Le souvenir de 73 enfants juifs raflés en 1942 gravés dans la mémoire lilloise

Jeudi à la gare Saint-Sauveur, a été dévoilée une plaque commémorative à la mémoire de 73 enfants, raflés à Lille le 11 septembre 1942. Les plus grands avaient 17 ans, le plus jeune, trois mois. Morts parce que nés juifs.

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La communauté juive de Lille, par la voix de son président Guy Bensoussan, s’est dite « profondément touchée ». Profondément touchée de voir enfin gravé, en plein cœur de la ville, sur l’un des murs de la gare Saint-Sauveur, le souvenir de ces 73 enfants, raflés le 11 septembre 1942. « Une des pages les plus douloureuses de notre ville », a souligné hier Pierre de Saintignon, premier adjoint de Martine Aubry. Un drame épouvantable qui s’inscrit dans les grandes rafles de juillet à novembre 1942.

Cet obscur jour de septembre, des enfants ont été envoyés à la gare (aujourd’hui disparue) de Fives Saint-Sauveur. Puis envoyés vers Malines, « le Drancy belge », avant de rejoindre les camps de la mort, à Auschwitz, comme l’a rappelé Serge Klarsfeld. Aucun n’est revenu. Tous exterminés parce que nés juifs. Les plus grands avaient 17ans, le plus jeune, trois mois.

La Voix Du Nord

Une famille d’anciens colons rapatriés d’Algérie en 1962 réclame 2,5 millions d’€ à la France

Plus d’un demi-siècle après, trois Français rapatriés d’Algérie ont décidé de demander justice. Ils réclament une somme rondelette à l’Etat français «en réparation des préjudices commis».

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Une famille héraultaise composée d’une mère et de ses deux enfants, anciens colons français, réclament plus de 2,5 millions euros pour leur rapatriement d’Algérie en 1962. C’est à cette hauteur qu’ils évaluent le «préjudice», en réparation de leur biens abandonnés sur le sol algérien. Cette famille possédait en effet à l’époque en Algérie trois grandes exploitations agricoles. La famille a porté plainte contre l’Etat français le 2 juin.

Les accords d’Evian pointés du doigt

La famille blâme les accords d’Evian, car l’Etat français n’a pas obligé l’Algérie à indemniser les rapatriés ni ne l’a fait lui-même. Les Héraultais estiment qu’ainsi la France a «commis des fautes graves».

De plus, les plaignants ont rappelé «une promesse non tenue» de décembre 1961, lorsque la France et l’Algérie ont conclu un accord, selon lequel des mesures devaient être mises en place en faveur des Français rapatriés d’Algérie, pour fixer une indemnisation en cas de spoliation et de perte de biens.

Le Conseil d’Etat rendra une décision à ce sujet dans les semaines à venir. Le tribunal administratif de Montpellier et la cour administrative d’appel de Marseille ont déjà rejeté la demande.

RT

Sur les traces des soldats musulmans à Verdun avec Kamel Mouellef

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C’est devant les 592 stèles musulmanes érigées à l’ossuaire de Douaumont, dans la Meuse, en mémoire des tirailleurs nord-africains et africains engagés dans l’armée française et tombés au champ d’honneur à Verdun (21 février-19 décembre 1916), que se tenait Kamel Mouellef, cet inlassable chercheur de stèles dédiées à ces grands oubliés de l’Histoire de France, quelques semaines avant ce qui fut le point d’orgue de la célébration du centenaire de ces 300 jours et 300 nuits de combats effroyables : la commémoration internationale qui a eu lieu dimanche 29 mai, sous l’égide de François Hollande et Angela Merkel.

Dans une récente interview accordée au Dauphiné Libéré, alors qu’il sortait visiblement satisfait d’une de ses nombreuses conférences données dans des collèges et lycées tout au long de l’année, Kamel Mouellef a évoqué un projet qui lui tient à cœur : la réalisation d’un film sur Abdelkader Mesli, un imam méconnu de tous, qui aurait mérité de passer à la postérité pour avoir sauvé des milliers de juifs de la déportation.

Oumma

1957: Fernand Iveton, guillotiné pour avoir soutenu la cause de l’indépendance algérienne

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Auteur d’un roman, De nos frères blessés, sur le destin du communiste Fernand Iveton, guillotiné en 1957 pour son soutien jugé terroriste à la cause indépendantiste algérienne, Joseph Andras revient sur l’indécrottable d’hier et d’aujourd’hui. Histoire de donner à saisir un certain angle mort français : l’esprit colonial, la gauche entachée, le pouvoir suborneur, la raison d’État…

Mediapart

Quand l’Europe aimait l’Islam

De l’extérieur, avec ses minarets élevés et son dôme, la mosquée de Wilmersdorf, sur Brienner Straße, dans le sud-ouest de Berlin, ressemble encore beaucoup à ce qui était son apparence durant les années 1920. Mais cette institution, comme la ville qui l’entoure, a bien changé.

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Aujourd’hui, la mosquée est un lieu bien tranquille. Elle sert, pour l’essentiel, de centre d’information: des écoliers y effectuent parfois des visites scolaires et elle accueille des déjeuners interconfessionnels. Une petite communauté de musulmans s’y rend régulièrement pour la prière du vendredi. Nous sommes bien loin de l’époque où, sous la République de Weimar, la mosquée de Wilmersdorf était le centre vivace d’un mouvement spirituel de la contre-culture.

Les missionnaires ahmadistes, issus de la région indienne du Penjab, alors britannique, qui ont bâti cette mosquée, y ont attiré des gens variés dans le Berlin des années 1920, et accueilli des conférences qui traitaient des grandes questions philosophiques du temps. On y évoquait, par exemple, l’écart entre la vie et la doctrine, le futur de l’Europe ou le futur de l’Humanité dans son ensemble. Les Allemands de tous âges, en proie à une profonde désillusion à l’égard de la civilisation chrétienne à l’issue de la Grande guerre, lui cherchaient des alternatives religieuses à la fois modernes et rationnelles, mais aussi spirituelles et se rendaient donc à ces conférences et nombre d’entre eux se convertirent à l’Islam.

Une contre-culture spirituelle

Il est aujourd’hui bizarre d’imaginer pareille chose en Allemagne, où le parti de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) récemment demandé l’interdiction des burqas et des minarets et où plus de la moitié des Allemands déclarent considérer l’Islam comme une menace. Mais durant la période de l’entre-deux guerres, Berlin accueillait une intelligentsia musulmane prospère, constituée non seulement d’immigrants et d’étudiants issus du Proche-Orient et du Sud-Asiatique, mais aussi de convertis allemands issus de toutes les couches de la population. L’Islam, à cette époque, représentait une forme de contre-culture spirituelle.

Les Allemands n’étaient d’ailleurs pas les seuls à faire preuve d’une telle ouverture et même de fascination à l’égard de l’Islam. Au début du XXe siècle ont émergé les premières communautés et institutions musulmanes en Europe de l’Ouest et, avec elles, sont apparus les premiers convertis en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. C’est une période un peu oubliée de l’histoire –mais dont il est tout particulièrement pertinent de se souvenir aujourd’hui, à un moment où la relation entre l’Islam et l’Europe est de plus en plus marquée par l’inquiétude voire par la plus franche hostilité.

Exotisme

Même les discussions les plus nuancées sur l’Islam et l’Europe –celles qui prennent en compte les facteurs structurels qui ont contribué à marginaliser les populations musulmanes du continent– continuent de traiter la présence de la religion comme un phénomène nouveau et épineux, étranger à la vie culturelle et politique européenne. Mais si l’on regarde le début du XXsiècle –et pour l’essentiel la période qui suit la première vague d’immigration musulmane en Europe à l’issue de la fin de la Première guerre mondiale– montre qu’il n’y a pas si longtemps, l’Europe de l’Ouest et l’Islam entretenaient une rélation bien différente, caractérisée par une certaine curiosité de la part des citoyens et une forme de favoritisme de la part des gouvernements.

Au moment même où des citoyens européens étaient confrontés à cette religion exotique venue d’Orient, les gouvernements européens proposaient des traitements de faveurs aux citoyens musulmans et d’une manière qui, au premier coup d’œil, pourrait apparaître surprenante: le très laïc gouvernement français a ainsi dépensé quantité d’argent pour construire des mosquées très ostentatoires, tandis que l’Allemagne cherchait à démontrer qu’elle traitait mieux les Musulmans que la France et la Grande-Bretagne. Étudier cette période nous permet de constater que la rencontre entre l’Europe et l’Islam n’a rien de neuf, et qu’elle n’a pas toujours eu le caractère que nous lui connaissons, et qu’elle pourrait donc fort bien ne pas être identique dans le futur.

L’émergence de l’homme nouveau

Des convertis comme Hugo Marcus, philosophe juif homosexuel, nous montrent que l’Islam n’est pas seulement présent dans l’Europe de l’après Première Guerre mondiale, mais que pour certains, il joue un rôle vital dans les discussions sur ce que pourrait être le futur du continent. Marcus, qui participait à la vie de la mosquée de Wilmersdorf, était né en 1880 et avait gagné Berlin pour y étudier la philosophie. Il se convertit en 1925, après avoir encadré de jeunes immigrants musulmans issus du sud de l’Asie.

Ayant adopté le prénom musulmans d’Hamid, Marcus écrit alors des articles pour la revue de la mosquée, la Moslemische Revue, dans laquelle il dispute les points de vue des philosophes les plus populaires du temps –Goethe, Nietzsche, Spinoza et Kant– pour affirmer que l’Islam est une composant nécessaire de l’établissement de «l’homme nouveau». Pour Marcus, l’Islam, successeur monothéiste du Judaïsme et du Christianisme, est l’élément qui manque au cœur de cet «homme du futur».

Conversions

La mission ahmadiste gère une autre mosquée en Europe de l’Ouest –la Mosquée Shah Jahan de Woking, en Angleterre. Sa construction a été commandée en 1889 par Gottlieb Wilhelm Leitner, orientaliste polyglotte anglo-hongrois qui ne s’est pas converti, mais a servi d’interprète durant la guerre de Crimée et a voyagé à travers tout le monde musulman. Personne n’étant là pour assurer son fonctionnement à l’issue de la mort de son fondateur excentrique dix ans plus tard, le bâtiment est rapidement abandonné.

Peu avant la Première Guerre mondiale, Khwaja Kamaluddin, avocat d’origine indienne, par ailleurs missionnaire ahmadiste, rachète la propriété, relance ses activités et en fait la mission de Woking. La mosquée, située à 50 km au sud de Londres, attire les convertis des classes moyennes et favorisées de l’Angleterre de Downtown Abbey et d’ailleurs qui partagent un mécontentement commun à l’égard du christianisme et de la société occidentale moderne. Un des convertis les plus légendaires de l’époque est Lord Headley, un pair irlandais.

Né Rowland George Allanson Allanson-Winn, le 5e Baron Headley se convertit à l’Islam en 1913 et adopte le nom musulman de Shaikh Rahmatullah al-Farooq. Lord Headley devient une sorte d’enfant modèle pour les convertis britanniques à l’Islam; durant les années 1920, il effectue un pèlerinage très médiatisé à la Mecque et, au cours de son existence, écrit de nombreux livres et articles sur l’Islam dont, il en est certain, le futur s’annonce radieux en Grande-Bretagne.

L’impératif de la Guerre

Il semble clair que sur le plan individuel, l’Islam séduit des Européens qui cherchent à rompre avec la tradition dans le monde moderne. Pieter Henricus van der Hoog, dermatologue fondateur d’une compagnie qui fournit aujourd’hui encore des crèmes de jours et des masques raffermissants aux femmes hollandaises, se convertit à la même période et part en pèlerinage à la Mecque.

Harry St. John Philby, officier du renseignement britannique et père de Kim Philby, le célèbre agent double soviétique, se convertit lors de son séjour en Arabie saoudite durant les années 1930 et se fait appeler Abdullah. Un autre converti de la période, l’écrivain juif Leopold Weiss, adopte le nom de Muhammad Asad; son fils, Talal Asad, compte parmi les anthropologues les plus influents du monde actuel.

Mais les gouvernements d’Europe de l’Ouest font également montre d’une tolérance voire d’une partialité en faveur de l’Islam qui pourrait surprendre les lecteurs contemporains –même si leurs motivations sont souvent bien plus cyniques que celles de leurs citoyens.

Durant la Première Guerre mondiale, la France et la Grande Bretagne s’appuient sur les sujets de leur colonies –dont un grand nombre sont musulmans– et les emploient sur les champs de bataille européens, et ont donc des égards pour ces troupes et leurs besoins. Des Imams sont attachés aux régiments et les musulmans de l’armée perçoivent des rations halals: au lieu de porc et de vin, elles reçoivent du couscous, du café et du thé à la menthe. (Les soldats Juifs ne bénéficient pas d’un tel traitement.)

Côté allemand, la première mosquée du pays est construite dans un camp de prisonniers de guerre à Wünsdorf, pour s’attirer les bonnes grâces des prisonniers musulmans et leur montrer que les Allemands les traitent mieux que les Britanniques ou les Français. Ils espèrent ainsi provoquer des troubles au sein des colonies musulmanes de leurs deux puissances rivales.

L’inquiétude anticolonialiste

Durant l’entre deux guerres, les mouvements anticolonialistes s’appuient de plus en plus sur l’identité islamique, ce qui n’est pas sans rendre ces mêmes gouvernements européens inquiets. Les services secrets sont alors dépêchés dans les cafés de tout le continent, où les intellectuels musulmans –dont, à Genève, Shakib Arslan, un des panislamistes les plus importants de la période et grand-père de Walid Jumblatt, homme politique libanais contemporain– ont commencé à préparer un message panislamiste de résistance.

Mais les gouvernements européens tentent également de s’attirer les bonnes grâces des Musulmans par le moyen plus subtil de la propagande. En 1926, près de deux décennies après avoir affirmé son attachement à la laïcité, l’État français utilise de nombreux vides juridiques pour financer la grande mosquée de Paris –un acte qui va indigner de nombreux catholiques français, indignés par le traitement préférentiel accordé aux musulmans. La mosquée a pour but affirmé de rendre hommage aux soldats musulmans ayant combattu pour la France durant la guerre.

Lorsque la première pierre est posée en 1922, Paul Fleurot, représentant de la municipalité parisienne déclare non sans fierté que lorsque la France s’est trouvée en danger en 1914, les musulmans d’Afrique n’ont pas hésité à voler à son secours«Les musulmans de nos départements africains ne furent pas les derniers qui répondirent à l’appel de la patrie en danger… Nombreux sont ceux qui ont donné leur vie pour la défense de la civilisation.» Il ajoute que la mosquée est une expression de la gratitude de la France, un monument commémoratif pour les soldats musulmans tombés pour la France.

Une volonté de contrôle?

Les historiens voient aujourd’hui cette mosquée comme un exemple de propagande colonialiste, visant à donner aux riches visiteurs un goût de la puissance impériale française dans le monde musulman. Les travailleurs nord-africains de Paris vivent, en effet, bien loin de la Mosquée et ses horaires de prières ne sont guère adaptés à leurs horaires à l’usine; le tarif élevé du hammam et du restaurant en font des lieux accessibles à une petite élite français et marocaine. Cette mosquée, construite dans le Ve arrondissement de Paris, non loin du jardin des Plantes, est toujours là; les touristes du monde entier viennent y boire une tasse de thé à la menthe et manger des baklavas dans le café ou bien acheter un tapis marocain dans la boutique, et respirer un petit air d’orient au cœur de Paris.

En 1935, l’État français laïc cible à nouveau ses sujets musulmans en bâtissant un hôpital à Bobigny, au nord-est de Paris, exclusivement à destination des Musulmans. Cet hôpital a pour but affiché de représenter la valeur républicaine de l’égalité en proposant des soins particuliers aux Musulmans: les patients y reçoivent ainsi une alimentation halal et le bâtiment lui-même, conçu par des architectes français dans ce qu’ils tenaient pour un «style nord-africain», est pourvu d’une salle de prière et d’un cimetière musulman.

Il permet également aux musulmans de ne pas fréquenter les autres hôpitaux parisiens, à une époque où de nombreux citoyens français s’inquiète de la présence des Nord-Africains, qu’ils tiennent pour porteurs de maladies vénériennes dangereuses –un signe qui montre que malgré une curiosité inattendue à l’égard de l’Islam, les Européens sont aussi bien souvent racistes. Cet hôpital est un bon exemple de stratégie d’un gouvernement colonial de l’époque: proposer des services aux résidents musulmans afin de s’attirer leurs faveurs et de mieux les contrôler.

Lustre perdu

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La mosquée de Wilmersdorf, sur Brienner Straße, dans le sud-ouest de Berlin

Les cicatrices de la bataille de Berlin et l’érosion du temps ont laissé leurs marques sur la mosquée de Wilmersdorf. Au cours des derniers instants de la Seconde Guerre mondiale, elle est le théâtre d’affrontements entre soldats soviétiques et allemands. Ces derniers creusent des tranchées dans ses jardins et tirent sur les Soviétiques depuis ses minarets.  Au cours des combats, tous ses minarets sont détruits sauf un et la mosquée est sérieusement endommagée. Si elle a été reconstruite depuis, elle n’a jamais vraiment retrouvé son lustre d’antan. Aujourd’hui, sa fréquentation, certes constante, demeure réduite et son histoire est pour l’essentiel méconnue.

 

 

Au cours des décennies mouvementées qui ont suivi la guerre, cette courte période –qui vit des Européens embrasser l’Islam– s’est effacée des mémoires. La raison n’en est pas très claire: peut-être parce que le flux récent et bien plus important de travailleurs musulmans des années 1960 et 1970 a fait des Musulmans une minorité de plus en plus visible dans ces pays plutôt qu’une petite fraction de la population, ce qui a accentué les tensions. Peut-être aussi que depuis le 11-Septembre, les événements qui ont marqué la relation entre la société occidentale et le Proche-orient ont souvent masqué cette histoire.

Une autre relation est possible

Néanmoins, regarder en arrière est toujours utile pour prendre la mesure du bon et du moins bon dans l’histoire riche et complexe de l’Islam en Europe occidentale. Si les gouvernements, tout à leur désir de de s’attirer les bonnes grâces des populations musulmanes, les ont également singularisées d’une manière qui a peut-être posé les fondations de ce sentiment «d’altérité» qu’entretient désormais l’Europe à l’égard de l’Islam, la mosquée de Wilmersdorf représente une vision alternative, un moment du passé où l’Islam n’était pas associé à la répression, à l’anti-intellectualisme et à une menace. Imaginer les conférences qui se tenaient à Woking ou à Wilmersdorf et le public qui s’y rendait –selon certains, Thomas Mann aurait assisté à l’une d’elles– nous permet soudain de visualiser une relation Europe-Islam placée sous le sceau du dialogue et de la fluidité.

L’histoire des Musulmans et de l’Islam en Europe occidentale est donc à la fois plus ancienne et plus imbriquée que la plupart des gens le pensent, et en prendre conscience nous permet d’envisager un futur dans lequel les musulmans pourraient être perçus comme faisant partie intégrante de la vie publique européenne plutôt que comme des étrangers menaçants et venus d’un autre âge.

Slate

Une historienne anglaise refuse un prix israélien de 300 000 dollars

Dimanche 22 mai, Catherine Hall, une célèbre historienne britannique et professeure d’Histoire sociale et culturelle moderne britannique à l’University College de Londres, a refusé d’accepter le prix académique israélien Dan David citant des raisons politiques concernant la Palestine.

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L’historienne, Catherine Hall, connue pour ses travaux sur la lutte pour les droits des femmes et contre le racisme a refusé de recevoir le prestigieux Prix Dan David, d’une valeur de 300 000 dollars qui devait lui être décerné le dimanche 22 mai lors d’une cérémonie à Tel Aviv, rapporte le journal Haaretz.

Un refus pour des raisons politiques

«Ce fut un choix politique indépendant, entrepris après de nombreuses discussions avec ceux qui sont profondément impliqués dans la question israélo-palestinienne, mais avec différents points de vue sur la meilleure façon d’agir», a déclaré dans un communiqué Catherine Hall, rapporté par Haaretz.

Le Comité britannique pour les universités de Palestine a décrit le mouvement de Hall comme «une reconnaissance significative de la campagne pour mettre fin à des liens avec les institutions israéliennes».

Un prix d’une valeur de 300 000 dollars 

Décerné chaque année, le Prix Dan David est l’une des distinctions académiques les plus prestigieux d’Israël.

Prix d’un montant de 1 million de dollars à se partager entre les lauréats des trois domaines : passé, présent et futur.

Hall devait recevoir le prix dans le domaine «passé» pour son «impact sur l’histoire sociale, comme une pionnière dans l’histoire du genre, de la race et de l’esclavage».

Suite au refus de l’historienne, les organisateurs du Prix Dan David ont annoncé que le prix de 300 000 dollars serait reversée en tant que bourses d’études pour les jeunes étudiants en histoire à l’Université de Tel Aviv et dans le monde.

Zaman France

Mai 1916: France et Royaume-Unis concluent l’accord secret Sykes-Picot et se partagent le Moyen-Orient

100 ANS DE GUERRE AU MOYEN-ORIENT. En mai 1916, la France et le Royaume-Uni concluent un accord secret et se partagent le Moyen-Orient…

L’accord secret Sykes-Picot et ses fatales conséquences

Comment, il y a cent ans, les puissances coloniales britannique et française ont redessiné ensemble les frontières du Moyen-Orient, préfigurant une part du chaos actuel.

En mai 1916, alors que la bataille de Verdun fait rage, la France et le Royaume-Uni concluent avec l’aval des Russes et des Italiens un accord secret par lequel les deux puissances coloniales se partagent le Moyen-Orient ou Proche-Orient, selon le terme plutôt utilisé en France.

Les territoires qui constituent de nos jours la Syrie, l’Irak, la Jordanie, le Liban et Israël sont alors toujours sous domination ottomane. Mais en prévision d’une victoire qu’ils jugent probables, les deux pays alliés décident de redécouper la région à leurs bénéfices respectifs.

Les négociations sont confiées au député anglais conservateur Mark Sykes et au diplomate français François Georges-Picot, membre du Parti colonial. Ils conviennent d’une ligne de démarcation unissant Acre, sur la rive aujourd’hui israélienne de la Méditerranée, à Kirkouk, en Irak. Au sud de celle-ci, l’administration de la zone revient aux Britanniques et au nord, aux Français.

Les clauses de cet accord secret ne seront rendues publiques que fin 1917, au grand dam des dignitaires et responsables arabes qui avaient cru aux promesses britanniques de leur accorder un grand royaume arabe indépendant.

L’accord Sykes-Picot a ainsi jeté les bases d’un siècle de violences et d’exodes dans la poudrière du Proche-Orient, de la Grande Guerre au chaos actuel.

Arte

L’anneau de Jeanne d’Arc acheté par Philippe de Villiers est un faux selon les historiens

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Tous les historiens sérieux, dont Philippe Contamine, émettent de sérieuses réserves sur la crédibilité des documents d’authenticité fournis avec l’anneau.

« En ce qui concerne l’Anneau, nous ne communiquons plus dessus, désormais nous avons tout dit, et nous ne réalisons plus de reportages à ce sujet. » C’est la réponse sèche faite au Point.fr par le service de presse du Puy du Fou. Pourquoi une telle fin de non-recevoir ?

Le 26 mars 2016, Monsieur le vicomte de Villiers ne boudait pourtant pas son plaisir en présentant son « Anneau de Jeanne d’Arc » arraché de haute lutte à ces maudits Anglais, lors d’une vente aux enchères à Londres pour 378 000 euros. Il l’avait même présenté à une foule extatique de 5 000 personnes réunies devant le château du Puy du Fou. C’est que, depuis, cette victoire sent le brûlé… L’authenticité dudit anneau est de plus en plus contestée.

Aucun historien spécialiste de Jeanne d’Arc ne se montre convaincu par les explications et les documents présentés par la société de vente aux enchères Timeline Auctions et le vendeur. Ni Olivier Bouzy, responsable du Centre d’archives Jeanne d’Arc à Orléans, ni l’historienne Colette Beaune, ni l’historien Philippe Contamine qui a consacré plusieurs ouvrage à la Pucelle. « Si on me l’avait demandé, je n’aurais pas conseillé l’achat. La traçabilité depuis 1425 jusqu’à nos jours me paraît non démontrée. Trop d’inconnu, trop de suppositions », affirme ce dernier. Mais qu’importe à notre preux chevalier le vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, patron du plus beau parc d’attractions du monde. Ce n’est pas une brochette d’historiens qui lui gâcheront ses certitudes. Lui, croit aux miracles.

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Les USA auraient contribué a l’arrestation de Nelson Mandela, affirme un agent de la CIA

Nelson Mandela visiting his former prison cell at Robben Island

Nelson Mandela a-t-il été trahi par les Américains lors de son arrestation en 1962 ? C’est ce qui ressort d’une interview avec un ancien agent de la CIA révélée aujourd’hui par le Sunday Times. Convaincus que Mandela était à la solde de Moscou, les Etats-Unis auraient fait en sorte que le chef de la branche armée de l’ANC soit arrêté.

Personne n’a jamais su qui avait « vendu » Nelson Mandela à la police en août 1962. La rumeur d’une implication de la CIA court depuis longtemps. Un ancien agent américain, Donald Rickard, lui donne de l’épaisseur dans une interview accordée au réalisateur britannique John Irvin.

Cette interview a été enregistrée en mars, deux semaines seulement avant la mort de Donald Rickard. A l’époque, l’homme était vice-consul des Etats-Unis à Durban, il affirme qu’il avait obtenu des informations sur les allées et venues de Mandela.  Il savait notamment que le militant anti-apartheid faisait souvent le trajet en voiture entre Johannesburg et Durban. Il en a informé la police sud-africaine qui n’a eu qu’à cueillir Mandela.

On connaît la suite. Mandela passera plus de 27 ans en prison. Si Rickard dit vrai, la CIA a donc soutenu le régime de l’apartheid. L’ANC, le parti de Mandela, ne voit rien de neuf dans ce témoignage. « Nous avons toujours su, dit un porte-parole, que des pays occidentaux agissaient contre nous. »

France Info

5 mai 1889. La France expose fièrement ses «nègres», Kanaks et Annamites à l’Expo universelle

Les Français se précipitent pour visiter le village indigène reconstitué sous la tour Eiffel.

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Le 5 mai 1889, quelque quatre cents Africains et Asiatiques prennent possession du Champ-de-Mars. Ce n’est pas une manif de sans-papiers avant la lettre, ni une réunion de rappeurs, mais les habitants du village indigène de l’Exposition universelle dont l’ouverture officielle est pour le lendemain. Attraction phare de l’Exposition, ces Africains, Kanaks et Annamites ont l’immense honneur (!) d’être les habitants du premier « village indigène » organisé dans le cadre d’une « exhibition ethnologique ». Plusieurs expositions précédentes en Europe et en Amérique ont déjà montré de petits groupes.

Le Point

L’incroyable destin du nazi Otto Skorzeny, libérateur de Mussolini devenu agent du Mossad

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« Qui d’entre vous connaît l’Italie ? », demande Hitler après avoir longuement toisé les six hommes qui se tiennent devant lui. « Je suis allé deux fois jusqu’à Naples en motocyclette mein Führer« , répond timidement le moins gradé du groupe. Cet ingénieur autrichien engagé dans les SS vient d’attirer l’attention d’Hitler. « J’ai à m’entretenir avec vous, capitaine Skorzeny. Les autres officiers peuvent disposer« .

C’est de cette manière qu’Otto Skorzeny est casté pour le rôle de sa vie : libérer Mussolini. Une mission des plus périlleuses puisqu’il doit non seulement découvrir l’endroit où est retenu le Duce mais aussi parvenir à le sortir de là sain et sauf.

Après la guerre, il se constitue prisonnier auprès des Américains avant de s’échapper du camp de concentration qui lui servait de prison. Il devient alors une sorte de mythe pour les médias qui s’emparent de son histoire en la romançant parfois. On dit de lui qu’il a repêché un trésor nazi, qu’il a été mis au courant de correspondances secrètes entre le Duce et Churchill, qu’il a voulu enlever Fidel Castro et libérer Rudolf Hess, l’adjoint d’Hitler.

La Libre

En 1918, l’armée américaine demandait aux Français d’être racistes avec les soldats noirs

La différence entre l’accueil des Français et la ségrégation imposée par les lois Jim Crow aux États-Unis inquiétait les officiers blancs américains.

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Dans une circulaire publiée en 1919 par William Edward Burghardt Du Bois –un historien et sociologue militant pour les droits civiques– dans le magazine de la NAACP, un agent de liaison français conseille les officiers sur la façon de gérer les troupes noires américaines.

Le memo, signé par le lieutenant-colonel Jean-Louis Albert Linard, fait part des inquiétudes de l’Amérique blanche sur le traitement «familier et indulgent» que reçoivent les officiers et soldats en France. Selon l’archiviste Benjamin Doizelet, l’officier français n’est pas vraiment l’auteur de ce document, dicté par les autorités américaines.

À l’époque, des unités de soldats noirs américains étaient affectées en France aux côtés des troupes françaises. Les Français étaient généralement accueillants, en les intégrant socialement. La différence entre ses conditions et la ségrégation imposée par les lois Jim Crow aux États-Unis inquiétait les officiers et soldats blancs américains, qui ont tenté par de nombreuses façons de recréer des séparations raciales: en placardant des affiches «Réservé aux blancs» dans les bases militaires, en imposant des couvre-feu et en édictant d’autres réglementations pour que les soldats noirs restent dans le rang.

Accusations de viol et de lâcheté

Pendant la Première Guerre mondiale, des rumeurs racistes selon lesquelles les soldats noirs n’étaient pas assez performants et qu’ils représentaient un danger pour les femmes françaises circulaient en abondance. L’enquête menée par William Edward Burghardt Du Bois était justement en partie sensée réfuter ces allégations.

Dans L’Encyclopédie de l’histoire afro-américaine, l’historien Cary De Cordova Wintz écrit que Du Bois «a conclu que les noirs étaient souvent dirigés par des officiers et sous-officiers blancs racistes qui assuraient un mauvais leadership et envoyaient des troupes mal équipées sur le champ de bataille, puis se défendaient en reportant la faute sur les troupes noires».

L’historien ajoute que Robert Russa Moton, à l’époque directeur adjoint de l’institut Tuskegee ­—un établissement d’enseignement afro-américain en Alabama—, s’est rendu en France en 1918 pour enquêter sur les comportements des troupes noires, et «a constaté que les accusations de viols et de lâcheté [portées à l’encontre des soldats noirs] faisaient l’objet d’une sérieuse exagération».

Slate

L’accord Haavara, signé en 1933 entre les autorités sionistes et nazies

“Si j’avais su qu’il était possible de sauver tous les enfants d’Allemagne en les transportant en Angleterre, mais seulement la moitié en les transportant en Palestine, j’aurais choisi la seconde solution – parce que nous ne devons pas seulement faire le compte de ces enfants, mais nous devons faire le compte de l’histoire du peuple juif. Ben Gourion, décembre 1938 (un mois après les Nuits de cristal) (1)

Une représentation de l’État d’Israël semble généralement aller de soi pour le sens commun, les autorités politiques et judiciaires internationales et nationales et même très souvent le discours académique. Israël incarnerait la vocation à « sauver les Juifs » : foyer d’accueil pour les rescapés du Génocide et havre de sécurité pour les Juifs persécutés du monde entier.

Pourtant le sionisme réel est loin d’être conforme à cette représentation, en fait l’idéologie sioniste, mythe fondateur de l’État d’Israël. (2) Un accord signé entre les autorités sionistes et nazies me paraît particulièrement révélateur.

Le 7 août 1933 – quelques mois à peine après l’arrivée de nazis au pouvoir le 30 janvier 1933 – l’Accord Haavara (passage, transfert en hébreu, l’expression hébraïque est également utilisée dans les documents nazis) a été conclu entre les plus hautes autorités de l’État nazi et les plus hautes autorités du mouvement sioniste, notamment celles de la communauté juive implantée en Palestine (le Yichouv, de Hayichouv Hayehoudi beEretz Israël, l’implantation juive en Terre d’Israël).

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« Hitler a soutenu le sionisme » : L’ex-maire travailliste de Londres suspendu pour ses propos

Afin de défendre une députée du Labour – elle-même suspendue pour ses déclarations sur Israël -, Ken Livingstone a affirmé que Hitler « soutenait le sionisme ».

L’ancien maire de Londres Ken Livingstone a été suspendu jeudi du Parti travailliste pour avoir dit que Hitler « soutenait le sionisme », en défendant une députée du Labour suspendue la veille pour des déclarations sur Israël. « Ken Livingstone a été suspendu par le Parti travailliste dans l’attente d’une enquête pour avoir nui au parti », a déclaré un porte-parole du Labour.

« Ses remarques étaient exagérées, mais elle n’est pas antisémite », a déclaré Ken Livingstone jeudi sur la radio BBC Radio London, au sujet de Naz Shah, députée de Bradford West (Nord), suspendue par son parti mercredi pour avoir posté en 2014 des commentaires jugés antisémites.

Le Point


Ken Livingstone, ancien maire de Londres : « Hitler a soutenu le sionisme »

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L’ancien maire de Londres Ken Livingstone a affirmé mercredi qu’Adolph Hitler, le chef du parti nazi, a soutenu le sionisme pour « débarrasser » l’Europe de ses Juifs.

« Quand Hitler est arrivé au pouvoir en 1932, il envisageait de déporter les Juifs en Palestine », a déclaré l’ancien maire travailliste de Londres dans un entretien accordé à la BBC. « Il a soutenu le projet sioniste avant de devenir fou et de massacrer les Juifs », a-t-il ajouté.

« Les pro-Israéliens mènent actuellement une campagne hostile contre les travaillistes qui s’opposent à la politique israélienne contre les Palestiniens », a accusé M. Livingstone, alors que plusieurs élus travaillistes ont été contraints ces derniers jours après des propos antisémites.

Fin mars, l’ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman, avait qualifié le sionisme de « projet commun » des sionistes et des nazis pour « débarrasser l’Europe de ses Juifs ».

Le Monde Juif

Le FBI a voulu empêcher des gangsters juifs de tuer Hitler en 1933

Les forces de l’ordre américaines ont craint que l’assassinat du leader allemand par un citoyen américain ne crée un incident international.

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Alors qu’il faisait des recherches pour un livre sur les gangsters juifs, l’historien américain Robert Rockaway a rencontré un ancien mafieux surnommé Dutch, qui lui a raconté l’histoire d’un homme qui voulait embaucher un gangster juif pour assassiner Hitler au début des années 1930.

Sceptique, l’historien a tout de même fait des recherches dans les archives du FBI, où il a trouvé un dossier relatant ce projet de meurtre. À l’intérieur, on trouve notamment une lettre de menace, signée Daniel Stern, envoyée à l’ambassadeur d’Allemagne à Washington, ainsi qu’un mémo du FBI sur les efforts de plusieurs agents pour localiser l’auteur de la lettre, relate Rockaway dans le magazine Tablet:

«Le dossier, numéro 65-53615, détaille un projet impliquant un homme. Ce projet était au stade d’organisation mais a probablement été déjoué par le ministère de la Justice américain. Dans l’effort d’empêcher un incident international –un citoyen américain assassinant un leader allemand–, les forces de l’ordre américaines ont peut être aidé à sauver Hitler.»

Menace de mort

L’historien a publié des copies des documents originaux sur le site de Tablet et il a également retrouvé deux autres lettres, envoyées au FBI et au ministère de la Justice, indiquant que ce projet d’assassinat était discuté avec enthousiasme dans le milieu mafieux juif américain.

Le procureur général des États-Unis avait demandé à J. Edgar Hoover, alors directeur d’une division du ministère de la Justice qui deviendra le FBI, de mener l’enquête pour repérer l’auteur de ces menaces. Les agents ont tenté de trouver des informations chez leurs contacts au sein de la pègre juive américaine, notamment chez les associés de Meyer Lansky et Bugsy Siegel.

Les recherches ont été intensives du printemps à l’automne 1933 dans plusieurs villes américaines, dont New York, Chicago, Phoenix et Philadelphie, mais l’auteur des menaces n’a jamais été retrouvé.

Slate

Des nationalistes célèbrent l’anniversaire du Maréchal Pétain en présence d’un prêtre

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Comme depuis des dizaines d’années, l’Association de défense de la mémoire du Maréchal Pétain est venue à Cauchy-à-la-Tour, vendredi 22 avril, pour célébrer l’anniversaire du militaire et homme d’État français

Ils sont une cinquantaine. Ils défendent bec et ongles la mémoire de Pétain. Héros de la bataille de Verdun, dont on célèbre le 100e anniversaire cette année, le Maréchal est considéré comme le traître de la Seconde Guerre mondiale par certains, comme un sauveur par d’autres.

Ils sont Parisiens pour moitié, débarqués au 6, rue de Camblain à Cauchy, avec le bus affrété par l’Association de défense de la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP). Les autres sont venus du Nord – Pas-de-Calais, de la Somme ou de Belgique, pour fêter l’anniversaire de celui qui est né un 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour.

10h40, la cinquantaine de convives se réunit dans une ancienne étable du corps de ferme, transformée en chapelle. Sous les ordres du Père Chalufour, prêtre parisien, ils vont d’abord répéter quelques chants, avant d’assister à une messe traditionnelle, en latin.

Interdiction est faite aux journalistes de photographier l’autel. On s’abstient aussi durant la communion. C’est sacré. Le père Chalufour ne tarit pas d’éloge au sujet de Philippe Pétain: « Rendons grâce à Dieu de nous avoir donné le Maréchal, qui a évité à la France le sort de la Hollande et de la Pologne, d’avoir évité des morts inutiles. Dans la zone libre, les Français étaient heureux. Il a mené une politique familiale digne de ce nom. Au ciel, il n’a pas besoin d’être réhabilité car il n’a jamais été condamné. La France plus que jamais aurait besoin d’un autre Maréchal.» Plus vraiment de nostalgiques ?

L’Avenir de l’Arthois