« Sale Arabe », « 732, FN, mort à vous »… Dominique, jugé pour des tracts racistes dans son entreprise

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Un chauffeur de Vitalis soupçonné d’avoir mis un tract raciste dans deux casiers de collègues après les attentats de Paris sera fixé sur son sort à la rentrée. Le tribunal correctionnel de Poitiers s’est laissé le temps de la réflexion, jusqu’au 1er  septembre, pour décider si Dominique, un chauffeur de bus de Vitalis de 51 ans, s’est rendu coupable de menaces racistes en déposant un tract dans le casier de deux collègues, le 16 novembre dernier, trois jours après les attentats de Paris.

Ce lundi-là, Lhou et Zahra, un frère et une sœur qui travaillent chez Vitalis, découvrent un papier dans leur casier personnel. Ce lundi-là, ce n’est pas un changement d’horaires que Lhou et Zahra découvrent. Le premier est gratifié d’un « Rentre dans ton pays sale Arabe, vive la France ! ». Quand sa sœur écope d’un billet écrit lui aussi en lettres bâton avec indiqué : « 732, FN, mort à vous. »

Deux plaintes sont déposées. Rapidement, les investigations se concentrent sur Dominique, chauffeur de longue date chez Vitalis. Il est placé en garde à vue le 23 novembre alors que les bandes vidéo filmant les casiers le montrent en train de déposer un papier dans celui de Lhou. « Quand j’ai vu ce qu’il y avait dans mon casier, j’ai regardé celui de ma sœur et j’ai trouvé ce qui était écrit », expliquait Lhou lors de l’audience correctionnelle mardi dernier.

Le tribunal regarde les différentes bandes où le chauffeur apparaît. Le feu roulant des questions de la présidente débute. Elle reprend les déclarations, fluctuantes, du chauffeur, les confronte aux images et à un petit carnet retrouvé lors de la perquisition de son domicile.

Le chauffeur y consigne ses rendez-vous personnels mais aussi ses réflexions, à la manière d’un journal. « Là vous écrivez : «  Embrouille avec les bamboulas d’à côté « . Un peu plus loin on lit : «  Putain de nègres  » et puis encore : «  Altercation avec un singe !  » C’est quoi tout ça Monsieur ? »

Dominique conteste les opinions racistes qui lui sont prêtées.« Je ne me rappelle pas ce papier. » « J’ai déposé un papier dans un autre casier pour échanger un service. » « J’ai trouvé le papier sur une table et je l’ai déposé dans son casier. » : trois déclarations, trois versions. Laquelle est la bonne ?

Les aveux au second jour de garde à vue, c’était, dit-il, sous la pression d’un « commissaire à l’air sévère. Il m’a dit «  ça suffit maintenant, si tu reconnais tu n’auras pas la presse ni les associations antiracistes sur le dos !  » ». L’avocat du conducteur, le bâtonnier d’Angoulême William Devaine, soutient la relaxe face au procureur qui réclame six mois de prison avec sursis et 500 € d’amende.

Aujourd’hui, Lhou n’a toujours pas repris son service. Sa sœur a repris le dessus. Pas lui. « Dix jours après, il a reçu de nouvelles menaces dans son jardin », relève Me Marie-Laure Caliot, qui enfonce le clou en lisant d’autres pages du journal du chauffeur. « Aujourd’hui, on aurait aimé qu’il reconnaisse les faits, qu’il fasse preuve d’un peu de responsabilité. »

La Nouvelle République

La justice belge autorise les employées a garder leurs foulards sur le lieu de travail

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Actiris (l’Office régional bruxellois de l’emploi) ne fera pas appel contre la décision du président du Tribunal de travail de Bruxelles concernant l’article 10 de son règlement de travail. Ledit article stipule que durant leurs prestations, les membres du personnel d’Actiris ne peuvent afficher « leurs préférences religieuses, politiques ou philosophiques ni dans leur tenue vestimentaire, ni dans leur comportement ».

En novembre dernier, le Tribunal de travail avait ordonné la cessation de cette partie du règlement du travail dans le dossier judiciaire opposant l’organisme à trois de ses employées .

En résumé : les travailleuses pourront garder leur voile en travaillant chez Actiris. En outre, un groupe de travail se consacrera exclusivement au règlement de travail «  afin de réfléchir aux conséquences de la décision du Tribunal du travail et donc aux pistes de développements possibles du règlement  ».

Le Soir