Sexisme : Féministe en France, Marisol Touraine se soumet silencieusement en Israël

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En France, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, défend bec et ongles les valeurs du féminisme. Elle le montrait encore sur Twitter pas plus tard que ce lundi 11 avril, dénonçant le sexisme d’une question posée lors d’un examen blanc de trois facultés de médecine parisiennes.

Un combat que la ministre laisse toutefois soigneusement rangé dans ses valises au cours de ses voyages officiels, comme le 31 mars dernier, à Jérusalem, en Israël. Elle est alors reçue par son homologue, un certain Yaakov Litzman, juif ultraorthodoxe et leader du parti religieux Agoudath Israel. Avec lui, elle doit s’entretenir de la gestion du flux de victimes en cas d’attentats terroristes.

Marisol Touraine passe l’épisode sous silence

Mais selon , Marisol Touraine est rapidement « prévenue » par les services français du protocole de l’attitude pour le moins très particulière du religieux : le ministre de la Santé israélien, Yaakov Litzman refusera de lui serrer la main. Pourquoi ? Parce ce qu’elle est une femme bien sûr ! Qu’à cela ne tienne. Marisol Touraine acquiesce. Pis, elle choisit de passer complètement sous silence cette déconvenue et affiche au contraire, sur Twitter, une photo des « échanges fructueux » qu’elle affirme avoir eus avec monsieur Litzman.

Une hypocrisie dont s’était bien gardée, en 2012, la ministre belge de la Santé, Laurette Onkelinx. A l’époque, le même ministre israélien avait déjà refusé de lui serrer la main. Mais l’homologue belge de Marisol Touraine n’avait pas caché cet épisode, le déplorant même sur Facebook, comme l’lavait rapporté : « Pour la deuxième fois de ma vie, un ministre [Yaakov Litzman] a refusé, parce que je suis une femme, de me serrer la main […]. Ce genre d’attitude intégriste liée à une certaine conception de la religion et de la femme me dérange profondément« .

Marianne

« Les femmes sont là pour faire des enfants »: le sénateur Jean-François Mayet, « macho de 2015 »

L’association féministe les Chiennes de garde a décerné samedi le prix de « macho de l’année » au sénateur Les Républicains (LR) Jean-François Mayet, pour avoir dit que les femmes « sont quand même là pour faire des enfants ».

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Et le vainqueur est? Comme chaque année, l’association féméiniste les Chiennes de garde, a décerné ce samedi son prix du « macho de l’année ». En 2015, le sénateur Jean-François Mayet avait estimé que l’une des causes de la désertification médicale en France est « la féminisation, puisque 75% des nouveaux diplômés sont des femmes. Or nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants« .

 

« Une place de ministre pour une pipe? »

Son « dauphin » est le militant écologiste Stéphane Lhomme, pour un tweet au sujet de l’ex-députée écologiste Barbara Pompili, nommée secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité dans le remaniement de février: « La fausse écolo mais vraie notable #barbarapompili vole au secours de l’aviateur familial #manuelvalls: une place de ministre pour une pipe ? ». 

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L’Express

Islamophobie, sexisme: les flics se lâchent pendant la perquis’ d’un foyer pour femmes

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Mardi soir, les policiers débarquent dans un foyer pour femmes d’Argenteuil. Pendant la perquisition, la police se serait lâchée : « C’est du gâchis [de porter le voile]. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée ». A StreetPress, Célia raconte sa soirée.

Argenteuil, mardi 8 décembre, 20 heures. – « Police ! Police ! » Célia, 20 piges est tranquillement posée dans sa chambre, en train d’envoyer des SMS quand elle entend des cris et des coups portés dans la porte du foyer. Les forces de l’ordre déboulent en trombe dans ce foyer pour femmes en grande précarité, géré par l’asso muslim Baytouna.

Quelques secondes plus tard, une quinzaine de policiers cagoulés, casqués pour certains, grimpent 4 à 4 les marches qui mènent à la chambre de Célia, seule ce soir-là dans le foyer. Arrivé à l’étage, un homme en bleu braque son arme dans sa direction. Les agents lui auraient intimé l’ordre de se mettre face au mur et lui arrachent son téléphone. Célia s’exécute :

« Je n’ai pas eu le temps d’enfiler mon Jilbab [un grand-voile islamique qui couvre la tête et le corps, ndlr], heureusement que j’étais habillée d’une robe dotée d’un voile intégré. J’ai pu me couvrir rapidement. »

Pendant près de 2h30, les forces de l’ordre retournent la maison. Célia nous raconte sa sale soirée et, elle l’assure, émaillée de commentaires sexistes et islamophobes. Car comme l’explique lui-même un agent, ils disent « ce qui leur passe par la tête ». Et c’est gratiné : « coquine », « bien gaulée », « tu as l’air con »

Perquisition et fouille au corps

Dans sa chambre, Célia est fouillée minutieusement par une policière. « Ils m’ont palpée à plusieurs reprises et m’ont arraché mon voile. » La situation est tendue :

« Ils se demandaient entre eux en criant “ y’a d’autres personnes? “ Je me suis retournée pour leur répondre que non, mais un policier m’a crié : “ face au mur “, en me poussant afin que je plaque bien ma tête contre la paroi. Sa collègue appuyait fortement sur mon dos afin que je reste immobile. »

Dans le pavillon, c’est le grand ménage de printemps : les affaires des 7 occupantes sont jetées au sol et 4 portes, fermées à clef, enfoncées à coup de bélier. Le contenu des ordinateurs et des téléphones portables est copié.

perquisMuslim 

Ambiance café du commerce

Pendant que les policiers jouent les fées du logis, Célia est conduite au rez-de-chaussée. 3e fouille au corps. D’un ton plus léger, la policière tient à préciser : « Je fais ça car c’est mon métier, je préfère vous le dire pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. » Célia esquisse un sourire. Quelques flics entament la conversation. Sur un ton badin, ils auraient enchainé les punchlines :

« C’est du gâchis. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée, vous pouvez vous en sortir ! »

Une autre policière, plus virulente, se serait lancée dans des commentaires sur la femme musulmane, forcément « soumise » : « Combien de femmes se sont battues pour leurs droits! Pourquoi vous portez le voile? » Célia commence à perdre patience et lance « qu’est-ce que ça peut vous faire ? » en guise de réponse :

Dans la pièce, c’est ambiance café du commerce. Le commissaire fait son entrée et aurait lancé en guise de vanne, à sa collègue : « Tu n’es pas encore convertie? » Et d’enchaîner : « Le commissaire m’a dit de toute façon, tu ne peux pas être à la fois policier et musulman, ce n’est pas possible. » Puis une autre :

« – Je suis sûr que t’es une petite coquine. – Pourquoi vous dites ça ? – Je dis ce qui me passe par la tête… »

22h30, la police plie bagage. « Au revoir, bonne soirée ! », lance sans rire un agent. Pour Virginie, co-fondatrice de l’asso, cette perquis’ va laisser des traces :

« C’est vraiment dur pour les filles, ce sont des femmes qui n’ont presque rien et le peu qu’elles ont, elles l’ont chez Baytouna. Et là ils ont tout saccagé ! Mais on reste combatifs, d’autant qu’on a reçu de nombreux soutiens de gens de toutes les confessions. Nous, on ne veut pas opposer les religions. »

La chambre de Célia après le passage de la police :

Street Press