Jugé pour une affaire de vol avec armes, Pierre menace deux magistrates

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Pierre Guion a 24 ans, déjà neuf condamnations à son casier judiciaire, une dixième en voie d’inscription, quatre ans de prison à purger et il reste prévenu dans des affaires non-jugées. Bref, le jeune homme connaît les rouages de la justice. Les gardes à vue, il les a largement éprouvées. Pourtant, lors de sa dernière garde à vue, en septembre 2015, à la gendarmerie d’Angoulême, il a littéralement « pété un câble », selon son propre aveux.

« Je vais te mettre une gifle »

Le 23 septembre, voilà 24 heures qu’il est placé en garde à vue pour une affaire de vol avec armes. Comme l’exige la loi, en vue de sa prolongation, le magistrat instructeur se déplace à la gendarmerie pour lui demander si ces conditions de rétention sont satisfaisantes. La juge d’instruction n’est en aucun cas présente pour parler du fond de l’affaire.

Pourtant Pierre Guion tente de plaider sa cause, d’expliquer qu’il n’a rien à voir avec les faits qui lui sont reprochés. La juge balaye ses demandes. « Elle était arrogante », décrit le prévenu, « elle ne cherchait pas à comprendre », explique-t-il au tribunal mercredi. Du coup, il s’emporte et lâche : « Depuis Bordeaux j’entends parler de toi, je vais te mettre une gifle. »

Deuxième épisode, le lendemain. Cette fois, c’est à la juge des libertés et de la détention qu’il s’en prend. Elle choisit, le temps de l’instruction, de l’écrouer à la maison d’arrêt de Vivonne (86). Lors de cette audience publique, la mère du prévenu est dans la salle. Quand elle entend le lieu de la détention, elle supplie la magistrate de le placer à Angoulême, avant de s’effondrer en pleurs. Une réaction qui fait craquer Pierre Guion. « Je vais te taper, je l’ai dit à la juge d’instruction, je le dis même à toi », lâche-t-il.

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« Ce n’est pas acceptable », estime la procureure, Marion Vauquelin, lors de l’audience de mercredi. Elle insiste sur la réitération des faits en quelques heures. Elle demande au tribunal de condamner le jeune homme à quatre mois de prison. Le tribunal coupe la poire en deux : quatre mois de prison dont deux avec sursis.

Sud Ouest

Clément, Brice, Pierre condamnés pour une série de 42 cambriolages

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Pas moins de neuf jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans, comparaissaient pour un ensemble de 42 vols au préjudice de 33 victimes. Une série de cambriolages qui avait, l’année dernière, déclenché une psychose des habitants et nécessité une présence renforcée des patrouilles de gendarmerie.

Maine-de-Boixe, Saint-Genis-d’Hiersac, Villejoubert, Anais, Saint-Ciers-sur-Bonnieure, Brie, Nersac, Saint-Amant-de-Boixe, Vars, Tourriers, Fléac, Saint-Cybardeaux, Rouillac… La liste des communes concernées fait froid dans le dos.

La petite bande avait surtout un faible pour les motos de cross et les quads, mais aussi pour les voitures: une Renault Clio, une Peugeot 206, des GPS, des ordinateurs, des consoles de jeux, des bouteilles d’alcool… Du gazole aussi, par centaines de litres siphonnés dans des tracteurs, des camions, et revendus 10 euros le bidon.

Brice Chauvin, Pierre Guion et Clément Derksema, trois des «initiateurs des vols», placés en détention provisoire depuis le 11décembre dernier, et dont les casiers sont déjà bien chargés.

Le tribunal a suivi en grande partie ses réquisitions en condamnant Brice Chauvin à deux ans de prison ferme, Clément Derksema à dix-huit mois dont six avec sursis, et Sébastien Étienne à quinze mois dont dix avec sursis et mise à l’épreuve, auxquels s’ajoute la révocation de trois mois ferme supplémentaires. Pierre Guion, 23 ans, également impliqué dans 17 faits

Charente Libre