3 lycéens de Calais menacés de mort pour avoir alerté sur le parti d’extrême droite Civitas

Le brûlot en ligne d’extrême droite Riposte Laïque a encore frappé sous la plume de Martin Moisan. Sa cible cette fois-ci sont les trois élèves du lycée Sophie Berthelot Manon, Théo et Alexandre. Les menaces sont caractérisées. Face à cette violence, les étudiants devaient écrire au procureur de la République hier soir, après avoir été au commissariat dans la journée.

Le « crime » qui leur est reproché est simple: ils ont dénoncé dans les colonnes de Nord Littoral la haine qui entoure Civitas, ce parti catho-intégriste, qui participe à des manifestations et des réunions où l’on entend régulièrement des propos racistes, homophobes, antisémites ou négationnistes.

Ils ont dénoncé cette haine car une professeure de leur lycée se présente sous cette étiquette lors des législatives de juin. Et c’est cette prise de position qui leur vaut aujourd’hui le papier du site de la fachosphère qui les décrit comme « trois petits blancs de leur temps », « trois blancs-becs décérébrés » venant de se « comporter en minables soumis de la dictature du politiquement correct. »

(…)

L’article de Riposte Laïque a déclenché un torrent de messages de haine. Si quelques-uns, bien rares, vont dans le sens des trois élèves, la plupart les attaquent. Et les pires sont d’une violence inouïe ou riches de sous-entendus : « Quand est-ce que quelqu’un va les attraper et leur casser les jambes à ces trois affreux ? », lâche Adrien qui ajoute « Une balle à chacun, au demeurant, pour haute trahison »

Nord Littoral

Une conseillère de François Hollande se voile pour pouvoir rencontrer le Pape

François Hollande a-t-il voulu envoyer un signe ostentatoire en direction de l’électorat catholique conservateur encore contrarié par l’instauration du « mariage pour tous »? En marge de sa rencontre avec le pape Francois mercredi 17 août, le président français lui a présenté les quatre membres composant sa délégation: Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et des cultes et trois membres de son cabinet élyséen.

En France les JT de 20 heures ne se sont guère attardés sur cette séquence. Mais au même moment en Italie, le journal de la Rai Uno a présenté des images que l’on croyait pourtant révolues: la seule femme de la délégation française, Claudine Ripert-Landler, conseillère de François Hollande en « communication, stratégie et international », s’est présentée devant le pape en portant… un foulard noir sur sa tête.

Un couvre-chef nommé « mantille ». Le quotidien belge Le Soir qui expliquait en mars 2015 à ses lecteurs « pourquoi la reine Mathilde portait un voile [blanc] devant le pape François » précisait que « pour les autres femmes devant se présenter devant le pape, une mantille noire est traditionnellement requise. Cette règle n’est cependant plus aussi suivie qu’avant ». Car si malgré la révision du droit canonique en 1983 le service protocolaire du Saint-Siège préconise toujours aux visiteuses du pape le port de la mantille, de fait, cette recommandation n’est plus une obligation.

Application stricte d’une règle protocolaire, comme l’assure l’Elysée, ou marque ostensible de respect à la fonction papale, la tenue vestimentaire imposée à la conseillère de François Hollande symbolise également un sacré retour en arrière.

Huffington Post

Une organisation catholique fait censurer un film jugé « obscène »

Integrisme catholique ecole extreme droite cours le Sénevé de Castres

Dans une décision rendue publique mercredi 9 décembre, la cour administrative d’appel de Paris a demandé à la ministre de la culture, Fleur Pellerin, de « procéder au réexamen de la demande de visa » du film dans un « délai de deux mois ». L’autorisation administrative est délivrée par la commission de classification, et est nécessaire pour permettre sa diffusion dans les salles de cinéma.

La justice avait été saisie par l’ l’association Promouvoir, proche des milieux catholiques traditionalistes, qui estimait que le film aurait dû être interdit aux moins de 18 ans. Promouvoir avait été déboutée en première instance, en septembre 2014, par le tribunal administratif de Paris de sa demande d’annulation du visa d’exploitation du film.

Le Monde

Attentats: Le prêtre Hervé Benoît renvoie dos-à-dos les victimes et les terroristes

Biblia-e-crucifixo

Le père Hervé Benoît exerce des fonctions de prêtre à la basilique de Fourvière. Au sein du plus important symbole de Lyon lorsque la ville est qualifiée de « très catholique ». Le religieux s’est fendu d’une longue et hallucinante tribune sur le site catho très conservateur « Riposte catholique ».

Intitulé « Les Aigles (déplumés) de la mort aiment le diable ! », avec un point d’exclamation, l’édito du prêtre revient notamment sur les paroles d’une des chansons des Eagles of Death Metal, le groupe qui jouait ce soir-là au Bataclan :

« Ne me dites pas que ce ne sont que des mots. Que c’est pour rire. À force de ne rien prendre au sérieux, tout fini par devenir tragique. »

Une entrée en matière lui permettant d’écrire ensuite :

« Je vais allez plus loin. Tant pis pour les lecteurs sensibles. Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique, « jeunes, festifs, ouverts, cosmopolites… » comme dit le “quotidien de révérence” (sic).

Mais ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. Mais comment ne pas le voir ? C’est tellement évident ! Même déracinement, même amnésie, même infantilisme, même inculture… »

Hervé Benoit n’a pas fini de régler ses comptes, il égratigne une presse jugée charognarde, un monde postmoderne empli de smartphones que les victimes du Bataclan ne manquaient pas, selon lui, de tenir dans leurs mains juste avant le carnage.

Sans s’en rendre compte, ce prêtre lyonnais déroule l’exact même discours que celui des djihadistes terroristes qui se voient comme les bras armés d’une prétendue exigence divine. Pour Hervé Benoit, c’est bel et bien la punition divine qui s’est abattue sur une jeunesse a minima perdue, au pire dépravée  le drame de l’humanisme athée, qui aime le diable, la mort, la violence, et qui le dit… et qui en meurt ! »).

Le chapelain lyonnais montre volontiers à quel extrême il appartient, en poussant loin sa démonstration grotesque :

« 130 morts, c’est affreux ! Et 600 morts, c’est quoi ? C’est le chiffre des avortements en France le même jour. »

Rue 89

 

Accusée d’intégrisme, une école catholique dans la tourmente

Integrisme catholique ecole extreme droite cours le Sénevé de Castres

Qui se cache derrière le cours le Sénevé de Castres ? Accusé d’intégrisme par l’opposition municipale, l’association à l’origine de cette école se révèle être composée de personnes proches des milieux catholiques traditionalistes, de l’extrême droite et d’avoir un lien avec la majorité municipale.

Au cours le Sénevé de Castres, il y a tout d’abord les enseignants. Huit au total, du français au sport en passant par l’histoire biblique, présentés sur le site internet de l’école.

Marie-Geneviève Soleil est la directrice de l’établissement. Depuis le début de la polémique, c’est elle qui s’exprime pour défendre ce projet dont le but est « la formation de la personne dans toutes ses dimensions : esprit, âme, cœur et corps. » Agrégée de Philosophie, enseignante en lycée durant 15 ans, professeur de français et de latin au Sénevé, son nom apparaît depuis plusieurs années lors des université d’été du Centre Charlier. En juillet 2014, elle participait à une conférence sur le thème de « L’éducation des enfants : le carcan totalitaire, les libertés à reconquérir« .

Marie-Geneviève Soleil, est la directrice du Cours le Sénevé. Agrégée de Philosophie, elle participe à des conférences de l'établissement culturel catholique et traditionaliste, le Cercle Charlier.L’ombre de Bernard Antony

Le Centre Charlier est un établissement culturel catholique traditionaliste crée par son père, un certain Bernard Antony. Cette figure de l’extrême droite, ancien député européen est bien connu notamment dans le Tarn pour avoir été le candidat du Front National à la mairie de Castres en 2001. 

Le 8 février 2014, Bernard Antony, président de l’AGRIF, prononce son discours lors de la demande de dissolution des Femen.

Comme le raconte la Dépêche du Midi, une femme se trouve en deuxième position sur sa liste lors de cette élection. Elle se nomme Françoise Canac. Candidate du FN aux législatives de 2002 sur la circonscription de Castres, son nom et son visage s’affiche aujourd’hui sur le site du cours le Sénevé. Elle est le professeur de Mathématiques de l’école.

Son mari, Patrick Canac, également candidat frontiste en neuvième position sur la liste de Bernard Antony en 2001, est l’un des fondateurs et le trésorier de l’association « les amis du Sénevé », structure à l’origine de la création de l’établissement scolaire.

Françoise Canac est professeur de Mathématiques au Cours le Sénevé et ancienne candidate du Front National sur CastresDes membres actifs de la Manif pour Tous

Parmi les autres enseignants, Béatrice Parmentier en charge de l’histoire Biblique. Ancienne vice-présidente du Secours Catholique du département, cette diplômée d’HEC fut l’un des membres actifs sur le Tarn dans l’organisation des manifestations contre le mariage pour tous.

Béatrice Parmentier est professeur d'Histoire Biblique et l'un des membres actifs de la Manif pour Tous dans le Tarn.La femme d’un élu de la majorité municipale de Castres

Dans les statuts « les amis du Sénevé » apparaissent les trois noms des fondateurs : Bertrand de Ligondès, infirmier et président de l’association, Patrick Canac et celui d’Alix Besançon. Cette dernière est l’épouse de Jean-Philippe Audouy. Cet élu municipal appartient à la majorité de Pascal Bugis. Délégué à la sécurité, il avait fait polémique en 2010 pour ses positions anti-IVG.

France 3

Louis-Benoît Greffe, intégriste catholique agresse l’abbé Pierre de Givenchy

Pierre de GivenchyLouis-Benoît Greffe,Florent Montillot agression integriste catholique

Dans la très paisible ville d’Orléans (Loiret), Pierre de Givenchy prêtre de 84 ans vient d’être agressé à la bombe lacrymogène. Et ce n’est pas l’acte d’un anticlérical primaire ou d’un pilleur de troncs, mais celui d’un jeune militant droitier.

Les faits se sont déroulés mercredi, en milieu de journée, dans l’enceinte de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance, un édifice du centre-ville livré aux catholiques intégristes qui viennent y écouter la messe en latin. Mais pas seulement.

Le site côtoie le centre Recouvrance, lieu de dialogue interculturel et interreligieux. On y croise des protestants, des bouddhistes, des musulmans et des catholiques modérés. Les rencontres s’animent autour d’activités culturelles variées. Une situation difficilement acceptable pour cette frange religieuse ultraréac.

«Mon agresseur est obnubilé par ces activités interreligieuses, confirme Pierre de Givenchy, le prêtre agressé. Il voulait nettoyer les lieux, je le lui ai interdit. Il m’a aussitôt agressé. Pour lui, je dois représenter le démon

Lui, c’est Louis-Benoît Greffe, un étudiant de 22 ans. A l’été 2013, il avait prêté main-forte à Florent Montillot à l’occasion de la campagne interne de l’UDI. Une activité qui s’était traduite par la publication, sur Internet, de billets vachards à l’encontre de ses concurrents et, surtout, par sa présence sur la liste du futur conseil départemental.

«Il était agressif, au point de nous imputer un certain nombre d’irrégularités, raconte Pascal Vilain, candidat malheureux – et modéré – face à Montillot.

J’ai fait la connaissance de M. Greffe à l’occasion de ces attaques, qui ne me visaient pas seulement. Des collègues, notamment féminines, avaient été attaquées de manière inacceptable.»

Joint par Libération, Louis-Benoît Greffe reconnaît l’agression contre le prêtre, mais plaide pratiquement la légitime défense.

Quand il ne fréquente pas la communauté intégriste, Greffe est «journaliste indépendant» par opposition à «une certaine presse». Un personnage troublant (et troublé), à l’image de Florent Montillot, son ex-mentor.

Libération