Envoyé spécial : Les membres du RAID s’entrainent en.. Israel « pour renforcer leur expérience »

 


Le 18 novembre dernier, les policiers du Raid lancent l’assaut en pleine nuit contre un appartement de Saint-Denis. C’est là que se sont retranchés Abdelhamid Abaaoud, le « cerveau présumé » des attentats du 13 novembre à Paris, sa cousine Hasna Aït Boulahcen et un membre du « commando des terrasses », Chakib Akrouh. Une nouvelle fois, les policiers se trouvent face à des terroristes prêts à mourir.

Que s’est-il passé exactement lors de cet assaut ? Des informations contradictoires vont très vite circuler. Les questions sont nombreuses, et la polémique ne tarde pas.

Assaut de Saint-Denis : la contre-enquête

Les terroristes avaient-ils vraiment des kalachnilov ? La porte était-elle blindée, comme les autorités l’ont affirmé ?

L’équipe du magazine a pu accéder à des rapports confidentiels, qui éclairent d’un jour nouveau les coulisses de cette intervention. Elle ne s’est pas déroulée tout à fait comme les autorités l’ont raconté. Révélations sur cette opération et documents exclusifs dans ce reportage. 

Une fillette de 6 ans blessée lors d’une descente du Raid

 Une fillette de 6 ans a été bléssé au cou par des éclats reçus lors de perquisitions données par le RAID à Nice, jeudi matin dans le mauvais apartement.

Une fille de 6 ans a été blessée par des éclats reçus au cou, ce jeudi matin, lors de perquisitions administratives menées rue Marceau.

L’opération a eu lieu dans ce quartier central de Nice, vers 4h30 du matin. La police avait déjà projeté d’intervenir la veille, mais avait reporté son intervention, en raison d’une hésitation sur la porte à cibler.

Jeudi matin, les policiers du Raid ont finalement enfoncé une porte au fond d’un couloir, contigüe d’une autre porte d’entrée, au troisième étage d’un immeuble. Les témoignages des riverains et les traces d’impact au niveau des serrures témoignent de traces de tirs.

Mais selon la police, aucune arme à feu n’a été utilisée. Des éclats ont néanmoins été projetés dans la chambre voisine, où dormaient trois enfants. Une fillette a été blessée au cou et à l’oreille. Son père a été plaqué au sol fermement et menotté tout au long de l’intervention.

Son voisin, cible initiale de l’opération, a été à son tour contrôlé et perquisitionné. Evacuée à l’hôpital Lenval, la fillette va mieux et a pu regagner son domicile.

« J’ai cru que ma fille était morte« , témoigne le père suspecté à tort, encore sous le choc. « Je comprends que la police fasse son travail dans un contexte difficile. Mais il faut faire attention. Quand j’ai vu ma fille en sang, j’ai reçu un coup de poignard au coeur… »

Interrogée, la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes reconnaît « une erreur rare« , et dit « comprendre et partager l’émotion de cette famille qui a pu être impressionnée. Nous sommes rassurés que les blessures de la petite ne soient pas graves. »

Nice Matin

Stéphane voulait dépecer et enterrer sa mère dans le jardin, retranché il tire sur la police

Forcené stepahen police tire raid

« J’ai une colère personnelle, totale et absolue contre mon frère, qui fait vivre l’enfer à ma mère… » Stéphane, l’homme de 33 ans qui a tiré sur des policiers appelés par sa mère en détresse, mercredi à 1 h 30, à Champs-sur-Marne, ne ressemble pas à l’homme ivre qui menaçait de la tuer.

Plutôt bel homme, il s’exprime bien et ne manque pas de répartie. Mais cela n’a pas suffi pour infléchir le tribunal correctionnel de Meaux.

Il était jugé en comparution immédiate pour six délits, dont violence avec usage ou menace d’une arme et menace de crime ou délit à l’encontre d’un dépositaire de l’autorité publique.

Avant les faits, mercredi, Stéphane avait bu 4 l d’alcool, fumé entre quinze et vingt joints, et absorbé des anxiolytiques. « Normalement, j’avais rendez-vous samedi (NDLR : demain) avec mes addictologues, assure le jeune homme. Je voulais me faire interner, car il faut que tout ça s’arrête. Je suis un maniaco-dépressif, mais quand je suis à jeûn, j’aime ma mère. »

Cette mère, qu’il disait vouloir, ce soir-là, « dépecer et enterrer dans le jardin. » Le procureur de la République ne voit en lui « qu’un dangereux psychopathe qui cherche à se faire hospitaliser pour éviter la prison ».

Elle requiert d’ailleurs 30 mois d’incarcération avec mandat de dépôt à son encontre. Pour l’avocate de Stéphane, « c’est juste reculer le problème de trente mois ». Ce que son père, qui ne s’est pas encore exprimé, traduit par : « Et dans trente mois, qu’est-ce qui va se passer ? » A l’annonce de la sanction, Stéphane envoie un baiser à sa mère, avant de repartir entre deux policiers.

Le Parisien