La directrice d’une ONG poursuivie en Serbie pour avoir parlé de «génocide» à Srebrenica

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Ce lundi, le monde entier commémore la tuerie perpétrée il y a 21 ans en Bosnie. Mais à Belgrade, il est dangereux de briser le tabou

Recevoir menaces et invectives est presque devenu une habitude pour Anita Mitic. À 26 ans, la directrice du bureau serbe de l’ONG Youth Initiative for Human Rights (YIHR, Initiative de la jeunesse pour les droits de l’homme) en est régulièrement la cible. «Il y a quelques jours, nous avons encore été publiquement pris à partie par un politicien pour avoir demandé de faire voter la reconnaissance du massacre de Srebrenica comme un génocide», raconte-t-elle.

L’exécution à Srebrenica, en Bosnie, de plus de 7000 musulmans à partir du 11 juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie est l’un des sujets les plus sensibles dans le pays, vingt et un ans après les faits. Mais c’est également un puissant tabou dans la Serbie voisine. Si le président a demandé pardon pour le massacre, les autorités réfutent toujours le terme de «génocide».

L’une des principales activités de YIHR est d’œuvrer à la réconciliation régionale en poussant à reconnaître les crimes commis pendant les guerres des années 1990. L’organisation rend ainsi hommage aux victimes de Srebrenica chaque 11 juillet, jour officiel des commémorations.

La persistance de l’organisation est ce qui vaut aujourd’hui à sa directrice d’être poursuivie en justice pour avoir «illégalement organisé un rassemblement pour commémorer le «génocide» de Srebrenica» à Belgrade en 2015. «Nous avions prévu un rassemblement, autorisé, devant le Parlement. Il a été annulé au dernier moment en invoquant des raisons de sécurité», explique la jeune femme.

L’ONG décide alors de maintenir la manifestation, malgré les nombreuses menaces. Des groupuscules d’extrême droite les attendent sur place. «Ils nous jetaient des objets dessus, nous poussaient», se souvient Anita

Mitic. Quelques jours plus tard, elle reçoit une convocation au tribunal. Mais pas les membres des groupes ultranationalistes.

La Serbie connaît depuis plusieurs années une tendance inquiétante au retour au nationalisme des années 1990 et à la glorification des responsables de crimes de guerre. Dans son dernier rapport sur l’état de la justice transitionnelle, le Centre sur le droit humanitaire décrit la Serbie comme une oasis pour des milliers de criminels qui ne sont pas inquiétés par la justice serbe et pour ceux qui ont été condamnés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie qui rentrent au pays accueillis en héros.

Ceux qui osent élever une voix discordante sont immédiatement dénoncés. Les députés qui demandent un vote sur la reconnaissance du génocide de Srebrenica sont des «traîtres» attaqués par leurs pairs. Les activistes qui parlent de devoir de mémoire sont pris à partie par les tabloïds et la télévision. «Une fois, une émission a même affiché mon profil Facebook sur grand écran», se souvient Anita Mitic.

Pas question pour autant d’abandonner la cause. Pour la jeune femme, la persévérance est la clef pour inverser la tendance. Ce lundi soir, elle allumera à nouveau des bougies en mémoire des victimes de Srebrenica. «C’est le plus persistant qui gagnera», assure-t-elle, convaincue que l’avenir lui donnera raison.

24 Heures

Fête de la musique: quand le maire FN de Villers-Cotterêts tente de museler les artistes

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Par peur de se faire critiquer par les artistes qui se produiront dans sa commune pour la Fête de la musique, le maire FN de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne, a intégré une clause à leur contrat, avant de se raviser.

Le propriétaire du Figaro impliqué dans une tentative de meurtre, le journal censure l’info

Serge Dassault le figaro justice essone

Younès Bounouara, principal agent d’influence de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, a été condamné mercredi à quinze ans de réclusion pour tentative d’assassinat, soit trois années de plus que les réquisitions, au terme d’une défense très agressive.

Le verdict est embarrassant pour le milliardaire et ancien maire de Corbeil. D’autant que la saga judiciaire du système Dassault est loin d’être terminée: deux autres affaires sont à venir.

MediaPart

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Younès Bounouara, accusé de tentative d’assassinat sur Fatah Hou le 19 février 2013 à Corbeil-Essonnes, sera fixé sur son sort ce mercredi soir. Ce mardi, l’avocat général a requis douze ans de réclusion criminelle à l’encontre de cet homme de 43 ans, proche de Serge Dassault.

L’ombre du milliardaire, qui n’a pas honoré sa convocation pour témoigner à l’audience, aura plané tout au long des débats. Ce règlement de compte trouve son origine dans le 2 M€ donnés par l’ex-maire de Corbeil à Younès Bounouara. Argent qui aurait dû, selon Fatah Hou, être redistribué aux intermédiaires recrutés aux Tarterêts afin d’assurer l’élection de Jean-Pierre Bechter, bras droit de Dassault, aux municipales de 2010.

L’avocat général a rappelé un contexte dans lequel Serge Dassault a distribué de l’argent pour « financer des projets, payer des permis… afin de créer de la paix sociale ». Sur les faits il rappelle que l’accusé, après une première altercation verbale avec la victime, est allé chercher une arme. Que lorsqu’il a vu Fatah Hou arriver en voiture, il s’est dirigé « calmement vers le véhicule et a tiré volontairement pour donner la mort » et qu’il a lors de l’instruction « adapté ses versions en fonction de l’évolution de la procédure ».

Le Parisien

Procès que le journal du milliardaire (Le Figaro) pourtant habituellement friand de délinquance et de cités n’a pas jugé bon de couvrir.

Le maire FN de Cogolin fait censurer la chanson « Aïcha » d’un spectacle de fin d’année

Marc-Etienne Lansade cologin fn censure aicha roms racisme

Nouvelle polémique à Cogolin, commune du Golfe de Saint -Tropez de 11.600 habitants dirigée par le Front national. 

Après avoir, s’être mis en scène dans une vidéo tournée dans un camp de Roms en cours de destruction. Après avoir l’an passé, interdit la représentation de danses orientales à une association, le maire Marc-Etienne Lansade, aurait fait pression sur une des écoles de sa ville pour qu’elle retire la chanson « Aïcha »  – écrite par Jean-Jacques Goldman et interprétée par Khaled – de son spectacle de fin d’année prévu le 14 juin. Un projet pédagogique pour les élèves de CM1-CM2 sur le thème d' »un voyage en Méditerranée » avec des chansons italiennes, grecques, françaises et donc orientales.

Si toutes les subventions accordées aux écoles de Cogolin ont baissé de 25% cette année, celle dédiée au groupe scolaire Fontvieille a été, dans un premier temps, amputée de 64%.

« Rien à voir avec le choix de la chanson », dit le maire, qui n’a pas souhaité être enregistré. Il fallait refaire la climatisation dans cette école. L’élu parle de « corrélations capilotractées ».

L’Inspecteur d’Académie est directement intervenu jeudi auprès du maire pour qu’il revoit sa position. Face à la polémique et « pour taire les rumeurs », dit le maire Marc Etienne Lansade, la subvention de l’école concernée vient d’être réévaluée.

France Inter

Censure de Black M : Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants dénonce « un pas vers le totalitarisme »

todeschini

Vous venez de publier un communiqué dans lequel vous dénoncez le « déferlement de haine, d’injures et de menaces » contre Black M. Sur I-Télé, vous avez même parlé de « premier pas vers le fascisme »…

C’est même un pas vers le totalitarisme. Comment accepter des menaces contre l’intégrité physique du maire de Verdun et même du chanteur? Comment accepter de telles violences? Dans une démocratie, c’est intolérable. Le gouvernement condamne avec force une campagne de haine qui porte atteinte à la liberté d’expression et de création.

Cette campagne est menée par les mêmes que ceux qui ont sifflé François Hollande sur les Champs-Elysées [le 14 juillet ou le 11 novembre] ou ceux qui ont porté atteinte à la mémoire de Jean Zay [lors de son entrée au Panthéon]. Cela est d’autant plus inacceptable que ça intervient lors de moments solennels qui devraient réunir la Nation.

L’Express

Le FN exige la «dissolution» de #NuitDebout

Marine le pen colere atatque fn front national

Le FN a demandé mercredi la dissolution de «Nuit Debout», qu’il qualifie de «centre opérationnel du saccage de Paris», alors que la Place de la République est occupée depuis le 31 mars et que des incidents ont eu lieu mardi gare Saint-Lazare.

«Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités, quelque soit leur degré de bienveillance à l’égard de ce mouvement de protestation qu’ils ont eux-mêmes déclenché. Devenu source de violences et de dégradations, le mouvement +Nuit debout+ doit être dissout, les casseurs arrêtés et livrés à la justice, et la place de la République sécurisée, et rendue à tous les Parisiens», écrit dans un communiqué le président du groupe FN au Conseil régional d’Ile-de-France, Wallerand de Saint-Just.

Libration