Burkini à la plage : Nice l’interdit à son tour

Dans une lettre adressée à Manuel Valls mardi, Christian Estrosi, premier adjoint à la mairie LR de Nice, estime que « la dissimulation intégrale du visage ou le port d’une tenue intégrale pour aller à la plage ne correspond pas à notre idéal de la relation sociale ».

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Christian Estrosi avait exprimé son soutien aux maires ayant adopté un arrêté municipal prohibant ce vêtement de bain, tout en jugeant qu' »il revient à l’Etat de lutter contre le communautarisme ».

10 arrêtés dans les Alpes-Maritimes

Dans les Alpes-Maritimes, avant Nice, 10 communes ont déjà pris un arrêté anti-burkini, parmi lesquelles Menton, Cannes, Villeneuve-Loubet, Saint-Laurent-du-Var, Beaulieu-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat. Trois femmes ont été verbalisées le week-end dernier à Cannes et ont dû payer une amende de 38 euros.

Selon le Premier ministre Manuel Valls, l’apparition récente des burkinis est « la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme ». Le port du burkini « n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République », a-t-il asséné dans un entretien au journal régional La Provence.

Ces costumes de bain enveloppants sont extrêmement rares sur les plages françaises, noyés parmi les bikinis et maillots une pièce. En revanche, sur la côte méditerranéenne, une minorité de femmes musulmanes restent voilées et couvertes sur la plage.

Midi Libre

Australie : La créatrice du burkini défend sa création qui fait polémique en France

Le burkini, au coeur d’une vive polémique en France, est dans son pays d’origine, l’Australie, un outil d’intégration permettant à des musulmanes pratiquantes de profiter pleinement des joies de la plage, affirme sa créatrice Aheda Zanetti.

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Dans le Pas-de-Calais, deux communes du littoral (Le Touquet et Oye-Plage) ont décidé de prendre des arrêtés contre cette tenue de bain islamique accusée de faire le jeu du communautarisme. Et le Premier ministre Manuel Valls a apporté son soutien aux maires qui ont interdit le port du burkini sur les plages.

Aheda Zanetti, une Australienne d’origine libanaise de 48 ans, explique qu’elle a dessiné il y a plus de 10 ans à Sydney ce costume de bain qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles, avec pour objectif de permettre aux musulmanes de profiter de la plage tout en respectant les préceptes de leur religion.

« La plage, le surf, le soleil et le sport font partie de la culture australienne et j’avais le sentiment d’avoir été privée de toutes ces activités pendant ma jeunesse« , raconte cette femme voilée. L’idée du burkini lui est venue en regardant sa nièce jouer au netball. « Je voulais que personne ne soit plus privé d’activités sportives du fait des restrictions imposées par la pudeur« . Mme Zanetti a ouvert son premier magasin à Sydney en 2005. Depuis, cette mère de trois enfants a écoulé plus de 700 000 burkinis et fournit des grossistes jusqu’en Suisse, en Grande-Bretagne, à Bahreïn ou en Afrique du Sud.

L’apparition du burkini a été concomitante des graves émeutes qui avaient éclaté sur la plage de Cronulla, à Sydney, entre des jeunes originaires du Moyen-Orient et des Australiens blancs venus « reprendre possession » du rivage.Ces violences avaient profondément choqué en Australie, ce qui avait amené l’association de sauveteurs Surf Life Saving Australia (SLSA) à diversifier son recrutement, et à engager notamment des musulmans. Mme Zanetti avait alors reçu une commande pour des burkinis jaunes et rouges, les couleurs emblématiques de la SLSA. Mme Zanetti, qui a déposé les marques « burkini » et burqini » (contraction de burqa et bikini), se désole de la connotation négative associée à ces produits en France.

Les hommes politiques français « utilisent le mot burkini comme un mauvais concept islamique alors que c’est juste un mot« , déclare-t-elle. « C‘est un mot que j’ai créé pour désigner un produit que je fabrique. Nous ne cachons pas de bombe dessous, il ne sert pas à entraîner des terroristes« , poursuit-elle. « Un vêtement est là pour satisfaire un type de besoin spécifique. Un burkini est un type de tenue pour une activité spécifique. Et, si ça peut aider, on porte toujours un bikini en dessous. »

France 3

Burkini : les ventes explosent depuis la polémique


Interrogée par Europe 1, la créatrice du burkini annonce que, ces dernières semaines, le vêtement contesté s’écoule très bien en France.

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Certaines municipalités ont décidé d’interdire ce vêtement sur leurs plages, suscitant un débat vif au sein de la classe politique. Mais loin d’affaiblir le burkini, ces polémiques lui profitent.  Interrogée par Europe 1, la créatrice annonce que les ventes explosent !

« C’est juste un maillot de bain »

« On a eu une augmentation des ventes en France depuis plusieurs semaines, entre 35 à 40 %, se réjouit Aheda Zanetti, une Australienne d’origine libanaise. Ces femmes vont continuer à acheter le burkini et peu importe qu’elles aillent nager en France, en Espagne, en Suisse ou ailleurs… Personne ne pourra les arrêter de faire ce qu’elles veulent.

 » Zanetti défend bec et ongles sa création, qui fête son douzième anniversaire. « Ces femmes, quelle que soit d’ailleurs leur religion, peuvent continuer à être actives et aller sur la plage. Je ne comprends pas, c’est juste un maillot de bain ! Cela ne fait de mal personne ! Le burkini ne discrimine personne« , affirme-t-elle.

Elle ne comprend d’ailleurs pas qu’on puisse arrêter ou verbaliser des femmes pour ce motif. Pour elle, cette politique aurait un effet contraire : « Ces femmes vont aller passer leurs vacances ailleurs qu’en France, en Espagne… ou alors en Australie, nous, nous accueillons tout le monde ici ! »

Aheda Zanetti raconte à nos confrères d’Europe 1 que si ce produit a été à l’origine créé pour les femmes musulmanes, 30 % de sa clientèle ne serait pas issue de cette communauté. « Cela peut-être des femmes juives, des mormones, des chrétiennes, des hindoues… ou même des femmes qui veulent protéger leur corps du soleil« , commente-t-elle, vantant un vêtement qui permet aux femmes de ne pas être privées d’activité physique.

Le Point

Interdiction du Burkini. L’Italie plutôt sceptique sur les vertus du «modèle français»

Le ministre italien de l’Intérieur Angelino Alfano s’est montré plutôt sceptique sur les vertus du « modèle français » après que plusieurs communes de France ont interdit le port du burkini, dans un entretien au Corriere della Sera.

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« Il ne me semble pas, hélas que le modèle français ait fonctionné au mieux » a déclaré M. Alfano répondant à une question sur les polémiques en France autour cette tenue couvrant le corps et la tête portée par certaines musulmanes sur les plages.

Le ministre italien juge par ailleurs inapproriée, voire dangereuse, toute mesure d’interdiction du port du burkini. Les autorités d’un pays ont « la responsabilité de garantir la sécurité » sans toutefois tomber dans « une provocation potentielle qui puisse attirer des attentats », a-t-il ainsi expliqué au Corriere« La Constitution italienne garantit à chacun la liberté de culte » souligne M. Alfano définissant son approche « libérale » et « pragmatique ».

Le ministre italien de l’Intérieur a également annoncé dans cet entretien qu’il allait prendre des mesures pour renforcer des contrôles sur les mosquées et pour garantir la formation des imams en Italie. « Il y a une différence entre prier et inciter à la violence » a-t-il insisté alors que l’Italie a procédé à l’expulsion de neuf imams soupçonnés de radicalisation au cours des douze derniers mois. Une nouvelle loi sur la sécurité intérieure va être présentée à l’automne, a-t-il enfin annoncé.

Le Premier ministre français Manuel Valls a de son côté pris la défense des maires ayant pris des mesures d’interdiction du burkini, qu’il a jugé « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République », dans un entretien avec le quotidien La Provence.

Ouest France

Burkini : le CCIF attaquera tous les arrêtés municipaux d’interdiction

« Nous irons devant les juridictions locales dans toutes les villes où des arrêtés ont été pris », a déclaré M. Muhammad, pour qui la « bataille juridique » se déroulera sur « le long terme».

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Les maires de Cannes, Mandelieu-la-Napoule, Cap d’Ail et Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), de Sisco (Haute-Corse) et de Leucate (Aude) ont pris dernièrement des arrêtés interdisant le port du burkini, ce maillot de bain recouvrant le corps et la tête des femmes, sur les plages de leurs communes. Le député-maire LR du Touquet Daniel Fasquelle a annoncé mardi son intention de prendre également la même mesure, tout comme le maire PS d’O ye-Plage, Olivier Majewicz.

« Nous ne faisons pas de référé-liberté, dans l’urgence. Nous demandons un arbitrage sur le fond », qui prendra pour chaque procédure « de neuf à douze mois », a affirmé Marwan Muhammad.

Après le rejet par le tribunal administratif de Nice de sa demande de suspension de l’arrêté municipal pris par la mairie de Cannes, le CCIF a déposé mardi matin ses « arguments » et son « recours » devant le Conseil d’État, où il ne sera pris en compte que quand un avocat habilité à exercer dans cette juridiction s’en saisira, a expliqué son porte-parole.

La Voix Du Nord

Valls prend position contre le burkini, le CFCM se dit « surpris »

Les arrêtés municipaux interdisant le port du burkini sur les plages continuent d’alimenter la polémique. Dans une interview au quotidien régional La Provence, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que le burkini n’est « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République » et défendu son interdiction, assurant « comprendre » la décision des élus.

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« Les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bain, une mode. C’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme« , a expliqué le Premier ministre, qui juge toutefois que le législateur n’a pas à intervenir en la matière.

Une prise de position qui passe mal auprès des représentants de la communauté musulmane. Abdallah Zekri, le président de l’Observatoire contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM) s’en est pris de manière virulente aux déclarations de Manuel Valls sur BFMTV ce mercredi 17. « Je suis surpris de lire l’intervention de Manuel Valls dans la mesure où il y a des contacts permanents avec le ministre de l’Intérieur en charge des cultes » s’est-il indigné.

Et d’ajouter: « est-ce que 10 ou 12 femmes portant le burkini mettent en danger la République? Je n’y crois pas du tout« , avant d’assurer « ces femmes le (le burkini, NDLR) portent librement, certaines pour se préserver, par pudeur, d’autres par convictions religieuses« .

Abdallah Zekri s’en est également pris à Jean-Pierre Chevènement, pressenti pour prendre la tête de la nouvelle Fondation pour l’islam de France, qui a récemment demandé aux musulmans français de faire preuve de « discrétion« . « Nous nous sommes des citoyens français. Quand j’entends dire que les musulmans doivent être plus discrets, plus discrets sur quoi? Qu’est-ce que nous avons fait pour ne pas être discrets?« , s’interroge le président de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Avant de prévenir: « s’il (Jean-Pierre Chevènement, NDLR) veut travailler avec nous, ce n’est pas de cette manière-là, l’islam colonial est terminé depuis très longtemps« .

France Soir

En Australie, des femmes en burkini peuvent vous sauver la vie

Alors que le débat sur le burkini agite l’opinion publique en France, avec deux maires ayant pris récemment un arrêté municipal l’interdisant sur leurs plages, un pays dans le monde a su particulièrement l’intégrer sur ses rivages: l’Australie.

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Afin de permettre à ses coreligionnaires de pouvoir elles aussi s’adonner aux joies de la plage, tout en respectant leurs convictions, c’est une musulmane australienne qui avait ainsi inventé le « burkini » dès 2007, croisement entre le bikini sexy et la stricte burqa. 

« Je la regardais jouer: elle portait un voile, une chemise longue et des pantalons. Et, par dessus tout, elle avait enfilé le maillot et la jupe de son équipe. Je me suis dit: ‘Mon Dieu, on doit pouvoir faire quelque chose' »: c’est en regardant sa nièce jouer au netball (sorte de basketball) qu’Aheda Zanetti avait décidé de concevoir elle-même une tenue qui serait à la fois pratique et « religieusement correcte ».

« Un si grand nombre de filles et de femmes ne pouvaient pas pratiquer de nombreux sports, dont la natation… Il n’y avait rien de vraiment pratique pour elles… Le tissu, la conception… ça n’allait pas », expliquait la Libanaise d’origine.

Cette mère de quatre enfants, qui n’a jamais porté la burqa, avait d’abord conçu un haut qui reliait un voile à une chemise, avant de se lancer dans des tenues de sport plus complètes et de jeter son dévolu sur les maillots de bain.

Dans un pays où la plage est une véritable « culture », que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait « un vide qu’il fallait combler », selon Aheda Zanetti.

Des commandes dans le monde entier

La styliste crée alors le « burkini »: un costume de bain en polyester, d’une rigoureuse couleur noire, qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles. 

Et à l’époque, sa société « Ahiida », installée dans une banlieue de Sydney, reçoit alors des centaines de commandes, venues de toute l’Australie mais également de l’étranger. Neuf ans après, le succès est toujours au rendez-vous. « Maintenant, nous avons des ventes partout dans le monde, et quand ils (des pays) l’interdisent comme au Maroc, cela va quand même très bien pour moi, explique-t-elle à Newsweek. Les gens l’achètent juste pour chez eux. »

En 2007, année coïncidant avec le centenaire des Surfeurs sauveteurs en mer d’Australie, Aheda Zanetti avait également sorti un burkini rouge et jaune, aux couleurs des sauveteurs.

Pour la jeune Mecca Laalaa, 20 ans, cela a été le déclencheur qui l’a convaincue de rejoindre le programme d’entraînement des maîtres-nageurs. « Ce que je portais pour nager m’empêcher de m’impliquer dans des activités nautiques… Pour moi, le burkini signifie que plus rien ne peut m’arrêter », témoignait-elle à l’époque.

Et le nouveau « maillot » avait reçu la bénédiction du mufti d’Australie, le cheikh Taj Aldin al-Hilali, dans un pays où les musulmans sont 300.000 sur une vingtaine de millions d’habitants.

Huffington

Aude : au tour du maire de Leucate d’interdire le burkini

Le maire de Leucate (Aude) va interdire le burkini sur les plagesLe maire LR de Leucate (Aude) Michel Py va à son tour interdire le burkini, tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes, afin « d’assurer le bon ordre, la sécurité et la salubrité publics ».

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Cet arrêté doit être signé mardi soir ou mercredi matin et sera en vigueur jusqu’au 31 août. Il concerne les stations de la commune languedocienne, soit Leucate-plage et La Franqui.

Selon le texte transmis à l’AFP, l’accès aux plages de la commune sera « interdit à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades ».

« Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation à ces principes y est également interdit », selon l’arrêté, que l’AFP a pu consulter.

Quelques mairies côtières, de la Corse jusqu’au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés similaires à la suite de la mairie LR de Cannes, la première à avoir signé, le 27 juillet, un arrêté anti-burkini.

Mais des voix s’élèvent aussi pour déplorer un emballement dangereux, notamment chez les musulmans qui redoutent une nouvelle stigmatisation autour d’une pratique minoritaire.

Ouest France

Espagne, Italie, USA.. l’interdiction du Burkini vivement critiquée par les médias étrangers

Burkini : la presse étrangère affligée

« Stupide et sexiste », « fanatisme idiot »… La presse anglo-saxonne, qu’elle soit progressiste ou conservatrice, se moque de la polémique française.

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D’autres pays européens se posent également la question. Ainsi, le quotidien El Pais affichait sur sa « une » mardi 16 août : « La polémique du burkini arrive sur les plages espagnoles ».

D’après lui, « la récente interdiction du burkini sur les plages françaises de Cannes et Sisco a rouvert le débat sur le port du voile dans les lieux publics ».

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Une trentaine de municipalités catalanes ont interdit la burqa

Le quotidien explique qu’en Espagne, une trentaine de municipalités catalanes ont voté depuis 2010 l’interdiction du port de la burqa dans les établissements publics. Mais en 2013, la Cour suprême a estimé que les municipalités n’étaient pas compétentes pour restreindre un droit aussi fondamental que la liberté religieuse.

Sur le site d’El Pais, la journaliste et écrivaine Berna Gonzalez Harbour s’en prend aux arguments des maires français qui ont interdit le port de ce vêtement. « Si c’est un problème d’hygiène, comme le justifie si bien le maire (de Villeneuve-Loubet), il faudrait peut-être alors réfléchir à l’interdiction des maillots, des lunettes de plongée et des combinaisons thermiques pour les frileux », ironise-t-elle.

L’écrivaine revient ensuite sur les différents attentats qui ont touché la France. Mais selon elle, « l’inquiétude de la population et les précautions prises par les autorités sont des réactions compréhensibles. Mais de la précaution et des ressources nécessaires à la lutte antiterroriste, à l’intolérance irrationnelle, il y a un pas que la France ne doit pas franchir. »

« Je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée »

En Italie, la Nuova di Venezia revient également sur le sujet. Pour le quotidien local, les édiles de la côte vénitienne, à l’est du pays, « ne semblent pas particulièrement troublés » par le port du burkini sur leurs plages. « Aucun n’a ainsi prévu de prendre des arrêtés », poursuit la Nuova di Venezia.

Interrogé, le maire de Jesolo, Valerio Zoggia, n’estime pas nécessaire d’intervenir sur la question. « Il n’y a pas eu encore de problème, selon lui. Je me soucie de la question de la sécurité dans son ensemble, mais je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée. »

Plus au nord de l’Europe, certains médias anglo-saxons n’hésitent pas à se moquer de la polémique. Le Guardian dresse ainsi « cinq raisons de porter un burkini – et pas seulement pour embêter les Français ».

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« Une attaque islamophobe contre les musulmans »

De son côté, la BBC prévient avec ironie que les autorités françaises « devront distinguer les nageurs en burkini et ceux en combinaison de plongée ».

La chaîne britannique a également demandé à des femmes de confession musulmane ce qu’elles pensaient de l’interdiction du port du burkini sur certaines plages françaises. Pour Aysha Ziauddin, de Norfolk, à l’est de l’Angleterre, ces arrêtés municipaux « sont une attaque islamophobe contre les musulmans ». « Le burkini me donne la liberté de nager et d’aller à la plage sans avoir l’impression de compromettre mes croyances », poursuit-elle.

Le Telegraph se montre également très virulent contre ces arrêtés municipaux. Pour le quotidien conservateur : « Les vrais ennemis de la liberté ne sont pas les femmes qui portent des burkinis, mais les politiques qui veulent les interdire.»

« Comme un régime théocratique, l’interdiction du burkini à Cannes oblige les femmes musulmanes à choisir entre leur religion et leur identité nationale, et suggère pernicieusement que leur choix du vêtement est une déclaration politique, que ce soit le cas ou non. »
« La France désigne la dernière menace pour sa sécurité : le burkini »

Enfin, la polémique sur le burkini a même traversé l’Atlantique. Dans son édition internationale, samedi, le New York Times affichait en « une » : « La France désigne la dernière menace pour sa sécurité : le burkini. »

Pour le quotidien américain, cette interdiction « peut parfois sembler étrange pour les étrangers ». Ainsi « aux Jeux olympiques de Rio, plusieurs femmes musulmanes ont participé à des épreuves avec des vêtements qui couvrent leurs cheveux et leur cou. Des maillots de bain couvrant le visage, portés par des baigneurs inquiets d’une exposition trop forte au soleil, ont également été repérés en Chine et dans d’autres endroits.

Le Monde

Le maire du Touquet n’a jamais vu un burkini, mais il… l’interdit

Après Cannes, Villeneuve-Loubet et Sisco, un quatrième maire a décidé de bannir le burkini des plages de sa commune selon Le Parisien: Daniel Fasquelle, par ailleurs député Les Républicains du Pas-de-Calais.

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Daniel Fasquelle le reconnaît lui-même: aucun cas de port du burkini n’a pour le moment été constaté sur les plages du Pas-de-Calais.

Pourtant, le maire Les Républicains (LR) du Touquet a décidé de prendre les devants, révèle Le Parisience mardi: il va prendre dans la semaine un arrêté interdisant cette tenue de bain utilisée par certaines femmes musulmanes désireuses de recouvrir leur corps entièrement, à l’exception du visage et des mains.

L’Express

3 femmes verbalisées ce week-end. Un entrepreneur propose de payer les amendes anti-burkini

Suite à la validation de l’arrêté anti burkini, le quadragénaire spécialisé en immobilier a fait savoir qu’il s’acquitterait également des PV dressés à Cannes, où trois jeunes femmes ont déjà été verbalisées ce week-end.

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Rachid Nekkaz se défend de toute polémique: « Bien qu’opposé à titre personnel au port du Niqab, je considère néanmoins que personne n’a le droit en démocratie d’empêcher une personne de porter l’habit de son choix dès lors que cet habit ne représente pas un danger pour la liberté d’autrui ou la sécurité du territoire. »

Nice Matin

L’interdiction et le débat sur le burkini en France consternent la presse anglo-saxonne

Le Burkini est « incompatible avec les valeurs françaises », mais interdire des vêtements si ?


Interdiction du Burkini : « La France est-elle tombée sur la tête ? » titre la presse canadienne

 


Vue de l’étranger, l’interdiction du port du burkini sur des plages françaises (à Cannes et Villeneuve-Loubet plus précisément) suscite ironie et consternation.

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« Les autorités devront distinguer les nageurs en burkini et ceux en combinaison de plongée »écrivent avec une pointe d’humour nos confrères anglais de la BBC.

Idem du côté de The Independent qui titre, en toute ironie : « Le burkini interdit sur les côtes françaises – pour protéger les gens ».

« Stupide et sexiste »

Mais outre les remarques portant sur le caractère dérisoire de ces arrêtés, d’autres critiques ciblent le fond du problème et pointent l’argumentaire des deux maires LR qui ont procédé à ces interdictions.

Pour Hilary Hanson, journaliste au Huffington Post américain, cette mesure est tout simplement « stupide et sexiste ». « C’est absurde et statistiquement faux de confondre musulmans et terroristes.

Et les gens opposés à l’interdiction soulignent que ces arrêtés ne vont pas arrêter l’extrémisme, mais participeront à l’isolement d’une communauté », écrit-elle. Notre consœur rappelle les propos du directeur général des services de la ville de Cannes, qui voit dans ces tenues une « allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».

Selon la journaliste américaine, « toutes les femmes qui choisissent de porter un burkini ne sont pas musulmanes ». « Certaines juives orthodoxes« , ont adopté ce vêtement, argue-t-elle, rappelant que la célèbre cuisinière britannique Nigella Lawson a elle aussi porté ce maillot de bain. « D’autres femmes peuvent tout simplement se sentir plus à l’aise sans avoir à exposer leur corps », ajoute Hilary Hanson. 

La BBC a également collecté de nombreux témoignages de femmes musulmanes, et toutes ne comprennent absolument pas pourquoi ce maillot crispe autant dans l’Hexagone. Mais alors, comment expliquer une telle différence d’approches entre les pays anglo-saxons et la France ? 

« En Grande-Bretagne comme aux États-Unis, cette mode-là ne choque pas autant qu’en France », expliquait au HuffPost Hanna Woodhead, doctorante à la faculté de théologie de Genève qui travaille depuis deux ans sur la mode religieuse et en particulier sur la notion de pudeur, citant en exemple les fonctionnaires musulmanes de la police londonienne dont la tenue comprend un voile, comme celle de leurs confrères sikh, un turban.

Pas étonnant donc que la presse anglo-saxonne soit interloquée par ces arrêtés, d’autant plus à la lecture de certains arguments avancés par les maires de Cannes et Villeneuve-Loubet, tels que « les règles d’hygiène », « la sécurité des baignades », ou « la prévention des troubles à l’ordre public ».

« Si les troubles à l’ordre public sont la principale préoccupation de David Lisnard (le maire de Cannes, ndlr), gageons qu’il saura aussi interdire toute apparition publique de star » dans sa ville, écrit aussi Hilary Hanson…

Huffington