Payées 1,50€ par chambre : L’exploitation des femmes de chambre pendant l’Euro

Les femmes de chambre de l’hôtel B & B de la Joliette débrayent pour protester contre « la répression » envers deux d’entre elles. Il y a une semaine, elles ont mené une grève de dix jours pour dénoncer le paiement à la tâche : 1,50 euro par chambre nettoyée.

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C’est un mouvement social minuscule, à la croisée de deux actualités nationales écrasantes, l’Euro de football et la mobilisation contre la loi travail. À l’heure où les syndicats défilent pour la onzième fois à Marseille, une poignée de femmes de chambre de l’hôtel B & B de la Joliette ont décidé de débrayer.

Marsactu

Euro 2016 : le maillot de l’équipe de France a couté 5,85€, les ouvriers payés 0,65 €

Lorsque les fans de l’équipe de France, d’Angleterre ou d’Italie endosseront leurs maillots flambant neufs pour suivre les exploits de leur équipe fétiche pendant l’euro de foot qui s’ouvre ce vendredi 10 juin, ils n’y penseront sans doute pas.

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Pourtant, ils devraient garder ce chiffre en tête : le maillot qu’ils ont généralement acheté autour de 85 euros n’a coûté que 5,85 euros à produire. Et les ouvriers qui l’ont fabriqué n’ont été payé en moyenne que 65 centimes d’euros pour le faire.

Quant aux Air Jordan qu’ils auront peut-être aux pieds, Nike n’aura alloué que 2,4 euros en moyenne aux petites mains qui les ont cousues, alors que ces baskets de luxe sont commercialisées autour de 140 euros.

Le travail des enfants en Europe : « On sait que ça existe mais on ne veut pas le voir »

C’est au détour d’un café dans les rues de Naples, que Cécile Allegra est confrontée au travail des enfants. Un jeune adolescent, les bras chargé d’un plateau aussi lourd que lui, sillonne entre les tables pour distribuer des boissons. Pour cette grande reporter qui sort d’une longue immersion dans la police napolitaine, c’est la fin d’une enquête et le début d’une autre. Entretien. 

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Palerme

Son travail l’a menée en Bulgarie, en Italie, en Angleterre, et même plus près, en France. Elle a rapporté des témoignages et en a fait un documentaire pour Arte. Dans son livre, Le salaire des enfants, elle relate le parcours de Giovanni, de Giultena ou de la Française Léna, qui travaillent trop tôtUn scandale ignoré.

 

Estelle Bertrand : Comment avez-vous fait témoigner ces enfants et leurs familles ? Vous dites dans votre livre que parler c’est risquer de perdre son emploi voire plus.

Cécile Allegra : Il faut souvent un médiateur et surtout une technique d’approche assez douce. A Naples, avec le petit Giovanni, les parents, ce qui était compliqué c’était de circuler dans le quartier de manière discrète. J’ai commencé par aller le voir de temps en temps un peu comme une marraine. Au fil des jours ma présence passait inaperçue. Pour les autres mineurs italiens dont je parle, ils étaient sous la tutelle de Giovanni, un éducateur. C’est donc grâce à lui et à son travail dans le quartier, que nous avons pu entrer dans ce périmètre.

En ce qui concerne la France j’ai tout simplement demandé si ces jeunes avaient envie d’en parler. Il me fallait évidemment l’autorisation des parents. Étant très engagés aux côtés de leurs enfants, et très remontés par rapport à ce qu’ils ont vécu, il a été facile de les convaincre. Quant à la Grande Bretagne c’est grâce à une assistante sociale que j’ai pu approcher cette réalité.

Selon vous en France, l’apprentissage serait devenu une sorte de « permis d’exploitation » ? 

Je ne veux pas dire que tous les commerçants et artisans exploitent les apprentis, mais on ne peut pas demander à un adolescent de faire le travail d’un adulte. L’Europe a été pionnière dans la lutte contre le travail des enfants et là on assiste à véritable marche arrière.

Marie Claire

En Turquie, H&M et Next exploitent des enfants réfugiés syriens

Des cas d’embauche d’enfants syriens pour des sociétés européennes ont été mis au jour en Turquie.

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Des migrants mineurs syriens ont été identifiés lors d’inspections dans les usines des compagnies de vêtements H&M et Next, en Turquie, écrit le journal Independent. Les deux sociétés sont pour l’instant les seules à reconnaître avoir embauché des réfugiés mineurs syriens, mais il n’est pas exclu que d’autres cas d’embauche de mineurs syriens soient découverts. En effet, certaines sociétés se sont abstenues de répondre à la question de savoir s’ils employaient des migrants syriens dans leurs usines.

Après la Chine, le Cambodge et le Bangladesh, la Turquie est l’un des plus grands producteurs de vêtements de marques telles que Topshop, Burberry, Marks & Spencer et Asos vendus sur les grandes artères britanniques. C’est également la Turquie qui reçoit le plus de migrants, ayant accueilli plus de 2,5 millions de réfugiés syriens depuis le début du conflit en 2011.

Par ailleurs, des centaines de milliers de réfugiés adultes travaillent actuellement en Turquie pour des salaires nettement inférieurs au salaire minimum. Plusieurs enfants sont embauchés pour des rémunérations ridicules dans des fermes et des usines en violations des lois turques et internationales interdisant le travail des enfants de moins de 12 ans.

News 360