Valentine Zuber : «Le laïcisme tend à amoindrir nos libertés»

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Universitaire, historienne, directrice d’Etude à l’Ecole pratique des hautes études et auteur de Le culte des droits de l’homme (Gallimard), Valentine Zuber sera présente au Collège des bernardins le 8 avril dans le cadre d’une conférence sur la «Transmission religieuse en Méditerranée» au Collège des bernardins le 8 avril. Zaman France l’a interrogé sur le durcissement d’une partie de la gauche sur la question laïque observée dernièrement au sein du mouvement du Printemps républicain.

Comment comprendre ce durcissement idéologique d’une partie de la gauche observé au sein du mouvement du Printemps républicain qui n’hésite plus à promouvoir l’interdiction de mères voilées à des sorties scolaires ou qui, à l’instar de Élisabeth Badinter, appelle à ne plus avoir peur d’être taxé d’islamophobe ?

Il y a toujours eu deux compréhensions du rapport à la religion dans la gauche républicaine dès la fin du 19es. En premier lieu, au moment de la discussion sur la loi de 1905. Une partie des Républicains de gauche comme Émile Combes étaient favorables à une prééminence de l’État sur les religions, comprise au sens précis d’un contrôle de l’État sur les religions. Cette partie de la gauche diffusait des discours anticatholiques et anticléricaux dans une perspective gallicane et sur la base du slogan voltairien «Écrasons l’infâme», pouvant aller jusqu’à l’interdiction du religieux.

Le religieux était à leurs yeux dangereux politiquement et il fallait donc l’encadrer par la loi comme la loi sur les congrégations en a offert un exemple. Une autre partie de la gauche, plus conciliante, est dans l’apaisement depuis l’affaire Dreyfus et les lois combistes. Il fallait, selon elle, aboutir à une paix entre l’Église et l’État. Jean Jaurès, Aristide Briand, Ferdinand Buisson, sont des personnalités de la IIIe république qui s’inscrivent dans cette philosophie laïque qui s’était incarnée dans un texte d’apaisement, le pacte laïque.

C’est leur vision qui l’a d’ailleurs emporté avec la loi de 1905 qui promeut la liberté religieuse tout en séparant les deux ordres de l’Église et de l’État. Il y a toujours eu une gauche anticléricale qui voyait la religion comme hostile au progrès et une autre favorable aux libertés religieuses. Au moment de 1905, il y a eu un affrontement très vif là-dessus. C’est cette fracture qui renaît actuellement. La réactivation a été faite autour de la visibilité du voile et des attentats. Les partisans de la laïcité d’apaisement sont taxé de ventre mou.

Laquelle de ces tendances est aujourd’hui prédominante au sein de la gauche et du Parti socialiste ?

En fait, il y a une différence notable entre le bruit des uns et des autres et leurs représentativité. Les tenants d’une laïcité dure, d’un certain laïcisme sont plus bruyants que les autres en faisant appel à des procédés rhétoriques démagogues. Patrick Kessel du Comité laïcité république a dernièrement tenu un discours violent en évoquant des méthodes dignes des procès de Moscou à propos de Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la laïcité. Il le taxe de communautariste alors que lui serait universaliste.

A propos de la laïcité, on ne sait plus très bien à quel saint se vouer, tant les définitions se sont multiplié ces dernières années ?

On peut clarifier cela. La laïcité est un principe juridico-politique destiné à réguler l’État de droit et les mouvements religieux et qui a pris une forme précise en France.. Ce qui est en cause dans ce débat c’est la laïcité philosophique qui devient une idéologie car seul l’État doit être laïque. Les adeptes du laïcisme défendent une laïcité «valeur» de la République qui prétend s’imposer à la société et aux personnes. Ceux qui se prétendent des laïcs purs considèrent que la laïcité est en danger. Ils ne pensent pas à la laïcité de l’État mais à l’expression de la religion dans l’espace publique et à l’islam bien entendu. Cette laïcité radicale, qui prétend s’appliquer aux personnes individuelles, est une laïcité qui tend à amoindrir nos libertés.

Cette ligne laïciste ne sépare plus la gauche socialiste de mouvement politique comme Les républicains ou le Front national. La tradition de la gauche laïque à la Jules Ferry a-t-elle disparu ?

Non et Jean Louis Bianco en est un excellent exemple. Il aurait été seul dans son camp s’il avait été démis, même si ses soutiens ne se sont peut-être pas exprimés assez forts ou n’auront pas été repris toujours par la presse. Une partie de la gauche est aux côtés de Bianco. Il a été soutenu sans réserve par les universitaires qui travaillent sur ce sujet, très loin des discours du comité Laïcité république qui flirtent avec l’instrumentalisation qui en a été faite par le FN.

Zaman

L’extrême laïcité du « Printemps républicain »

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Dimanche, le lancement du « Printemps républicain », sous l’égide de Laurent Bouvet et de personnalités proches du PS, a surtout rassemblé – derrière la bannière de la « laïcité offensive » – les partisans d’une gauche autoritaire et intolérante.

Hier, 20 mars, se tenait à la Bellevilloise à Paris la première réunion du « Printemps républicain », orchestrée par Laurent Bouvet, auteur de L’insécurité culturelle. Sortir du malaise identitaire français, ouvrage dont Roger Martelli avait regretté que, loin d’éloigner la gauche du « piège identitaire », il tendait à l’y précipiter.

À l’origine, un manifeste prétendument apolitique, intitulé « Manifeste pour un Printemps républicain », publié début mars par Marianne ainsi que par Causeur, signé par des « personnalités de gauche qui veulent défendre la laïcité […] face aux attaques contre la République ». Ils entendent en faire « un lieu de débat et de pluralisme dans le cadre accepté par tous les participants du manifeste », un « mouvement du bas [qui] ne part pas des institutions mais de la société civile ». La liste des signataires donne des indications sur le « bas » dont il s’agit.

Pour la caution « de gauche », les signatures de quelques élus et figures du PS (dont les frondeurs Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, ainsi que Fleur Pellerin ou Frédérique Calendra, maire du 20e arrondissement de Paris), d’EE-LV ou encore et du PCF pouvaient faire leur effet. Il en est d’autres plus embarrassantes, comme celle d’Élisabeth Badinter, qui affirme à Marianne avoir retrouvé dans ce manifeste « l’expression politique de la troisième voie », entre « d’un côté, le racisme qui diabolise les Arabo-musulmans, et, de l’autre, le déni pratiqué par les islamo-gauchistes à l’égard de la montée en puissance de l’islamisme radical ». Si l’usage de l’expression « islamo-gauchistes » ne suffisait pas, Élisabeth Badinter juge que « Manuel Valls défend la même République que les signataires du Manifeste »

Une laïcité agressive

Que propose cette gauche républicaine et laïque ? Selon celle-ci, la France est menacée par les religions, les journalistes, les politiques, tous ceux qui, par idéologie ou par « déni », en veulent à la laïcité. Car nous aurions abandonné les valeurs nationales, à commencer par cette laïcité « remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres, ignorée de beaucoup par indifférence, elle ne semble plus défendue que par quelques-uns, dont nous sommes, bien évidemment ».

Dans ce manifeste, on peut aussi lire ceci : « L’extrême droite comme l’islamisme politique sont à la manœuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française. » On pourrait donc s’attendre à un front républicain contre deux extrémismes : le FN et l’islamisme radical. Sauf que le FN fait figure de grand absent parmi les cibles désignées, malgré tout ce qu’il y aurait à dire sur le parti d’extrême droite et la laïcité. Mais non. Il semble moins grave d’attaquer la laïcité au nom de l’héritage judéo-chrétien qu’avec une barbe et une djellaba.

Car nous arrivons au problème numéro un en France, très abordé ce dimanche par les orateurs du « Printemps » : le voile. Au passé le débat sur le voile à l’école, le voile dans les administrations, les candidates ou élues voilées, etc. Désormais, il faut bannir le voile partout, dans les places, les rues, dehors, partout. « Toute discrimination à raison de l’identité de la personne est par définition antirépublicaine et antilaïque », était-il pourtant écrit dans le manifeste, qui affirme aussi lutter contre le racisme ou l’antisémitisme. Las, le combat semble surtout porter contre le concept d’islamophobie [1].

Et, incidemment, au cours d’une soirée où se croisent Richard Malka, Gilles Kepel, Patrick Kessel, Marc Cohen, Gilles Clavreul ou Fadela Amara, on se croit revenu en janvier 2015, quand Fox News évoquait les « no go zones », endroits où la charia régnerait à Paris (le conducteur de bus qui s’exprime ci-dessous désigne cependant ses collègues, pas les passagers).

Derrière la laïcité, le Printemps républicain ne proposerait-il que rejet de l’autre, préjugés et autorité ? Ironie du sort, le jour même, le gouvernement lançait sa campagne « Tous unis contre la haine » avec ce message : « Le racisme, ça commence par des mots. Ça finit par des crachats, des coups, du sang ».

De la République à la Nation

Très vite, le discours ne porte plus tant sur la République et ses valeurs à défendre, que sur l’idée d’appartenance à un pays, une histoire, une nation.

Fleur Pellerin avait souhaité « ne pas dépassionner le débat mais le poser de manière sereine ». Raté. Nadia Remadna, de la Brigade des mères de Sevran, estime que « nos banlieues sont islamisées et arabisées ». Finalement, dans le brouhaha et l’excitation ambiante, un homme, Mehdi Ouraoui, membre du conseil national du PS, a émis sur Twitter ce propos mesuré et apaisant :

Sauf que les mots « commun » ou « ensemble », ne semblent pas faire partie de la terminologie du Printemps républicain. Un mouvement pourtant si accueillant.

Regards

Le Printemps Républicain, organisation dit de « gauche » qui dénonce les banlieues arabisées

Donc favoriser la mixité mais interdire les musulmanes voilées de l’espace public.. pic.twitter.com/rjkmhTnWiN

— NON (@VotezNon) 20 mars 2016

Ces parlementaires du coin qui financent des églises avec les deniers publics

On a appris cette semaine que le sénateur-maire FN de Fréjus David Rachline avait utilisé une partie de sa réserve parlementaire pour financer des travaux de rénovations dans une église… girondine.

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 David Rachline verse 10.000 euros pour les vitraux d’une église… en Gironde 

Si la localisation du bâtiment peut surprendre, le plus jeune sénateur de France n’est certainement pas le premier parlementaire du coin à utiliser tout ou partie de sa réserve parlementaire pour financer des travaux dans une église.

En 2014, deux sénateurs varois en avaient fait de même: Christiane Hummel avait donné 10.000 euros pour la rénovation du clocher de l’église Notre-Dame-de-L’Assomption de Callian, et Pierre-Yves Collombat 16.000 euros à la réalisation de travaux d’urgence sur la chapelle des Pénitents de Ginasservis.

La pratique est également courante dans les Alpes-Maritimes. En 2014 toujours, trois parlementaires azuréens avaient financé la réfection d’églises avec leur réserve parlementaire.

Le député-maire d’Antibes Jean Leonetti avait consacré les 150.000 qui lui étaient alloués à des travaux de restauration de la cathédrale Notre-Dame et de la chapelle Saint-Esprit, situées dans sa commune.

Quant au député-maire de Péone Charles-Ange Ginésy, il avait donné 60.048 euros exactement au Syndicat intercommunal de Valberg pour financer les travaux d’isolation et d’embellissement de l’église Notre-Dame-des-Neiges.

Le sénateur-maire de Valbonne Marc Daunis, seul parlementaire de gauche dans les A.-M., avait consacré 9.125 euros à la réfection de la toiture de l’église Saint-Michel de Séranon, et quelque 334 euros pour le remplacement du moteur de tintement de la cloche n°1 de l’église d’Aiglun.

 

Nice Matin

Les évêques de France dénoncent les velléités « d’un courant de pensée voulant imposer une laïcisation de la société »

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« Il y a cent dix ans (le 9 décembre 1905, NDLR) était promulguée la loi relative à la séparation des Églises et de l’État, dans un contexte de tension extrême entre l’Église catholique et la représentation nationale », reconnaît le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Georges Pontier, dans un communiqué.

Mais la CEF « constate qu’un courant de pensée existe dans notre pays pour passer d’une laïcité de l’État à une laïcisation de la société », en déplorant que « certains voudraient que l’ensemble de la vie en société soit laïque et que les citoyens croyants n’expriment et ne vivent leur foi que dans un strict espace privé de plus en plus réduit, voire caché ».

« Croire que réduire » l’expression des croyants « au strict cadre de la vie privée favoriserait la paix sociale est une illusion et une erreur », met en garde Mgr Pontier, pour qui au contraire « cette attitude favorisera l’émergence de courants et d’attitudes fondamentalistes qui pourront s’appuyer sur le sentiment d’être méprisés, rejetés, ignorés, ou incitera à se replier sur des formes de vie communautaristes ».

La loi de 1905 doit donc être appliquée avec « vigilance et respect » : « C’est notre volonté, notre exigence et notre engagement », conclut l’archevêque au nom du conseil permanent de la CEF, composé de dix évêques.

Le Point

Sifaoui, accusé d’être anti-laïque et sexiste après avoir attaqué la mère d’une victime de Merah

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Monsieur,

Vous êtes sans cesse invité par les médias. Vous y parlez de laïcité et de droit des femmes, utilisant ces notions pour justifier vos discours stigmatisant les musulman-es. On aurait pu espérer que les attentats vous auraient incité à un peu de subtilité, d’empathie, de décence.

Comment vous prendre au sérieux sur ces questions quand, mercredi 18 novembre, sur France 2, vous avez laissé entendre que la place des femmes était confinée aux tâches domestiques et remis en cause le fondement même de la laïcité, la liberté de conscience ?

Selon vous, une femme voilée ne pourrait recevoir un prix décerné par le Président de la République : il en irait de la cohérence, on ne pourrait sortir « de ses fourneaux » une militante voilée, l’affichage de cette personne serait contradictoire avec les discours qu’il faudrait tenir aux jeunes femmes concernées pour les convaincre que le voile attente à leur « féminité ».

Vous êtes anti-laïque. Le premier article de la loi de 1905, un des textes fondateurs de la laïcité, stipule : « la République assure la liberté de conscience ». Cela implique qu’on ne fasse aucune distinction entre les personnes au nom de leur religion et de leurs croyances. Dire que X ne mérite pas tel prix car elle est voilée est une atteinte à la laïcité. Votre recours constant à un fantasme de laïcité pour justifier vos discours stigmatisant les femmes voilées relève de la falsification ou de l’incompétence. Assumez votre violence, cessez de la cacher derrière la laïcité.

Vous êtes sexiste. Selon vous, le discours tenu aux jeunes femmes devrait être : « le voile, ça nie la féminité », comme si des jeunes femmes devaient se conformer à l’idée qu’a un homme de la « féminité », comme si la « féminité » devait guider l’identité et le comportement de ces personnes.

Oui, vous êtes sexiste. Selon vous, la place légitime d’une femme est aux fourneaux. Vos propos sur France 2 sont si limpides qu’on voit bien le film : vous, arrachant de force le voile des femmes pour leur imposer la charlotte avant de les pousser vers la cuisine.

Anti-laïque, sexiste et pourtant invité par les plus grands médias pour y vomir votre incompétence : vous êtes vraiment quelqu’un. Soyez pourtant assuré d’une chose : une seule intervention de Latifa Ibn-Ziaten auprès d’une dizaine de personnes aura bien plus de valeur pour l’humanité que cent de vos passages médiatiques.

Jérôme Martin

Yagg

Suspension du directeur de l’IUT de Saint-Denis, accusé de manipulation islamophobe

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Le directeur de l’IUT de Saint-Denisaccusé de manipulation islamophobe, a été suspendu de ses fonctions, jeudi 12 novembre, par le président de l’université Paris-13.

Lauréat du prix de la Laïcité 2015, Samuel Mayol, dont l’action en faveur de la laïcité a été saluée récemment par Manuel Valls, est suspendu « à titre conservatoire », dans l’attente de la décision de la section disciplinaire de l’université, pour une durée de quatre mois renouvelable.

L’accès aux locaux de l’université lui sera également interdit pour une durée de trente jours, également renouvelable. La décision de suspendre M. Mayol a été prise en vertu d’un arrêté signé par Jean-Loup Salzmann, le président de Paris-13, qui a demandé au ministère de nommer un administrateur provisoire.

« J’ai pris cette décision pour répondre à la situation préoccupante des personnels de l’IUT », plongé depuis deux ans « dans un climat conflictuel et de suspicion généralisée », a déclaré M. Salzmann.

« Un climat conflictuel et de suspicion généralisée »

Selon le texte de l’arrêté, dont l’AFP a eu copie, il est notamment reproché à Samuel Mayol d’avoir introduit à la mi-octobre « un nombre significatif d’objets cultuels », en l’occurrence des tapis de prière, dans le local d’une association étudiante musulmane pour faire croire à une dérive communautariste au sein de l’institut universitaire technologique (IUT) de Saint-Denis.

Autre grief, « certains agents de l’IUT auraient », avec son accord, « bénéficié de congés indus, comptabilisés de manière parallèle, en dehors du logiciel de gestion habituel ». Enfin, M. Mayol est accusé de conflit d’intérêts pour avoir signé une convention de partenariat entre l’IUT et un organisme de formation, le CFA Codis, qui se trouve être l’employeur de sa femme.

Le directeur de l’IUT a reçu un prix le 26 octobre du Comité Laïcité République, une association de défense de la laïcité, « pour son action en faveur de la neutralité dans l’enseignement supérieur face à la montée d’incidents communautaristes ».

Lors de la cérémonie de remise du prix à M. Mayol, à l’hôtel de ville de Paris, le premier ministre, Manuel Valls, avait déclaré que la mobilisation menée par le gouvernement pour la laïcité devait « aussi concernerl’université » et avait fait part de son « soutien » au récipiendaire.

le monde

Le gouvernement reste passif face à la légitimation d’une tentative de meurtre.

Henrique Vannier Joseph Scipilliti Christine Tasin riposte laique attentat

Hier, un avocat du nom Joseph Scipilliti, proche des milieux d’extrême droite, a tiré à trois reprises sur Henrique Vannier, le bâtonnier du barreau de Melun. Après avoir commis son geste, l’avocat s’est tiré une balle dans la tête.

Alors que les médias relayent largement l’information, les organisations d’extrême droite desquelles était proche M.Scipilliti rendent un vibrant hommage à celui qui a voulu tuer le bâtonnier du Barreau de Melun. Le qualifiant de « victime » ou encore de « résistant », les rôles semblent être inversés.

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C’est sous ce titre évocateur que Riposte Laïque publie le testament laissé par l’avocat, accusant ainsi « un système » qui l’aurait broyé et dont le comportement à son égard justifierait un tel acte.

Joseph Scipilliti avait envoyé un mail le matin du drame à Christine Tasin, présidente du mouvement ouvertement islamophobe Résistance Républicaine. Il écrivait à propos de son « testament »:

testament de J. Scipilliti

Comment dans ce cadre, peut-on considérer Joseph Scipilliti comme une victime et le désolidariser de ses propres actes, en toute impunité?

Le jour même de l’attaque, Christine Tasin publie un article intitulé « Hommage au Résistant Joseph Scipilliti, ami trop tôt disparu » dans lequel elle s’évertue à montrer que la victime n’est pas celle que l’on croit. Pourtant les faits sont clairs.

Elle conclue son écrit par cette phrase :

Article de Chritine Tasin_0

L’idéologie a pris le pas sur la raison et sur l’analyse factuelle des événements.

Le 29 octobre, Pierre Cassen, rédacteur en chef de Riposte laïque publie lui aussi un article, au titre sans équivoque :

Je persiste et je signe

… comme si le bâtonnier n’avait pas frôlé la mort sous les balles de ce dernier.

A aucun moment ces deux organisations ne condamnent le geste de leur ancien ami et avocat. Garder le silence est une chose, faire passer le coupable pour une victime en est une autre.

Le CCIF dénonce la passivité des pouvoirs publics, puisqu’il apparaît désormais possible de soutenir publiquement l’auteur d’un acte criminel.

Une telle opinion n’encourage-t-elle pas la banalisation de ce genre d’actes auprès des nombreux lecteurs et partisans de ces mouvements ?

Les autorités se doivent de condamner cette légitimation de la tentative de meurtre se traduisant par un soutien inconditionnel apporté à son auteur ainsi que par la justification constante de son acte, pourtant abominable.

CCIF

Incident islamophobe a la remise du «prix de la laïcité»

prix de la laicité islamophobie voile

Suheda Asik, qui travaille pour l’hebdomadaire franco-turc Zaman France, est venue assister, lundi 26 octobre, à la remise du prix de la laïcité organisée dans un salon de l’Hôtel de ville de Paris. Le Premier ministre, Manuel Valls, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, assistaient à cette cérémonie organisée par le Comité Laïcité République.

Dans un article publié mardi sur le site de son journal, Suheda Asik raconte comment trois personnes, avant le début de la cérémonie, lui ont demandé, avec insistance, de retirer son voile, justement au nom de la laïcité vantée ce soir-là. Elle écrit ainsi :

«Arrivée à la salle municipale, un agent d’accueil se dirige vers moi. […] Continuant à marcher à mes côtés, il se rapproche et me demande en « souriant » : « Vous êtes vraiment obligée de garder ça sur votre tête ? »

Abasourdie, je pense un instant avoir mal entendu. Je lui demande donc de se répéter. « Non mais vous savez, vous êtes à l’Hôtel de ville ici, il faut respecter. Nous vous avons laissé entrer, vous pourriez l’enlever par égard pour nous, dit-il en désignant mon voile, c’est la moindre des choses ».»

Puis :

«Un mal ne venant jamais seul, quelques minutes plus tard, je me rends compte que j’ai oublié mon téléphone à la sécurité, ce qui m’oblige à redescendre.

A mon retour dans la salle, je me dirige vers ma place quand une femme faisant partie de l’organisation m’arrête. « Bonjour ! » me dit-elle en me fusillant du regard, puis sans transition : « Enlevez votre voile ! »»

Cette femme ira ensuite chercher un membre du Comité Laïcité République, qui demandera à la journaliste : «Et vous traitez de la laïcité, vous ?» «A croire que mon voile m’empêche de réfléchir ou de faire mon métier», ironise Suheda Asik.

La mairie de Paris solidaire de la journaliste

Contactée par Libération, la mairie de Paris confirme les faits, en soulignant que son rôle dans la soirée s’est limité à mettre le salon à disposition du Comité Laïcité République (comme cela a déjà été le cas auparavant) et à gérer les relations presse.

«On est en total soutien avec elle», fait savoir le service de presse de la mairie, dont le représentant souligne qu’il se trouvait lui-même sur place lundi soir. «J’ai souligné aux personnes concernées que leurs propos étaient inappropriés», dit-il. Il s’agirait donc de deux membres de l’équipe d’organisation et d’une invitée.

Sur Twitter, Emmanuel Grégoire, adjoint à la maire de Paris, a publié un tweet allant dans le même sens :

Dans son article, Mediapart rappelle que ces dernières années, les prix décernés par le CLR «ont toujours récompensé les tenants d’une approche dure de la laïcité», autrement dit essentiellement concentrée sur l’islam :

«la directrice de la crèche Baby Loup Natalia Baleato (2011), la députée radicale de gauche Françoise Laborde (2012), l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Jeannette Bougrab (2013), les philosophes Henri Pena-Ruiz et Catherine Kintzler l’an dernier».

Charb fut le président du jury en 2012. Lauréat cette année, Samuel Mayol est une personnalité controversée : directeur de l’IUT de Saint-Denis, celui que le CLR distingue pour «son action en faveur de la neutralité dans l’enseignement supérieur face à la montée d’incidents communautaristes» est soupçonné, ces dernières semaines, d’avoir installé lui-même des tapis de prière dans le local d’une association étudiante musulmane pour la discréditer.

Libération

Suspicion de manipulation islamophobe dans une université française

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Le directeur de l’IUT de Saint-Denis Samuel Mayol est soupçonné d’avoir introduit lui-même des tapis de prières dans le local d’une association musulmane afin de corroborer ses accusations de dérives communautaires dans l’établissement.

L’université l’accuse d’avoir placé le 6 octobre une vingtaine de tapis de prières dans les locaux de l’association L’Ouverture avec l’appui de deux enseignants.

Le 16 octobre, la police judiciaire de Seine-Saint-Denis s’est  rendu à la faculté de Saint-Denis pour y récupérer les tapis mais également des bandes vidéo, après une main courante déposée par la direction. Sur les images, on voit Samuel Mayol entrer dans le local de l’association L’Ouverture avec un sac bandoulière rouge et un sac blanc, puis ressortir uniquement avec sa bandoulière.

La direction de l’université pense que Samuel Mayol serait à l’origine d’une fausse alerte à la bombe en 2014. La police avait également trouvé des tapis de prières dans les locaux de L’Ouverture.

Depuis son arrivée à la tête de l’IUT, Samuel Mayol, fervent partisan de l’interdiction du voile à l’établissement. Samuel Mayol accuse également deux enseignants d’avoir détourné les fonds de l’université, en étant payés pour des cours qu’ils n’assuraient pas, et d’avoir autorisé la fameuse association musulmane de faire du prosélytisme religieux

Les deux enseignants, Rachid Zouhhad, 57 ans, et Hamid Belakhdar, 59 ans, «clament depuis des mois leur innocence et l’absence de tout fondement aux poursuites disciplinaires engagées à leur encontre sur la base des allégations mensongères et farfelues» du responsable de l’IUT, a réagi Me Bouziane Behillil, l’avocat de M. Zouhhad.

«Il n’y a jamais eu de radicalisme de quiconque, de tapis de prières, de détournement de fonds au sein de l’IUT de Saint-Denis, mais une effroyable manipulation qui a dupé des intellectuels de renom», a-t-il ajouté.

Libération

Hôpital: quand Lydia Guirous invente une hausse des problèmes religieux

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Fraîchement nommée porte-parole de LR par Nicolas Sarkozy, Lydia Guirous attaque fort sa rentrée d’intox avec son thème de prédilection : la supposée montée des revendications «communautaristes» dans les établissements de service public. Après le port du voile à l’université, ou celui de la jupe longue au lycée, elle s’inquiète maintenant d’une augmentation des violences «pour motifs religieux» dans les hôpitaux publics.

Interrogée sur ses sources, la porte-parole cite les statistiques de la Fédération hospitalière de France (FHF) et plus précisément une «étude» parue sur le site le Quotidien du médecin.fr.

«Elle dit qu’il existe un problème relatif à la laïcité dans un hôpital sur trois, et un problème avec le personnel de l’hôpital dans un hôpital sur cinq […] c’est-à-dire un refus d’un médecin homme, un refus de partage de chambre, une demande de menu particulier ou d’un lieu de prière» nous explique Lydia Guirous.

L’article en question, titré «Laïcité à l’hôpital : un nombre limité de situations problématiques selon la FHF», se base en effet un rapport de la FHF. La journaliste y évoque «des situations « problématiques » relatives à la laïcité avec des patients ou leur famille dans un hôpital sur trois (32%) et avec des professionnels dans un hôpital sur cinq (20%).»

Il s’agit bien de demande de menus spécifiques, d’un lieu de prière ou de prise en charge par un médecin femme… Mais aussi de crèches de Noël, ou d’affichage de l’horaire des offices religieux.

«La FHF précise que certains hôpitaux ont rapporté des cas d’incivilités ou de violences qui n’ont rien à voir avec la laïcité.

Certains témoignages sont la preuve d’une méconnaissance de ce qui est attendu des professionnels et des usagers», est-il nuancé dans l’article, qui n’est guère alarmiste.

Basé sur les retours des 172 établissements ayant répondu à un questionnaire, le sondage révèle bien qu’un tiers des structures ayant répondu affirment avoir rencontré, un jour, un problème lié à une question de laïcité – posé par des usagers ou par des soignants. Mais «ces remontées concernent un nombre limité de situations qui ont été accessibles au dialogue et traitées sans difficulté notable», soulignent les auteurs du rapport, publié en juin. Surtout, il n’est fait mention d’aucune augmentation de ce type de conflits, contrairement à ce que suggère Lydia Guirous

Libération