David Rachline, un ancien proche de Soral nommé directeur de campagne de Marine Le Pen

La nouvelle devrait être officialisée ce week-end : le sénateur-maire de Fréjus David Rachline sera le directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle. StreetPress revient sur les liens qu’il a longtemps entretenus avec Alain Soral. 

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Alain Soral tracte avec David Rachline et Marine Le Pen lors des municipales 2008

SORAL ET RACHLINE SUR LES ROUTES DU POITOU

Une campagne pour l’élection présidentielle de 2007 à laquelle participait déjà le tout jeune David Rachline et un certain… Alain Soral. Les deux hommes étaient alors très proches. Nous avions tenté d’interroger David Rachline sur cette amitié aujourd’hui très encombrante. Il avait refusé de répondre à nos questions.

Le journaliste Claude Askolovitch, lui, se souvient. Fin 2006, il avait accompagné, sur les petites routes du Poitou, Soral et Rachline en quête de parrainages pour la candidature de Jean­Marie Le Pen à la présidentielle 2007. Rachline, gamin de 20 ans, encore subalterne au FN, était admiratif de ce grand frère rebelle qui lui apprenait la vie à coups de discours sur la vie et le rock, raconte Askolovitch.

De cette amitié, il ne reste qu’une vieille tribune sur un blog régional du FN où il se présente comme un « ancien membre d’Égalité & Réconciliation ». [Depuis la parution de ce livre, StreetPress a pu consulter les listings des anciens adhérents d’E&R dans lesquels son nom apparait.] De quoi alimenter les sarcasmes de ses anciens camarades, comme Thomas Joly qui exerça avec lui des responsabilités au Front national de la Jeunesse :

« Quand on voit où en est Rachline aujourd’hui, c’est très amusant de savoir qu’à une époque il rigolait avec des gens radicaux pour essayer de se faire une petite place. »

AVANT LE FRONT

Les liens qui unissent Rachline et Soral sont même antérieurs à l’arrivée officielle de ce dernier au FN. Courant 2005, le futur boss d’Egalité & Réconciliation compte déjà de nombreux relais officiels à l’intérieur du parti, comme Farid Smahi, à l’époque membre du bureau politique. « C’est moi qui lui ai présenté Jean-Marie ! » plastronne celui-ci. Champion de water-polo et fils de harkis, Smahi a longtemps joué le rôle de rabatteur pour le FN auprès des musulmans. Jusqu’à son fracassant départ lors du congrès de Tours 2011, où il déclare, devant la presse et des militants estomaqués, « en avoir marre d’être le bougnoule de service ».

Pendant les années 2000, il anime au sein du parti le cercle Arabisme et Francité. Ce club confidentiel a vocation à insuffler des idées nationalistes chez les Français musulmans. D’après cet homme trapu, l’initiative aurait incité Soral à se rapprocher du FN. Ce dernier le contacte par téléphone, puis ils en viennent rapidement à prendre des verres ensemble. Dès les premières réunions, le futur sénateur et maire de Fréjus, David Rachline, les accompagne.

SORAL EN PLACE AU FRONT

Aujourd’hui, le passage d’Alain Soral au FN est un sujet tabou. Marine Le Pen, Louis Aliot, Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just : aucun n’a donné suite à nos demandes d’interviews, sans doute trop gênés par le parcours de leur ancien camarade.

Il fut un temps pourtant où Marine Le Pen elle-même tenait un autre discours sur Alain Soral. Novembre 2006 à la fête des Bleu-Blanc-Rouge, la grande rencontre annuelle des sympathisants du Front national. Le stand des Jeunes avec Le Pen organise un karaoké dans un coin du Parc des expositions du Bourget. Dans une ambiance endormie de fin de kermesse, Marine Le Pen reprend à tue-tête Femme Libérée, le hit des années 80 du groupe Cookie Dingler. Sitôt la chanson terminée, elle appelle Alain Soral, « l’immense écrivain», à venir la rejoindre sur la petite scène improvisée pour chanter Ma gueule de Johnny Halliday.

 

La future présidente du Front national, légèrement éméchée, harangue son public clairsemé : « Il a beaucoup de talent de plume, il va aussi nous montrer qu’il a des talents de chanteur ! » Puis elle lui tend le micro.Alain Soral devient une personnalité de l’extrême droite alors qu’il était jusqu’ici un essayiste borderline venu de la gauche. Encore aujourd’hui, il entretient des liens d’amitiés avec des proches de Marine Le Pen, comme les anciens Gudards Philippe Péninque et Frédéric Chatillon.
Street Press
 

Le FN lance une fausse rumeur sur le sacrifice de l’Aïd dans un gymnase à Saint-Nazaire

Dans un communiqué, le parti d’extrême droite colporte une rumeur évoquant un sacrifice dans un gymnase. La police, présente sur le site, lundi, a démenti, comme la Ville.

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Le groupe Saint-Nazaire Bleu marine lance une nouvelle polémique au lendemain de la célébration de l’Aïd-El-Kebir. Le parti d’extrême droite évoque l’accomplissement du sacrifice d’animaux dans un gymnase prêté par la Ville aux Musulmans.

Une rumeur démentie par la Ville qui a loué, et non prêté, le gymnase Fogel, lundi de 7 h à 12 h environ. La police, les pompiers et la Protection civile était sur place, à l’extérieur mais aussi à l’intérieur de la salle. Le commissariat dément le moindre sacrifice.

« La réalité est simple : les représentants du Front national sont des menteurs. Aucun animal n’a, bien évidemment, été abattu dans l’enceinte d’un gymnase municipal. Encore une fois, ils essayent de diviser les Français. Leur haine déborde et ce sont tous nos compatriotes de confession musulmane qui sont l’objet de leur mépris« , réagit le maire David Samzun, dans un communiqué.

Ouest France

Jean-Marie Le Pen va financer la campagne présidentielle de sa fille

Marine Le Pen a beau vouloir prendre ses distances avec l’image du parti tel que façonné par son père, il y a des ficelles propres au Front national « canal historique » qui s’avèrent bien pratiques. 

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Comme le rapporte ce lundi 12 septembre Le Parisien, la Cotelec, association fondée en 1988 pour financer les élections du FN et aujourd’hui toujours présidée par Jean-Marie Le Pen, sortira bien le chéquier au bénéfice de la campagne de Marine Le Pen. Et ce en dépit des menaces du « menhir » de présenter ses propres candidats aux législatives de 2017

Un soulagement pour l’équipe de campagne de la présidente du FN, « qui peine à rassembler les 15 millions d’euros nécessaires à sa course à l’Elysée et les 15 millions d’euros supplémentaires qu’il lui faudra débourser dans la foulée pour les législatives ».

La situation est plutôt cocasse au regard du sort réservé par le FN à Jean-Marie Le Pen, exclu du parti qu’il a cofondé il y a un an. Mais dans son entourage, on soutient que, malgré les désaccords qu’il a avec sa fille, « le FN, c’est l’oeuvre politique de Jean-Marie Le Pen ». À noter, ce n’est pas la première fois que le FN tape dans les caisses gérées par le patriarche malgré son éviction du parti.

Le précédent des élections régionales

Pour les élections régionales, la Cotelec avait débloqué des fonds pour financer les campagnes de plusieurs candidats frontistes, dont Nicolas Bay et Walleyrand de Saint Just, deux membres du bureau politique ayant voté pour son exclusion. Alors, comment interpréter la générosité de cette association domiciliée chez Jean-Marie Le Pen?

Aussi, à en croire le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, les finances du parti sont à la peine, le FN n’arrivant pas à trouver des financements auprès des banques: « Pour l’instant, nous avons essuyé des refus de toutes les banques. Si elles persistent à refuser de faire leur boulot, on le dénoncera publiquement et on fera un large appel aux dons et aux prêts ».

Huffington Post

«On ne peut pas être français sans être blanc» les identitaires ouvrent un bar privé à Lille

La Citadelle, un club privé douillet comme un estaminet flamand, sera inaugurée le 24 septembre à deux pas de la Grand-Place. Génération identitaire, mouvement de jeunesse d’extrême-droite, aura désormais pignon sur rue.

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« On ne peut pas être français sans être blanc »

Pas mécontent, Aurélien Verhassel. En 2014, au sortir d’une médiatique opération de « sécurisation » du métro, le trentenaire l’avait promis : Génération identitaire allait se doter d’un pied-à-terre lillois. Mission accomplie dès janvier 2015 et la location d’un immeuble de cachet au cœur de la ville. Le cercle privé, accessible sur adhésion, sera inauguré le 24 septembre prochain, après 18 mois de travaux. Le dogme ethnique des identitaires, pour qui « on ne peut pas être français sans être blanc, sauf exception », n’a visiblement pas refroidi le propriétaire.

Pour son QG lillois, le mouvement de jeunesse « flamand, français et européen », violemment anti-immigrés, a choisi le nom de « Citadelle ». Dans la ville de la reine des citadelles, le symbole s’imposait : « Une citadelle, on s’y retranche quand on est assiégés, mais on peut aussi y lancer la reconquête. » Pour les identitaires, obsédés par le concept de « grand remplacement» en vogue dans l’extrême-droite, Roubaix est ainsi une ville « occupée par les populations étrangères ».

L’identitaire ne se prive pas du plaisir de ressortir une affiche maison barrée du slogan « On ne recule plus », désormais adopté par les Copé et autres Sarkozy. « Ce sont nos porte-paroles », rigole Verhassel. Qui n’en préfère pas moins l’original à la copie et assurera à Marine Le Pen, l’an prochain, le soutien de la Citadelle lilloise.

Absent lors du vote de la vente du terrain, le FN conteste la future mosquée de Saumur

Jusqu’à présent, le Front National était resté muet sur le projet de construction d’une nouvelle mosquée à Saumur.

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Aymeric Merlaud, responsable fédéral FN du Maine-et-Loire

Monique Lieumont-Briand, seule élue FN du conseil municipal de Saumur, était absente le 1er juillet lors du vote de la vente par la mairie d’un terrain sur lequel la mosquée doit être construite par l’association culturelle des musulmans de Saumur.

Cette vente fait aujourd’hui l’objet d’un recours devant le tribunal administratif à l’initiative d’un collectif de contribuables.

Dans un communiqué co-signé, Aymeric Merlaud, conseiller régional et nouveau responsable fédéral FN du Maine-et-Loire, et Monique Lieumont-Briand, le FN tape à la fois sur la gauche et sur la droite saumuroise.

Le FN estime en effet « scandaleux que la majorité socialiste s’essuie de cette cette façon les pieds sur les principes de la laïcité en feignant de ne pas voir le problème. Il est aussi scandaleux que la droite se cache derrière une association et derrière des prétextes financiers pour contester cette mosquée car ce n’est pas la seule question, même si elle est légitime. Ce silence des élus de droite Les Républicains/UDI est coupable et complice ».

Courier De L’Ouest

Yvelines : un élu FN retrouvé mort attaché durant un « jeu sexuel »

Une enquête a été ouverte vendredi matin après la découverte du corps sans vie d’un élu de Mantes-la-Ville dans les Yvelines.

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Le corps de l’adjoint aux sports du maire de Mantes-la-Ville dans les Yvelines a été découvert par la police à son domicile vendredi matin, révèle Le Parisien.

Selon les informations du quotidien, cet élu de la municipalité Front national, Dominique Ghys, né en 1953, a été retrouvé attaché dans ce qui s’apparenterait à un « jeu sexuel ». La police judiciaire de Versailles a ouvert une enquête.

Europe 1

Autoritarisme, népotisme de Stephane Ravier, des élus FN désertent son cabinet

Autoritarisme, népotisme… les élus FN des quartiers nord de Marseille désertent. En cause, les mauvaises manières du maire lepéniste Stéphane Ravier.

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C’est au cœur même du cabinet du maire que la série de démissions a débuté. Adrien Mexis, le premier, a claqué la porte. C’était en novembre 2015, et ce jeune homme de 32 ans symbolisait ces nouvelles recrues d’un FN «moderne» sur lesquelles mise Marine Le Pen. Surdiplômé, Adrien Mexis est d’abord passé par le cabinet de Xavier Bertrand, alors ministre du gouvernement de Villepin, avant de devenir élu de la commune d’Istres (Bouches-du-Rhône) et, enfin, chef de cabinet de Stéphane Ravier, sénateur-maire FN des 13e et 14e arrondissements de Marseille.

A l’automne dernier, donc, il démissionne. Quatre mois plus tard, en février, la directrice générale des services, Marie-Dominique Desportes, 42 ans, lui emboîte le pas. Membre du cabinet de Daniel Simonpieri, maire FN de Marignane à la fin des années 90, sectaire mais expérimentée, elle incarnait plutôt la «vieille garde» du FN.

« Il est ingérable, colérique, il casse des portes »

Tous deux laissent filtrer dans la presse locale la cause de leur départ : l’attitude du maire, Stéphane Ravier, un homme autoritaire et méfiant, restreignant sa confiance à une équipe de quelques fidèles. Goguenard, l’intéressé se félicite alors du départ de ses deux collaborateurs. Mais l’hémorragie reprend de plus belle. Deux élus prennent la fuite à leur tour : Karine Harouche et Karim Herzallah. La première rejoint le banc des non-inscrits, quand le second, transfuge fêté de l’UMP en février 2015, plaque tout. A l’un comme à l’autre, le maire avait promis une délégation qui n’est jamais venue. «En deux ans, j’ai présenté des tas de projets, se plaint Karim Herzallah. Je n’ai eu aucune réponse. Ces gens-là ne foutent rien. On dirait qu’ils ne sont là que pour toucher leurs indemnités.» L’ex-conseiller municipal n’est pas tendre avec son maire, Stéphane Ravier : «Il est ingérable, colérique, il casse des portes, jette par terre sa tablette numérique en plein conseil municipal.» Il glisse même que ses origines maghrébines ne seraient pas pour rien dans sa disgrâce…

« Tous ceux qui partent sont des aigris ! »

Au début de l’été, Paul Rabia, ancien légionnaire, chauffeur routier, recruté au FN en 2011 par Louis Aliot, vice-président du FN, a déserté à son tour. A la mairie, il était chargé des anciens combattants et met en cause, lui aussi, les mauvaises manières du maire. «On ouvre mon courrier, comme celui des autres adjoints d’ailleurs, proteste-t-il. Quand j’envoie une lettre à une association, je dois la faire valider par le maire.» Mais ce qui l’a le plus choqué, ce sont les appels au «sang neuf» répétés par Marine Le Pen. «J’ai 59 ans. Alors que je me lève à 3 heures du matin pour travailler, je n’ai manqué aucune distribution de tracts, j’ai collé des affiches, j’ai milité, et on me dit qu’il faut laisser la place aux jeunes pour les élections !» Sa rancœur a été alimentée par la carrière foudroyante de Sandrine d’Angio, 34 ans, conseillère municipale, communautaire et régionale, présentée par son parti aux départementales… et nièce de Stéphane Ravier.

Dernier départ en date, celui de René Annibaldi, adjoint chargé des sports, débarqué par le maire début juillet. Figure du sport marseillais, âgé de 73 ans, il a été écarté des manifestations officielles ainsi que de la célébration des mariages.

Marianne

Fréjus : le maire FN invite un chanteur nostalgique de l’ « Algérie française »

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Les barricades, Le loup de guerre, Diên Biên PhuNi rouge ni mort… Samedi 27 août, le théâtre romain de Fréjus (Var) devait résonner de chansons aux titres évocateurs, en tout cas parmi les rapatriés d’Algérie et leurs descendants, ou au sein de la « droite nationale ». Jean-Pax Méfret, 71 ans, surnommé « le chanteur de l’Occident », est invité à se produire dans la ville dirigée par le maire Front national David Rachline.

Un événement pour cet ancien journaliste, archétype du chanteur politique – comme il en existe à droite et à gauche. Ces dernières années, il est rarement monté sur de grandes scènes pour faire entendre sa nostalgie de l’Algérie française, son respect des parachutistes ou encore son dégoût face à « toutes ces insultes crachées sur la France que l’on traite de pute ».
Le Monde

Florian Philippot veut interdire le voile, la croix, et la kippa… dans la rue

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Sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin, le vice-président du Front national Florian Philippot a développé les positions du parti d’extrême-droite sur la question de la laïcité. Selon le député européen, le FN prévoit, en cas d’accession au pouvoir, d‘interdire tous les signes religieux ostentatoires dans l’espace public, rue comprise. 

« Nous allons étendre la loi de 2004. On s‘est rendu compte qu’elle était excellente. Nous allons la faire appliquer dans la rue. Le voile, la grande croix, la kippa. Pour que ce soit constitutionnel, il faut que ça concerne les signes religieux ostensibles » selon Florian Philippot.

Pour autant, pas question pour le proche de Marine Le Pen d’interdire les processions religieuses ou le port par le personnel religieux de tels signes.

BFM

Philippot : «Il faut interdire tous les signes religieux ostensibles dans l’espace public»

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Florian Philippot a la laïcité chevillée au corps. Certes, il s’agit d’une conception très personnelle de la laïcité, l’élu du Grand-Est n’hésitant pas, par exemple, à défendre le Concordat en Alsace-Moselle au nom de la laïcité alors qu’il s’agit pourtant, en l’espèce, d’une exception au principe de laïcité et à la séparation de l’Eglise et de l’État. Il n’empêche : le n°2 du Front national veut que son parti soit perçu comme le garant de la laïcité en France, peu importe la définition qu’on appose à cette notion.

Nouvel exemple en cette douce fin d’un été marqué, entre autres, par un grand débat sur le port du burkini en France. Le vice-président du FN y est opposé. Il n’est pas le seul : plusieurs maires ont décidé d’interdire sur les plages de leurs communes le port de ce vêtement destiné aux femmes désirant se couvrir pour se baigner.

Florian Philippot va plus loin. Interdire le burkini, c’est bien. Mais il faut, pour le n°2 du FN, déjà penser à l’étape d’après. Interrogé par Atlantico dimanche 21 août, l’élu frontiste réaffirme la volonté du FN d’interdire dans l’espace public les « signes religieux ostensibles ». Il dit :

Sur les signes religieux ostensibles, je renvoie à  notre proposition de 2012, au moment de la campagne présidentielle. La question va devoir se poser. On parle du burkini, mais on ne pourra pas laisser les maires seuls avec leurs arrêtés municipaux. Il faut réfléchir au bannissement des signes religieux ostensibles dans l’espace public.

Et c’est là que le Lab ressort la boîte à archives. Car concernant les propositions du FN sur les « signes religieux ostentatoires » en 2012, il y a deux écoles : celle d’avant l’élection présidentielle et celle d’après.

Dans son programme présidentiel de 2012, Marine Le Pen écrivait ceci :

Les signes religieux ostentatoires seront interdits pour les agents comme pour les usagers du service public.

« La multiplication des voiles, la multiplication des burqas et leur insertion dans le service public est choquante pour les Français », avait-elle encore déclaré durant la campagne. L’interdiction se limitait donc aux services publics. Le reste de l’espace public n’était pas concerné.

Ce n’est qu’après l’élection présidentielle que Marine Le Pen a formulé une interdiction plus stricte de tous les signes religieux ostentatoires dans l’espace public. Interrogée par Le Monde en septembre 2012, la présidente du FN s’était dite favorable à l’interdiction du voile dans « les magasins, les transports, la rue… ». « Il est évident que si l’on supprime le voile, on supprime la kippa dans l’espace public« , ajoutait-elle avant d’expliquer qu’une « dictature laïque » valait mieux qu’une « dictature religieuse » :

Je remarque que dans les pays où il y a eu des dictatures laïques, les populations vivaient incontestablement mieux, avaient plus de libertés individuelles que sous des dictatures non pas religieuses, mais de fondamentalisme islamique.

« L’été que nous vivons nous le rappelle : avec le burkini, ce qui s’est passé à Sisco (voir ici), le centre aquatique qui devait être privatisé pour des femmes en burkini (voir ici), etc. Ce sont ces capitulations que subissent maintenant quotidiennement les Français. La République, la laïcité et la loi ont cédé, capitulation après capitulation, depuis des années et des années », lance Florian Philippot. Une « démission » de l’État qui, d’après lui, « mène à l’affrontement ».

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ». Le port d’un voile, d’une kippa ou même d’une soutane en pleine rue est donc autorisé en France, tant que cela ne créé pas de troubles à l’ordre public.

En revanche, depuis 2010, la loi française interdit « la dissimulation du visage dans l’espace public ». Le port de la burqa et du niqab, entre autres, est donc prohibé dans la rue en France.

Le Lab

Tout comme Manuel Valls, MLP soutient l’interdiction du Burkini et appelle à le «proscrire»

La présidente du Front national Marine Le Pen a apporté aujourd’hui son soutien aux maires – majoritairement de droite – qui ont interdit le port du burkini sur les plages de leur communes. 40651dec354a7b47551842b6c82e54e5938da1f6

« Bien sûr le burkini doit être proscrit des plages françaises, où il n’a strictement rien à faire. C’est une question de laïcité républicaine, d’ordre public, assurément ; mais bien au-delà, c’est de l’âme de la France dont il est question », a-t-elle écrit sur son blog.

« La France n’enferme pas le corps de la femme, la France ne cache pas la moitié de sa population, sous le prétexte fallacieux et odieux que l’autre moitié craindrait la tentation », a ajouté Marine Le Pen pour qui « les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim, pas celles de lugubres belphégors ».

« Les Françaises, les Français, et je le sais un très grand nombre de Françaises musulmanes qui rejettent de toutes leurs forces l’islamisme, attendent qu’on tienne bon sur cette question de principe et de coeur », a-t-elle encore souligné. Ainsi, selon la présidente du FN, il est « bien » que « quelques maires UMP et PS interdisent le burkini dans leur commune ».

La Provence

L’ancien légionnaire et électeur FN voulait «tuer des musulmans», il échappe à la prison

Bonsoir Monsieur. Je vais me venger sur des musulmans. Des appels au 17 comme celui-ci, les fonctionnaires du commissariat de Poitiers en ont reçu quatre, dans la nuit du 22 au 23 juillet. Au bout du fil, c’était Nicolas, 44 ans, un ancien de la Légion étrangère.

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«  Peur des représailles  » : huis clos refusé
« Trop, c’est trop, je vais en descendre. S’il y a un Arabe qui se met en travers de mon chemin, je vais le tuer […] Je sens que je vais tuer […] Je vais me venger. J’irais en prison. Je ne sors plus sans une arme. La France est en danger. »

A un autre policier, à qui il confie voter « Front national depuis toujours », il insiste : « Demain ou après-demain, je vais tuer deux ou trois musulmans. »

Présenté la semaine dernière en comparution immédiate à la barre du tribunal correctionnel de Poitiers, Nicolas paraissait beaucoup moins sûr de mettre à exécution ses envies meurtrières. Après avoir tenté de demander un huis clos « par peur des représailles, si je suis amené à rejoindre le centre de détention » – refusé par le tribunal – ce « défenseur de la France », comme il se décrit, a simplement expliqué ses appels aux meurtres par une alcoolisation massive.

Le président du tribunal s’agace : « Est-ce que vous comprenez que ces propos sont choquants et interdits par la loi ? » « Oui. Mais vous savez, je n’ai jamais fait de mal à une mouche. » Voire.
Avec 17 mentions au casier judiciaire, dont 13 condamnations, le procureur a du mal à y croire. 

« Vous imaginez bien que le contexte national, conjugué aux antécédents judiciaires de Monsieur, sont une atteinte au vivre ensemble. Ses menaces sont exclusivement ciblées sur les Arabes et les musulmans. Nous sommes dans un amalgame extrêmement dangereux. »

Pour protéger la société, le procureur requiert trois mois de prison et l’incarcération. Les juges ont opté pour deux mois. Sans mandat de dépôt. Nicolas a évité de peu d’hypothétiques « représailles » au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne.

La Nouvelles République

Le journaliste à l’origine de l’interview polémique de l’imam de Nice, est proche du FN

Luca Steinmann, l’auteur de l’interview polémique de l’imam, « avait été chargé d’assurer les relations avec la presse française pour le compte de Marion Maréchal-Le Pen » à Milan.

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L’entretien devait être anodin, mais il pourrait avoird’importantes conséquences pour Abdelkader Sadouni. Le 16 juillet, à Nice, deux jours après l’attentat terroriste qui a tué quatre-vingt-quatre personnes, cet imam de la mosquée Attaqwa reçoit un journaliste italien dans sa librairie islamique.

Le reporter vient recueillir les impressions de l’imam, bien connu à Nice, sur la place de l’islam en France et la radicalisation de certains jeunes musulmans. Trois jours plus tard, l’interview est publiée sur le site Internet du quotidien Il Giornale, avec le titresuivant : « L’imam de Nice : “La laïcité française est responsable des attentats” ». L’intéressé nie avoir prononcé cette phrase, que l’on ne retrouve pas dans le corps de l’interview, tout comme il nie avoir tenu d’autres propos qui lui sont prêtés. Mais le mal est fait.

Le Front national, par la voix d’Olivier Bettati, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, demande à Manuel Valls d’« expulser du territoire » cet imam,qui est de nationalité française. Une pétition est lancée par le FN pour réclamer la fermeture de la mosquée Attaqwa, et recueille plus de 9 000 signatures. La préfecture des Alpes-Maritimes prend l’affaire au sérieux, puisqu’un signalement est transmis, le 22 juillet, au parquet, qui ouvre une enquête. M. Sadouni est connu pour sa proximité avec les idées d’Hani Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans. La menace d’une fermeture administrative de la mosquée est brandie.

Cabale du Front national

« Ce sont des propos que je n’ai jamais pensés, et encore moins prononcés. Je suis l’objet d’une cabale du Front national : ils ont monté une machination pour se venger de mes prises de position contre eux », se défend l’imam, qui avait notamment appelé à voter contre le parti d’extrême droite aux élections régionales, en 2015. L’intéressé a porté plainte pour diffamation, le 28 juillet, contre Il Giornale et son journaliste.

Contacté, Luca Steinmann, l’auteur de l’interview, est peu prolixe. « S’il dit qu’il est manipulé, c’est son droit », assure M. Steinmann, qui ne veut pas dire si l’entretien a été enregistré ou non. Le journaliste avait été chargé, en mars, d’assurer les relations avec la presse française pour le compte de Marion Maréchal-Le Pen, à l’occasion d’un déplacement effectué à Milan par la députée de Vaucluse.

« C’est un journaliste de droite qui a une proximité avec la Ligue du Nord [parti italien allié du FN]. »

Le Monde

« Et ta sœur, elle est cabossée ? » : la fine com du FN de Fréjus

Le chargé de communication de David Rachline, le maire FN de Fréjus, a insulté un internaute qui se plaignait sur Twitter du mauvais état d’une route.

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Au Front national, on ne s’embarrasse pas d’une com trop raffinée. Jeudi 28 juillet, comme l’a remarqué Le Canard enchaîné, un internaute interpelle sur Twitter le maire FN de Fréjus, dans le Var. Il s’agit de David Rachline, élu maire en 2014 avant de devenir sénateur dans la foulée. L’habitant demande des comptes au sujet d’une route abîmée de la commune. Les propos sont, certes, provocateurs, mais pas injurieux : « Dis David Rachline, la rue parallèle à celle du front de mer est bien cabossée. En voiture, c’est Paris-Dakar. Est-ce normal ? #GestionFN ».

 

Médusé, l’internaute, qui se fait appeler « Concupiscence » sur Twitter, va alors recevoir quelques minutes plus tard une réponse haute en couleur du chargé de com de Rachline, un certain Jérôme Cochet : « Et ta sœur ? Elle est cabossée, elle ? » S’ensuit une série de tweets dans laquelle l’internaute réclame des excuses. Il explique que sa mère paie des impôts pour son appartement de Fréjus, et qu’il est inadmissible d’être traité ainsi. Sur le ton de l’humour, le jeune homme ajoute : « Énerver ma mère est super dur, mais Jérôme Cochet et David Rachline l’ont brillamment fait. Elle est prof de russe à la fac. » Et David Rachline d’enfin accorder une réponse : « On tremble. »

Le point