
« La #fachosphère attaque une camarade » exemples de messages insultants ou/et menaçants que je reçois régulièrement #frejus #var pic.twitter.com/hVPes0G6eW
— Insaf Rezagui (@InsafRez) 10 octobre 2016

« La #fachosphère attaque une camarade » exemples de messages insultants ou/et menaçants que je reçois régulièrement #frejus #var pic.twitter.com/hVPes0G6eW
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La guerre des chefs et la purge politique en cours, révélées par Presse Océan, virent au jeu de massacre.

Les responsables du FN en Loire-Atlantique n’en finissent pas de régler leurs comptes après que Presse Océan a révélé, dans son édition du 6 octobre, les querelles intestines minant la fédération départementale.
Guylène Friard, élue FN de Sautron, a reçu une pluie de mails des cadres. « Je ne regrette rien de mes propos. Ils vont me court-circuiter ? Qu’ils essaient. Je suis une battante et j’ai reçu plein d’appels de félicitations de militants. Mais c’est devenu plus qu’une pétaudière. »
Éléonore Revel, 35 ans, couve sans doute les affaires du parti d’un œil distrait. La cadre FN, chargée d’assurer par intérim la direction locale après la démission de Samuel Potier, affirme que les tensions minant son parti appartiennent au passé. Sauf que des militants décrivent une fédération demeurant rongée par les querelles intestines.
Christian Bouchet, écarté des responsabilités départementales fin 2015, réfute avoir laissé, aux côtés de Marguerite Lussaud, « une fédération en ruine », selon l’accusation portée par Samuel Potier.
Qui pour reprendre le flambeau ? Éléonore Revel est tentée par le poste. Tout comme Alain Avello, 45 ans, élu régional, professeur de philosophie. « Alors là, s’il prend la tête, c’est une drôle de façon pour le FN de se déradicaliser, torpille Christian Bouchet. Avello a milité dans des groupuscules durs, comme moi par le passé. Si on le juge présentable, c’est que j’ai toujours été un grand modéré. »
Un militant, en coulisse, enrage : « La vérité, c’est que l’on est mal. Alors que l’on est en position de faire le plein de voix. Le FN est devenu un parti de cadres, plutôt bourgeois, comme l’UMP ou le PS, qu’on se plaît tant à dénoncer. L’important, c’est le partage du fromage et d’être élu. »
L’émission « Dossier Tabou : l’islam en France, la République en échec », lors de laquelle Bernard de la Villardière s’est intéressé à Sevran n’en finit pas de susciter la polémique. Mais cette fois, c’est à la justice que le maire, Stéphane Gatignon (UDE), s’en remet. Il vient de déposer plainte contre deux cadres du Front national, David Rachline et Steeve Briois, respectivement maires de Fréjus et d’Hénin-Beaumont, pour menaces et provocation à la haine.

En cause : les messages diffusés par des internautes sur les comptes Facebook des deux frontistes dans la foulée de l’émission. « Une belle ordure à exterminer avec le reste », « démission du maire qui a vendu son âme aux mécréants salafistes. Une petite bombe sur l’école le dimanche quand les responsables sont réunis. Et une bastos pour le maire »… La déferlante de haine a envahi les réseaux sociaux au point de bloquer les serveurs de la ville.
« Ce sont des menaces et des provocations d’une extrême gravité, des appels directs à attenter à ma personne », écrit l’élu dans la plainte, des centaines de captures d’écran à l’appui. Des messages qui à l’évidence ne figurent plus sur les comptes Facebook des intéressés. « Le FN cherche à faire de Sevran un laboratoire pour son action de stigmatisation ethnique » déplore le maire dans une déclaration de 4 pages aux habitants. « On ne peut pas dire n’importe quoi sur les réseaux sociaux, et même si les messages sont ensuite effacés », commente Me Bem, un avocat spécialiste des réseaux sociaux.
Sollicités par téléphone, Steeve Briois n’a pas donné suite. Quant à David Rachline, son cabinet a fait savoir qu’il n’était pas joignable en journée.
Tout juste suspendu du FN, Nicolas Boher, ex-directeur de cabinet à Mantes-la-Ville, aujourd’hui en procès contre la mairie, se sent « harcelé » par le maire FN mantevillois, Cyril Nauth, au sein de la fédération.

La commission de discipline statuera lundi 10 octobre sur son sort. En attendant, Nicolas Boher, conseiller municipal d’opposition à Elancourt et ex-directeur de cabinet de Mantes-la-Ville, a été suspendu du FN. Il s’estime aujourd’hui victime d’une purge à double titre.
Par son attachement à Philippe Chevrier, ex-secrétaire départemental exclu en mai dernier. Par ses relations tendues avec le maire FN de Mantes-la-Ville Cyril Nauth, dont il fut directeur de cabinet avant de partir, puis d’être en procès avec cet ancien employeur.
A des différends d’ordre politique se mêle une opposition personnelle (que nous ne détaillerons donc pas, Ndlr) entre les deux hommes. Elle se solde aujourd’hui par un procès de Nicolas Boher à l’encontre de la mairie de Mantes-la-Ville, et par un rejet systématique de Cyril Nauth envers son ex-directeur de cabinet au sein de la fédération.
« C’est du grand n’importe quoi », répond à la purge alléguée François Siméoni. Le nouveau secrétaire départemental du FN mentionne « un renouvellement normal » des cadres yvelinois : « Tout fonctionne bien, à part un ou deux cas ponctuels (Vincent Texier, à Maurepas, est également visé par ce propos, Ndlr) qui vont se stabiliser. »
« Un certain nombre de personnes ont été exclues ou vont être traduites devant la commission de discipline, indique sobrement l’autre concerné, Cyril Nauth. Le ressort habituel est un peu toujours le même malheureusement, issu de choses qu’ils briguaient et n’ont pu obtenir. Ca ne va pas plus loin que ça. »

Dans la revue Charles du mois d’octobre, l’élu frontiste aborde l’épineuse question de son soudain changement de look , lors de la campagne des régionales au cours de laquelle il a troqué sa fidèle moustache contre une barbe de trois jours, remisé ses vieilles lunettes pour une paire à montures épaisses et décidé de renouveler sa garde-robe de fond en comble.
Je pense qu’à la télévision, les hommes aiment les femmes politiques très élégantes. Je la verrais bien s’habiller au Bon Marché [grand magasin chic de la rive gauche de Paris, NDLR]. Ses dépenses doivent être consacrées à sa garde-robe. Les femmes politiques sont plus obligées que les hommes de soigner leur apparence. On attend beaucoup plus d’une femme sur ce plan-là. Quand une femme politique est élégante, belle, bien coiffée, elle a un atout supplémentaire.
Un maire dispose-t-il d’un droit de regard sur les activités des associations installées dans sa ville ? Pour le frontiste Fabien Engelmann, maire d’Hayange (Moselle), la réponse est oui. Vendredi matin 30 septembre, un huissier, flanqué de la police municipale de la cité minière et de la directrice générale des services, devait se présenter au local du Secours populaire pour demander à l’association d’évacuer les lieux.

Selon le maire FN, les responsables locaux du Secours populaire « utilisent l’image » de l’association « pour faire de la politique ». M. Engelmann met en cause certaines déclarations à la presse d’Anne Duflot-Allievi, présidente locale de l’organisation caritative, assimilées à de la « propagande promigrants ».
Cette dernière avait aidé le collectif anti-FN Hayange en résistance à organiser un repas pour des réfugiés. « Ce sont des gens qui ont une idéologie communiste. Qu’ils soient adhérents ou pas au Parti communiste, je m’en fous », lâche l’élu, qui réclame donc leur départ.
Depuis une dizaine d’années, les locaux sont gracieusement mis à disposition de l’association par la municipalité. L’accord, entériné lors d’un conseil municipal, n’est pas encadré par un bail. Un point sur lequel Fabien Engelmann entend s’appuyer pour justifier l’expulsion.
Dans cette ville durement frappée par le chômage, le Secours populaire distribue de la nourriture, des vêtements, et aide des familles dans le besoin. « Nous ne sommes pas engagés politiquement, on ne comprend pas qu’un élu veuille chasser une association qui vient en aide à 800 personnes sur sa ville, se désole la responsable départementale, Marie-Françoise Thull. Il aurait envie que les associations fassent à sa mesure. Il n’a pas compris l’indépendance à respecter. »
L’élu frontiste envisage d’octroyer les locaux à d’autres associations caritatives. Il explique avoir sondé des bénévoles de Fraternité française, un organisme dirigé par la députée européenne FN Mireille d’Ornano, dont la présidente d’honneur n’est autre que Jany Le Pen, femme de Jean-Marie Le Pen.
Contactée, Mme d’Ornano oppose une fin de non-recevoir à Fabien Engelmann. « Je ne veux pas, je ne suis pas en compétition avec le Secours populaire, assure-t-elle. Ils ont de gros moyens. Plus que moi. »
Le Monde
Le FN ne passera pas par la Croix. Selon RTL, le quotidien catholique s’apprête à diffuser auprès de ses lecteurs un petit livret les invitant à « réfléchir » avant de glisser un bulletin Front national dans l’urne lors de la prochaine élection présidentielle.

Le 7 octobre prochain, les 74.000 abonnés du journal recevront tous un livret d’une centaine de pages portant sur la politique du Front national. Pour autant, la direction du journal refuse d’y voir une « croisade » anti-FN, mais plutôt une « matière à réflexion ».
« Il n’est pas question de partir en croisade contre le FN », résume le patron du journal, Guillaume Goubert auprès de RTL. « Mais ces scores créent pour nous l’obligation de donner de la matière à nos lecteurs pour réfléchir avant l’élection » estime-t-il.
Alors que le vote FN ne cesse de progresser au sein de l’électorat catholique (32% aux dernières régionales), le journal a donc choisi de réfléchir à ce phénomène pour le comprendre. Pour autant, le livret distribué ne sera pas un tract assure-t-on en interne.
« On ne comprend pas nous-mêmes pourquoi le phénomène touche aujourd’hui autant de chrétiens. Alors, on a cherché à comprendre plutôt que de dénoncer », affirme le rédacteur en chef de la revue, Jean Merckaert.
Anne-Sophie Leclère, ancienne candidate du Front national aux municipales dans les Ardennes, a été condamnée mercredi à 3.000 euros d’amende avec sursis pour injure raciale, après avoir comparé l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe. Le parquet avait requis deux mois de prison avec sursis.

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine « symbolique », a estimé l’avocat d’Anne-Sophie Leclère, Me Jérôme Triomphe. Selon lui, les juges ont tenu compte du fait que l’ex-candidate avait « largement payé les propos qu’on lui reproche ».
Le 17 octobre 2013, un reportage de l’émission Envoyé spécial sur France 2 montrait Leclère, propriétaire d’un magasin d’articles de pêche à Rethel, dans les Ardennes, qui s’efforçait de monter une liste pour les élections municipales de 2014. Questionnée alors sur un photomontage publié sur sa page Facebook et qui montrait d’un côté un petit singe et de l’autre la garde des Sceaux de l’époque, avec les légendes « à 18 mois » et « maintenant », Anne-Sophie Leclère avait notamment répété, « c’est une sauvage », et déclaré : « A la limite, je préfère la voir dans un arbre (…) que de la voir au gouvernement. » Elle avait ensuite été exclue du parti d’extrême droite.
Le tribunal l’a déclarée coupable du délit d’injure publique pour le photomontage, mais l’a relaxée pour le surplus. Elle avait expliqué à l’audience qu’elle ignorait que la caméra tournait. Il s’agissait du troisième procès d’Anne-Sophie Leclère, le premier où elle était présente.
En juillet 2014, le tribunal correctionnel de Cayenne (Guyane), ancienne terre d’élection de Christiane Taubira, l’a condamnée à neuf mois de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité. Condamnation annulée le 22 juin par la cour d’appel, qui a jugé « irrecevable » l’action menée par l’association Walwari (un mouvement cofondé par l’ancienne garde des Sceaux début 1993).
Mais, parallèlement à cette procédure initiée en Guyane par Walwari, le parquet de Paris, qui n’avait pas été averti par Taubira de l’existence de cette procédure à Cayenne, avait ouvert une enquête, qui a donné lieu à ce procès devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Du fait de cette première procédure, la défense de Leclère estimait qu’elle ne pouvait être à nouveau poursuivie à Paris. Mais le tribunal a rejeté cet argument, ce qu’a regretté Me Triomphe, qui attend de s’entretenir avec sa cliente pour décider de faire ou non appel.
Pour les magistrats financiers, la situation financière du Yotel est « saine », mais ils s’inquiètent néanmoins de projets d’investissements qu’ils jugent possiblement « problématiques » pour l’endettement.

Le maire FN de Cogolin (Var) sait-il gérer le Yotel ? La Chambre régionale des comptes critique la gestion par Marc-Étienne Lansade, élu en 2014 de ce terrain « stratégique », un site de 13 hectares où était exploité un centre de vacances à vocation sociale entre 1980 et 2013, idéalement placé sur le golfe de Saint-Tropez et donné en location à une société dans des conditions contestées, dans un rapport rendu public fin septembre. Dans ce rapport, principalement consacré à la gestion de la commune avant l’arrivée du Front national, les magistrats financiers estiment que sa situation financière est « saine » mais appellent « à la vigilance », et s’inquiètent de projets d’investissements qu’ils jugent possiblement « problématiques » pour l’endettement.
En attendant de concrétiser un projet sur ce site qualifié « d’exceptionnel », le prédécesseur de M. Lansade, Jacques Sénéquier (DVD) avait signé en 2013 et 2014, pour chaque saison estivale, des baux commerciaux précaires avec un exploitant de camping. À son arrivée, le nouveau maire Marc-Étienne Lansade change de prestataire et confie pour 36 mois les lieux à une nouvelle société, Marina Paradise.
MANQUE DE TRANSPARENCE
Les magistrats financiers s’interrogent sur le choix de cette société, qui n’a été officiellement constituée que deux mois après la signature du bail, ne dispose que de 5.000 euros de capital social et ne compte qu’un seul salarié « ce qui semble a priori mal proportionné au montant du loyer de 600.000 euros pour trois ans ». Aucun dépôt de garantie n’a d’ailleurs été exigé par la commune. Le choix de la société s’est fait sans « aucune procédure formalisée d’appel à la concurrence », qui n’était pas légalement obligatoire, mais « aurait permis de rendre le mode d’attribution plus transparent qu’une simple négociation de gré à gré ».
Les juges s’étonnent également que le contrat permette de sous-louer à une autre société, ce que Marina Paradise a fait, confiant finalement les lieux à Homair Vacances, un grand groupe spécialiste des mobil-homes. Ce mécanisme, permis par la mairie « sans contrôle » permet au locataire « de dégager une marge au détriment de la commune », soulignent les magistrats.
Contacté par l’AFP, le maire a souligné avoir augmenté le loyer de 100.000 à 200.000 euros annuels par rapport à l’exploitant précédent : « si c’est du copinage, il faut pas être mon copain », a-t-il ironisé.

Jean-Marie Le Pen est « fier » de sa fille Marine Le Pen, avoue-t-il dans le Grand Soir 3 ce dimanche. « Elle entame une campagne électorale présidentielle à Fréjus d’une façon assez brillante avec un discours ‘jean-mariste’ sur les thèmes qui sont ceux que nous avons popularisés pendant des décennies. Je suis heureux pour la France qu’il y ait un candidat capable de défendre ces idées-là« , affirme le député européen fondateur du FN.
Pour être présente au second tour de la présidentielle, « elle doit convaincre les gens qu’elle est capable de voir au-delà de ses vues partisanes et qu’elle est capable de rassembler une majorité de Français sur un programme de redressement de notre pays« , explique le président d’honneur du FN.
« J’ai été victime d’une manoeuvre injuste, mais cela fait partie de la bataille politique et de ses risques. Mon exclusion du parti par ma fille n’a pas beaucoup d’importance et c’est un sacrifice que je suis proche d’ajouter à ceux que j’ai déjà consentis au cours de ma vie politique« , confie Jean-Marie Le Pen. « Ce qui est important, c’est le destin de la France. C’est le fait que la France est menacée de mort. Si nous ne maîtrisons pas les conséquences de la révolution démographique et du déferlement démographique qui se produit du tiers-monde vers l’Europe, nous serons submergés« , assure-t-il.
« Le bon sens amènera les dirigeants du FN, en particulier pour les législatives, à se rendre compte qu’il est absolument nécessaire de faire l’union de tous les nationaux, y compris avec Jean-Marie Le Pen« , certifie-t-il en conclusion.

Malgré l’interdiction signifiée par le FN, Mediapart couvre la rentrée politique du parti d’extrême droite, organisée ce week-end à Fréjus. Et ce samedi, Marine Le Pen a déroulé le tapis rouge à quelques intellectuels proches de son parti. Jean-Paul Brighelli sur l’éducation, Jacques Sapir sur l’Europe, Xavier Raufer sur le terrorisme ont ainsi pu dire combien il était « normal » d’échanger sous les vivats des militants.
Fréjus, de notre envoyé(e) spécial(e).- « Il s’est mouillé, il est dans l’eau maintenant ! » La formule est de la vice-présidente du collectif Racine, le satellite du Front national consacré à l’éducation, l’un de ces multiples clubs créés par le parti d’extrême droite pour développer des passerelles avec la société civile. Valérie Laupies, qui est aussi conseillère régionale de PACA, se satisfait ainsi de la venue aux « Estivales de Marine Le Pen » de Jean-Paul Brighelli, essayiste réactionnaire bien connu sur les questions de l’éducation nationale, et qui s’était distingué il y a une dizaine d’années avec l’essai La Fabrique du crétin.
L’islam est finalement soluble en terre FN. Le hasard du calendrier vient d’accélérer deux dossiers qui devraient réjouir les musulmans de cette commune dirigée par le FN depuis 2014.

Hier matin, le tribunal administratif a condamné la municipalité parce qu’elle s’opposait au rachat de l’ancienne trésorerie de Mantes-la-Ville, devenue depuis avril dernier une mosquée. Au moment de la vente, la mairie a exercé son droit de préemption. Elle souhaitait alors transformer les locaux en poste de police municipale. La justice a estimé qu’il s’agissait d’un « abus de pouvoir » pour empêcher la création de la mosquée. Battu, Cyril Nauth indique qu’il fera « très certainement » appel.
Un projet dans le quartier des Merisiers
Dans le même temps, une autre association, El-Fethe, a obtenu gain de cause au tribunal de grande instance. Il y a quelques mois, elle avait cherché à acheter un pavillon afin d’en faire une mosquée. Le vendeur avait fini par se rétracter et l’affaire s’est poursuivie devant les tribunaux. Les juges ont finalement donné raison à El-Fethe. Une mosquée pourrait donc faire son apparition dans les prochains mois dans le quartier des Merisiers.
Ces deux lieux de culte s’ajoutent à un troisième, situé boulevard Salengro. Avant l’arrivée du FN au pouvoir, c’était le seul à Mantes-la-Ville… « Et alors ? Le Front national ne s’est jamais opposé à l’Islam !, s’irrite Cyril Nauth. J’ai toujours dit que j’étais contre le projet de la trésorerie, pas contre l’Islam. » Cette position figurait dans ses tracts de campagne. Les opposants à Cyril Nauth ne manquent toutefois pas de lui rappeler ses engagements. « Je me souviens qu’il avait dit récemment que les musulmans n’étaient pas près de prier dans l’ancienne trésorerie, remarque Eric Visintainer (LR). Cyril Nauth doit rester humble : il n’est pas au-dessus des lois, il est en train de l’apprendre. »
La réalité mérite toutefois d’être nuancée. L’acquisition de la trésorerie était un processus déjà engagé avant l’arrivée du FN dans la commune. Elle avait été encouragée par l’ancienne équipe socialiste et accélérée par la préfecture. Quant à la mosquée du boulevard Salengro, malgré un vote du conseil municipal demandant sa destruction, la démolition n’a jamais eu lieu.
Face à cette montée du parti d’extrême droite qui paraît aujourd’hui inexorable, il faut sortir de l’état de sidération pour revenir à l’essentiel : l’électeur du Front national. L’objectif de ce livre est aussi simple à énoncer qu’ambitieux à réaliser. Comprendre comment, et pourquoi, on choisit de glisser un bulletin FN dans l’urne. À l’issue d’entretiens avec des électeurs du parti frontiste, l’auteur décortique leur vie, y cherchant, pour chacun, les traces de cette inflexion politique…

La métamorphose mentale de Martin va s’accompagner d’un phénomène que je rencontrerai chez de nombreux autres électeurs du FN : la relecture complète de son passé à travers ses nouveaux yeux de frontiste, concrètement une racialisation de celui-ci.
Sur le terrain il va découvrir que le FN n’est pas perçu comme un parti comme les autres. Quand vous tendez un tract électoral, vous recueillez bien souvent des insultes. Les collages ont lieu la nuit pour éviter de croiser des adversaires politiques et même de simples passants qui pourraient devenir agressifs. L’accueil inamical n’effraie pas Martin, ce dernier trouve y trouvant même la preuve de la justesse de son combat.
« S’ils sont hostiles envers nous c’est qu’on fait des choses qui les dérangent »
Même si la parenthèse de l’activisme va rapidement se refermer, ces quelques mois de militantisme vont endurcir Martin, ses convictions récentes vont s’enraciner. La question de l’immigration va en particulier prendre une grande place dans son positionnement politique. Il est persuadé que la France est en train de subir une invasion, un « grand remplacement ». L’ignorance de Martin en matière d’histoire des migrations est un terrain fertile pour ce genre de fantasme.
« La France a 2 400 ans d’histoire écrite et n’a pas connu de grande migration depuis l’installation des Celtes au deuxième millénaire avant JC »
En plus de son ampleur, c’est l’origine de cette immigration qu’il pointe du doigt.
« Ce qui est regrettable de mon point de vue c’est qu’il y a une part très importante qui vient du Maghreb et d’Afrique. »
Accusant ces migrants d’être quasiment inintégrables du fait de leur culture et de leur religion, il décrit une France parsemée de territoires communautarisés, véritables corps étrangers au sein de la République où ce sont les règles de l’Islam qui font la loi. Dans cette vision fantasmée et apocalyptique d’une France totalement fragmentée, la guerre civile est vue comme un horizon probable.
« Si les choses continuent sur la dynamique actuelle, il y aura beaucoup de violence entre d’une part, les blancs, les Français de souche et d’autre part, une proportion importante des personnes venue de l’immigration extra Européenne, ce qui reproduira quelque chose de similaire avec ce qui s’est passé en Algérie. Si ça venait à se passer comme ça, si les Français de souche venaient à gagner, qu’il y ait une violence qui conduise à cette rémigration, ce serait au prix d’une très grande souffrance, ce ne serait pas souhaitable. Il vaudrait mieux tenter de tarir la source tant que c’est possible. »
Martin veut que le FN lui parle de ce qu’il voit… ou du moins de ce qu’il croit voir, de cette fracture raciale qui l’obsède.
On est bien loin de l’idéal républicain. Si Martin ne se retrouve pas dans le discours d’un FN en pleine dédiabolisation, il a par contre de la « sympathie » pour celui décomplexé de la mouvance identitaire.
Les sociétés de journalistes (SDJ) de plusieurs rédactions, dont Radio France, Le Figaro, France 2 ou Le Monde, ont dénoncé vendredi la « censure médiatique » du Front national qui a refusé d’accréditer le site Mediapart et l’émission Quotidien aux « Estivales de Marine Le Pen » ce week-end.
Mediapart ne sera pas admis aux « Estivales de Marine Le Pen ». Une décision du Front National qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression, selon sa présidente, qui s’est aussi exprimée à propos du polémiste Éric Zemmour, suite à l’annulation d’une de ses conférences à Marseille.

La présidente du Front National, Marine Le Pen, a accusé samedi matin sur France Bleu Provence le Parti socialiste marseillais de « s’enfoncer dans une dérive sectaire » pour avoir demandé l’annulation d’une conférence du polémiste Éric Zemmour, à Marseille jeudi prochain, tout en estimant dans le même temps qu’interdire l’accès aux « Estivales » [les journées de rentrée de son parti organisées à Fréjus, NDLR] aux journalistes de Mediapart et de Quotidien, l’émission de Yann Barthès sur TMC, était « la moindre des choses ».
« La liberté d’expression ne peut pas s’arrêter à ceux qui pensent comme le Parti socialiste », a d’abord expliqué la présidente du FN à propos de la venue contestée [par des élus PS notamment, NDLR] du polémiste Éric Zemmour pour une conférence à Marseille.
« Tout le monde sait que j’ai un certain nombre de divergences avec Éric Zemmour. Mais la liberté d’expression, c’est précisément le droit donné à ceux qui ne pensent pas comme vous d’exprimer leurs idées. Je trouve que le Parti socialiste s’enfonce dans une dérive de plus en plus sectaire et de plus en plus éloignée des principes qui régissent notre République française », a expliqué Marine Le Pen.
Interrogée en retour sur la décision du Front National de refuser l’accréditation des journalistes de Mediapart et de l’émission « Quotidien », de Yann Barthès, aux journées de rentrées de son parti, ce week-end, à Fréjus, Marine Le Pen n’y a vu aucune contradiction avec ce qu’elle venait de dire sur la liberté d’expression.
« Je ne vois pas le rapport, le Front National n’empêche pas Mediapart de s’exprimer, a rétorqué Marine Le Pen. En 2012, Mediapart a dit ‘nous inviterons tous les candidats, sauf Marine Le Pen. Et bien Marine Le Pen invite tous les journalistes, sauf Mediapart' ».
« Ca me paraît être la moindre des choses. Soit on est un journaliste, et on est pluraliste et on essaie d’être honnête de temps en temps, soit on se comporte comme un militant politique, et je n’ai pas de raison de recevoir des militants politiques dans nos manifestations. Ca fait cinq ans que ça dure et ça sent un peu la polémique réchauffée », s’est défendue la présidente du Front National.
Le maire Front national (FN) de Mantes-la-Ville, dans les Yvelines, a une nouvelle fois été débouté par la justice dans l’affaire l’opposant à l’Etat et à une association musulmane. La justice a statué : il n’était pas fondé à préempter un local, destiné par la précédente municipalité à devenir une mosquée, pour y installer sa police municipale.

Dans une décision rendue vendredi 16 septembre, le tribunal administratif de Versailles a considéré notamment que la décision attaquée par le maire, Cyril Nauth, « bien que formellement motivée par la nécessité d’installer le service de police municipale dans des locaux plus spacieux, procède en réalité d’une volonté d’utiliser le droit de préemption afin de faire échec à l’installation d’un lieu de culte musulman » et que ce « véritable mobile » est « tiré de considérations étrangères à un but d’intérêt général ». Le tribunal a donc estimé qu’il y avait bien « détournement de pouvoir » de la part du maire.
Cyril Nauth avait déjà été débouté en référé (procédure d’urgence) par cette même juridiction en août 2015, puis par la cour administrative d’appel en octobre.
Lors de l’audience devant le tribunal de Versailles le 2 septembre, le rapporteur public avait souligné « le coût » du projet du maire (760 000 euros) et le fait que le local était « disproportionné » pour une équipe de « 12 agents de police municipale ».
A la tête de Fréjus, l’une des vitrines municipales du Front National, David Rachline, qui se décrit comme un maire pragmatique et « patriote », voit sa gestion contestée par ses opposants locaux, qui dénoncent un idéologue en pleine « dérive totalitaire ».
Revue des dossiers qui fâchent, deux ans et demi après son élection.

Des accusations de favoritisme
« Fréjus est devenue la machine à cash du FN, on a vu toute la galaxie du l’extrême droite venir travailler, faire du business chez nous », accuse la cheffe de file du PS local, Elsa di Méo. Parmi d’autres, elle cite les contrats obtenus par une société proche de l’extrême droite pour l’organisation de festivités, une étude financière commandée à un proche du FN, qui a créé sa société à l’occasion des municipales. Ou la nomination d’un ancien candidat FN aux départementales, à la tête de l’école de musique, à statut associatif.
« Dire que les amis de David Rachline s’en mettent plein les poches, ça me fait rire », rétorque le maire: « Il y a un code des marchés publics, le contrôle de légalité de la préfecture n’est pas plus tendre » qu’avec les maires voisins. « Est-ce que les patriotes n’ont pas le droit d’être à la tête d’entreprises? » se défend l’élu.
Le redressement des finances municipales
David Rachline a hérité d’une dette de 150 millions d’euros, et souligne avoir « retrouvé une forme de crédibilité auprès des banques » en réduisant l’endettement de 20 millions: « On n’augmente pas les impôts, on gère mieux cette ville », affirme le sénateur-maire.
David Rachline « sacrifie l’avenir » en vendant de nombreux terrains sans « anticiper le développement » de Fréjus, tempête pourtant l’opposant LR Philippe Mougin. Elsa Di Méo dénonce elle aussi la « vente des bijoux de famille », les centres sociaux « dans une situation catastrophique » après les coupes budgétaires, ou le « plan d’austérité » exigé du personnel municipal.
Idéologue ou pragmatique ?
Bras de fer autour de l’installation d’une mosquée, stèle à la mémoire de l’Algérie française ou concert de rock identitaire, de nombreux opposants et associations ont dénoncé une reprise en main idéologique de la ville.
Le style Rachline
David Rachline « ne supporte pas la contradiction », dénonce Philippe Mougin, qui évoque même une « dérive totalitaire ». Les droits de l’opposition serait « bafoués » lors de conseils municipaux tendus. En juin, une élue DVD, Françoise Cauwel, s’était plainte que le maire l’ait insultée et lui ait lancé un « Mêlez-vous de vos fesses ».