Un prêtre jugé en appel pour injure raciale envers Christiane Taubira

XVM22fdfe30-b870-11e5-8e31-6ce095433cb6

L’ancien curé de la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, était poursuivi pour avoir crié «Y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira» lors d’une manifestation contre le mariage homosexuel en 2013. Il avait été relaxé en première instance.

Poursuivi pour injure raciale, l’abbé Xavier Beauvais, relaxé en premier instance, est jugé ce mercredi en appel au palais de justice de Paris. Cet ancien curé de la paroisse intégriste de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, qui officie maintenant à la paroisse Saint-Pie X de Marseille, avait crié, lors d’une manifestation anti-mariage homosexuel, à l’appel du mouvement Civitas: «Y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira.» Ces faits remontent au 20 octobre 2013.

Jugé une première fois le 25 mars 2015, l’ecclésiastique avait plaidé l’ignorance. Face à ses juges, vêtu d’une soutane, il avait expliqué que, n’ayant ni ordinateur ni téléphone portable, ne lisant pas les journaux, ne regardant pas la télévision, il ne connaissait pas la connotation raciste de l’ancien slogan de la marque de chocolat en poudre. Le slogan «Y’a bon Banania» est interdit depuis 2011 sur les produits de la marque.

«Je ne suis pas raciste, c’est contraire à ma religion»

A la barre, l’abbé avait expliqué qu’il entendait ainsi opposer la référence à la famille que représente pour lui Banania, à l’«élément de destruction de la famille» qu’est pour lui la loi Taubira sur le mariage homosexuel. Il avait ajouté que le tirailleur sénégalais, icône de la marque de chocolat en poudre, s’était «battu pour la France» tandis que, de son point de vue, la ministre de la Justice se battait contre. «Je ne suis pas raciste, c’est contraire à ma religion», avait-il assuré à la barre.

De son côté, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé que les éléments constitutifs de l’infraction «n’apparaissent pas pleinement réunis». La constitution de partie civile du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) avait été déclarée irrecevable, faute d’accord préalable de Christiane Taubira.

Lefigaro

Taubira comparée à un singe : le journal « Minute » condamné

La cour d’appel de Paris persiste et signe. Celle-ci a confirmé jeudi la condamnation du directeur de Minute, Jean-Marie Molitor, à 10.000 euros d’amende pour la Une du journal d’extrême droite qui comparait la ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe.

En couverture de son édition du 13 novembre 2013, le journal avait publié une photo de la garde des Sceaux, avec ce titre : « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane« . Le parquet général avait requis deux mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende.

Métro News