Comment le camp Valls pousse la gauche dans le néoconservatisme

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Les vallsistes font le pari d’un combat militaire, sécuritaire et culturel.

Sauf lorsqu’il parle du cannabis, les propos de Jean-Marie Le Guen (secrétaire d’État aux relations avec le Parlement) ont en général moins d’audience que ceux de Manuel Valls. Pourtant, c’est bien lui qui formule le mieux et le plus régulièrement, dans des textes pour la Fondation Jean-Jaurès, le fond de l’orientation politique du Premier ministre que de nombreux observateurs tentent de décrypter. Dans La gauche qui vient (un essai en ligne), le cap idéologique et stratégique du camp vallsiste continue ainsi de se préciser sous sa plume.

En juillet 2014, nous avions déjà évoqué sur Slate la tentation «sociale-conservatrice» de Manuel Valls. Ce terme voulait désigner l’esquisse, depuis le camp social-démocrate, d’un modèle de société fondé sur la méritocratie, la compétitivité et l’évitement des conflits moraux et économiques, sous les auspices d’un ordre républicain figé. Depuis, certaines évolutions frappantes du discours vallsiste inciteraient presque à parler de tentation «néoconservatrice».

Il faut dire que la politique étrangère française tend davantage que par le passé à se caractériser par un interventionnisme armé et une diplomatie punitive justifiés par des valeurs universalistes, ce qui n’empêche pas des décisions de realpolitik confinant au cynisme.

Manuel Valls est un de ceux qui poussent le plus loin, surtout à gauche, la rhétorique de «guerre contre le terrorisme» et de défense de la «civilisation», tout en assumant crânement des relations complaisantes avec l’Arabie saoudite.

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Clémentine Autain : « Je n’accepte pas que la laïcité soit instrumentalisée au service d’une chasse aux musulmans. »

Clementine Autain, France's Left Front candidate for the 2014 municipal elections, poses in Sevran in Seine-Saint-Denis on December 20, 2013. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

Où Jean-Marie Le Guen a-t-il vu que je souhaite remplacer nos règles républicaines par des normes religieuses ? Jamais je n’ai défendu une telle ineptie. Je tiens à la laïcité, j’en revendique le principe dans la lignée de la conception de Jaurès. Ce que je n’accepte pas, c’est que la laïcité, comme l’égalité hommes/femmes, soit instrumentalisée au service d’une chasse aux musulmans.

Et pour ma part, contrairement à un certain nombre de leaders du PS, je n’ai pas l’intention de redéfinir la laïcité et la République avec Causeur et leurs amis de la droite extrême au sein d’un curieux « Printemps républicain ».

À mon sens, les conditions de l’apaisement supposent de tenir deux bouts : combattre sans faiblir Daesh et les réseaux de recruteurs djihadistes d’une part, lutter contre ce racisme qui prend la forme d’un rejet des musulmans d’autre part. Laisser penser que l’Islam n’a qu’une seule lecture possible, intégriste, conservatrice, mortifère, est de nature à nourrir le projet djihadiste. L’insulte ne me fera pas taire.

Le Monde

PEDIGA : 2 militants d’extrême droite condamnés pour participation a une manif interdite

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Trois hommes étaient jugés ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer pour avoir manifesté à Calais le 6 février, à l’appel du mouvement islamophobe PEGIDA, malgré l’interdiction décidée par la préfecture du Pas-de-Calais. Deux d’entre eux ont été condamnés à des amendes, un troisième a été relaxé.

Les trois hommes ont comparu séparément devant le tribunal, ce mardi. Ils étaient poursuivis pour « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser », lors de la manifestation organisée par le mouvement islamophobe PEGIDA, à Calais, le 6 février dernier.

D’autres participants à la manifestation doivent encore être jugés, en particulier le général Piquemal, dont le procès en comparution immédiate avait été reporté en raison de son état de santé : il aura lieu le 12 mai prochain.

La Voix du Nord

En Lettonie, bientôt une loi contre le voile intégral (porté par 3 femmes dans le pays)

,jnjnkjk La Lettonie est un pays balte de 2 millions d’habitants, dont environ 1.000 sont des musulmans pratiquants, selon les estimations du gouvernement. Sur ces 1.000 musulmans, environ 3 femmes portent le voile intégral. Et c’est pour elles que le ministre de la Justice veut créer une loi interdisant le niqab dans l’espace public.

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Le New York Times signale que le ministre Dzintars Rasnacs défend cette mesure «préventive», inspirée par la loi française, en évoquant la nécessité de «protéger la culture lettone» et de gérer les problèmes de sécurité du pays.

Rasnacs fait partie du parti anti-immigration Alliance nationale et est un ancien leader du parti d’extrême droite Tout pour la Lettonie!. Ce parti est connu entre autres pour avoir organisé des commémorations des soldats lettons s’étant battus avec les nazis contre les communistes russes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Immigrés musulmans

Interviewé par le New York Times, Dzintars Rasnacs a expliqué que la loi devrait facilement être approuvée par le Parlement et qu’il s’agit de protéger le pays face à l’arrivée d’immigrés musulmans. Le gouvernement letton a accepté d’accueillir 776 réfugiés sur les deux années à venir. Pour l’instant, seulement six sont arrivés.

«Nous protégeons non seulement les valeurs lettones historicoculturelles mais aussi les valeurs historicoculturelles de l’Europe», a déclaré le ministre.

Le débat autour de l’islam est très tendu dans le pays, particulièrement depuis les déclarations de Roberts Klimovics, un porte-parole du centre islamique letton de Riga, la capitale, qui avait déclaré à la télévision que la Lettonie pourrait bientôt adopter la charia. Il avait aussi comparé les soldats de l’Otan en Afghanistan et au Mali aux Européens qui partent se battre en Syrie pour Daech.  jnkjkjhjkkj 

Slate

Chicago: une musulmane éjectée d’un avion pour avoir demandé à être assise côté couloir

Les expulsions arbitraires de passagers musulmans seraient-elles la face cachée honteuse des compagnies aériennes américaines ?

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Les cas de débarquements, humiliants et iniques, subis par des voyageurs dont l’islamité est visible, se suivent et se ressemblent outrageusement de l’autre côté de l’Atlantique, et il en faut très peu pour être éjecté d’un avion sans autre forme de procès, comme en a fait récemment la douloureuse expérience Hakima Abdulle, une Américaine voilée d’origine somalienne.

Après avoir pris place dans un appareil de la Southwest Airlines, afin de s’envoler pour Seattle où sa nièce était sur le point d’ accoucher, cette habitante de Chicago était loin d’imaginer que sa simple requête pour s’installer côté couloir, avec l’assentiment de son voisin, allait faire perdre tout bon sens mais aussi la raison à l’équipage…

En guise de réponse à sa demande bien anodine, motivée par la peur impossible à réprimer d’être assise près du hublot, la malheureuse Hakima Abdulle, qui de surcroît ne maîtrise pas encore toutes les subtilités de la langue de Shakespeare, a été poussée vers la sortie sans ménagement. Interloquée par ce refoulement brutal et foncièrement injuste, elle est restée figée sur place lorsque la police est montée à bord pour procéder à son évacuation manu militari.

C’est sous bonne escorte qu’elle a été reconduite vers le hall de l’aéroport de Chicago, où supplice suprême, elle a dû attendre plusieurs heures interminables, sans que l’on daigne lui fournir la moindre explication et encore moins la rassurer, avant d’être autorisée à rallier sa destination finale.

Oumma

« Il y a bien une islamophobie sociale rampante »

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Par Pierre Merle, sociologue

La philosophe Elisabeth Badinter a suscité la polémique par son appel au boycott des marques qui se sont lancées dans la fabrication de « vêtements islamiques ». Elle fait référence à la loi, et elle a raison  : « Nous voulons que les lois de la République s’appliquent à tous et d’abord à toutes. » Justement, que prescrit la loi française ? Elle interdit le port de la burqa et du niqab. La Cour européenne des droits de l’homme a validé cette interdiction, en mentionnant cependant un « risque de contribuer à consolider des stéréotypes affectant certaines catégories de personnes et d’encourager l’expression de l’intolérance ».

Contrairement à la burqa et au niqab, le port du foulard islamique n’est pas interdit en France, sauf à l’intérieur des établissements scolaires. Appeler au boycott des sociétés qui fabriquent de tels foulards risque, selon la Cour européenne, « d’encourager l’expression de l’intolérance ». Un citoyen soucieux du respect des droits humains serait plus inspiré en appelant au boycott des entreprises employant des enfants dans leurs usines asiatiques.

Une condamnation du foulard islamique peut-elle être fondée sur le principe de l’égalité hommes-femmes  ? Sauf à pouvoir démontrer que le port du foulard islamique relève de la contrainte (les femmes concernées parlent d’un choix) ; ou qu’il constitue une inégalité, respecter les lois de la République ne permet pas de s’opposer à cette pratique. Les femmes ont le droit de couvrir leurs cheveux d’un foulard, que ce soit pour des raisons religieuses ou esthétiques. Cette question ne devrait pas faire débat.

Aussi, lorsque le premier ministre Manuel Valls considère que « le voile n’est pas un phénomène de mode, c’est un asservissement de la femme » et propose d’interdire le port du foulard dans l’enseignement supérieur, son propos va à l’encontre des libertés.

La majorité des pays européens autorisent d’ailleurs le voile islamique dans les établissements scolaires. La République française a indiscutablement une législation particulière. Il faut l’oxymore « laïcité intolérante » pour définir la conception stricte de la laïcité à la française.

Laïcité et anticléricalisme

À côté des 8 500 établissements catholiques existent 282 écoles juives, dont 148 sont en cours de contractualisation, et une trentaine d’établissements privés musulmans (plus une vingtaine d’écoles en cours de création).

Dans ces écoles, le port du foulard islamique est la règle en raison de leur orientation confessionnelle. L’existence d’une norme religieuse dominante est contraire à l’esprit de la laïcité fondée sur la reconnaissance de la pluralité des croyances. Le communautarisme est ainsi favorisé par le refus de l’altérité dans l’école publique et le choix d’une laïcité qui ne reconnaît pas la diversité et se confond avec la pensée anticléricale.

Le communautarisme se développe aussi en raison de discriminations larvées. Loïc du Parquet, Thomas Brodaty et Pascale Petit (La discrimination à l’entrée des établissements privés  : les résultats d’une expérience contrôlée2013) ont montré que près de 20 % des établissements privés catholiques ont recours à la discrimination ethnique dans leur politique de recrutement en préférant les dossiers scolaires dont les noms ont une consonance française plutôt que maghrébine.

Dans le monde professionnel, la recherche de Marie-Anne Valfort montre que les diplômés d’origine maghrébine et de confession musulmane sont particulièrement discriminés, surtout ceux dont le CV est le plus brillant. La stigmatisation et la discrimination sont susceptibles de favoriser le repli communautariste. Il existe bien une islamophobie rampante de la société. La nier constitue un aveuglement favorable à sa diffusion.

Montrer l’existence de cette islamophobie à partir d’études indiscutables ne relève pas, pour reprendre les expressions de Mme Badinter, de réactions « d’islamo-gauchistes » coupés du « pays réel », terme révélateur d’un état d’esprit   : l’islamo-gauchiste est une version contemporaine de l’hérétique. La simplification et l’anathème constituent un des travers de la société et de ses élites, un des obstacles à surmonter pour que la société soit à la hauteur de ses idéaux, une nation ouverte sur le monde, capable d’intégrer la richesse de sa diversité culturelle.

Une médecin «ne veut pas de femmes voilées dans son cabinet», la justice classe la plainte

Le 12 mai prochain, une médecin généraliste filmée en train de revendiquer le droit de ne pas soigner les femmes voilées passera en conseil de discipline devant l’ordre des médecins. Elle était également poursuivie en justice, mais le parquet a décidé de classer la plainte.

Les faits ont eu lieu il y a un an. Le 16 juin 2015, Fatima, qui a demandé à ce que son prénom soit modifié «pour garantir sa sécurité et celle de ses enfants», se rend chez son médecin en Isère pour des problèmes de tension.

«J’avais une très faible tension depuis quelques jours, je suis allée aux consultations sans rendez-vous, mais le docteur habituel était en congé. C’est sa remplaçante qui m’a reçue», témoigne cette mère de quatre enfants. La docteure Marie, dont nous avons aussi modifié le prénom, la reçoit pour l’examiner.

Musulmane, Fatima porte un petit foulard rose pour couvrir ses cheveux, mais précise «l’avoir retiré une fois installée dans le cabinet». Elle raconte la suite:

«La médecin semblait un peu pressée. Elle m’a pris la tension sans relever ma manche et ne m’a pas examinée davantage alors que je voulais comprendre pourquoi je me sentais mal depuis un moment.»

Juste après cette altercation, Fatima se rend à la gendarmerie pour déposer plainte, mais est transportée d’urgence à l’hôpital après avoir fait un malaise.

La plainte que nous avons pu nous procurer sera donc enregistrée le 17 juin à 14h50. Fatima fait retranscrire également aux gendarmes ses trois vidéos et donne l’attestation d’un autre docteur présent au cabinet la veille et témoin de la scène, qui a confirmé à BuzzFeed News le déroulé de la scène. Mais le 4 novembre dernier, le parquet de Chambéry, qui n’a pas donné suite à nos appels, décide de classer sans suite.


Contactée par BuzzFeed News, la médecin habituelle du cabinet qui s’était faite remplacer par le docteur Marie précise avoir immédiatement mis fin au contrat de remplacement après avoir été informée de ce qu’il s’était passé. «Je ne la connaissais pas, elle me remplaçait quelques semaines», explique-t-elle. Et d’ajouter:

«Dès que j’ai été mise au courant de cet incident, par ma secrétaire qui était très choquée, j’ai mis fin à son contrat, ce qu’elle a d’ailleurs accepté. Je ne pouvais pas la garder, cela ne correspond en rien à mes valeurs.»

Un médecin d’un autre cabinet de la région (qui souhaite garder l’anonymat) dénonce l’attitude du Conseil de l’ordre. «Cette docteure est connue comme le loup blanc ici. Ce n’est pas la première fois qu’il y des problèmes entre elle et ses patients. Je me demande pourquoi l’ordre des médecins n’agit toujours pas. Ce qui la sauve, c’est qu’elle fait des remplacements de courte durée un peu partout, mais tout ça est très grave», dénonce-t-il.

Buzz Feed

Daniel appelait a « écraser des musulmans avec des bulldozers » il est condamné a 6 mois de prison

En première instance, Daniel S. (55 ans) avait écopé de six mois de prison et d’une amende de 800 euros pour incitation à la haine contre des réfugiés et musulmans.

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À la partie civile, l’ASTI, il avait dû payer un euro symbolique. En février 2014, le quinquagénaire avait ainsi suggéré sur une page Facebook d’écraser des musulmans en train de prier avec des bulldozers. Pour le parquet général, il s’agissait clairement d’incitation à la haine. Il avait requis neuf mois de prison. La Cour d’appel a finalement confirmé, mercredi, la peine de prison de six mois prononcée en première instance contre le Luxembourgeois.

Ce n’est pas la première fois que le quinquagénaire est condamné pour incitation à la haine. Le 1er mars, il avait écopé de douze mois de prison ferme et d’une amende de 1 000 euros pour incitation à la haine. Il avait également été condamné à une déchéance du droit de vote pour les cinq prochaines années.

Le Quotidien

Orléans : Des tags islamophobes toujours pas effacés depuis novembre 2014

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A la Toussaint 2014, les bureaux de Muslim Assistance ont été la cible d‘un cambriolage doublé de violentes dégradations xénophobes. Depuis, rien n’a été fait pour effacer les inscriptions, ni pour les cacher. Les riverains sont excédés.

Ordinateurs volés, mobilier détruit et tags xénophobes… telle fut la triste découverte des voisins des pompes funèbres de Muslim Assistance de la rue Bossuet dans le quartier de la Source à Orléans, il y a un an et demi. Aujourd’hui, Michel Ricoud, élu communiste d’opposition au conseil municipal et riverain, n’en peut plus.

« C’est une insulte. On passe devant tous les matins. Mettez-vous à la place des musulmans… », s’indigne-t-il, « il faut que la ville et le bailleur social s’activent! »

Les inscriptions racistes sont à l’intérieur de l’ancien local, dont l’une des vitres est fissurée. Largement visibles par tous les passants. C’est cela qui dérange Paulette, Michel et les autres habitants historiques de cet immeuble de quatre étages, réunis en association de locataire. « Quand il y a des tags en centre-ville, on les nettoie fissa. Ici, non. Nous sommes là depuis 1976. Et ça, ça nous donne envie de partir…« . Pas partir de la Source, mais de changer de bailleur, précisent-t-ils, sous-entendant que le dialogue est tendu avec celui-ci

France Bleu

Islamophobie: forte baisse des actes antimusulmans début 2016 selon le CFCM

Paris – Les actes antimusulmans ont fortement baissé au premier trimestre 2016 (-82%) par rapport à la même période en 2015, marquée par le contexte des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, a annoncé jeudi l’Observatoire national contre l’islamophobie.

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Le niveau global des actes enregistrés au premier trimestre 2016 (40, -82% par rapport à 2015) retrouve ainsi un niveau comparable à celui de la même période en 2014 (37). 

Cette composante du Conseil français du culte musulman (CFCM) recoupe ses chiffres avec les plaintes et mains courantes remontées au ministère de l’Intérieur. Il en ressort une liste d’actes antimusulmans ventilés en actions (agression contre des personnes ou des lieux de culte…) et menaces (propos et lettres d’injures notamment).

Pour la période du 1er janvier au 31 mars 2016, 20 actions antimusulmanes ont été enregistrées, contre 56 pour la même période en 2015 (-64,3 %). Vingt menaces ont aussi été recensées, contre 166 au premier trimestre 2015 (-88%), selon un communiqué de l’Observatoire.

« Nous sommes persuadés qu’à l’approche des futures élections et vu le climat politique actuel avec les déclarations de certaines personnalités politiques, qu’il est fort à parier que la situation risque de se dégrader et on assistera à une montée des actes antimusulmans« , a dit Abdallah Zekri, président de l’Observatoire, cité dans le communiqué.

L’Express

 

Shlomo Sand: « L’islamophobie a remplacé la judéophobie » en France

C’est un livre stimulant, mêlant érudition et mise en perspective historique, qu’a sorti Shlomo Sand. Sous le titre « La Fin de l’intellectuel français ? De Zola à Houellebecq », l’historien israélien y interroge la figure de l’intellectuel en France.

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Pensez-vous comme Emmanuel Todd que « toute croissance de l’islamophobie va mener à plus d’antisémitisme » ?

Shlomo Sand : Je ne partage pas cette analyse. La France a eu une longue tradition judéophobe. Cette judéophobie a été un code de communication acceptable, pas seulement dans les milieux catholiques mais également chez beaucoup de laïcs républicains, de Barrès à Céline. L’intolérance envers la figure du Juif à travers le XIXème siècle la première moitié du XXème vient aussi d’une certaine culture nationale. Je pense que cette judéophobie, très profonde en France, a disparu non pas après la Seconde Guerre mondiale mais à la fin des années cinquante.

Cette judéophobie n’existe plus dans la culture de masse ou dans les élites. Même dans l’extrême-droite française, avec le passage de Jean-Marie Le Pen à sa fille, l’antisémitisme a cessé d’être légitime. Cependant, il me semble qu’en marge dans les ghettos-cités, il y a la naissance d’une nouvelle judéophobie qui est liée au conflit israélo-palestinien.

Je pense surtout que l’islamophobie a remplacé la judéophobie. Je montre, par exemple, que si on remplace dans le livre de Houellebecq, toutes les descriptions concernant les musulmans par des descriptions des juifs, on obtiendrait un pamphlet judéophobe. Ce mouvement s’est accompagné d’une nouvelle référence à une prétendue « civilisation judéo-chrétienne ». Or du point de vue purement théologique, ce concept est une blague, tout simplement. Le Judaïsme est plus proche de l’Islam que du Christianisme. Les conflits entre juifs et chrétiens ont été plus importants qu’entre juifs et musulmans.

Le juif, comme minorité religieuse, a souffert beaucoup plus sous le christianisme que dans le monde musulman. Même s’il y avait le statut de dhimmi cela n’a rien à voir avec les souffrances dans le monde chrétien qui se sont terminées à Auschwitz. Mon grand-père et ma grand-mère, gazés en Pologne, ignoraient qu’ils vivaient dans une civilisation judéo-chrétienne. Quand j’entends ce concept, je suis effrayé et en colère car c’est une négation totale de l’Histoire. 

Que pensez-vous du concept d’ « islamo-gauchisme » ?

Shlomo Sand: On a accusé Emile Zola d’être philosémite quand il défendait Dreyfus. C’est le même raisonnement qui sous-tend le concept d’ « islamo-gauchisme ». Cela sert à discréditer toute défense des musulmans, qui sont pour moi les nouveaux juifs du début du XXIème siècle. Ce concept permet aussi de rejeter toute accusation d’islamophobie.

On a accusé Zola de traîtrise, moi-aussi je suis alors un traître car je m’oppose à la haine des musulmans. Et c’est parce que je suis israélien que je me permets de dénoncer cela, car j’ai vu la montée du racisme dans mon pays et l’ai dénoncée, comme je le fais aujourd’hui en France.

Mediapart

 

Marine Le Pen : « Quand j’entends Manuel Valls sur l’islam, j’ai l’impression de me lire »

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Europe 1

Espagne : les actes islamophobes multipliés par dix entre 2014 et 2015, passant de 48 à 534

Les actes islamophobes ont été multipliés par dix entre 2014 et 2015 en Espagne, passant de 48 à 534, selon des données de la plateforme citoyenne contre l’islamophobie, diffusées après de nouvelles agressions.

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Ces informations ont été transmises à l’AFP par Mounir Benjelloun, président de la Fédération espagnole d’entités religieuses islamiques (Feeri), et paraîtront dans un rapport annuel de la Plateforme citoyenne contre l’islamophobie en cours d’élaboration, recensant les actes contre les biens ou les personnes portés à la connaissance de la plateforme, soit directement, soit par les médias ou les réseaux sociaux.

« Il est difficile de comptabiliser les cas d’islamophobie via le ministère de l’Intérieur », assure cependant Mounir Benjelloun, affirmant qu' »il y a beaucoup de cas où les gens ne veulent pas porter plainte » et que « certains commissariats ne les classent pas dans les délits de haine » mais parmi les actes de vandalisme.

Ce type d’agressions « augmente quand il y a un acte de violence dans un pays européen », note Mounir Benjelloun, en évoquant les attentats ayant frappé Paris en janvier puis en novembre 2015 et Bruxelles le 22 mars, revendiqués par l’organisation Etat islamique (EI).

La police a annoncé avoir identifié 14 participants à cette manifestation, « tous liés à des groupes d’extrême-droite ».

Le 30 mars, de la peinture rouge a été déversée devant l’entrée de la mosquée de Parla, dans la banlieue sud de Madrid, et des croix gammées peintes sur la porte.

Un homme, lié à l’extrême-droite selon la police, a été mis en examen mardi dans cette affaire pour « délit contre les croyances religieuses » et « dégradations ».

D’autres mosquées ont été vandalisées après les attentats de Bruxelles, à Salamanque ou Grenade, a précisé à l’AFP Riay Tatary, président de la Commission islamique d’Espagne, représentant les musulmans d’Espagne qui étaient fin 2015 1,89 million (4% de la population).

La Voix De L’Amerique

#VraisProblèmesUniversité, le hashtag qui dénonce l’énième faux débat de Valls sur le voile

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Dans une interview, Manuel Valls se prononce pour l’interdiction du voile à l’université. Des étudiants répondent au Premier ministre, par hashtag interposé.

Si l’on en croit les journaux, et plus précisément les dirigeants politiques qui s’expriment dedans, le problème numéro 1 de l’université française serait le voile. Ce bout de tissu que certaines femmes musulmanes revêtent est, depuis plusieurs mois, au centre des débats.

Quiconque a déjà glissé un orteil dans une fac en France sait que le port du voile est un faux problème. Les étudiantes voilées, françaises ou étrangères, prennent leurs notes, vont à la bibliothèque et rendent leurs copies comme tout le monde.

L’an dernier, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) s’était prononcé contre son interdiction, presque à l’unanimité. Mais il faut croire que la politique et l’enseignement supérieur ne répondent pas aux mêmes impératifs…

Conscients que ce débat est disproportionné, des étudiants ont lancé un hashtag sur Twitter en réaction à l’interview de Manuel Valls : #VraisProblèmesUniversité. Car oui, si l’université a des soucis, c’est bien ailleurs : manque de moyens, dégradation des locaux, absence de débouchés, sélection non transparente des étudiants, logements étudiants trop rares, etc.

Voici quelques exemples tweetés dans la matinée, qui remettent les choses en perspective :

En parallèle, Thierry Mandon, le secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche s’est exprimé, mercredi 13 avril, sur la réforme qu’il porte, au micro de RTL. Il a notamment défendu la sélection des élèves entre le master 1 et le master 2, qui va devenir officielle. “Le décret est prêt, il sera présenté au Cneser le 18 avril.” Sur le voile, il est sans équivoque : “Ce n’est pas utile de créer une problème là où il n’y en a pas.”

Konbini

«De la judéophobie à l’islamophobie», conférence des Amis du Monde diplomatique

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Quel lien établir entre le dernier ouvrage de Michel Houellebecq, les meurtres de «Charlie Hebdo» et la mobilisation massive «Je suis Charlie» qui en a suivi ? C’est à la lumière de l’Histoire et de l’actualité récente qui, depuis l’affaire Dreyfus jusqu’à l’après-Charlie, lui apparaît comme celle d’une longue déchéance que Shlomo Sand, historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, invite à réfléchir sur l’évolution de cette pensée qui se garde de critiquer directement les véritables élites régnantes mais qui est toujours disposée à accuser et à crucifier les «misérables».

Dans une période de crise profonde du capitalisme, la recherche de boucs émissaires : les immigrés, les musulmans, permet d’orienter toutes les peurs. Et le succès des thèses soutenues par des essayistes ultra-médiatisés comme Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut, au détriment du «politiquement correct», renforce le sentiment identitaire, appartenance à une civilisation «judéo-chrétienne».

Mercredi 13 avril, à 20 h 45, salle de la Tour.

La Depeche

Les Jeunes Communistes du Loiret dénoncent les menaces de Serge Grouard envers les musulmans

Les Jeunes Communistes du Loiret condamnent les propos racistes et islamophobes de Serge Grouard en ces termes:

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« Le 8 avril dernier, Serge Grouard, actuel député du Loiret et ancien maire d’Orléans, s’est fendu d’une abjecte « lettre aux musulmans de France » publiée sur les réseaux sociaux.

Ce texte est, sans ambiguïté possible, profondément raciste et islamophobe. Rappelons à cette occasion que l’islamophobie ne désigne pas, comme certains réactionnaires osent le prétendre, la simple peur de l’Islam mais bien le rejet de cette religion ainsi que de celles et ceux qui la pratiquent.

Avec une condescendance sans limite qui rappelle l’époque coloniale où la France exaltait sa « mission civilisatrice » pour justifier la domination des autres peuples, M.Grouard prétend dicter un code de conduite aux musulmans de France. Sans doute nostalgique du Code de l’indigénat et visiblement peu attaché au principe républicain d’égalité, M.Grouard annonce d’entrée de jeu aux musulmans « vous devriez avoir plus de devoirs que de droits » !

La lettre de Serge Grouard va même jusqu’à menacer directement les musulmans de France (« Beaucoup de Français en ont assez. Attention ce peuple tolérant est aussi violent et il l’a montré dans son histoire. »). Dans un contexte où les agressions racistes et islamophobes se multiplient, ces mots sont lourds de sens.

Pour les Jeunes Communistes de Loiret, les propos de M.Grouard sont d’autant plus graves qu’ils s’inscrivent dans un contexte du racisme, de l’islamophobie et du fascisme. Par calcul politicien ou par conviction haineuse, Serge Grouard fait monter la haine et joue sur les divisions.

Plus que jamais, nous devons nous appuyer sur les principes de solidarité, d’égalité et d’antiracisme pour renvoyer M.Grouard et ses idées nauséabondes dans les poubelles de l’histoire. »