USA : pris pour un jihadiste, un homme d’affaires Émirati arrêté pour avoir parlé.. arabe

Alors que la police américaine a malmené un Emirati pris pour un djihadiste, les Emirats arabes unis réclament des excuses et conseillent à leurs ressortissants de ne pas porter leurs habits traditionnels au moins en public. 

Lorsqu’il est entré mercredi dans cet hôtel de la banlieue de Cleveland en Ohio (Etats-Unis), Ahmed Minhali, 41 ans, ne pensait pas que son séjour allait tourner de cette manière. Alors qu’il se trouve à Cleveland depuis avril pour des examens médicaux, cet homme d’affaires des Emirats arabes unis (EAU) se présente à la réception de l’hôtel pour réserver une chambre. Il est vêtu d’une Gandoura, une robe traditionnelle blanche. 

L’entendant parler arabe, la réceptionniste s’éclipse et prévient des proches qu’un «homme vient de prêter allégeance à l’Etat islamique» devant elle, raconte Ahmed Minhali à Al Jazeera. Les proches de la réceptionniste alertent la police, qui est dépêchée sur place. 

Une vidéo filmée par une caméra embarquée de la police montre l’arrivée des forces de l’ordre sur place. Ahmed Minhali se trouve sur le perron de l’hôtel, au téléphone. Les policiers le visent et le somment de s’allonger par terre. Ce à quoi l’Emirati obéit. Au sol, il est d’abord menotté, puis fouillé.  

Les policiers le blessent au dos, raconte-t-il au quotidien Emarat Al-Youm. À la fin de l’intervention, le quadragénaire perd connaissance et explique ne s’être réveillé qu’à l’hôpital où il a été transporté. Après vérification, la police de Cleveland se rend à l’évidence : l’homme d’affaires n’a aucun lien avec les groupes djihadistes.

Depuis, Ahmed Minhali explique s’être rapproché de ses avocats pour envisager les suites judiciaires à donner à cette affaire. De son côté, le ministère des Affaires étrangères émirati a exprimé son «mécontement» au numéro deux de l’ambassade américaine Ethan Goldrich.

 «Les EAU prennent soin de la sécurité de leurs ressortissants et réclament ainsi des éclaircissements sur cet incident», indique un communiqué publié par l’agence officielle WAM. Ethan Goldrich a ensuite présenté «des excuses et promis d’obtenir des éclaircissements des autorités de l’Ohio». Dans un entretien filmé, la police de Cleveland s’est excusée auprès de la victime.   

Tomber la robe traditionnelle

Après cette incident, le ministère des Affaires étrangères des EAU conseille à leurs ressortissants de ne plus porter la robe traditionnelle quand ils voyagent en Occident. Sur son compte Twitter, le ministère presse les Emiratis de ne plus porter la Gandoura, notamment dans les lieux publics, quand ils voyagent à l’étranger. 

Le Parisien

USA : 58% des apprentis médecins pensent que la peau des noirs est plus épaisse que celle des blancs

Une étude souligne une corrélation entre préjugés raciaux et évaluation de la douleur du patient.

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Aux États-Unis, plusieurs études ont montré qu’à diagnostic égal les patients noirs recevaient moins souvent de médicaments antidouleurs que les blancs, ainsi que des doses moins fortes. Par exemple, selon une étude de 2000 sur les urgences d’un hôpital d’Atlanta, 74% des patients blancs recevaient des antidouleurs en cas de fracture des os, contre 50% des noirs. Un article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences montre que cette divergence de traitement est liée à certains préjugés sur les noirs. 

Entre autres, 58% des apprentis médecins pensaient que la peau des noirs était plus épaisse que celle des blancs, 39% pensaient que le sang des noirs coagulait plus vite que celui des blancs et 20% pensaient que les nerfs des noirs étaient moins sensibles que ceux des blancs, alors qu’aucune de ces différences n’est réelle.

«Il semble que les préjugés raciaux dans la perception de la douleur ont des conséquences pernicieuses en matière de recommandation de traitement pour les patients noirs», écrivent les auteurs de l’article.

Slate

Un candidat musulman à la mairie de Londres traité de « radical » et renvoyé à ses origines pakistanaises

A un mois de l’élection du maire de la capitale britannique, le candidat conservateur est accusé de vouloir instrumentaliser la question communautaire. Un moyen de rattraper son retard sur son adversaire, le travailliste Sadiq Khan?

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La peur de l’islam comme argument de campagne? Le travailliste Sadiq Khan pourrait devenir le premier maire musulman de Londres aux élections du 5 mai. Alors ces derniers temps, Zac Goldsmith, le candidat conservateur à la mairie de Londres a infléchi sa stratégie et multiplie les insinuations basées sur les origines pakistanaises de son adversaire. Le député tory est même accusé de vouloir attiser des tensions supposées entre Londoniens d’origines ethniques et confessionnelles diverses: Anglo-Indiens contre Anglo-Pakistanais, hindous ou sikhs contre musulmans. 

Dès janvier, Sadiq Khan reprochait à son adversaire de le qualifier de « radical« . L’expression table sur deux registres. Il s’agit de le disqualifier en insinuant une proximité idéologique avec le chef du LabourJeremy Corbyn, classé très à gauche. « Une contre-vérité, souligne Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à l’University College de Londres. Sadiq Khan n’a jamais été proche de l’aile gauche du Labour. »

Mais le travailliste soupçonne surtout son adversaire d’utiliser le terme « radical » pour ce qu’il sous-entend lorsqu’il est attribué à un musulman: au mieux, une vision rigoriste de l’islam, au pire une connivence avec les extrémistes religieux. Sadiq Khan fait pourtant figure d’icône du cosmopolitisme et de la réussite sociale londonienne. Fils d’un chauffeur de bus et d’une couturière, il a fait des études d’avocat avant de rejoindre le gouvernement de Gordon Brown. Pro-européen, il s’est prononcé pour le mariage gay et s’est battu pour empêcher la fermeture d’un pub de sa circonscription populaire de Tooting, rappelle The Economist.

La campagne de Zac Goldsmith a pris un nouveau tour avec l’envoi de lettres et tracts ciblés. Ces derniers s’adressent d’abord aux « Indiens britanniques« , aux hindous originaires du Gujarat ou aux sikhs venus du Pendjab. En soi, rien de très anormal dans cette ville multiculturelle. Mais les libelles insistent en effet sur l’importance d’élire Zac Golsmith « au moment où il est nécessaire de protéger nos rues des attaques terroristes ».

Stéréotypes et préjugés

Dans une réponse envoyée au Premier ministre, Barbara Patel, une biologiste, regrette quant à elle d’avoir été ciblée en raison de son patronyme qui ferait d’elle une hindoue originaire du Gujarat, ce qu’elle n’est pas: « Vous avez essayé, à partir de ces présupposés ethniques, de m’effrayer afin de me convaincre de voter pour Zac Goldsmith » a-t-elle confié au Guardian.

Mais l’usage de l’enjeu communautaire a choqué jusqu’à une élue locale tory qui enjoint, dans le Daily Telegraph, le candidat de son parti à éviter la condescendance envers les minorités.

La stratégie de l’équipe de campagne de Zac Goldsmith n’a pas suffi à entamer l’avance dans les sondages de Sadiq Khan: mi-mars, il récolte 32% des intentions de vote contre 25% pour le conservateur, selon une enquête Yougov. Alors que les priorités des Londoniens sont le logement et les transports, ces manoeuvres pourraient même se retourner contre son auteur.

L’Express

#SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs, le hashtag qui retourne les clichés avec humour

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Et si les Blancs étaient victimes des mêmes clichés que les Noirs ? Des noms imprononçables comme Pierre-Henri ou Clotilde, des plats traditionnels fadasses et sans goût, des cheveux tout raides… Pour démontrer l’absurdité des idées reçues sur les Noirs, les utilisateurs de Twitter ont rivalisé d’imagination et ont fait du hashtag #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs le porte-voix de gens excédés par les clichés.

 

20 Minutes

Un acteur interdit d’embarquer à cause de son turban sikh

L’acteur indo-américain Waris Ahluwalia n’a pas pu monter à bord de son avion car les agents de sécurité de la compagnie aérienne AeroMexico lui ont interdit l’accès à son vol à cause de son turban sikh, à Mexico, ce lundi.

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Les Sikhs aussi souffrent d’amalgame avec les Islamistes. Waris Ahluwalia a décidé d’utiliser sa notoriété pour dénoncer le racisme ordinaire dont il a été victime à l’aéroport de Mexico, ce lundi. L’acteur indo-américain de 42 ans, connu pour ses apparitions dans les films de Wes Anderson (À bord du Darjeeling LimitedThe Grand Budapest Hotel) a témoigné sur son compte Instagram, suivi par plus de 18.000 abonnés.

« Ce matin à Mexico on m’a dit que je ne pouvais pas embarquer pour mon vol AeroMexico en direction de New York à cause de mon turban. #LaPeurEstUneOccasiondEduquer #DroitsdelHomme #Dignité #AimerSansPeur », a-t-il posté en anglais, cachant sa barbe avec son billet portant la mention Secondary Security Screening Selection signe qu’il devait subir une fouille approfondie.

L’Express