En Suisse, un employeur condamné pour avoir renvoyé une salariée voilée

L’employeur avait invoqué des motifs d’hygiène. Selon le tribunal, il a violé le droit constitutionnel à la liberté de conscience et de croyance de son employée.

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Un tribunal suisse a condamné une entreprise qui avait renvoyé une employée musulmane après qu’elle eut commencé de porter le voile, selon l’hebdomadaire helvète Le Matin Dimanche. Une cour régionale de Berne a jugé le mois dernier que cette femme serbe de 29 ans avait été victime d’un licenciement abusif de la part de l’entreprise de blanchisserie chez qui elle travaillait.

Plus de 7.000 euros d’indemnitéL’employeur, qui invoquait des motifs d’hygiène, a été condamné à verser trois mois de salaire et une indemnité de 8.000 francs suisses (7.400 euros environ) à la plaignante, identifiée par son seul prénom, Abida. Selon les magistrats, l’employeur a violé le droit constitutionnel à la liberté de conscience et de croyance de son employée.

Jurisprudence. Ce cas est l’un des premiers du genre à être porté devant la justice en Suisse, selon l’hebdomadaire suisse, qui ne signale qu’une seule autre affaire connue remontant à 1990, quand un industriel de l’est du pays avait été condamné pour le renvoi d’une femme à cause de son voile.

Les associations musulmanes divisées. Le jugement a été salué par certaines association musulmanes. « Peu importe que les femmes portent un voile ou que des hommes portent une kippa juive, au travail, les compétences sont le critère et pas le vêtement que l’on porte », a déclaré Onder Günes, de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS). A l’inverse, Saida Keller-Messahli, présidente du Forum pour un islam progressiste, a souligné que « le voile est un accessoire des islamistes ».

Île Maurice : Employés dans un hôtel, 4 migrants français arrêtés pour travail clandestin

Ils sont âgés de 20 à 27 ans. Quatre ressortissants français ont été arrêtés, le lundi 29 août, dans un hôtel du Sud. Ils avaient pris de l’emploi sans permis de travail. Leur visa touristique a expiré en juillet.

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Les deux jeunes hommes et deux femmes ont débarqué à Maurice en tant que touristes en avril. Ils avaient obtenu un visa touristique pour trois mois auprès du Passport & Immigration Office (PIO). À son expiration, les quatre Français ont formulé une demande d’extension pour un mois. Alors qu’ils devaient quitter le sol mauricien en juillet, Nicolas Bouffart, 20 ans, Kerwan Bonnal, 21 ans, Michelle Lambert, 27 ans et Pauline Octave, 21 ans, ont pris de l’emploi comme animateurs sportifs et guides touristiques dans un hôtel du Sud.

Lundi, la Tracking Team du PIO, menée par le sergent Jayeprakash, le caporal Jhuboo et les constables Sewsurn et Roheemun, les ont arrêtés alors qu’ils travaillaient dans l’enceinte de l’hôtel. Ils ont avoué avoir pris de l’emploi contre rémunération. Les quatre Français ont été arrêtés et conduits dans les locaux du PIO pour leur interrogatoire.

La direction de l’hôtel a dit aux policiers que les Français étaient employés au sein de l’établissement, mais qu’elle croyait que leur permis était en règle pour rester à Maurice. « Nous les avons employés comme d’autres ressortissants étrangers. S’agissant des arrestations, nous ne sommes pas au courant », précise un responsable.

Après une nuit en cellule, les quatre Français comparaîtront devant la justice, ce mardi 30 août, pour violation de l’article 3 (1) de la Non-citizen (Employment Restriction) Act. Ils seront expulsés à l’issu de leur comparution en Cour. L’enquête est supervisée par le SP Boodhram du PIO.

Le DefiMédia

« Sale bougnoule, retourne chez toi » : une friterie taguée et incendiée à Athies

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Une friterie ambulante a été incendiée, dimanche soir, à Athies. Un acte criminel. Selon un membre de la famille qui tenait ce commerce, des tags racistes étaient inscrits sur le camion depuis plusieurs semaines.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un camion-friterie, qui est habituellement à Saint-Nicolas près du Leclerc, a été incendié, dans la commune d’Athies. L’acte criminel ne fait guère de doute selon la gendarmerie qui a ouvert une enquête.

Le père de l’homme qui tient cette friterie nous a joints ce mardi pour apporter des précisions. « Je ne comprends pas pourquoi la gendarmerie ne confirme pas les tags racistes. Il y a quinze jours, il y en avait déjà et nous sommes allés porter plainte. On pouvait lire des écrits comme sale bougnoule, retourne chez toi devant la maison de mon fils à Athies. » Le camion aurait également été vandalisé.

La famille est actuellement en vacances et reviendra à la fin du moins dans l’Arrageois. « Mon fils est dévasté. Je m’étonne également que la mairie n’ait pas réussi à le joindre. Je l’ai prévenu dès lundi. Comment voulez-vous qu’il aille après un tel acte odieux ! Mon fils tenait cette friterie depuis un an. Douze mois de travail sont partis en fumée. »

La Voix du Nord

Les candidats d’origine maghrébine discriminés dans l’accès aux fonctions publiques

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Les candidats d’origine maghrébine et ceux vivant dans les quartiers défavorisés sont pénalisés dans l’accès aux fonctions publiques hospitalière et territoriale, selon un rapport remis mardi au Premier ministre, le premier à s’intéresser à la discrimination dans l’emploi public. Ce rapport, commandé par Manuel Valls à Yannick L’Horty, enseignant-chercheur à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, est le premier du genre à se pencher sur les risques de discrimination dans le recrutement de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale).

Yannick L’Horty s’est appuyé sur l’exploitation systématique de bases de données de concours externes de la fonction publique d’État, et des campagnes de tests de discrimination dans l’accès à l’emploi public et à l’information sur les offres d’emploi. À ces données s’ajoutent des entretiens auprès de recruteurs.

Des modes de recrutement « décentralisés et peu organisés »

Concernant l’accès à l’emploi, les tests ont porté sur l’envoi de 3 258 candidatures virtuelles en réponse à 1 086 offres d’emploi réelles concernant cinq professions dans les trois versants de la fonction publique : policier national, infirmier en soins généraux, responsable administratif, technicien de maintenance et aide-soignante.

Ils montrent que les candidats d’origine maghrébine sont pénalisés dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale, où les modes de recrutement sont « très décentralisés et très peu organisés », proches de ceux du privé, et qu‘il en va de même pour les candidats résidant dans des quartiers défavorisés.

Le Point

Le travail des enfants en Europe : « On sait que ça existe mais on ne veut pas le voir »

C’est au détour d’un café dans les rues de Naples, que Cécile Allegra est confrontée au travail des enfants. Un jeune adolescent, les bras chargé d’un plateau aussi lourd que lui, sillonne entre les tables pour distribuer des boissons. Pour cette grande reporter qui sort d’une longue immersion dans la police napolitaine, c’est la fin d’une enquête et le début d’une autre. Entretien. 

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Palerme

Son travail l’a menée en Bulgarie, en Italie, en Angleterre, et même plus près, en France. Elle a rapporté des témoignages et en a fait un documentaire pour Arte. Dans son livre, Le salaire des enfants, elle relate le parcours de Giovanni, de Giultena ou de la Française Léna, qui travaillent trop tôtUn scandale ignoré.

 

Estelle Bertrand : Comment avez-vous fait témoigner ces enfants et leurs familles ? Vous dites dans votre livre que parler c’est risquer de perdre son emploi voire plus.

Cécile Allegra : Il faut souvent un médiateur et surtout une technique d’approche assez douce. A Naples, avec le petit Giovanni, les parents, ce qui était compliqué c’était de circuler dans le quartier de manière discrète. J’ai commencé par aller le voir de temps en temps un peu comme une marraine. Au fil des jours ma présence passait inaperçue. Pour les autres mineurs italiens dont je parle, ils étaient sous la tutelle de Giovanni, un éducateur. C’est donc grâce à lui et à son travail dans le quartier, que nous avons pu entrer dans ce périmètre.

En ce qui concerne la France j’ai tout simplement demandé si ces jeunes avaient envie d’en parler. Il me fallait évidemment l’autorisation des parents. Étant très engagés aux côtés de leurs enfants, et très remontés par rapport à ce qu’ils ont vécu, il a été facile de les convaincre. Quant à la Grande Bretagne c’est grâce à une assistante sociale que j’ai pu approcher cette réalité.

Selon vous en France, l’apprentissage serait devenu une sorte de « permis d’exploitation » ? 

Je ne veux pas dire que tous les commerçants et artisans exploitent les apprentis, mais on ne peut pas demander à un adolescent de faire le travail d’un adulte. L’Europe a été pionnière dans la lutte contre le travail des enfants et là on assiste à véritable marche arrière.

Marie Claire

Harcèlement sexuel : 95% des femmes qui le dénoncent perdent leur emploi

Les femmes parlent, c’est une réalité, mais pourquoi rien ne bouge ? Comment mettre un terme au harcèlement sexuel en entreprise ? Réponses avec Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail ( AVFT).

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Nous avons réalisé un sondage auprès de nos lectrices et 18% déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail. Que vous évoquent ces chiffres ?

Marilyn Baldeck. Cela reste dans la moyenne des enquêtes françaises. La dernière initiée par le Défenseur des droits publiée en 2014 fait état de 20% de femmes qui estiment avoir été confrontées au moins une fois dans leur vie professionnelle à du harcèlement sexuel. Beaucoup de personnes s’imaginent par exemple qu’il faut déjà des attouchements sexuels pour parler de harcèlement sexuel, alors que non ! Qu’est-ce que le harcèlement sexuel ? Ce sont des propos et des comportements connotés sexuellement qui ont été imposés au moins deux fois et qui ont des conséquences en terme d’atteinte à la dignité de la victime, ou qui créent pour elle un environnement et notamment un environnement de travail qui est humiliant, offensant, dégradant et hostile.

Vous dites que 95% des femmes perdent leur travail quand elles dénoncent des faits de harcèlement, c’est énorme.

Ce chiffre est issu du traitement des dossiers à l’AVFT. Aucune autre statistique n’existe, jamais aucun organisme d’enquête ne s’est penché sur le sujet ! On remarque que le frein principal des femmes pour parler est la crainte – réelle d’ailleurs – de perdre leur travail, et cela s’est accru depuis au moins cinq ans, depuis que c’est singulièrement plus difficile pour les salariés de retrouver un travail.

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