agenda avec le titre explicite  » Fatima moins bien notée que Marianne ». La Dilcra savait très bien pourquoi elle envoyait une équipe pour capter l’événement ».

Pour Béatrice Mabilon-Bonfils il n’y a aucun doute. Ce sont ses idées qui ont été censurées par les services du premier ministre.

Café Pédagogique

Selon ses organisateurs le Printemps Républicain est un rassemblement de franc-maçons et de laïcards

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Le Printemps républicain, combien de divisions ? Plus de 7000 signataires sur change.org, 800 participants, selon les organisateurs de la réunion fondatrice, et 1000 euros pour le denier de ce culte laïc. Pour évaluer l’importance de cette jeune association, autour d’un manifeste publié dans Marianne, sans doute faudrait-il aussi dénombrer les #PrintRep sur Twitter et recenser que les réactions en cascade sur la toile.

Avant l’été, plusieurs réunions publiques, à Marseille, à Nantes et aussi, à Paris, à l’école normale supérieure seront l’occasion de mesurer le recul de l’égalité homme-femme et de sonder les failles de l’Education nationale. Comme à la Bellevilloise, il s’agira de mêler responsables politiques comme l’ex-ministre de la Culture Fleur Pellerin et « vrais gens » comme la maman sevranaise Nadia Remadna, fondatrice de l’association la Brigade des mères.

En septembre, juste avant l’automne, ces républicains printaniers passeront au crible les engagements des prétendants à la succession de Hollande. A condition bien sûr, de dépasser à nouveau les querelles de clochers entre franc-maçons, laïcards, crypto-chevènementistes et ex-poperénistes.

Marianne

#StopIslam : 90% des tweets étaient critiques vis-à-vis du hashtag

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Le hashtag islamophobe #Stopislam est devenu le plus discuté sur Twitter le 22 mars suite aux attentats de Bruxelles. Mais contrairement aux apparences, la plupart des tweets étaient anti-islamophobes. Analyse.

Stupeur et désespoir. C’est à peu près l’effet que pouvait provoquer la vision des “tendances” sur Twitter (les sujets les plus discutés) le 22 mars, après les attentats de Bruxelles. Le hashtag #Stopislam, amalgamant islam et terrorisme, est resté au sommet de celles-ci presque toute la journée : en début de soirée, 140 000 messages contenant ce mot-clé avaient été tweetés selon le logiciel Dataminr, utilisé par le New York Times.

L’analyse plus approfondie de ce hashtag est plutôt rassurante. En réalité, de nombreuses personnes l’ont utilisé pour le critiquer et déconstruire la fausse évidence qu’il véhicule, en affirmant par exemple : “Les extrémistes radicaux sont à l’islam ce que le KKK est à la chrétienté”, “Le terrorisme n’a pas de religion”, ou encore “si les 1,6 milliard de musulmans dans le monde étaient des terroristes, je ne pense pas que vous seriez encore là”.

90% des messages sont critiques vis-à-vis du hashtag

Ainsi, selon l’analyse statistique du Washington Post, sur un échantillon de tweets publiés dans le monde avec ce hashtag entre 14h20 (en France) et 12h50, 90% le critiquaient. Certains n’ont pas eu besoin de statistiques pour le comprendre :

“C’est l’ambivalence des hashtags. Moi-même j’ai hésité à tweeter avec, histoire d’aller sur le terrain discursif des gens que j’ai envie de combattre, mais le problème c’est que ça amplifie la visibilité du message”, constate Clément Sénéchal, ancien community manager de Jean-Luc Mélenchon et auteur du livre Médias contre médias, La société du spectacle face à la révolution numérique (éd. Prairies ordinaires).

“Twitter participe à la mise en scène de la guerre des civilisations”

Est-il surprenant que le hashtag #Stopislam ait été finalement partagé dans un but antiraciste ? Selon Raphaël Liogier, sociologue et spécialiste du fait religieux, auteur de La guerre des civilisations n’aura pas lieu : coexistence et violence au XXIème siècle, CNRS Éditions, cette réaction s’inscrit dans la continuité des précédents attentats : “Twitter participe à la mise en scène de la guerre des civilisations, mais il y a des gens qui luttent contre l’amalgame. Après les attentats du 7 janvier 2015, contrairement aux craintes il y a eu une baisse de l’islamophobie. Ça n’a pas profité au populisme et à l’extrême droite”.

Média horizontal par excellence, Twitter aurait pu être saturé de mini-communiqués haineux contre les musulmans, compte-tenu de l’organisation bien huilée de la fachosphère en matière d’activisme numérique. Mais la réalité est plus nuancée. Depuis les précédentes attaques, le débat a été informé, estime Clément Sénéchal : “Sur Twitter, les communautés d’internautes sont vigilantes. Un discours critique est établi pour lutter contre les amalgames. Les sentinelles antiracistes se mobilisent très régulièrement”.

Valentine Zuber : «Le laïcisme tend à amoindrir nos libertés»

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Universitaire, historienne, directrice d’Etude à l’Ecole pratique des hautes études et auteur de Le culte des droits de l’homme (Gallimard), Valentine Zuber sera présente au Collège des bernardins le 8 avril dans le cadre d’une conférence sur la «Transmission religieuse en Méditerranée» au Collège des bernardins le 8 avril. Zaman France l’a interrogé sur le durcissement d’une partie de la gauche sur la question laïque observée dernièrement au sein du mouvement du Printemps républicain.

Comment comprendre ce durcissement idéologique d’une partie de la gauche observé au sein du mouvement du Printemps républicain qui n’hésite plus à promouvoir l’interdiction de mères voilées à des sorties scolaires ou qui, à l’instar de Élisabeth Badinter, appelle à ne plus avoir peur d’être taxé d’islamophobe ?

Il y a toujours eu deux compréhensions du rapport à la religion dans la gauche républicaine dès la fin du 19es. En premier lieu, au moment de la discussion sur la loi de 1905. Une partie des Républicains de gauche comme Émile Combes étaient favorables à une prééminence de l’État sur les religions, comprise au sens précis d’un contrôle de l’État sur les religions. Cette partie de la gauche diffusait des discours anticatholiques et anticléricaux dans une perspective gallicane et sur la base du slogan voltairien «Écrasons l’infâme», pouvant aller jusqu’à l’interdiction du religieux.

Le religieux était à leurs yeux dangereux politiquement et il fallait donc l’encadrer par la loi comme la loi sur les congrégations en a offert un exemple. Une autre partie de la gauche, plus conciliante, est dans l’apaisement depuis l’affaire Dreyfus et les lois combistes. Il fallait, selon elle, aboutir à une paix entre l’Église et l’État. Jean Jaurès, Aristide Briand, Ferdinand Buisson, sont des personnalités de la IIIe république qui s’inscrivent dans cette philosophie laïque qui s’était incarnée dans un texte d’apaisement, le pacte laïque.

C’est leur vision qui l’a d’ailleurs emporté avec la loi de 1905 qui promeut la liberté religieuse tout en séparant les deux ordres de l’Église et de l’État. Il y a toujours eu une gauche anticléricale qui voyait la religion comme hostile au progrès et une autre favorable aux libertés religieuses. Au moment de 1905, il y a eu un affrontement très vif là-dessus. C’est cette fracture qui renaît actuellement. La réactivation a été faite autour de la visibilité du voile et des attentats. Les partisans de la laïcité d’apaisement sont taxé de ventre mou.

Laquelle de ces tendances est aujourd’hui prédominante au sein de la gauche et du Parti socialiste ?

En fait, il y a une différence notable entre le bruit des uns et des autres et leurs représentativité. Les tenants d’une laïcité dure, d’un certain laïcisme sont plus bruyants que les autres en faisant appel à des procédés rhétoriques démagogues. Patrick Kessel du Comité laïcité république a dernièrement tenu un discours violent en évoquant des méthodes dignes des procès de Moscou à propos de Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la laïcité. Il le taxe de communautariste alors que lui serait universaliste.

A propos de la laïcité, on ne sait plus très bien à quel saint se vouer, tant les définitions se sont multiplié ces dernières années ?

On peut clarifier cela. La laïcité est un principe juridico-politique destiné à réguler l’État de droit et les mouvements religieux et qui a pris une forme précise en France.. Ce qui est en cause dans ce débat c’est la laïcité philosophique qui devient une idéologie car seul l’État doit être laïque. Les adeptes du laïcisme défendent une laïcité «valeur» de la République qui prétend s’imposer à la société et aux personnes. Ceux qui se prétendent des laïcs purs considèrent que la laïcité est en danger. Ils ne pensent pas à la laïcité de l’État mais à l’expression de la religion dans l’espace publique et à l’islam bien entendu. Cette laïcité radicale, qui prétend s’appliquer aux personnes individuelles, est une laïcité qui tend à amoindrir nos libertés.

Cette ligne laïciste ne sépare plus la gauche socialiste de mouvement politique comme Les républicains ou le Front national. La tradition de la gauche laïque à la Jules Ferry a-t-elle disparu ?

Non et Jean Louis Bianco en est un excellent exemple. Il aurait été seul dans son camp s’il avait été démis, même si ses soutiens ne se sont peut-être pas exprimés assez forts ou n’auront pas été repris toujours par la presse. Une partie de la gauche est aux côtés de Bianco. Il a été soutenu sans réserve par les universitaires qui travaillent sur ce sujet, très loin des discours du comité Laïcité république qui flirtent avec l’instrumentalisation qui en a été faite par le FN.

Zaman

L’extrême laïcité du « Printemps républicain »

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Dimanche, le lancement du « Printemps républicain », sous l’égide de Laurent Bouvet et de personnalités proches du PS, a surtout rassemblé – derrière la bannière de la « laïcité offensive » – les partisans d’une gauche autoritaire et intolérante.

Hier, 20 mars, se tenait à la Bellevilloise à Paris la première réunion du « Printemps républicain », orchestrée par Laurent Bouvet, auteur de L’insécurité culturelle. Sortir du malaise identitaire français, ouvrage dont Roger Martelli avait regretté que, loin d’éloigner la gauche du « piège identitaire », il tendait à l’y précipiter.

À l’origine, un manifeste prétendument apolitique, intitulé « Manifeste pour un Printemps républicain », publié début mars par Marianne ainsi que par Causeur, signé par des « personnalités de gauche qui veulent défendre la laïcité […] face aux attaques contre la République ». Ils entendent en faire « un lieu de débat et de pluralisme dans le cadre accepté par tous les participants du manifeste », un « mouvement du bas [qui] ne part pas des institutions mais de la société civile ». La liste des signataires donne des indications sur le « bas » dont il s’agit.

Pour la caution « de gauche », les signatures de quelques élus et figures du PS (dont les frondeurs Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, ainsi que Fleur Pellerin ou Frédérique Calendra, maire du 20e arrondissement de Paris), d’EE-LV ou encore et du PCF pouvaient faire leur effet. Il en est d’autres plus embarrassantes, comme celle d’Élisabeth Badinter, qui affirme à Marianne avoir retrouvé dans ce manifeste « l’expression politique de la troisième voie », entre « d’un côté, le racisme qui diabolise les Arabo-musulmans, et, de l’autre, le déni pratiqué par les islamo-gauchistes à l’égard de la montée en puissance de l’islamisme radical ». Si l’usage de l’expression « islamo-gauchistes » ne suffisait pas, Élisabeth Badinter juge que « Manuel Valls défend la même République que les signataires du Manifeste »

Une laïcité agressive

Que propose cette gauche républicaine et laïque ? Selon celle-ci, la France est menacée par les religions, les journalistes, les politiques, tous ceux qui, par idéologie ou par « déni », en veulent à la laïcité. Car nous aurions abandonné les valeurs nationales, à commencer par cette laïcité « remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres, ignorée de beaucoup par indifférence, elle ne semble plus défendue que par quelques-uns, dont nous sommes, bien évidemment ».

Dans ce manifeste, on peut aussi lire ceci : « L’extrême droite comme l’islamisme politique sont à la manœuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française. » On pourrait donc s’attendre à un front républicain contre deux extrémismes : le FN et l’islamisme radical. Sauf que le FN fait figure de grand absent parmi les cibles désignées, malgré tout ce qu’il y aurait à dire sur le parti d’extrême droite et la laïcité. Mais non. Il semble moins grave d’attaquer la laïcité au nom de l’héritage judéo-chrétien qu’avec une barbe et une djellaba.

Car nous arrivons au problème numéro un en France, très abordé ce dimanche par les orateurs du « Printemps » : le voile. Au passé le débat sur le voile à l’école, le voile dans les administrations, les candidates ou élues voilées, etc. Désormais, il faut bannir le voile partout, dans les places, les rues, dehors, partout. « Toute discrimination à raison de l’identité de la personne est par définition antirépublicaine et antilaïque », était-il pourtant écrit dans le manifeste, qui affirme aussi lutter contre le racisme ou l’antisémitisme. Las, le combat semble surtout porter contre le concept d’islamophobie [1].

Et, incidemment, au cours d’une soirée où se croisent Richard Malka, Gilles Kepel, Patrick Kessel, Marc Cohen, Gilles Clavreul ou Fadela Amara, on se croit revenu en janvier 2015, quand Fox News évoquait les « no go zones », endroits où la charia régnerait à Paris (le conducteur de bus qui s’exprime ci-dessous désigne cependant ses collègues, pas les passagers).

Derrière la laïcité, le Printemps républicain ne proposerait-il que rejet de l’autre, préjugés et autorité ? Ironie du sort, le jour même, le gouvernement lançait sa campagne « Tous unis contre la haine » avec ce message : « Le racisme, ça commence par des mots. Ça finit par des crachats, des coups, du sang ».

De la République à la Nation

Très vite, le discours ne porte plus tant sur la République et ses valeurs à défendre, que sur l’idée d’appartenance à un pays, une histoire, une nation.

Fleur Pellerin avait souhaité « ne pas dépassionner le débat mais le poser de manière sereine ». Raté. Nadia Remadna, de la Brigade des mères de Sevran, estime que « nos banlieues sont islamisées et arabisées ». Finalement, dans le brouhaha et l’excitation ambiante, un homme, Mehdi Ouraoui, membre du conseil national du PS, a émis sur Twitter ce propos mesuré et apaisant :

Sauf que les mots « commun » ou « ensemble », ne semblent pas faire partie de la terminologie du Printemps républicain. Un mouvement pourtant si accueillant.

Regards

Un groupe d’extrême droite s’en prend à une mosquée après les attentats de Bruxelles

En réaction aux attentats de Bruxelles, un collectif radical d’extrême droite espagnol a lancé hier soir des feux de Bengale en direction d’une mosquée de Madrid, la plus importante de la capitale. Une attaque qu’il a qualifiée d’action « contre l’islamisme radical ». La police a ouvert une enquête.

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En réaction aux attentats de Bruxelles, un collectif radical d’extrême droite espagnol a lancé hier soir des feux de Bengale en direction d’une mosquée de Madrid, la plus importante de la capitale. Une attaque qu’il a qualifiée d’action “contre l’islamisme radical”. La police a ouvert une enquête.

Il n’aura fallu que quelques heures après les attentats de Bruxelles hier, pour que se fasse l’amalgame entre islam et islamisme. Derrière cet amalgame, un collectif espagnol d’extrême droite, Hogar Social Madrid Ramiro Ledesma, basé comme son nom l’indique dans la capitale d’Espagne.

Plusieurs de ses membres radicaux ont lancé des fusées à proximité de la plus importante mosquée de la capitale, la Mezquita Omar de Madrid située au bord du périphérique.

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Ils ont aussi accroché un panneau sur une passerelle au-dessus du périphérique, sur lequel on pouvait lire “Aujourd’hui Bruxelles, demain Madrid ?”

Sur son compte Twitter, ce groupe, que des médias espagnols présentent comme néonazi, explique qu’il s’agit d’une action “contre l’islamisme radical”, après les attentats perpétrés ce mardi à Bruxelles.

Yahoo

La suspension de Samuel Mayol, auteur d’une manipulation islamophobe prolongée

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C’est un nouvel épisode dans la crise qui secoue depuis plus de deux ans l’institut universitaire de technologie (IUT) de Saint-Denis. Jean-Loup Salzmann, le président de l’université Paris-XIII-Villetaneuse, a reconduit la suspension de Samuel Mayol, qui dirige l’établissement depuis 2012 : il est interdit d’accès au campus jusqu’au 12 novembre « ou jusqu’à la fin des poursuites disciplinaires » engagées contre lui.

La direction de l’université l’accuse notamment d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association musulmane pour démontrer l’existence de dérives communautaires.

Jean-Loup Salzmann fait valoir que « l’éloignement et la suspension » de M. Mayol sont de nature « à favoriser la manifestation de la vérité ainsi que le bon déroulement d’investigations et de procédures en cours et à venir ». Dans un prérapport sur la crise qui secoue l’IUT, dont la version définitive est attendue mi-avril, les inspecteurs de l’éducation nationale épinglent la gouvernance de M. Mayol, sans exonérer la présidence de ses responsabilités. Les inspecteurs constatent aussi que, depuis sa suspension, la situation s’est nettement apaisée, au grand « soulagement » de personnels dont certains s’estimaient pris en otages dans un conflit qui les dépassait.

Cette décision survient alors que M. Mayol, dont l’action en faveur de la laïcité avait été saluée en novembre par le premier ministre, Manuel Valls, est invité dimanche 27 mars à s’exprimer aux côtés d’autres promoteurs d’une laïcité offensive, réunis dans l’appel du Printemps républicain. Il doit intervenir sur le thème : « Le travail aux prises avec le fait religieux ». M. Salzmann, dont le second mandat s’achevait le 14 novembre, a par ailleurs été prolongé dans ses fonctions jusqu’à l’élection de son successeur.

Le Monde

Jérôme Jamin «L’extrême droite influence les partis traditionnels»

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Le professeur belge Jérôme Jamin explique comment les mouvements populistes profitent de la crise des réfugiés et la présence de l’Islam en Europe pour gagner du terrain sans pour autant proposer des solutions valables

Dimanche dernier, l’Alternative für Deutschland (AfD), populiste et d’extrême droite, a fait une percée dans des élections régionales. Début mars, c’était Notre Slovaquie du néofasciste Marian Koleba qui est entré au parlement de Bratislava.

En Finlande, Les Vrais Finnois sont entrés au gouvernement l’année dernière. Les partis d’extrême droite gagnent en effet inexorablement du terrain. Jérôme Jamin, professeur de Science politique à l’Université de Liège, et auteur de L’Extrême droite en Europe (Bruxelles, Bruylant, 2016), décortique le phénomène.

Le Temps: L’extrême droite devient de plus en plus fréquentable en Europe, non?

Jérôme Jamin: On définit un parti d’extrême droite à partir d’au moins trois critères. Premièrement: la croyance fondamentale dans l’inégalité entre les peuples, les cultures, les races et les civilisations et le sentiment que ces inégalités sont une bonne chose, parce qu’elles sont naturelles, et qu’à ce titre, elles ne doivent en aucun cas être altérées. Deuxièmement: le nationalisme est brandi comme un outil pour protéger un peuple supérieur contre des ennemis intérieurs et extérieurs. Enfin, pour atteindre ses objectifs, un parti d’extrême droite tolère l’usage de méthodes radicales pour arriver à ses fins jugées justes, incontestables et indispensables.

– Quelles sont les formations qui incarnent ces critères?

– Jobbik en Hongrie, Aube dorée en Grèce, le British National Party au Royaume-Uni et la Ligue du Nord en Italie rencontrent sans ambiguïté ces critères. La situation est plus complexe avec le Front national français ou le Parti de la liberté autrichien qui ont opéré des changements au niveau du discours. Il en va de même pour des partis qui peuvent avoir une rhétorique très agressive contre l’immigration et l’islam sans avoir historiquement des liens avec le fascisme des années 1930, comme l’Union démocratique du centre en Suisse ou le Parti de la liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas.

– L’extrême droite n’influence-t-elle pas aussi les partis traditionnels?

– C’est réciproque. Depuis déjà pas mal d’années, les partis traditionnels s’emparent de thèmes qui étaient dans les années 1980 exclusivement du ressort de l’extrême droite: immigration, mythe de l’invasion de l’Europe, insécurité et chômage. Je pense surtout au lien en termes de causalité. Plus récemment, les partis traditionnels se sont également emparés de la question de l’islam. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas parler de ces sujets. Je souligne simplement qu’ils sont devenus banals dans le débat public et ils ne suscitent plus l’indignation.
Le Temps

Le Printemps Républicain, organisation dit de « gauche » qui dénonce les banlieues arabisées

Donc favoriser la mixité mais interdire les musulmanes voilées de l’espace public.. pic.twitter.com/rjkmhTnWiN

— NON (@VotezNon) 20 mars 2016