Procès du bikini de Reims: « On l’a fait passer pour une islamiste à cause de sa couleur de peau »

affaire bikini reins instrumentalisation islamophobie racisme sos extreme droite

C’est un fait divers dont la notoriété n’aurait pas dû dépasser les limites du parc Léo-Lagrange de Reims. Une altercation entre filles devenue fin juillet l’illustration parfaite des dangers supposés de l’Islam. Le prétexte pour une instrumentalisation politique aux relents islamophobes. 

Le fait divers est récupéré par une partie de la droite et de l’extrême droite. SOS Racisme organise une manifestation de soutien en maillot de bain au parc Léo-Lagrange.

Pourtant, devant les enquêteurs, les jeunes filles, victime comme agresseuses présumées répèteront la même chose: il n’y avait pas de motif religieux et moral. Trois mois plus tard, trois d’entre elles comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Reims. Interview de Hosni Maati, avocat d’Hadoune, la jeune fille qui a prononcé la phrase à l’origine de la bagarre.

Laisser sous-entendre que la toile de fond est religieuse et qu’on avait assisté à un choc des civilisations au parc Léo-Lagrange, c’est un délire complet. C’est symptomatique d’un certain état d’esprit aujourd’hui en France.

C’est une jeune adulte qui se rend compte qu’on l’a fait passer pour une intégriste islamiste à cause de sa couleur de peau. C’est un raccourci intellectuel et un délit de faciès: comme elle a sa couleur de peau, elle est musulmane et donc intégriste.

Hadoune a fait l’objet d’attaques très dures sur les réseaux sociaux et a dû déposer un certain nombre de plaintes contre des personnes qui menaçaient de s’en prendre à elle physiquement. La fachosphère s’en est donnée à coeur joie.

L’Express

Allemagne : des réfugiés échappent à des «attentats» d’extrême droite

151022_to3sn_armes-neonazis-allemagne_sn635

11 hommes et 2 femmes ont été arrêtés lors de perquisitions menées mercredi dans la ville de Bamberg, à environ 50 kilomètres au nord de Nuremberg. Les policiers, qui observaient la cellule depuis un an, ont saisi plusieurs kilos de feux d’artifice puissants, une arme à feu, des munitions, des bâtons de baseball et des couteaux.

Le groupe planifiait apparemment d’utiliser les explosifs – dont deux « bombes » illégales d’un kilo chacune – pour attaquer les abris de réfugiés de Bamberg le 31 octobre, de manière à semer la peur et la terreur parmi les demandeurs d’asile, a expliqué le procureur Erik Ohlenschlager.

Des experts ont déterminé que ces « bombes » auraient pu fracasser des fenêtres si elles avaient explosé près des refuges, et possiblement causer des blessures graves ou même la mort dans un endroit clos.

Plusieurs des individus arrêtés sont des militants d’extrême droite bien connus. Les responsables allemands ont prévenu que la violence à l’endroit des migrants est en pleine progression.

Des données fournies à l’Associated Press témoignent de près de 600 attaques contre des refuges depuis le début de l’année, soit près de trois fois plus qu’en 2014 et essentiellement des gestes de vandalisme, de propagande ou d’incitation à la haine.

Radio Canada

Un militant identitaire en garde a vue pour « apologie de la Shoah »

le-compte-twitter-du-gud-lyon-comprenant-le-post-faisant-l-apologie-de-la-shoah-capture-d-ecran

Un militant du GUD (organisation étudiante d’extrême-droite) a été placé en garde à vue jeudi à Lyon après avoir posté sur Twitter et Facebook des images faisant l’apologie de la Shoah. «Un groupuscule d’extrême-droite a publié sur son site internet et son compte « Twitter » un document de haine, d’apologie de la Shoah et de crimes contre l’humanité. A ma demande, le préfet de la région Rhône-Alpes a saisi le procureur de la République à Lyon», a annoncé le ministre de l’Intérieur dans un communiqué.

Cet homme, connu comme étant un membre du Gud à Lyon, «a été interpellé et placé en garde à vue le temps de l’enquête», ouverte par le parquet pour «apologie de crime contre l’humanité».

Bernard Cazeneuve a «demandé à tous les préfets de systématiquement porter plainte au titre de l’article 40 du code de procédure pénale pour tout propos ou tout acte raciste ou antisémite».

Le compte Twitter du Gud Lyon avait posté mardi une affiche parodiant une publicité du soda Oasis, sur laquelle on pouvait lire: «Shoasis ananas», avec les mentions «Arbeit macht frei», «Teneur garantie: six millions», «Au Zyklon B» et «Sans goyim». Avec le message: «Joyeux anniversaire! #70 ans de Business, ça commence à faire #Auschwitz».

Le ministre de l’Intérieur participe jeudi soir à un dîner du Crif Rhône-Alpes dans le Rhône, à La Tour Salvagny.

Le Progrès

Une rumeur Internet sur deux est islamophobe

Rumeur93-HoaxbusterLe nombre de «  hoax  » évolue-t-il avec le temps ?

Guillaume Brossard : « Avec l’explosion des réseaux sociaux, la diffusion des hoax est beaucoup plus massive. Avant cela se limitait aux emails, aux forums et aux blogs… avec Facebook et Twitter, la «  viralité » est encore plus extrême. De plus, on est sur le fondement même de la rumeur : elle ne meurt vraiment jamais, elle se recycle, se transforme. L’exemple de Facebook est assez parlant. Sur ce réseau, les gens n’ont pas toujours grand-chose à raconter. Alors certains réutilisent, inconsciemment ou non, d’anciens messages ou en transfèrent d’autres sans se poser de question. Au fond, ce n’est pas vraiment différent des conversations à la machine à café où on se raconte les dernières rumeurs. Sauf qu’avant on touchait une à cinq personnes maximum et qu’aujourd’hui on peut même atteindre un million de personnes, sans lien temporel ni géographique. »

Leur thématique évolue-t-elle ?

« Depuis quelques années, le nombre de hoax est en hausse importante et ils sont de plus en plus à coloration politique et sociétale. Alors qu’ils n’existaient presque pas il y a dix ans. Avant, c’était surtout des légendes urbaines, les faux virus d’Internet… qui au final étaient faciles à démonter. Ce qui n’est pas le cas des hoax politiques. »

Constatez-vous des dérives ?

« Ce qui m’inquiète, c’est l’usage d’Internet pour diffuser des idéologies et notamment rependre l’islamophobie. Cela fait deux ou trois ans que nous le disons. Les messages qui mettent en cause l’islam ou les musulmans sont en augmentation très importante. Et ce n’est pas seulement un ressenti, c’est factuel.
« Aujourd’hui, 50 % des demandes de vérification de hoax qui nous sont envoyées concernent des faits islamophobes ou anti-musulmans. Ça en est même pénible pour nous car nous ne pouvons pas faire que ça. Nous sommes une ressource de bénévoles et on ne peut traiter que les plus grosses rumeurs. On est aujourd’hui malheureusement submergés par ces rumeurs. »

Hoax. C’est une information fausse, périmée ou invérifiable propagée spontanément par les internautes. www.hoaxbuster.com : le principal site de ressources contre les « hoax ». www.hoaxkiller.fr et www.rue89.com/hoax travaillent également à démonter les rumeurs d’Internet.

La Nouvelle Repblique