Cukierman: les enfants juifs sont « battus » dans de « très nombreuses écoles »

Dans de « très nombreuses écoles », les enfants juifs sont « battus, insultés parce que juifs », a assuré lundi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Roger Cukierman, affirmant qu’aujourd’hui, par « crainte », seul un tiers des enfants juifs vont à l’école publique. 

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Interrogé sur Europe 1 à quelques heures du 31e dîner du Crif, Roger Cukierman a dit observer « un repli sur soi » de la communauté juive dont il constate « les dégâts particulièrement au niveau de l’école de la République ».

L’école laïque, petit à petit délaissée

« De mon temps nous allions tous à l’école laïque. Aujourd’hui il n’y a plus qu’un tiers des enfants juifs qui vont à l’école laïque, les deux autres tiers vont dans des écoles privées, payantes, juives ou chrétiennes », a-t-il dit.

Ces chiffres sont plausibles mais difficilement vérifiables en l’absence de statistiques ethniques ou religieuses sur les élèves à l’Education nationale.

Le seul chiffre connu est celui des établissements scolaires confessionnels gérés par la première minorité juive d’Europe (évaluée à un demi-million de membres), qui scolarisent environ 30.000 élèves.

BFM

Dîner du Crif : un couvert à 900 euros… et 800 euros déductibles d’impôt

Pour participer au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), il vous en coûtera 900 euros, comme en atteste le carton d’invitation qui circule sur les réseaux sociaux. Mais 800 euros sont déductibles d’impôt. Pour Daniel Schneidermann, ce sont donc les contribuables qui ont financé l’événement à hauteur de 528 euros par personne.

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C’est un chiffre qui fait tourner la tête. Depuis mardi, une photo circule sur les réseaux sociaux. Celle du carton d’invitation du trentième dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives (Crif). Une coquette somme si vous souhaitez y assister : il y est indiqué que le couvert se chiffre à 900 euros par personne. Mais pas de panique, en bas du même carton, une annotation précise « Cerfa à 800 déduction ».

Dans un billet publié sur le site Arrêt sur imagesDaniel Schneidermann explique que ce « dîner de gala » se déroule « aux frais du contribuable » puisque « le carton d’invitation [ouvre] droit à une déduction fiscale de 800 euros ».

Joint par Arrêt sur images, Yonathan Arfi, vice-président du Crif, s’explique. « Non, l’Etat ne rembourse pas 800 euros. La mention indique seulement que sur les 900 euros dépensés pour participer au dîner, seuls 800 euros sont considérés comme un don, les 100 euros restants sont le prix du repas uniquement. Et seuls les 800 euros ouvrent droit à une déduction fiscale, et non un remboursement ».

Sur ces 800 euros donc, 66% sont déductibles d’impôt, comme tout don à une association. Ainsi, les participants-donateurs peuvent potentiellement déduire du fisc 528 euros. Les contribuables sont de cette manière mis à contribution pour financer la soirée.

Metro News

Des élèves auditionnés par la gendarmerie à cause de leurs cours sur la Russie et Poutine

Un enseignant en vacances a appris avec stupéfaction que ses élèves de troisième année de collège avaient été auditionnés par la gendarmerie. Motif de l’enquête ? La façon dont il aurait présenté la Russie contemporaine durant ses cours.

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J’ai d’abord fait un état des lieux de la Russie après la fin du communisme. J’ai expliqué les grandes lignes de la politique du président russe, Vladimir Poutine. Une politique qui a consisté à constituer une classe moyenne en Russie tout en s’appuyant sur le sentiment patriotique, après les années de crise de la présidence de Boris Eltsine», a expliqué le professeur incrédule au journal en ligne breton Breizatao.

Pascal G., professeur d’Histoire et de langue bretonne du collège Sainte-Anne à Sainte Anne d’Auray en Bretagne, n’en revient toujours pas. Revenant de vacances, il a en effet appris avec stupéfaction que ses élèves de troisième année de collège avaient été auditionnés par la gendarmerie. 

Le 17 février en effet, six de ses élèves étaient convoqués par la gendarmerie d’Auray pour subir un long interrogatoire à propos des cours dispensés par leur professeur. Les enquêteurs ont ainsi tenu à savoir ce qu’avait déclaré l’enseignant au sujet de la Russie et de Vladimir Poutine durant ses cours d’Histoire, qu’il donne en langue bretonne.

C’est lors de la rentrée des classes que Pascal G. a été informé par ses élèves de leur mésaventure. Le professeur doit être entendu à son tour dans les prochains jours par la gendarmerie. Malgré ses demandes, celle-ci ne lui a pas donné de détails sur les raisons de l’enquête dont il fait l’objet.

RT

Pratiques scabreuses, colères, menaces: l’enquête à charge qui dézingue Hanouna

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C’est ce qu’on appelle une bombe. Cette semaine, le magazine Society consacre huit pages à Cyril Hanouna et son émission à succès sur D8, Touche pas à mon poste!. Dans cette enquête, plusieurs chroniqueurs ainsi qu’un employé de sa société de productions ont témoigné anonymement. Ils font de drôles de révélations, certaines loufoques, d’autres plus inquiétantes.

• Son côté tyrannique

C’est d’abord l’aspect de sa personnalité qui ressort de cette enquête. Au téléphone, l’animateur peut être exécrable. «Il me disait ‘T’as rien compris, t’es qu’une merde, si t’es pas content je te vire demain, c’est moi le vrai roi du groupe Canal‘ ou encore ‘Tu sais combien je pèse?», témoigne un employé de la production H2o.

L’année dernière, on n’avait pas le droit de dire du bien du Grand Journal, et cette année, on n’a plus le droit d’en parler du tout, parce que c’est Bolloré», lâche la source du bi-mensuel.

• Sur les menaces 

Récemment, deux journalistes du groupe Canal+, Julien Cazarre et Arnaud Ramsay, ont porté plainte contre Cyril Hanouna après avoir reçu des menaces par téléphone. «Un jour, il l’a menacé juste parce qu’il avait dit dans une interview qu’il ne regardait pas TPMP. (…) C’était: ‘Putain mais t’es qu’un fils de pute, je vais venir te cramer les couilles.’ Il se serait par ailleurs expliqué chaudement à la sortie d’Europe 1 avec Christophe Dechavanne et Nikos Aliagas.

• Sur l’ambiance au sein de Touche pas à mon poste!

L’animateur vedette de D8 ne serait pas tendre avec Bertrand Chameroy: «Un jour, j’ai entendu Cyril dire à Chameroy: ‘Arrête de parler d’Obama! Tout le monde s’en branle d’Obama, personne ne le connaît», raconte l’employé de sa société de productions. Il forcera aussi Bertrand Chameroy à rester hypnotisé alors que ce dernier avait fondu en larmes cinq minutes avant le début de l’émission spéciale il y a quelques semaines.

On apprend également qu’il est capable de «déféquer dans les pompes d’un chroniqueur, d’uriner dans la poubelle de la productrice ou dans le verre du rédacteur en chef, attendant que ce dernier y trempe les lèvres». «C‘est horrible mais dans la boîte, plus personne n’a envie de faire TPMP. (…) Chaque soir, on y va en traînant des pieds parce qu’on sait que quelqu’un en plateau va se prendre une plume dans le cul».

Le Figaro

Allemagne: un musicien iranien se voit intimer l’ordre de « parler en allemand »

Mahan Esfahani, un claveciniste d’origine iranienne, a été interpellé et sifflé par le public de la Philharmonie de Cologne parce qu’il ne parlait pas allemand. 

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Une nouvelle église pour les chrétiens d’Orient inaugurée dimanche dans le Val-d’Oise

Destinée à la population croissante des chrétiens d’Orient installés dans le Val-d’Oise, une nouvelle église chaldéenne sera inaugurée dimanche à Arnouville par le patriarche de Babylone, Mgr Louis Raphaël Ier Sako. Avec ses dômes à l’orientale et ses briques rouges toutes neuves, l’église Saint-Jean-Apôtre dénote dans ce paysage urbain du nord de Paris, entre un entrepôt et la gare RER. 

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La construction du site, qui comprend aussi un presbytère et un centre culturel, a débuté en 2014, dix ans après l’inauguration dans la commune voisine de Sarcelles de la première église construite en France pour ces fidèles du rite chaldéen (du nom d’une région en Irak) rattachés au catholicisme.

Coeur historique de la présence en France de ces chrétiens d’Orient, venus en majorité de Turquie au XXe siècle, l’est du Val-d’Oise concentre plus de la moitié des 20.000 chaldéens ou assyro-chaldéens vivant dans le pays. L’an dernier, près d’une centaine de familles chrétiennes chassées par l’avancée du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie, ont ainsi trouvé refuge en priorité autour de Sarcelles. Pour le patriarche de Babylone, cette nouvelle construction est un « signe d’intégration« . Lui-même francophone, Mgr Sako se félicite de la « vivacité » de cette communauté, « signe d’espoir pour toute l’Église chaldéenne qui souffre de persécution jusqu’au martyr ».

Le projet, d’un montant de 6,6 millions d’euros, a été financé en grande partie par les dons des fidèles, soutenus par les diocèses de Paris et de Pontoise, ainsi que par des associations catholiques.

BFM

« Il existe en France une culture ambiante du viol »

Selon une enquête publiée ce mercredi, de nombreux Français minimisent encore la gravité d’un viol. Présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, la psychiatre Muriel Salmona livre son analyse après cette étude.

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L’étude, commandée par l’association Mémoire traumatique et victimologie, révèle ainsi que, pour 4 Français sur 10, la responsabilité d’un violeur est atténuée si la victime a une attitude « provocante ». Et lorsque celle-ci a une tenue jugée « trop sexy », ils sont près de 3 Français sur 10 à trouver des excuses si ce n’est une justification au crime.

De même, 19% des sondés reconnaissent qu’il leur arrive d’interpréter le refus d’une femme de s’adonner à une relation sexuelle comme un consentement non avoué. Tout aussi grave, 24% d’entre eux méconnaissent la loi en pensant qu’une fellation forcée ne rentre pas dans la définition du viol. Pour Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association à l’origine de l’étude, il existe une « culture du viol » en France: les coupables ont un sentiment d’impunité, tandis que les victimes culpabilisent. 

Pourquoi avoir commandé cette enquête? 

Chaque année, le nombre de viols explose alors que seules 10% des victimes déposent plaintes et seuls 1% des auteurs sont condamnés. Il y a une tolérance persistante à la violence et une mise en cause des victimes.

 

Comment expliquer la persistance de ces préjugés sur le viol? 

Il y a plusieurs facteurs. D’abord, il existe, en France, une culture ambiante du viol, dans laquelle prédomine une vision prédatrice de la sexualité. Les victimes sont déconsidérées.

Quels sont les mécanismes qui alimentent cette culture du viol? 

Je pense que la pornographie a un effet négatif chez les plus jeunes. Ce sont eux qui sont les plus soumis aux idées reçues sur le viol, en raison d’un manque d’éducation à la sexualité, au consentement et au respect de l’autre. La violence est perçue comme exaltante et non comme destructrice.

Il y a aussi ces références culturelles, dans le cinéma ou la littérature, comme dans la saga 50 Nuances de Grey, où les stéréotypes sont omniprésents. Les femmes y sont présentées comme passives, ne sachant pas ce qu’elles veulent. Comme si c’était un jeu de les faire céder. Tout ceci contribue à banaliser la sexualité brutale.

Le pape François parle « d’invasion arabe » en Europe

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Un entretien à bâtons rompus. Invité au Vatican avec « une délégation d’acteurs du christianisme social », le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire catholique La Vie a pu rencontrer le pape François. Ce journaliste, Jean-Pierre Denis, relate dans un article publié ce mercredi 2 mars les réflexions du souverain pontife sur des sujets tels que l’Europe, la laïcité ou la mondialisation.

S’exprimant devant des catholiques français plutôt marqués à gauche, dont des députés, le pape a tenu des propos « ni verrouillés par un service de communication, ni formulés en langue de bois », assure Jean-Pierre Denis. Effectivement, on retrouve dans ce compte-rendu une franchise qui a de quoi surprendre, notamment lorsqu’il affirme que l’Europe est touchée par une « invasion arabe ». « C’est un fait social », selon le pape.

Huffington Post

La sphère «ultracatholique» fabrique de faux graphiques pour défendre les prêtres pédophiles

C’est un graphique destiné à frapper les esprits, qui connaît un certain succès sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines, notamment dans les sphères « ultracatholiques ». Un cas d’école pour ce qui est de manipuler les chiffres.

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Sur la foi d’un rapport officiel dont l’adresse Internet est rappelée sous le graphe, l’idée est de montrer que les abus sexuels commis sur des enfants par des prêtres catholiques américains sont bien peu de chose, en nombre, par rapport à d’autres professions qui sont au contact d’enfants.

1. Un graphique qui circule depuis 2006 aux Etats-Unis

Voici la version américaine, qui circule depuis 2011 outre-Atlantique dans les mêmes cercles réactionnaires, par exemple ce blog :

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Cette étude et le comparatif fait par son auteure, Charol Shakeshaft, qui avait dit en 2006 que « les abus sexuels sur les élèves des écoles [publiques] sont sans doute 100 fois plus importants que les abus commis par des prêtres [catholiques] », avaient déjà fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis.

Une estimation basse

La Conférence épiscopale américaine a fourni des chiffres plus récents, évoquant 16 787 personnes s’étant signalées comme victimes d’abus sexuels de la part de prêtres entre 1950 et 2012. Soit 270 par an.

Il ne s’agit là, comme pour le chiffre du graphique, que de personnes qui ont, souvent des dizaines d’années après les faits, eu le courage de se signaler auprès des autorités ecclésiastiques. C’est donc selon toute probabilité une estimation basse.

L’église américaine a, chaque année depuis 2003, dédommagé des victimes, sans qu’on sache toujours combien ont bénéficié de ces dédommagements. Une totalisation partielle donne environ 13 000 bénéficiaires entre 2002 et 2009.

Le Monde

Marie veut récupérer son enfant et mord le professeur des écoles

La mère de famille n’avait pas vu son petit garçon depuis le mois de juin et cherchait à le récupérer. Elle comparaissait ce mardi devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

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Marie (le prénom a été modifié) est à fleur de peau, répond sèchement au magistrat. Ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Nîmes, la jeune mère de famille est poursuivie pour avoir mordu une institutrice de l’école maternelle de Sernhac et avoir menacé la directrice de l’école. « Elle bouillonne quand on touche à son enfant », plaide son avocate, Me Françoise Cirre.

Ce premier jour de la rentrée, la mère de famille fonce vers la salle où se trouve son fils et croise la directrice de l’école qui tente de la raisonner. « Laisse-moi passer ou je te mets un pain », lui répond Marie. Dans la classe, une institutrice tente de discuter. Marie lui mord le bras, la frappe d’un coup de pied, récupère son petit garçon « pour le mettre en lieu sûr » et prend la fuite.

La maman a été condamnée à deux mois de prison avec sursis.

Midi Libre

Russie : un internaute athée risque un an de prison pour offenses aux croyants

Un internaute russe se revendiquant athée risque jusqu’à un an de prison pour des propos antireligieux, qui pourraient tomber sous le coup d’une loi punissant « l’offense aux croyants » votée dans le sillage de l’affaire Pussy Riot, a annoncé mercredi son avocat.

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Une nouvelle audience dans le procès de Viktor Krasnov, 38 ans, commencé le 4 février, s’est déroulée mercredi dans un tribunal de Stavropol, dans le sud-ouest de la Russie, a dit à l’AFP son avocat Andreï Sabinine. En octobre 2014, Viktor Krasnov, infirmier de formation au chômage, avait tenu des propos jugés peu respectueux envers les croyants sur un site internet humoristique.

« Si je dis que ce recueil de contes juifs appelé Bible est une vraie c…rie, ça veut dire que c’est vrai, au moins pour moi« , a-t-il écrit avant d’ajouter : « Dieu n’existe pas ». L’un des jeunes interlocuteurs avec lesquels il discutait sur le site, Dmitri Bourniachev, a aussitôt porté plainte contre Viktor Krasnov, qu’il a accusé d' »offenser ses sentiments en tant qu’orthodoxe ».

Viktor Krasnov risque jusqu’à un an de prison en vertu d’une loi votée en 2013 punissant « l’offense envers les sentiments religieux des croyants ».

L’Orient Le Jour

 

Deux écoles juives de Londres supprimaient les femmes des livres scolaires

Elles étaient rhabillées ou tout simplement supprimées. Les femmes n’étaient pas les bienvenues dans les livres de ces deux écoles juives ultra-orthodoxes de Londres. L’inspection académique s’est saisie de l’affaire.

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À Vérone, «il sera interdit d’ouvrir des snacks liés à la culture orientale ou moyen-orientale»

Le maire de Vérone veut préserver la beauté architecturale du centre historique de sa ville en y interdisant les kebabs.

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«Il sera interdit d’ouvrir des snacks liés à la culture orientale ou moyen-orientale.» C’est avec ces mots que Flavio Tosi, maire de Vérone (Italie), a fait part de sa volonté de mettre fin à la présence de certaines enseignes de restauration rapide dans la ville de Roméo et Juliette.

L’agence de presse ANSA rapporte que le maire et les conseillers municipaux aux activités économiques et à l’urbanisme ont présenté fin février une décision approuvée par le conseil communal.

La mairie interdit l’ouverture dans le centre historique de ce qu’elle définit comme des «activités artisanales qui produisent et vendent de la nourriture ethnique».

Cette décision a été intégrée à un autre amendement qui interdisait déjà l’ouverture de snacks qui «proposent 50% ou plus de friture» à la vente. L’Adige.it rapporte qu’il faudra soixante jours avant la publication définitive, pour recueillir les éventuelles réactions des citoyens.

Slate

Discrimination: près de 300 contrôles au faciès en cinq ans selon une association

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Injuste, discriminatoire, abusif et reposant sur « la seule apparence et non sur le comportement »: en moins de cinq ans, 294 personnes disent avoir été victimes de contrôles au faciès, mais seule une infime minorité dépose plainte, affirme mardi le collectif Stop le contrôle au faciès, dans son premier rapport.

« On ne lutte pas contre la police, on lutte pour une meilleure police« , affirme Nassim Lachelache, porte-parole pour Fontenay Citoyen, une association membre du collectif.

Parmi elles, 616 témoignages ont débouché sur des « saisines » du collectif sur des cas précis de contrôles abusifs. Outre le contrôle au faciès (47% des cas), les témoins évoquent des violences physiques (23%), des fouilles et palpations (17,9%), des insultes et propos racistes (respectivement 16,9% et 12,8%), des intimidations – amendes abusives, menaces, racket ou autres – (23%), et des palpations génitales (10%).

23% rapportent des violences physiques « allant de la simple gifle au bras ou au nez cassé, en passant par la brûlure sur le crâne, ou à l’hospitalisation prolongée ».

Mais peu de personnes touchées par ces contrôles abusifs envisagent des poursuites: seuls 4,2% des cas font appel à un avocat, 6,2% ont signalé l’abus au Défenseur des Droits et moins de 1,5% à l’IGPN, la police des polices.

« Alors que 5,3% des plaignants ont souhaité porter plainte contre des policiers, leur plainte a été refusée dans près de 73% des cas« , dit l’association.

Une grande majorité des personnes qui ont contacté le collectif a entre 15 à 25 ans (75%) et constitue un public urbain (65% viennent d’Île-de-France) et masculin, les femmes étant « beaucoup moins contrôlées que les hommes ».

Pas de données à caractère ethnique ou racial « du fait des restrictions légales imposées à la collecte de données personnelles », mais « l’origine, la couleur de peau ou la religion ayant quasiment toujours été mentionnée ».

L’Obs

 

Les « chibanias » de Marseille, oubliées de l’aide à la réinsertion familiale

C’est un rituel hebdomadaire. Comme chaque mardi, des épouses d’anciens travailleurs immigrés se retrouvent dans les locaux de Schebba, une association d’aide aux femmes démunies des quartiers nord de Marseille. Dans ce salon oriental sans faste, les « chibanias » (« anciennes » en arabe) apprêtées aiment à partager leurs joies et surtout leurs galères d’exilées, autour de thé à la menthe sucré.

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Il y a Yamina, pétulante dame de 82 ans, originaire de Tlemcen en Algérie, rattrapée par la peine et l’ennui. Elle a traversé la Méditerranée et s’est installée à Marseille il y a bien longtemps pour suivre son mari, un ouvrier dans le bâtiment attiré par l’euphorie des « trente glorieuses ». Le récit de la vie de Yamina ressemble à celui de la plupart de ces dames réunies aujourd’hui, femmes d’ouvriers immigrés devenues des veuves esseulées et sans le sou. « Même si nos enfants sont en Francevivre seule c’est difficile surtout quand vient la nuit, et qu’il n’y a plus personne », dit Yamina. La parole se libère peu à peu.

Moins de 900 euros par mois

Zina, 76 ans, est elle aussi échouée à Marseille où elle survit avec ses trois enfants et moins de 900 euros par mois. « Entre les factures EDF, le téléphone et le loyer à payer, il ne me reste plus que 100 euros pour les courses, déplore-t-elle. Mais je me débrouille et je reste forte. Et puis, mes enfants m’aident un peu. »

Ces chibanias ne peuvent pas prétendre à la nouvelle aide à la réinsertion familiale mise en place le 1er janvier en France. Ce dispositif permet aux ressortissants étrangers à la retraite, vivant avec moins de 6 600 euros par an et souhaitant séjourner dans leur pays d’origine pendant plus de six mois, de bénéficier d’une allocation de 550 euros mensuels. Près de 35 000 personnes en France sont concernées par cette mesure inscrite dans une loi votée en mars 2007 instituant le droit opposable au logement. Pas les chibanias.

Car elles ne vivent ni en foyer ni en résidence sociale, condition sine qua non pour percevoir cette aide. Du coup, seuls 1 312 retraités immigrés à Marseille, dont une majorité d’hommes, en bénéficient, selon l’Union professionnelle du logement.

« Je n’appartiens plus à l’Algérie »

« On a l’impression d’être des laissées-pour-compte. Pourtant, on a travaillé en France, c’est notre pays. Pourquoi les autres peuvent en bénéficier et pas nous ? », s’interroge Wafiya, Algérienne de 68 ans qui a exercé le métier de femme de ménage en France pendant dix-sept ans.

A Marseille, plus d’un mois après l’entrée en vigueur de la loi, l’engouement est donc relatif. Car même ceux qui sont éligibles au dispositif ne cachent pas leurs craintes de retourner dans leur pays d’origine qu’ils ne connaissent plus vraiment.

Pour Sabah Bekeira, responsable de service sociosanitaire pour les personnes âgées à l’Action méditerranéenne pour l’insertion sociale par le logement, ce nouveau dispositif n’a pas pris en compte « l’élément humain » ni l’attachement que ces personnes, le plus souvent déracinées, ont pour la France.

Autour d’un énième thé à la menthe dans le salon oriental triste de l’association Schebba, Yamina réajuste son foulard en songeant à l’Algérie, à un retour au pays de son enfance si elle avait pu percevoir cette aide. Puis, elle lâche : « Cela me manquerait. En quelque sorte, je suis française, je n’appartiens plus à l’Algérie ».

Le Monde