ONU : Sans l’occupation israélienne, l’économie palestinienne serait 2 fois plus développée

L’économie du territoire palestinien pourrait produire deux fois le PIB actuel sans occupation par Israël, tandis que le chômage et la pauvreté pourraient reculer de manière significative, selon un rapport annuel des Nations Unies.

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Le rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) révèle que l’occupation israélienne prive le peuple palestinien de son droit au développement et nuit à l’économie de la Palestine.

Désindustrialisation, confiscation des terres, de l’eau et d’autres ressources naturelles, perte d’espace politique, restrictions à la circulation des personnes et des biens, destruction des actifs et des bases de production, expansion des colonies israéliennes, fragmentation des marchés intérieurs, séparation des marchés internationaux et dépendance forcée sur l’économie israélienne : autant de dégâts causés par la colonisation sont relatés dans le rapport de la CNUCED.

Le rapport indique par exemple que, de 1975 à 2014, la part du secteur des biens échangeables (agriculture et industrie) dans le PIB de la Palestine a diminué de moitié, passant de 37% à 18%, tandis que sa contribution à l’emploi est passé de 47% à 23%.

En outre, la Zone C, qui représente plus de 60% des terres de Cisjordanie et plus de 66% de ses terres de pâturage entièrement contrôlée par Israël, est inaccessible aux producteurs palestiniens.

Le rapport estime qu’en 2015, le développement des colonies israéliennes dans cette Zone C a coûté à l’économie palestinienne l’équivalent de 35% du PIB, soit 4,4 milliards dollars (3,9 milliards d’euros).

A Gaza, les producteurs se voient refuser l’accès à la moitié de la superficie cultivable et à 85% des ressources de pêche, alors que le coût des dommages directs infligés par trois opérations militaires israéliennes, entre 2008 et 2014, est estimé à au moins trois fois le PIB annuel de Gaza.

En outre, les Palestiniens se voient interdire de creuser des puits d’eau potable, tandis qu’Israël extrait beaucoup plus d’eau que le niveau prévu par les Accords d’Oslo de 1993, tout en confisquant 82% des eaux souterraines palestiniennes. Les Palestiniens sont laissés sans autre choix que d’importer leur propre eau d’Israël pour couvrir 50% de leur consommation.

Les attaques sur la centrale électrique de Gaza en 2014 durant le blocus ont davantage aggravé la pénurie d’électricité, provoquant d’importants dysfonctionnements dans tous les aspects de la vie publique et privée : traitement des eaux usées, opérations médicales …

Le rapport note par ailleurs que, pour la première fois en cinquante ans, le taux de mortalité infantile à Gaza est passé 12 à 20,3 pour 1 000 naissances entre 2008 et 2013.

«La fermeture de Gaza étouffe son peuple, étouffe son économie et entrave les efforts de reconstruction», a déclaré le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon en Juin 2016.

RT

Mensonges et approximations : la charge bancale de Manuel Valls contre le « New York Times »

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« Les voix des femmes musulmanes ont été quasiment noyées » dans la polémique estivale sur le burkini. C’est le constat dressé par le New York Times, qui leur a donné la parole dans une série de témoignages sur le voile, publiée le 2 septembre 2016.

L’occasion pour certaines, comme Halima Djalab Bouguerra, une étudiante de 21 ans de Bourg-en-Bresse, d’exprimer leurs inquiétudes : « Les langues se sont déliées, plus personne n’a peur de dire à un musulman : Rentre chez toi. » L’article a fortement déplu à Manuel Valls, qui y a répondu par une tribune au Huffington Post lundi 5 septembre. Mais sa charge contre le sérieux du journal américain est peu probante.

CE QU’A DIT MANUEL VALLS

Cet article « donne une image insupportable, car fausse, de la France, pays des Lumières et pays des libertés », écrit le premier ministre. Il met ensuite en cause le sérieux de l’article du journal américain : « La réalité, c’est qu’il ne s’agit pas d’une enquête de terrain, qui permet les différents éclairages ou la nuance dans l’analyse », assène-t-il. Et de mettre en doute le cœur même de l’enquête, à savoir les témoignages des femmes musulmanes :

« Ces témoignages ont été pour la plupart obtenus à la suite d’un événement scandaleux organisé en France : un “camp d’été décolonial”. Un camp qui, et cette information a son importance, était interdit – je cite – aux “personnes à la peau blanche” ! Son but était de rassembler tous les partisans des communautarismes, tous les opposants à la mixité entre les personnes “blanches” et “non blanches, tous ceux qui veulent, je cite encore, dénoncer le “philosémitisme d’Etat” dont la France serait victime. »

Une accusation répétée sur RTL mardi 6 septembre, où il a dénoncé « la complaisance vis-à-vis de femmes qui fréquentent un campement interdit aux Blancs et ensuite la vision que ce papier donnait de la France ».

POURQUOI C’EST FAUX

La version de Manuel Valls a pourtant de quoi surprendre quand on retrace le parcours de l’enquête du New York Times. Le journal a d’abord lancé un appel à témoignages le 22 août, sous le thème suivant : « Etes-vous une femme musulmane en Europe ? Partagez votre opinion sur les restrictions au port du voile. » Cet appel a rapidement été relayé sur les réseaux sociaux.

Le « camp décolonial » a, quant à lui, eu lieu du 25 au 28 août à Reims. Il a, selon l’organisation, réuni environ 180 personnes (loin des quelque 1 200 témoignages revendiqués par le quotidien américain). Contrairement à ce qu’affirme Manuel Valls, les organisateurs ont souhaité réserver l’événement « aux personnes subissant le racisme ». Un choix qui fait débat, mais ne se résume pas, pour les organisations à l’origine du camp, à interdire la présence des « Blancs ».

Lire aussi :   La non-mixité raciale, outil d’émancipation ou repli communautaire ?

La journaliste de Mediapart Faïza Zerouala, qui a couvert le camp d’été, assure au Monde qu’elle est la seule à y avoir assisté, avec une consœur du Bondy Blog. C’est également ce que nous dit Lillie Dremeaux, l’auteure de l’enquête du New York Times, qui nous renvoie vers la réponse de la direction du quotidien à Manuel Valls : « Notre article […] s’appuie sur les réponses de plus de 1 200 lectrices à un appel à témoignages en ligne en anglais, en français et en arabe », y indique Danielle Rhoades Ha, porte-parole du journal.

Loin du sensationnalisme des « no-go zones »

Sur ces centaines de témoignages, le New York Times a publié ceux de 21 femmes de 22 à 41 ans. Parmi elles, 13 vivent en France. On en compte trois à Paris, deux à Toulouse et une à Grenoble, Roubaix, Lyon, Orléans, Drancy, Lille, Perpignan, Les Lilas. Les huit autres vivent à l’étranger, dont cinq en Belgique. Le fameux « camp décolonial » n’est jamais évoqué dans l’article, et il est difficile d’imaginer que toutes ces femmes aient pu y participer.

Quant au contenu de l’article, on y trouve des points de vue divers. Plusieurs femmes ont des mots très durs envers l’Etat, dénonçant un « régime d’apartheid » ou expliquant ne plus se sentir « en sécurité », et c’est ce que Manuel Valls n’a pas apprécié. Mais d’autres insistent surtout sur la pression sociale et les incompréhensions d’amis ou de collègues, notamment vis-à-vis de la consommation d’alcool. Certaines relativisent également la situation, pointant un contraste entre la présentation médiatique et la réalité, comme Saadia Akessour :

« Je me suis baignée cet été du côté d’Hendaye (sud-ouest de la France). J’ai été un peu la curiosité du coin, mais j’ai trouvé les gens bienveillants. Il me semble que les médias et politiciens sont en contradiction avec ce que le peuple pense. »

Le Monde

USA : Une Texane réduit 2 Mexicaines en esclavage pendant 14 ans en leur récitant la Bible

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Olga Murra a retenu deux femmes chez elle durant plus d’une décennie. Elle répétait à ces deux mexicaines qu’elles risquaient d’être tuées par les services d’immigration si elles lui désobéissaient.

Et les mensonges de la Texane ne s’arrêtaient pas là. Pendant 14 ans, la femme de 64 ans les persuadait qu’elle était la «voix de Dieu», leur lisant même des versets de la Bible pendant qu’elles nettoyaient des maisons, parfois sept jours par semaine.

Jusqu’à 50 ans de prison

Les deux Mexicaines dormaient par terre, devaient demander l’autorisation d’aller aux toilettes et n’étaient nourries que d’eau et de pain. Elles ne voyaient jamais la couleur de l’argent récolté par les ménages qu’elles faisaient dans «trois à quatre maisons par jour».

Olga Murra aurait fait entrer les deux Mexicaines, âgées de 21 et 33 ans au moment des faits, avec elle en revenant du Mexique. La semaine dernière, elle a été inculpée pour «travail forcé» et «hébergement d’étranger en situation illégale». Son procès aura lieu en novembre. Elle risque jusqu’à 50 ans de prison.

Direct Matin

le «soldat de l’EI» qui a tiré sur 2 policiers à Copenhague, arrêté avec 100 kg de haschich

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Le Danois soupçonné d’avoir tiré mercredi 31 août sur deux policiers à Copenhague lors d’une descente de la brigade des stupéfiants est un « soldat de l’EI », a affirmé l’agence de propagande Amaq de l’organisation jihadiste, vendredi 2 septembre. Amaq fait allusion à la coalition antijihadistes menée par les États-Unis:

« L’auteur de l’attaque qui a visé la police de Copenhague est un soldat de l’État islamique et a mené cette opération en réponse aux appels à frapper les pays de la coalition ».

L’homme de 25 ans, mort dans la nuit à l’hôpital, est soupçonné d’avoir tiré sur deux policiers et un passant qui ont été blessés à Christiania, le quartier libertaire de Copenhague, mercredi 31 août vers 21 heures.  Il avait alors réussi à s’enfuir, mais la police l’avait localisé et l’a interpellé jeudi matin dans un logement en banlieue. C’est là qu’il a été grièvement blessé au cours d’un échange de tirs, alors qu’il tentait de s’enfuir.

Arrêté avec plus de 100 kg de haschich

L’homme né en Bosnie « a apparemment des liens avec Millatu Ibrahim [un groupe jihadiste à l’origine allemand implanté au Danemark] et des sympathies pour l’EI », selon la police. Elle a précisé en début d’après-midi que « rien pour le moment ne porte à croire que cela a joué un rôle lors de la fusillade ».

Selon la télévision publique TV2, l’homme a été arrêté en possession d’une cinquantaine de kilos de haschich, de trois kilos de skunk (une variété plus concentrée de cannabis) et de plus de 1.000 joints. 

BFM

Des Bretonnes se baignent habillées et voilées en soutien aux femmes qui portent le Burkini

Une trentaine de personnes, vêtues de la tête aux pieds, se sont baignées ce dimanche pour apporter leur soutien aux femmes portant le burkini, à Douarnenez, ce dimanche. Au total, une trentaine d’arrêtés anti-burkini ont été pris en France.

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Fichus de couleurs, foulards, robes longues… Une trentaine de Finistériens se sont habillés de la tête aux pieds pour aller se baigner ce dimanche midi sur la plage des Dames, à Douarnenez, rapporte Ouest-France. Objectif affiché, soutenir les femmes qui portent le burkini.

« L’idée est venue lors du festival de cinéma », explique l’une des participantes au quotidien. « Nous voulons être solidaires des femmes qui portent des burkinis et ne peuvent pas se baigner ».

L’Express

Eclipsé par le Burkini, l’anniversaire de la libération de Marseille par les soldats indigènes passe inaperçu

Le 28 Août 2016 a marqué le 72è anniversaire de la libération de la ville de Marseille. L’affaire dite du burkini sur les plages méditerranéennes et les débordements qui s’en sont suivis en Corse ont relégué à l’arrière plan de l’actualité la commémoration du débarquement de Provence du 15 août 1944.

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Ce jour là déferlèrent dans le Midi les divisions de Tirailleurs, de Zouaves, de Spahis, de Goumiers, de Tabors, de Chasseurs d’Afrique, etc. Le mot d’ordre des combattants de cette armée composée en grande partie de soldats musulmans était: «vive la France! ».

Marseille libérée 

Cette même armée avait déjà combattu et vaincu les occupants allemands en Tunisie. En 1943, au sein du Corps expéditionnaire français, commandée par le général Juin, elle s’illustra durant la campagne d’Italie. Les Goumiers et Tirailleurs marocains participèrent à la libération de la Corse en septembre et octobre 1943. Les montagnards berbères endurcis livrèrent de vifs combats aux cols de San Stefano et de Teghime.

Les combattants africains aguerris formeront le fer de lance de la future Première armée française sous les ordres du général de Lattre de Tassigny lors du débarquement sur les côtes de Provence. L’Armée d’Afrique libère Toulon et arrive aux portes de Marseille le 23 août 1944. Après de terribles combats, notamment lors de la prise du mont de Notre Dame de la Garde, durant lesquels s’illustreront les combattants maghrébins de la 3è DIA et particulièrement les 3è et 7è Régiments de Tirailleurs Algériens, Marseille est enfin libérée le 28 août 1944. Devant une foule en liesse, un important défilé au son de la nouba se déroule le lendemain sur le Vieux-Port. La libération de la capitale du sud coïncide avec celle de Paris.

Monde Afrique

Jean-Pierre Chevènement «connaît le monde musulman», Twitter l’accable

Un extrait d’une interview accordée ce lundi matin sur France Inter par le nouveau président de la Fondation de l’islam de France est tourné en dérision sur Twitter…

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Ce lundi, l’ancien sénateur était invité sur France Inter pour détailler les contours du projet de la Fondation de l’Islam de France. Interrogé, entre autres, sur les arrêtés municipaux anti-burkini, l’ex-ministre a déclenché une vague de réactions sur Twitter et la création d’un mot-clé, #JeConnaisBienLeMondeMusulman, visant à répertorier toutes les blagues sur le sujet.

 

 

 

 

 

20 Minutes

L’ONU épingle les arrêtés anti Burkini qui favorisent la stigmatisation des musulmanes

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a salué mardi la décision prise par la justice française de mettre un coup d’arrêt à l’interdiction du burkini, estimant que les arrêtés pris contre cette tenue vestimentaire alimentaient la « stigmatisation » des musulmans.

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« Ces décrets n’améliorent pas la situation sécuritaire ; ils tendent au contraire à alimenter l’intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes », a indiqué le bureau de Haut-Commissaire dans un communiqué.

« Les codes vestimentaires, tels que les décrets anti-burkini, affectent de manière disproportionnée les femmes et les filles et sapent leur autonomie en niant leur aptitude à prendre des décisions indépendantes sur leur manière de se vêtir », a-t-il encore jugé.

D’après l’agence onusienne, selon les standards internationaux des droits de l’Homme, les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ou ses convictions, y compris par le choix de tenues vestimentaires, « ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées, y compris pour la protection de la sécurité publique, l’ordre public, la santé publique ou la morale ».

De plus, en vertu du droit international des droits de l’Homme, les mesures adoptées au nom de l’ordre public doivent être appropriées, nécessaires et proportionnées, rappelle le communiqué.

Suspension du Conseil d’État

Une trentaine de villes du littoral, notamment sur la Côte d’Azur, mais aussi certaines villes du Pas-de-Calais, ont tenté d’interdire cet été le maillot de bain intégral musulman ou « burkini », certains y voyant une provocation après l’attentat islamiste qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice.

Vendredi dernier, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’État, a toutefois suspendu l’un de ces arrêtés municipaux et a averti les maires que toute interdiction du burkini devait s’appuyer sur des « risques avérés » pour l’ordre public.

La Voix Du Nord

Manche : sa voisine l’aide, Damien l’agresse sexuellement

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Le 24 mars 2016, Damien Cutullic, 28 ans, vide son appartement de Coutances (Manche) qu’il doit rendre le lendemain. Dans la soirée, il se rend chez sa voisine qui habite un étage plus bas. La soirée se passe entre amis, des bières et quelques joints de cannabis circulent, Damien Cutullic discute avec sa voisine, ils se découvrent des affinités communes. En fin de soirée, Damien demande à sa voisine de lui prêter une couverture afin de dormir dans son appartement vide. La voisine lui propose un canapé.

Elle hurle et frappe l’intrus

Au milieu de la nuit, à moitié endormie et encore embrumée des libations de la veille, elle perçoit une main qui fouille son intimité. Se réveillant totalement, elle voit Damien Cutullic, assis sur le bord de son lit, elle hurle et frappe l’intrus. Celui ci tente de la calmer et affirme qu’il est là à la recherche de son paquet de tabac. Les choses se calment et chacun retourne se coucher de son coté. Plus tard dans la nuit, l’homme veut rejoindre son appartement, il dit s’approcher de la victime pour la réveiller afin qu’elle referme la porte derrière lui. Celle-ci se réveille en sursaut, aperçoit son voisin en caleçon et T-shirt assis sur le rebord de son lit. Elle le met à la porte.

Un prévenu aux multiples versions

Lors de l’audience du 24 août, le ministère public affirme ne pas croire les multiples versions de Damien Cutullic et note que la victime, en dépit d’une fragilité psychologique, livre une version constante et cohérente des faits. Le tribunal donne raison à la victime et condamne le prévenu à huit mois de prison ferme.

La Manche

Royaume-Uni : Maryam, Sakina et Ali Dharas éjectés d’un avion car musulmans

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Comme le relate le Guardian, le 18 août, Maryam, Sakina et Ali Dharas ces deux sœurs et leur frère originaires du nord-ouest de la capitale britannique ont été «absolument abasourdis» de devoir descendre de leur vol EasyJet avant son décollage de l’aéroport de Londres-Stansted pour répondre aux questions d’hommes armés et dépositaires de l’autorité publique. Ces derniers avaient été alertés par d’autres passagers suspectant la fratrie de vouloir faire sauter l’avion avant qu’il ne rejoigne Naples, sa destination programmée.

En l’espèce, un couple «bien intentionné» selon la police du comté d’Essex, qui avait lorgné à l’insu de son plein gré sur d’inquiétants textes et textos, possiblement en arabe, s’affichant sur les téléphones des suspects. Les zélés citoyens, aussi anonymes que manifestement islamologues à leurs heures, auraient pu mettre leurs mains à couper: dans le lot, ils avaient vu un «Gloire à Allah», autrement dit une funeste allégeance à l’organisation État islamique. Sans oublier les deux voiles recouvrant la tête des deux sœurs et la barbichette trop bien taillée pour être honnête du frère. There is no smoke without fire, comme on dit chez Catherine Middleton.

«J’étais très choquée, ma sœur avait les larmes aux yeux», explique Maryam, 19 ans, qui dénonce un profilage racial et exige aujourd’hui a minima des excuses. «La première question que nous a posée le policier, c’était si nous parlions anglais, ce que je trouve personnellement assez méprisant. […] Je ne parle pas d’autre langue que l’anglais.»

«On nous a demandé « Y-a-t-il des textes en arabe sur votre téléphone? Est-ce que vous étiez en train de lire le Coran? »», poursuit la jeune femme. «On ne parle même pas arabe, on ne connaît pas cette langue, nous ne sommes même pas arabes.»

De fait, la fratrie, d’ascendance indienne, avec un père né en Ouganda et une mère en Angleterre, ne fomentait aucun attentat, mais avait choisi de passer des vacances à Pompéi et dans la région de Naples par «intérêt pour les civilisations classiques».

Si les policiers allaient loucher sur le passeport de Sakina, porteur d’un tampon irakien, c’était parce qu’elle s’y était rendue, en compagnie de sa sœur, pour une opération caritative en faveur des victimes de l’État islamique.

Et en réalité, les textos écrits en bon rosbeef de souche n’avaient pas le début du moindre commencement d’un contenu djihadiste –il s’agissait d’une conversation Whatsapp avec leur père au sujet de Jeremy Corbyn, le leader travailliste anglais à qui les transports (dans son cas ferroviaires) ne font pas non plus de cadeaux (assurément un complot).

Pour le moment, ni EasyJet ni la police n’ont présenté leurs excuses aux Dharas pour «la gêne occasionnée» d’avoir été pris pour des terroristes, sur la base d’un mensonge aux vilains relents racistes. Mais laissons tout de même le bénéfice du doute aux délateurs: il se pourrait bien qu’ils soient Français, et là tout rentrerait dans l’ordre.

Slate

Nice: des mamans voilées obligées de surveiller leurs enfants de loin pour ne pas se faire verbaliser sur la plage

Assise à quelques mètres de la plage Saint-Hélène, Henda surveille de loin ses enfants qui profitent d’une Méditerranée couleur azur. À 44 ans, cette Grassoise a, comme souvent quand le ciel est clément, pris le bus jusqu’à Nice pour profiter de la mer. 

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Son petit garçon revient de la plage en courant, les cheveux et le corps entièrement trempés, elle sort immédiatement une serviette mauve de son sac et enroule Marwane dedans. Il est 15h ce jeudi, il fait un soleil de plomb, le thermomètre indique 29 degrés. Mais Henda ne ressent pas la chaleur sous son voile gris, vert et rose. «Oh j’ai l’habitude, vous savez», sourit celle qui porte le voile depuis plus de 10 ans.

La veille, Henda n’était pas sur un banc mais sur la plage, assise à quelques mètres de l’eau. Mais elle sait que si elle remet les pieds sur les galets, elle risque d’être verbalisée par les policiers municipaux qui appliquent l’arrêté municipal interdisant «sur la commune de Nice l’accès aux plages publiques, aux sites de mise à l’eau ainsi qu’à la baignade à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonne mœurs et de la laïcité».

«Ça me dérange et ça me rend folle de ne pas pouvoir surveiller mes enfants de plus près ou de mettre mes pieds dans l’eau, mais qu’est-ce qu’on peut faire?»

«Le regard des gens a changé depuis quelque temps, il y a de la peur»

Si elle ne comprend toujours pas pourquoi elle est vue comme une «menace» aux yeux de certains politiques, ne pas correctement veiller sur ses enfants la rend furieuse. «Ça me dérange et ça me rend folle de ne pas pouvoir surveiller mes enfants de plus près ou de mettre mes pieds dans l’eau, mais qu’est-ce qu’on peut faire?» Et elle n’a pas beaucoup plus confiance en l’avenir. «Le regard des gens a changé depuis quelque temps, il y a de la peur chez eux. Je le sens bien et je l’entends dans certains de leurs commentaires. J’en suis à me dire que si la prochaine décision c’est d’interdir le voile partout, alors je déménagerai.»

«On nous interdit la plage, et après? Les jardins publics et les cinémas?»

Pour Cheyma également, terminées les baignades à Nice. Cette maman de 25 ans d’un petit garçon en bas âge vit ici depuis ses 9 ans, et porte le voile depuis ses 18 ans. Elle s’est toujours baignée habillée à Nice ou sur la plage de Villeneuve-Loubet sans que cela ne gêne personne. «Aujourd’hui, on fait du burkini toute une affaire d’État comme si la vie des gens en dépendaitOn cherche des problèmes où il n’y en a pas, dit elle. On critique les femmes voilées en disant qu’elles sont soumises et oppressées mais ce sont ces lois ridicules qui nous oppressent en nous interdisant de nous vêtir comme on le souhaite, où on le souhaite.»

Depuis quelques jours, elle préfère se rendre près d’un lac où elle peut se reposer avec son fils et son mari. L’avenir s’écrit pour le moment en pointillés et pas forcément à Nice, même si imaginer une vie ailleurs est difficile. «On discute beaucoup avec mon époux de l’idée de partir, raconte la jeune maman. On nous interdit la plage, et après? On va nous interdire les jardins publics et les cinémas? J’ai peur pour l’avenir de mon enfant. Mais fuir, ça changera quoi? Toute ma famille est ici, je ne vais abandonner mes proches, dit-elle. Tout ce qu’il faut c’est garder espoir… mais jusqu’à quel prochain arrêté?»

Buzzfeed

Prisée par les terroristes, Telegram est aussi utilisée par les politiques

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Les terroristes de Daesh ne seraient pas les seuls à avoir recours à Telegram, une application russe de messagerie chiffrée, funestement connue pour avoir été utilisée par les terroristes de Saint-Étienne-du-Rouvray. Dans son édition du 24 août, LeCanard Enchaîné s’attaque aux utilisateurs de l’application au sein de la sphère publique… y compris à ceux qui la combattent publiquement.

La liste des utilisateurs et longue, et concernerait tous les bords politiques, et même des hauts fonctionnaires de la police, selon l’hebdomadaire satirique. Le journal note même une augmentation depuis cet été, peut-être due à « l’approche des échéances électorales », s’interroge-t-il, pour se protéger des « écoutes d’officines ou de services de l’État. »

Plusieurs candidats à la présidentielle en seraient des utilisateurs, parmi lesquels Arnaud Montebourg, Benoît Hamon ou François Fillon. Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas y aurait également recours, tout comme la secrétaire d’État Juliette Méadel. L’application compterait également dans ses rangs plusieurs députés de gauche comme de droite, comme Thierry Solère ou encore Éric Ciotti.

Députés, candidats à la présidentielle, ministres et policiers…

Aquilino Morelle, l’ancien conseiller spécial de François Hollande serait également un adepte, tout comme Christian Sainte, l’ancien patron de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris, ou Frédéric Péchenard, ancien haut fonctionnaire de la police et actuel directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy. Au centre, seul le président du MoDem François Bayrouest désigné par le volatile, qui évoque également Jean-Luc Mélenchon et Wallerand de Saint-Just, à l’autre bout de l’échiquier politique.

Le 23 août, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a reçu son homologue allemand place Beauvau, afin de réfléchir à une solution au niveau de l’Union européenne pour lancer une offensive contre l’application de messagerie, dont les secrets sont difficiles à mettre au jour pour les services de renseignements à cause du chiffrement. Et qui laisse donc ses utilisateurs quelconques, jihadistes comme – apparemment – politiques, communiquer entre eux sans être inquiétés.

RTL

Femme voilée déshabillée à Nice : Julien Dray suggère qu’il s’agit de photos préparées

COMPLOT – Il fait chaud. Sur une page de Nice, une femme est allongée. Elle se repose sur les galets. Seule. Mais cette personne a oublié que sa tenue, une tunique, un legging et un voile, pouvait être à l’origine d’un grand trouble à l’ordre public. Ni une ni deux, la maréchaussée niçoise intervient et verbalise la plagiste, obligée de retirer sa tunique. La République est sauvée.

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Cette scène a été captée et diffusée par le tabloïd britannique The Daily Mail. Elle s’ajoute au témoignage d’une mère de famille verbalisée devant ses enfants à Cannes parce qu’elle portait, elle aussi, un legging, une tunique et un hidjab sur la plage. Depuis, les commentaires acerbes sur le glissement qui semble s’opérer en France se multiplient. Outre-Manche pour commencer, mais pas seulement. Dans un communiqué publié ce mercredi 24 août, le PS dénonce, concernant la verbalisation de Cannes, une « dérive particulièrement dangereuse ».

Et puis il y a Julien Dray.

Ce mercredi, l’élu PS d’Île-de-France suggère que les photos du Daily Mail sont le résultat d’une machination. Sur Facebook, il écrit :

Pas besoin d’être grand sorcier pour comprendre que les photos sur la plage de Nice n’ont rien de photos surprises…

Contacté par le Lab, Julien Dray se fait plus explicite. Oui, ces photos lui semblent suspectes et ce pour plusieurs raisons. « Je n’ai pas de preuve formelle mais les informations qu’on me donne laissent penser qu’il s’agit de photos préparées« , dit-il. Et Julien Dray de dérouler les indices :

Ça se voit. Les photos sont nettes. Elles ont été prises avec un téléobjectif. La femme est sur la plage sans serviette. Elle se met à côté d’un poste de police, etc. Et puis il n’y a qu’à voir la rapidité avec laquelle les images ont été reprises. Il faut enquêter et à mon avis on va avoir de grosses surprises.

Premier adjoint à la mairie de Nice, Christian Estrosi dénonce lui aussi une « manipulation qui dénigre la police municipale », mais sans donner la moindre justification à ses accusations.

Cité par Libération, un responsable de l’agence Best Image qui commercialise les clichés de Nice, dément toute mise en scène. :

Je peux vous assurer qu’il n’y a rien de monté, aucune mise en scène, dit-il. […] La dame n’a pas été payée, et n’a pas non plus pris gracieusement la pose pour la photo. C’est un fait divers classique.

Pour Cannes déjà, certains avaient émis des doutes.

Quelques-uns à l’extrême droite avait par exemple trouvé bien commode qu’une journaliste de France 4 se soit trouvée sur une plage de la Côte d’Azur en plein mois d’août au moment où une mère de famille se faisait verbaliser parce qu’elle portait un voile.

Le témoignage de cette journaliste a été relayé par L’Obs. « Elle [la mère de famille] a de la chance, il y avait par hasard une journaliste de France 4 juste à côté. Donc ça tombe très bien pour elle » a par exemple commenté le vice-président du FN Florian Philippot ce mercredi sur RTL, avec une grande ironie, estimant peut-être qu’une plage de la Côte d’Azur n’est pas un endroit où les gens se rendent au mois d’août.

Mais que les photos et les verbalisations soient le fruit d’une machination comme semble le penser certains élus, le résultat est le même : cité par FranceInfo: ce mercredi, le journaliste de RFI spécialiste de Daesh David Thompson, « les clichés de Nice vont alimenter des années de propagande jihadiste« .

Le Lab

#WTFFrance : Les internautes dénoncent la chasse aux femmes voilées sur les plages

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Le Canada autorise le voile dans la Gendarmerie royale

Le port du voile islamique par les femmes musulmanes est désormais autorisé dans la Gendarmerie royale du Canada, a annoncé mardi le gouvernement canadien.

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« Cette addition à l’uniforme » de la police montée a été décidée récemment par le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson, a dit à l’AFP Scott Bardsley, porte-parole du ministère de la Sécurité publique.

La décision « de permettre aux membres féminins de confession musulmane de porter le hijab, si elles le désirent », vise à encourager ces dernières « à envisager une carrière avec la Gendarmerie royale du Canada », a déclaré M. Bardsley, confirmant des informations du quotidien La Presse.

Le porte-parole n’était pas en mesure de dire si des femmes portent actuellement le hijab dans la police fédérale, renvoyant l’AFP à la GRC, qui n’avait pas encore réagi.

Le turban est aussi autorisé

La mesure est en vigueur depuis janvier, selon La Presse, qui a obtenu des échanges d’information entre le commissaire de la GRC et le ministre de la Sécurité publique, en vertu de la loi d’accès à l’information.

Trois sortes de hijab ont été testés par la police fédérale avant son autorisation, et celui retenu s’enlève rapidement, n’est pas encombrant et ne pose donc aucun risque pour la policière désirant le porter, a indiqué le journal.

Les services de police de Toronto, plus grande ville du Canada, et d’Edmonton, capitale de l’Alberta (ouest) permettent déjà « le port du hijab avec l’uniforme », a rappelé M. Bardsley. « A l’étranger, des corps policiers au Royaume-Uni, en Suède et en Norvège ainsi que dans certains États américains ont adopté des politiques similaires », a-t-il précisé.

La GRC permet depuis le début des années 1990 à ses membres de confession sikhe de porter le turban. Cette annonce survient après que le Premier ministre canadien Justin Trudeau, chantre du multiculturalisme, s’est porté lundi à la défense du burkini, un costume de bain enveloppant à l’usage des femmes musulmanes dont le port a été interdit sur certaines plages en France.

Ouest France