Nice: des mamans voilées obligées de surveiller leurs enfants de loin pour ne pas se faire verbaliser sur la plage

Assise à quelques mètres de la plage Saint-Hélène, Henda surveille de loin ses enfants qui profitent d’une Méditerranée couleur azur. À 44 ans, cette Grassoise a, comme souvent quand le ciel est clément, pris le bus jusqu’à Nice pour profiter de la mer. 

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Son petit garçon revient de la plage en courant, les cheveux et le corps entièrement trempés, elle sort immédiatement une serviette mauve de son sac et enroule Marwane dedans. Il est 15h ce jeudi, il fait un soleil de plomb, le thermomètre indique 29 degrés. Mais Henda ne ressent pas la chaleur sous son voile gris, vert et rose. «Oh j’ai l’habitude, vous savez», sourit celle qui porte le voile depuis plus de 10 ans.

La veille, Henda n’était pas sur un banc mais sur la plage, assise à quelques mètres de l’eau. Mais elle sait que si elle remet les pieds sur les galets, elle risque d’être verbalisée par les policiers municipaux qui appliquent l’arrêté municipal interdisant «sur la commune de Nice l’accès aux plages publiques, aux sites de mise à l’eau ainsi qu’à la baignade à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonne mœurs et de la laïcité».

«Ça me dérange et ça me rend folle de ne pas pouvoir surveiller mes enfants de plus près ou de mettre mes pieds dans l’eau, mais qu’est-ce qu’on peut faire?»

«Le regard des gens a changé depuis quelque temps, il y a de la peur»

Si elle ne comprend toujours pas pourquoi elle est vue comme une «menace» aux yeux de certains politiques, ne pas correctement veiller sur ses enfants la rend furieuse. «Ça me dérange et ça me rend folle de ne pas pouvoir surveiller mes enfants de plus près ou de mettre mes pieds dans l’eau, mais qu’est-ce qu’on peut faire?» Et elle n’a pas beaucoup plus confiance en l’avenir. «Le regard des gens a changé depuis quelque temps, il y a de la peur chez eux. Je le sens bien et je l’entends dans certains de leurs commentaires. J’en suis à me dire que si la prochaine décision c’est d’interdir le voile partout, alors je déménagerai.»

«On nous interdit la plage, et après? Les jardins publics et les cinémas?»

Pour Cheyma également, terminées les baignades à Nice. Cette maman de 25 ans d’un petit garçon en bas âge vit ici depuis ses 9 ans, et porte le voile depuis ses 18 ans. Elle s’est toujours baignée habillée à Nice ou sur la plage de Villeneuve-Loubet sans que cela ne gêne personne. «Aujourd’hui, on fait du burkini toute une affaire d’État comme si la vie des gens en dépendaitOn cherche des problèmes où il n’y en a pas, dit elle. On critique les femmes voilées en disant qu’elles sont soumises et oppressées mais ce sont ces lois ridicules qui nous oppressent en nous interdisant de nous vêtir comme on le souhaite, où on le souhaite.»

Depuis quelques jours, elle préfère se rendre près d’un lac où elle peut se reposer avec son fils et son mari. L’avenir s’écrit pour le moment en pointillés et pas forcément à Nice, même si imaginer une vie ailleurs est difficile. «On discute beaucoup avec mon époux de l’idée de partir, raconte la jeune maman. On nous interdit la plage, et après? On va nous interdire les jardins publics et les cinémas? J’ai peur pour l’avenir de mon enfant. Mais fuir, ça changera quoi? Toute ma famille est ici, je ne vais abandonner mes proches, dit-elle. Tout ce qu’il faut c’est garder espoir… mais jusqu’à quel prochain arrêté?»

Buzzfeed

Les policières écossaises pourront porter le voile

Les policières écossaises sont désormais officiellement autorisées à porter le voile islamique, a annoncé mardi la police écossaise, qui souhaite ainsi encourager les femmes musulmanes à intégrer ses rangs.

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« Le hijab va devenir un accessoire optionnel de (notre) uniforme », a indiqué la police écossaise sur son site internet.

A travers cette mesure, Police Scotland dit vouloir « encourager les femmes musulmanes, qui n’envisageaient pas jusqu’ici une carrière dans la police, à revoir leur décision ».

L’annonce vient officialiser une pratique déjà courante ; les policières écossaises pouvaient porter un voile islamique après avoir obtenu l’aval de leur hiérarchie.

« Comme nombre d’employeurs, particulièrement dans le secteur public, nous voulons faire en sorte de représenter au mieux la population pour laquelle nous agissons », s’est félicité le chef de la police écossaise, Phil Gormley.

Les policières londoniennes sont autorisées à porter le voile islamique depuis plus d’une décennie. Une mesure également en vigueur à Manchester et dans de nombreuses autres villes du pays.

Mardi, le Canada a lui aussi autorisé le port du hijab dans la police fédérale, afin là aussi d’encourager davantage de femmes musulmanes à envisager une carrière au sein des forces de l’ordre.

Dh.be

Le « burkini », cheval de Troie de l’interdiction du voile ?

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Tenue « correcte » exigée. Depuis que le maire de Cannes a pris un arrêté municipal, le 28 juillet, pour bannir de ses plages le « burkini », un vêtement de bain couvrant le corps et la tête, plus d’une trentaine de communes littorales françaises, majoritairement de droite, lui ont emboîté le pas, dans un mimétisme effréné. Dans certaines municipalités des Alpes-Maritimes, du Var, de la Haute-Corse, des Bouches-du-Rhône, du Pas-de-Calais ou de l’Aude, une « tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades » est désormais obligatoire.

Jeudi 25 août, le Conseil d’Etat doit examiner l’un de ces arrêtés « anti-burkini », celui de la commune de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). En première instance, le tribunal administratif de Nice n’y a pas vu d’« atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ». La décision que prendra bientôt la plus haute juridiction administrative revêt un enjeu de taille. Car derrière elle, bien plus que celle d’une tenue de bain couvrante, c’est une possible interdiction du voile dans l’espace public à l’initiative des maires qui semble poindre.

Depuis quelques jours, plusieurs vidéos, photos et témoignages de femmes verbalisées par des policiers municipaux ont suscité l’indignation sur les réseaux sociaux et auprès d’une partie de la gauche. Ils montrent que, dans les communes concernées, le simple fait d’être habillé sur la plage ou dans l’eau et de revêtir un voile est passible d’une amende. Sur le réseau social…

Le Monde

Grande-Bretagne : des juifs orthodoxes interdisent aux femmes d’aller à l’université car «contraire à la Torah»

Selon le Conseil des députés des Juifs britanniques, environ 30.000 Juifs ultra-orthodoxes vivent à présent au Royaume-Uni, dont les Satmar forment la plus grande communauté qui qualifie de « dangereuse » la connaissance laïque et interdit aux femmes d’aller à l’université. 

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En Grande-Bretagne, la communauté juive hassidique Satmar a publié un décret qui qualifie l’enseignement laïque de « dangereux » et de contraire à la Torah et interdit aux filles et aux femmes mariées d’aller à l’université, rapporte le journal The Independent.

« Nous serons très stricts sur ce point. Aucune fille fréquentant notre école ne sera autorisée à étudier et à obtenir un diplôme. C’est dangereux. Les filles qui ne respecteront pas ce décret devront quitter l’école. En outre, nous ne donnerons aucun emploi ni poste d’enseignant dans l’école pour ces filles« , stipule le document.

Ce décret a été émis à partir du siège des Satmar à New York et s’applique aux adeptes du groupe dans le monde entier. Somme toute, les Satmar refusent l’enseignement laïc pour les garçons comme pour les filles. Cette communauté ultra-orthodoxe a choisi de vivre dans des enclaves isolationnistes, en estimant que les éléments laïques du monde ternissent la vie et les croyances de ceux qui se considèrent comme religieux.

Cependant, le choix de se séparer du reste du monde n’est pas partagé par de nombreux autres Juifs, qui ne voient aucun problème pour être à la fois enracinés dans l’identité juive et intégrés dans une société plus large.

Par ailleurs, les observateurs signalent qu’en règle générale, les membres des communautés similaires ne reçoivent pas d’éducation primaire fondamentale et ne peuvent par conséquent pas poursuivre leurs études, ni faire carrière. En effet, quand on n’a pas accès à l’éducation, les possibilités de carrière sont réduites, ce qui est déplorable.

Sputnik

 

Canada : Justin Trudeau prend la défense du burkini, invoquant les libertés de culte

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a défendu le port du burkini, invoquant les libertés de culte, en plein débat en France.

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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a défendu lundi les libertés de culte garantissant le droit à porter le burkini, symboles selon lui de « l’acceptation » de l’autre de la part d’une société ouverte.

« Au Canada, on devrait être rendu au-delà de la tolérance. Tolérer quelqu’un, c’est d’accepter qu’il ait le droit d’exister mais à condition qu’il ne vienne pas nous déranger trop, trop, chez nous », a regretté en conférence de presse le dirigeant libéral, chantre du multiculturalisme.

Interrogé sur la controverse entourant en France le burkini, un costume de bain enveloppant à l’usage des femmes musulmanes dont le port a été interdit sur certaines plages hexagonales, M. Trudeau a appelé au « respect des droits et des choix des individus », un principe qui « se doit d’avoir la première place dans nos discours et débats publiques ».

« Il y a des petites controverses ici et là comme toujours »

Dans la foulée de la controverse qui agite la France, où une poignée de mairies de localités côtières ont interdit le burkini, des élus québécois ont appelé à une telle mesure dans la Belle Province au nom du principe de la laïcité.

« Oui, sûrement, il y a des petites controverses ici et là comme toujours, des conversations que nous allons continuer d’avoir », a observé le Premier ministre canadien. Toutefois, a-t-il asséné, « au Canada, on devrait être rendu au-delà de la tolérance ».

« Au Canada, peut-on parler d’acceptation, d’ouverture, d’amitié, de compréhension ? C’est vers là que nous allons et c’est ce qu’on est en train de vivre tous les jours dans nos communautés diverses et riches, non en dépit, mais à cause de ces différences », a conclu Justin Trudeau.

Paris Match

Nice: une femme portant un bandeau verbalisée et contrainte de se déshabiller par la police

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En Australie, le voile islamique est invité dans les entreprises

Plusieurs grandes entreprises proposent aux salariées qui le souhaitent un uniforme doté d’un hidjab. Un choix qui crée la polémique dans ce pays pourtant ouvert au multiculturalisme. Et inventeur du burkini.

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Le voile de Sarah couvre parfaitement ses cheveux et son cou. Il est gris clair ; a priori on ne peut plus banal dans la catégorie des foulards islamiques. Mais un logo apparaît discrètement : celui de la Commonwealth Bank, la CBA, l’une des plus grandes banques australiennes.

Son uniforme comprend désormais un hidjab pour les salariées intéressées. Quelques semaines après sa présentation, environ 300 d’entre elles l’ont commandé. Les employées d’une banque concurrente, la Westpac, porteront, en avril 2017, leur nouvelle tenue qui pourra aussi comprendre un hidjab : un foulard bleu marine avec la lettre «W» dessinée en gris charbon. Chez l’opérateur téléphonique Optus, la couleur n’a pas encore été tranchée parmi les deux qui représentent l’entreprise : le voile sera soit bleu canard, soit mauve.

« Nous avons de nombreux salariés musulmans et nos clients sont d’origines très diverses, donc il est important qu’ils se sentent soutenus. » Malini Raj, directrice de la Commonwealth Bank

Ils viennent principalement du Royaume-Uni, de Nouvelle-Zélande, mais aussi de Chine, d’Inde, des Philippines, du Vietnam, etc. Selon le recensement de 2011, 2,2 % des habitants sont musulmans et plus de 60 % de ces derniers sont nés à l’étranger (notamment au Liban, en Turquie, en Afghanistan et au Bangladesh). L’Australie est « la société multiculturelle qui connaît le plus de succès dans le monde », ne cesse de vanter son premier ministre, Malcolm Turnbull.

Appel au boycott de la banque

Mais n’en déplaise au chef du gouvernement, Pauline Hanson, une candidate « anti-islam » qui veut « abolir le multiculturalisme », vient de remporter quatre sièges au Sénat avec son parti One Nation. Cette formation fait son grand retour sur la scène politique après vingt ans d’absence.

Dans ce contexte, l’introduction d’un voile « corporate » dans quelques-unes des plus grandes entreprises australiennes divise. Certains applaudissent. Mais, à l’opposé, a été lancé un appel à boycotter la CBA, la banque la plus médiatisée dans cette affaire. Elle a été accusée, par courrier, d’insulter les femmes et les patriotes australiens.

Sur les réseaux sociaux, certains lui reprochent « de célébrer une culturemisogyne rétrograde » et de soutenir « un symbole d’oppression pour des millions de femmes dans le monde ». « Ce serait bien si en signe de solidarité avec la culture australienne les femmes musulmanes s’habillaient un jour comme nous », peut-on ainsi lire sur Facebook.

La banque s’attendait sans doute à de telles réactions : elle a préféré ne pas communiquer le nom de famille de l’employée qui témoigne dans The Australian Financial Review afin d’éviter les réactions haineuses à son égard.

Le Monde

Une conseillère de François Hollande se voile pour pouvoir rencontrer le Pape

François Hollande a-t-il voulu envoyer un signe ostentatoire en direction de l’électorat catholique conservateur encore contrarié par l’instauration du « mariage pour tous »? En marge de sa rencontre avec le pape Francois mercredi 17 août, le président français lui a présenté les quatre membres composant sa délégation: Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et des cultes et trois membres de son cabinet élyséen.

En France les JT de 20 heures ne se sont guère attardés sur cette séquence. Mais au même moment en Italie, le journal de la Rai Uno a présenté des images que l’on croyait pourtant révolues: la seule femme de la délégation française, Claudine Ripert-Landler, conseillère de François Hollande en « communication, stratégie et international », s’est présentée devant le pape en portant… un foulard noir sur sa tête.

Un couvre-chef nommé « mantille ». Le quotidien belge Le Soir qui expliquait en mars 2015 à ses lecteurs « pourquoi la reine Mathilde portait un voile [blanc] devant le pape François » précisait que « pour les autres femmes devant se présenter devant le pape, une mantille noire est traditionnellement requise. Cette règle n’est cependant plus aussi suivie qu’avant ». Car si malgré la révision du droit canonique en 1983 le service protocolaire du Saint-Siège préconise toujours aux visiteuses du pape le port de la mantille, de fait, cette recommandation n’est plus une obligation.

Application stricte d’une règle protocolaire, comme l’assure l’Elysée, ou marque ostensible de respect à la fonction papale, la tenue vestimentaire imposée à la conseillère de François Hollande symbolise également un sacré retour en arrière.

Huffington Post

Ce que la gauche ne pardonne pas aux « maghrébins », c’est d’avoir fait des enfants musulmans

Professeur à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le programme méditerranéen, Olivier Roy est un spécialiste de l’islam. Il y a consacré différents ouvrages comme En quête de l’Orient perdu, en 2014, ou La laïcité face à l’islam, en 2005.

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Les polémiques récurrentes sur la viande halal, le port du voile à l’université ou les prières de rue poussent certains à se demander si la pratique de l’islam est compatible avec la laïcité française… 

C’est un faux débat. On peut, bien entendu, se poser de nombreuses questions théologiques sur l’islam. Mais le port du foulard à l’université, du burkini, ou le débat sur la viande halal ne sont pas des problématiques propres à l’islam. Elles sont liées à l’évolution de l’acceptation des signes religieux en France, au même titre que la soutane, la kipa ou la viande casher.

La conception de la laïcité française a considérablement évolué depuis la loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cette législation ne dit rien sur les religions. Il n’y a donc pas lieu d’interdire le voile à l’université ou le burkini. Dans son essence, la laïcité ne devait pas chasser le religieux de l’espace public, mais seulement organiser la gestion des lieux de culte. Mais la laïcité est devenue une idéologie politique, qui sert à exclure la religion vers l’espace privé. Il y a désormais une « morale laïque ». 

Pourquoi le débat se cristallise-t-il autour de l’islam ? 

Si cette religion fait autant parler d’elle, c’est parce qu’il y a une conjonction entre une droite identitaire, qui définit le christianisme comme la religion fondatrice de la société française, et une gauche laïque et anti-cléricale. Quand Manuel Valls déclare qu’il « comprend » les maires qui ont pris l’arrêté anti-burkini, il se place dans la continuité d’une certaine gauche fondamentalement hostile aux religions. Rappelez-vous qu’en 1996, Michel Charrasse, un ancien ministre du Budget socialiste, avait refusé d’entrer dans l’église pour les obsèques de François Mitterrand, par conviction laïque.

Cette alliance hors-nature entre cette droite et cette gauche se concentre sur l’islam, qui est devenu l’ennemi commun, mais pour des raisons complètement différentes. C’est ce qui lui donne autant de résonance dans le débat public.

Pourquoi ce débat sur la compatibilité entre islam et laïcité n’a pas eu lieu avec la même ampleur en 1995, lors de la vague d’attentats terroristes perpétués par le Groupe islamique armé ?

En 1995, on était dans une logique d’intégration, dans la foulée de « la marche des beurs ». Mais dans l’esprit de la gauche, à l’époque, intégration signifiait sécularisation. Aujourd’hui, ce que la gauche ne pardonne pas aux immigrés maghrébins, c’est d’avoir fait des enfants musulmans. Elle s’attendait à ce que la deuxième et la troisième génération soient sécularisées et a été très surprise de découvrir une génération de croyants…

Après une telle polémique sur le burkini, quelles peuvent-être les répercussions dans la société française ?

Cela risque de créer un sentiment de rejet et de dégoût chez les musulmans, qui pourrait se traduire par un repli identitaire. Après, il y a des tensions, mais la France est un pays de tensions permanentes. Les gens ont complétement perdu la mémoire historique. L’identité française est un mythe : relisons Celine et Bagatelle pour un massacre, souvenons-nous de l’OAS ! Les arguments utilisés par les antisémites dans les années 1920 sont aujourd’hui repris à propos de l’islam : incompatibilité culturelle et une loyauté plus grande accordée à la religion qu’à la nation. 

France TV

le maire adjoint de Barcelone refuse d’interdire le port du burkini sur ses plages

Alors que débat fait rage en France entre pro- et anti-interdiction, la problématique s’est récemment étendue à la Belgique. Nadia Sminate, une députée du parti nationaliste flamand N-VA, envisage de proposer une interdiction générale de la tenue devant le parlement.

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Côté wallon, le parti conservateur MR s’est dit «prêt à ouvrir au parlement fédéral le sensible dossier d’une interdiction légale du port des burkini», affirme le journal La Libre Belgique.

En Espagne également, le débat s’est invité. Après les mesures prises en France, le maire adjoint de la ville catalane de Barcelone, Gerardo Pisarello, a fait savoir que sa ville refusait d’interdire le port du burkini sur ses plages, parmi les plus fréquentées d’Europe.

Il a en effet indiqué qu’il ne pouvait «pas autoriser la discrimination contre les droits des femmes», ajoutant que celles-ci doivent avoir la liberté de choisir la tenue qu’elles portent en allant se baigner.

RT

Valls prend position contre le burkini, le CFCM se dit « surpris »

Les arrêtés municipaux interdisant le port du burkini sur les plages continuent d’alimenter la polémique. Dans une interview au quotidien régional La Provence, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que le burkini n’est « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République » et défendu son interdiction, assurant « comprendre » la décision des élus.

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« Les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bain, une mode. C’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme« , a expliqué le Premier ministre, qui juge toutefois que le législateur n’a pas à intervenir en la matière.

Une prise de position qui passe mal auprès des représentants de la communauté musulmane. Abdallah Zekri, le président de l’Observatoire contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM) s’en est pris de manière virulente aux déclarations de Manuel Valls sur BFMTV ce mercredi 17. « Je suis surpris de lire l’intervention de Manuel Valls dans la mesure où il y a des contacts permanents avec le ministre de l’Intérieur en charge des cultes » s’est-il indigné.

Et d’ajouter: « est-ce que 10 ou 12 femmes portant le burkini mettent en danger la République? Je n’y crois pas du tout« , avant d’assurer « ces femmes le (le burkini, NDLR) portent librement, certaines pour se préserver, par pudeur, d’autres par convictions religieuses« .

Abdallah Zekri s’en est également pris à Jean-Pierre Chevènement, pressenti pour prendre la tête de la nouvelle Fondation pour l’islam de France, qui a récemment demandé aux musulmans français de faire preuve de « discrétion« . « Nous nous sommes des citoyens français. Quand j’entends dire que les musulmans doivent être plus discrets, plus discrets sur quoi? Qu’est-ce que nous avons fait pour ne pas être discrets?« , s’interroge le président de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Avant de prévenir: « s’il (Jean-Pierre Chevènement, NDLR) veut travailler avec nous, ce n’est pas de cette manière-là, l’islam colonial est terminé depuis très longtemps« .

France Soir

En Australie, des femmes en burkini peuvent vous sauver la vie

Alors que le débat sur le burkini agite l’opinion publique en France, avec deux maires ayant pris récemment un arrêté municipal l’interdisant sur leurs plages, un pays dans le monde a su particulièrement l’intégrer sur ses rivages: l’Australie.

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Afin de permettre à ses coreligionnaires de pouvoir elles aussi s’adonner aux joies de la plage, tout en respectant leurs convictions, c’est une musulmane australienne qui avait ainsi inventé le « burkini » dès 2007, croisement entre le bikini sexy et la stricte burqa. 

« Je la regardais jouer: elle portait un voile, une chemise longue et des pantalons. Et, par dessus tout, elle avait enfilé le maillot et la jupe de son équipe. Je me suis dit: ‘Mon Dieu, on doit pouvoir faire quelque chose' »: c’est en regardant sa nièce jouer au netball (sorte de basketball) qu’Aheda Zanetti avait décidé de concevoir elle-même une tenue qui serait à la fois pratique et « religieusement correcte ».

« Un si grand nombre de filles et de femmes ne pouvaient pas pratiquer de nombreux sports, dont la natation… Il n’y avait rien de vraiment pratique pour elles… Le tissu, la conception… ça n’allait pas », expliquait la Libanaise d’origine.

Cette mère de quatre enfants, qui n’a jamais porté la burqa, avait d’abord conçu un haut qui reliait un voile à une chemise, avant de se lancer dans des tenues de sport plus complètes et de jeter son dévolu sur les maillots de bain.

Dans un pays où la plage est une véritable « culture », que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait « un vide qu’il fallait combler », selon Aheda Zanetti.

Des commandes dans le monde entier

La styliste crée alors le « burkini »: un costume de bain en polyester, d’une rigoureuse couleur noire, qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles. 

Et à l’époque, sa société « Ahiida », installée dans une banlieue de Sydney, reçoit alors des centaines de commandes, venues de toute l’Australie mais également de l’étranger. Neuf ans après, le succès est toujours au rendez-vous. « Maintenant, nous avons des ventes partout dans le monde, et quand ils (des pays) l’interdisent comme au Maroc, cela va quand même très bien pour moi, explique-t-elle à Newsweek. Les gens l’achètent juste pour chez eux. »

En 2007, année coïncidant avec le centenaire des Surfeurs sauveteurs en mer d’Australie, Aheda Zanetti avait également sorti un burkini rouge et jaune, aux couleurs des sauveteurs.

Pour la jeune Mecca Laalaa, 20 ans, cela a été le déclencheur qui l’a convaincue de rejoindre le programme d’entraînement des maîtres-nageurs. « Ce que je portais pour nager m’empêcher de m’impliquer dans des activités nautiques… Pour moi, le burkini signifie que plus rien ne peut m’arrêter », témoignait-elle à l’époque.

Et le nouveau « maillot » avait reçu la bénédiction du mufti d’Australie, le cheikh Taj Aldin al-Hilali, dans un pays où les musulmans sont 300.000 sur une vingtaine de millions d’habitants.

Huffington

Aude : au tour du maire de Leucate d’interdire le burkini

Le maire de Leucate (Aude) va interdire le burkini sur les plagesLe maire LR de Leucate (Aude) Michel Py va à son tour interdire le burkini, tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes, afin « d’assurer le bon ordre, la sécurité et la salubrité publics ».

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Cet arrêté doit être signé mardi soir ou mercredi matin et sera en vigueur jusqu’au 31 août. Il concerne les stations de la commune languedocienne, soit Leucate-plage et La Franqui.

Selon le texte transmis à l’AFP, l’accès aux plages de la commune sera « interdit à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades ».

« Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation à ces principes y est également interdit », selon l’arrêté, que l’AFP a pu consulter.

Quelques mairies côtières, de la Corse jusqu’au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés similaires à la suite de la mairie LR de Cannes, la première à avoir signé, le 27 juillet, un arrêté anti-burkini.

Mais des voix s’élèvent aussi pour déplorer un emballement dangereux, notamment chez les musulmans qui redoutent une nouvelle stigmatisation autour d’une pratique minoritaire.

Ouest France

A la télé, non au burkini, oui aux prières de rue

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« FERVEUR POUR L’ASSOMPTION », titre BFMTV. « Une journée du 15 août placée sous le signe du recueillement pour les catholiques, indique le présentateur. A Paris, la procession est en train de s’achever. » « Après une marche de près de deux heures », précise l’envoyé spécial. A l’image, des prêtres parés de leurs vêtements sacerdotaux, dont l’un enfume les passants avec un encensoir, occupent l’espace public pour réciter leurs prières de rue.

Je m’attends à ce que le présentateur, Alain Marshall, reproche cette entorse à la laïcité à son invité, monseigneur Dubost, évêque d’Evry. Mais il fait preuve d’une grande tolérance, et même d’œcuménisme. « On parle beaucoup de l’islam ces temps-ci, on a vu ce qui s’était passé en Corse. Comment vous l’analysez ? Il y a une crispation communautaire aujourd’hui entre les Français catholiques et la religion musulmane ? » En revanche, opposer les « Français catholiques » à la « religion musulmane » n‘est pas du tout le signe d’une vision communautariste ni d’une crispation de la part de BFMTV. Le présentateur s’étonne : « Comment se fait-il qu’on en arrive à parler d’identité en la reliant à la religion ? » Pourtant, BFMTV a tout fait pour l’éviter. « Que pensez-vous de ces maires qui interdisent le burkini ? » Ne devraient-ils pas aussi interdire le port de la soutane sur les plages ?

Alain Marshall questionne encore : « Est-ce que vous dites “attention” à celles et ceux qui auraient l’intention de nous braquer les uns contre les autres ? Et je ne parle pas des terroristes, je parle des salafistes, on en parle beaucoup aujourd’hui dans ce pays. » « On en parle beaucoup », « on en arrive à parler »… Mais qui est ce « on » qui dicte son actualité à BFMTV ? « Est-ce que le mot “salafisme” vous inquiète aujourd’hui dans le pays ? » Ne faudrait-il pas interdire son emploi, comme le port du burkini ?

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