Trois ans de prison avec sursis ont été requis jeudi 3 mars devant la cour d’appel de Chambéry à l’encontre d’un ancien policier de la brigade anticriminalité (BAC) accusé d’avoir gravement blessé un marginal en 2010.

Le policier, Pierre Lombard, 45 ans, avait été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, par le tribunal correctionnel de Chambéry en mars 2015. «Une peine d’une sévérité exceptionnelle», a décrit l’avocat général Bernard Beffy, disant ne pas voir «l’utilité» d’envoyer le prévenu en prison.
Après les faits, la victime, Mickaël Verrelle, 35 ans, a passé plusieurs semaines dans le coma avec son pronostic vital engagé. Le crâne parcouru d’une longue cicatrice, il se déplace aujourd’hui en claudiquant, un bras mort en écharpe, et a de grandes difficultés d’élocution.
«Vous êtes un miraculé», lui a dit le président de la cour d’appel à l’audience.
L’avocat général a cependant retenu comme circonstance atténuante la personnalité de M. Verrelle, «un ivrogne qui depuis des années perturbe la tranquillité du centre-ville de Chambéry», connu pour sa «mendicité agressive» ou des faits de violence conjugale.
Le drame s’est noué dans la nuit du 23 au 24 avril 2010 à Chambéry lorsque les policiers interviennent sur une rixe entre jeunes alcoolisés. Malgré sa banalité, l’intervention tourne mal. Des témoins disent avoir vu M. Lombard frapper Mickaël Verrelle à coups de matraque à plusieurs reprises, notamment alors que ce dernier était à terre, ce que le policier conteste.
La cour d’appel rendra son arrêt le 7 avril.
Paris Normandie