Gwenaël Leriche, un des héros de l’attentat de Nice en détention provisoire pour violences

L’un des «héros» de l’attentat du 14 juillet, à Nice, a été placé mercredi en détention provisoire. Gwenaël Leriche est poursuivi pour des violences commises dimanche contre son ex-compagne et l’employeur de celle-ci. 

Capture d’écran 2016-08-11 à 13.56.23.png

Ce jeune homme de 27 ans s’était fait connaître il y a quelques jours après avoir reçu le 25 juillet la médaille de la Ville de Nice pour un acte de courage commis lors de l’attentat qui a eu lieu sur la promenade des Anglais.

Il est poursuivi pour s’être rendu dimanche dernier sur le lieu de travail (un bar-restaurant) de son ex-compagne, armé d’un couteau à cran d’arrêt, et d’avoir exercé des violences contre elle et le gérant des lieux. Présenté en comparution immédiate, il a demandé un délai afin de préparer sa défense. Le tribunal, pour éviter la réitération de ces actes, l’a placé en détention provisoire jusqu’au 12 septembre, date à laquelle l’affaire sera jugée au fond.

«J’ai besoin d’un psy pas de prison»

Gwenaël Leriche est en état de récidive légale, ayant déjà été condamné en 2014 pour des violences sur son ex-compagne, avec laquelle il a eu un enfant, une condamnation pour laquelle il avait obtenu alors une dispense de peine.

Le 14 juillet, alors qu’il faisait la fête sur la plage avec des amis, il avait poursuivi le camion sur la promenade avant de plaquer au sol un passant qui aurait pu être touché par une balle perdue lorsque les policiers ont tiré sur le terroriste au volant du camion meurtrier, dans cet attentat qui a tué 85 personnes et blessé plus de 400 autres.

Le 25 juillet, reçu dans le bureau du maire, il avait reçu une médaille de la Ville de Nice en compagnie de deux autres hommes qui s’étaient distingués par des actes héroïques ce soir-là. Une pétition a également été mise en ligne pour demander que ces trois hommes reçoivent la légion d’honneur.

Au moment d’être conduit en prison par les policiers, Gweanël Leriche a crié aux juges qu’il avait besoin «d’un psy, et pas de la prison, avant d’insulter copieusement son ex-compagne, des propos que le tribunal a aussitôt consignés.

Le Parisien

Sécheresse en Palestine occupée: israel détourne l’eau des Palestiniens au profit des colons

4eb0ea7c-c328-11de-ba53-315e27a806fd

Sol craquelé par la sécheresse, plantations rabougries, troupeaux déshydratés… Depuis quelques jours, des dizaines de milliers de Palestiniens subissent les effets néfastes de coupures d’eau intempestives. Désœuvrés, les cultivateurs assistent impuissants au gâchis d’une partie des récoltes tandis que les fermiers regardent leur bétail mourir de soif sous un soleil de plomb. Responsable de l’approvisionnement de la Cisjordanie en eau, Israël se retrouve sur le banc des accusés.

Les autorités palestiniennes reprochent à l’État hébreu de détourner, avec la canicule, une partie de l’eau revenant aux Palestiniens au bénéfice de ses colons établis en Cisjordanie. « Eux n’ont pas de coupures, ça ne touche que les villes et villages palestiniens », fait valoir à l’AFP Saleh Ataneh, directeur du département de l’eau à la mairie de Salfit, une municipalité de 15 000 habitants occupée par Israël.

Le Point

Jean-Philippe dépose des lardons dans une mosquée et menace d’égorgement une musulmane

Mardi, au soir de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, cet homme de 38 ans a déposé des lardons dans la boîte aux lettres de la mosquée de Tomblaine. « Un geste plus que bête. Dangereux », dixit le président du tribunal. Six mois avec sursis.

image.jpeg

Le tribunal correctionnel de Nancy s’est retrouvé hier face un trentenaire poursuivi en comparution immédiate pour avoir déposé des lardons dans la boîte aux lettres de la mosquée de Tomblaine…

Les faits se sont passés ce mercredi, quelques heures seulement après le meurtre du prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray. Depuis le box, Jean-Philippe, 38 ans, charcutier-traiteur au chômage, crâne chauve et Adidas blanches sans lacets, tente de s’expliquer. « C’est le dernier attentat, celui du prêtre, qui m’a fait tourner la tête. Cela m’a rappelé l’époque où j’étais enfant de chœur. À la base, je ne voulais pas faire ça, je voulais me rendre à la mosquée pour discuter avec l’imam ».

« Un geste dangereux »

Le président Haouy ne cache pas son scepticisme, rappelle les faits. Vers 18 heures, la femme du président de l’Union Jeunesse et Culture, l’association qui gère la mosquée, repère une C4 blanche sur le parking de celle-ci. Le conducteur s’évertue à donner de grands coups d’accélérateur. La femme assure qu’avant de partir, l’homme a passé son pouce sur sa gorge. Manière de signifier un égorgement.

En garde à vue, il a déclaré « avoir voulu salir quelque chose qui représente la patrie extrémiste de la religion musulmane ». Il a aussi assuré être catholique pratiquant, ce qu’a démenti sa compagne… « Ce geste est plus que bête, il est dangereux », tonne le président.

Jugement : six mois avec sursis.

Est Republicain

«Vous allez voir ce que c’est un terroriste» Vincent menace des passants avec un couteau

Vincent C., 42 ans, a été interpellé mercredi à Compiègne (Oise) par la police, pour des faits de menaces avec arme, et des propos relevant de l’apologie du terrorisme.

police garde a vue degrisement

Ce jour-là, ce Compiégnois, connu de la police et de la justice pour des faits de droit commun, mais inconnu des services de renseignements, a menacé, à proximité du centre commercial du Carré de la Victoire à Compiègne, plusieurs passants en étant armé d’un couteau. Le tout en tenant des propos « susceptibles de relever de la qualification d’apologie du terrorisme », confirme le parquet de Compiègne. Selon nos informations, l’homme aurait crié à l’attention des passants : « Vous allez voir ce que c’est un terroriste ! »

La police de Compiègne a rapidement reçu plusieurs appels pour signaler qu’un homme se montrait menaçant dans le quartier de la Victoire. Très rapidement identifié, Vincent  C. a été arrêté à son domicile, avenue de Huy à Compiègne, dans un appartement du Service d’aide aux toxicomanes de l’Oise (Sato).

Interpellé, l’homme a passé près de 48 heures en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Creil dont les membres ont tenté d’en apprendre davantage sur ses liens éventuels avec l’islam radical. Ce vendredi, il a été transféré à Compiègne pour être entendu par un juge d’instruction ainsi qu’un juge des libertés et de la détention. « Une instruction a été ouverte pour apologie du terrorisme, violences avec arme, et port d’arme prohibé », précise le parquet, qui reste très discret sur le déroulé de l’enquête.

Ce vendredi, jusque tard dans la soirée, le juge d’instruction a essayé de mieux cerner la personnalité de cet homme de 42 ans qui « n’aurait pas forcément toutes ses facultés mentales », indique une source judiciaire. Selon nos informations, il est en tout cas suivi par le Sato (Service d’aide aux toxicomanes).

Du côté de la police comme de la justice, on reste extrêmement discret sur Vincent  C. Dans le contexte actuel et pour éviter de prendre le moindre risque, le parquet a sollicité en fin de journée sa mise en détention provisoire, demande à laquelle le juge des libertés et de la détention a accédé en soirée.

Le Parisien

Un général américain retweete – et supprime – un post antisémite

Un général américain à la retraite qui s’est exprimé à la Convention nationale républicaine de la semaine dernière est critiqué sur Twitter pour avoir retweeté un post qui semble blâmer les Juifs pour la récente fuite de mails du Comité national démocratique.

fn6eXykC

Le lieutenant-général Michael Flynn a par la suite supprimé le tweet et présenté des excuses.

« La machine démocratique corrompue va faire et dire quoi que ce soit pour obtenir #NeverHillary (jamais Hillary) au pouvoir. C’est un nouveau coup bas », écrit Flynn dans le message original, dans un message auquel est attaché un tweet depuis un compte du nom de Saint Bibiana.

Le tweet joint semble se moquer d’une déclaration de la campagne d’Hillary Clinton disant que la Russie est derrière la fuite des e-mails du Comité national démocratique afin d’embarrasser le parti et d’aider à faire élire Donald Trump. Il laisse entendre que les Juifs sont en réalité derrière la publication des e-mails.

« CNN est impliqué. L’URSS est à blâmer !, déclare le tweet, ajoutant : « Plus maintenant, Juifs. Plus maintenant ».

Dans son tweet d’excuses, Flynn a dit qu’il souhaitait seulement tweeter le lien vers un article de CNN inclus dans le message antisémite. « Voilà ce qui aurait dû être retweeté… le retweet d’avant était une erreur », a écrit Flynn. « Mes plus sincères excuses ».

Time Of Israel

Inde : 2 musulmanes frappées par des hindouistes pour avoir transporté du bœuf

Deux femmes musulmanes ont été frappées dans une gare du centre de l’Inde, leurs agresseuses les soupçonnant à tort de transporter du bœuf, un délit dans de nombreux Etats, a indiqué aujourd’hui la police.

1150426-women-1469604932-218-640x480-640x480

La viande s’est avérée être du buffle mais la police de l’Etat du Madhya Pradesh a expliqué que ces femmes avaient été attaquées hier par un groupe d’autodéfense qui croyait qu’elles transportaient du bœuf. Les images de vidéo-surveillance diffusées par les chaînes locales montrent un groupe de femmes giflant, frappant à coups de pied et de poing les deux femmes, le tout sous l’œil d’une foule toujours plus nombreuse.

Les deux femmes, arrêtées dans un premier temps pour des soupçons de transport de bœuf, sont désormais menacées d’être poursuivies pour l’infraction moins grave de transport de viande à visée commerciale sans licence. Les hindous vénèrent les vaches et leur abattage est illégal dans la plupart des Etats, certains sanctionnant en outre la vente et la détention de bœuf. « Nous avons eu rapidement l’information et nous avons envoyé des policiers pour les arrêter mais des personnes les ont frappées », a dit Manoj Sharma, chef de la police du district de Mandsaur où s’est produit l’incident. Aucun des agresseurs n’a été en revanche arrêté, a-t-il ajouté.

Il y a quelques jours, un groupe d’autodéfense s’est attaqué à des dalits (anciennement intouchables) dans le Gujarat (ouest), les soupçonnant d’avoir tué une vache, ce qu’ils ont démenti. L’opposition s’est emparée de l’incident au parlement, demandant au gouvernement d’agir contre ces groupes d’autodéfense.

Le Figaro

À Stara Zagora en Bulgarie, pays de l’union européenne, des femmes sont vendues aux enchères

Chaque printemps, la ville de Stara Zagora, dans le centre de la Bulgarie, accueille un marché assez controversé. C’est à cette occasion que les familles kalaidzhi – un sous-groupe de Roms – vendent leurs filles vierges à des prétendants qui souhaitent en faire leurs épouses.

Alors que les Kalaidzhi forment de tradition un peuple spécialisé dans la chaudronnerie, les produits chinois toujours moins chers rendent chaque jour plus difficile la survie de leur culture. C’est ainsi qu’une autre de leurs traditions, le marché aux vierges, a pris de plus en plus d’importance, puisqu’il permet aux familles de gagner d’importantes sommes d’argent.

Pour savoir comment les jeunes filles vivaient cette expérience, Milène Larsson, correspondante de Broadly, s’est rendue dans le petit village de Orizovo pour passer quelques jours avec une famille dont les deux filles se préparaient pour le marché.

Vice

«Je suis raciste à mort, je suis FN» la parole raciste se libère après l’#AttentatNice

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d’audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d’intérêts.

5971253_1-0-430926024_1000x625

Nice, vendredi. Gérard, retraité de 67 ans, montre du doigt le gouvernement qui « a fait preuve de laxisme », selon lui

Les festivités du 14 Juillet ont été stoppées brutalement, lorsque Mohamed Lahouaiej Bouhlel est arrivé à pleine vitesse au volant d’un 19 t. Dans le centre-ville, la parole raciste se libère… Reportage.

Il est 8 heures, jeudi matin, quand un jeune quadra à vélo hurle sur la promenade des Anglais bouclée aux voitures et encore désertée par les badauds : « La France aux Français, la France aux Français ! » Un message attisant la haine qui était partagé au lendemain du carnage par des milliers d’utilisateurs de Twitter, à travers le hashtag « Islam hors d’Europe ». Mais aussi par plus d’un Niçois, dans une région où, à chaque élection, le Front national réalise des scores élevés.

Gérard, par exemple, retraité de 67 ans, est sur cette même longueur d’onde extrémiste. Il ne s’en cache pas, il vient d’ailleurs spontanément nous interpeller pour « vider [son] sac ». « Moi, je suis raciste à mort, je suis FN et je le dis », lâche-t-il en exhibant sa carte d’adhésion 2016 affichant le visage de Marine Le Pen.

Il l’annonce même haut et fort devant des habitants issus de la diversité. « Nice commençait à être chaud pour le FN et là, ça va chauffer sévère », pronostique-t-il. Dans son quartier de Carras, où il « voit des voilées partout », le sexagénaire est prêt à en découdre « avec les Arabes », « Ces mecs-là » qui, « si ça continue, nous gouverneront un jour ». « Des milices, j’y crois, je serai le premier dans la rue pour castagner », prévient-il, des « larmes de colère » aux yeux. La poche gauche de son bermuda abrite déjà un Taser, celle de droite une bombe lacrymogène. Il montre du doigt le gouvernement qui « a fait preuve de laxisme » avant que deux passants ayant entendu ses propos n’acquiescent.

Marie-Pierre, patronne d’une librairie dans le Vieux-Nice, s’inquiète de cette parole libérée, ouvertement islamophobe. « J’ai peur d’une montée du racisme. Ces derniers temps, j’avais déjà senti des tensions entre certains de mes clients aux origines différentes », observe-t-elle.

René, septuagénaire, y voit « un échec de l’intégration ». « Mais maintenant, on ne peut plus rien faire, il est beaucoup trop tard, ils sont français. La seule solution, c’était de les renvoyer chez eux il y a déjà longtemps », fulmine-t-il.

Au cours Saleya, réputé pour son marché aux fleurs, Roger, un touriste, échange avec Philippe, un restaurateur du coin. « Ces gens-là ne devraient pas avoir le droit d’être sur notre territoire, il faut nettoyer tout ça », suggère le premier. « Mais non, il y a des gens merveilleux chez les Tunisiens, j’ai déjà travaillé avec eux, je n’ai eu aucun problème. Des dingues, il y en a partout dans le monde, on n’est pas plus en danger à Nice qu’ailleurs. On ne peut pas empêcher les fous d’être fous ! La vraie question, c’est : Mais où était la police ? » s’interroge le second.

Le Parisien

Proche de Trump, Newt Gingrich veut expulser les musulmans «qui croient en la charia»

Après l’attentat à Nice, l’ancien speaker a annoncé qu’il faudrait tester tous les musulmans pour voir s’ils croient «en la charia».

063_545233790_1.jpg

Après l’attentat du 14 juillet à Nice, le candidat républicain Donald Trump a repris ses critiques habituelles en cas d’attaque terroriste: il a accusé Hillary Clinton d’avoir «créé Daech avec sa stratégie stupide» au Département d’État, et accusé Barack Obama d’accueillir trop de réfugiés syriens potentiellement terroristes.

Il a notamment déclaré sur Fox News qu’il serait «très extrême en matière de contrôle des papiers», et qu’il n’accepterait personne venant de «nations terroristes»une idée floue dans la mesure où de nombreux terroristes viennent de pays comme la France, la Belgique ou la Tunisie, pas nécessairement la Syrie ou l’Irak.

Mais le commentaire le plus controversé de l’après attentat est venu de Newt Gingrich, un ancien speaker républicain de la Chambre des représentants qui était sur la liste potentielle des vice-présidents de Trump. Il a déclaré sur Fox News:

«La civilisation occidentale est en guerre. Franchement, on devrait tester chaque personne ici qui est d’origine musulmane. S’ils croient en la charia, ils devraient être expulsés.»

Une telle loi serait incompatible avec la constitution américaine qui interdit le fait de discriminer les gens en fonction de leur religion.

Gingrich a aussi suggéré, comme l’avait déjà fait Trump, que toutes les mosquées américaines soient surveillées, et que le fait de regarder un site pro-Daech ou pro-terroriste devienne passible de prison. 

Amalgame

L’autre problème avec la déclaration de l’ancien speaker sur la charia, c’est qu’elle révèle qu’il ne comprend pas vraiment ce que ce mot veut dire. Comme le précide Jeffrey Goldberg dans The Atlantic:

«Parmi les pays qui combattent Daech, il y a plusieurs pays majoritairement musulmans, dont certains sont gouvernés par la loi islamique [la charia]».

Dire qu’il faut expulser les musulmans qui «croient en la charia» est absurde dans la mesure où il existe plusieurs interprétations de la charia, certaines fondamentalistes, certaines plus progressistes. Mais chez de nombreux républicains aux États-Unis, «charia»est simplement devenu synonyme d’islamisme et de terrorisme. Ce manque de nuance est contre-productif, explique Jeffrey Goldberg:

«Attaquer la charia de manière si générale revient à insulter les musulmans qui ne soutiennent pas Daech et qui sont dégoûtés par le terrorisme djihadiste.»

Slate

«La cause palestinienne n’existe pas, un faux problème inventé» les effarantes déclarations de Clavreul en Israël

Dans mon précédent billet, je m’étonnais de ce que, dans une réunion internationale – à l’OSCE –  Gilles  Clavreul qui représentait la France ait voté et fait voter pour que la « critique systématique et démesurée d’Israël » soit considérée comme une forme… d’antisémitisme !

gilles-clavreul

Nouvel épisode, la semaine dernière, Gilles Clavreul, ès qualité de préfet de la république chargé de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, effectuait  un voyage officiel en Israël, « et dans les territoires palestiniens ». Histoire, sans doute,  de faire bonne mesure, en ne donnant pas prise au soupçon du deux-poids-deux mesures qui parfois, à tort ou à raison, pèse sur les pouvoirs publics français dès qu’il s’agit des juifs, des musulmans, des arabes, d’Israël etc. 

Mais quel était précisément l’objet de ce voyage ? On peut s’interroger car une incroyable confusion a semblé régner autour des thèmes qui y furent abordés. S’agissait-il de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme en France qui – est-il besoin de le  rappeler – délimite le champ de compétence du Dilcra ? Mais qu’est-ce que les Israéliens ont à voir avec ça ? Ou du conflit israélo-palestinien ? Auquel cas on se demande à quel titre Gilles Clavreul viendrait  empiéter sur le terrain du Quai d’Orsay. En fait… c’était les deux à la fois ! Un méli-mélo tarabiscoté qui en dit long sur la folie instrumentalisatrice qui semble désormais régner à la tête de l’Etat pour tout ce qui touche à ces sujets brûlants.

Un premier voyage avait déjà eu lieu l’année dernière. Ainsi que l’a raconté  Gilles Clavreul, dans une interview publiée ce lundi sur le site Times of Israël, [1] une rencontre avec les représentants du ministère israélien des Affaires étrangères avait été l’occasion d’un échange fructueux à l’occasion duquel ces derniers « avaient partagé leurs inquiétudes » avec les Français, et « présenté les outils » pour y répondre.

Les outils ? « Surveillance d’Internet, enseignement de la Shoah, réponse aux contre-discours ». Ainsi donc, la France s’en remet aux experts gouvernementaux israéliens pour lui fournir les « outils »  destinés à lutter, chez elle, contre le racisme et l’antisémitisme ! Quand on sait la manière dont les Israéliens surveillent Internet (touristes étrangers refoulés à l’aéroport de Tel-Aviv et interdits de séjour pour de banals commentaires publiés sur Facebook), instrumentalisent la mémoire de la Shoah pour justifier l’oppression qu’ils imposent aux Palestiniens, et fournissent à leur relais médiatiques en France les éléments de « contre-discours » destinés à rendre inaudible toute critique susceptible de leur déplaire, il y a tout de même de quoi être abasourdi ! Et légèrement inquiet. Car Gilles Clavreul, visiblement, entend poursuivre, cette année, le même travail avec les Israéliens : « Nous partageons une analyse commune des sources de l’antisémitisme, et de ses formes nouvelles », précise-t-il…  

Et les Palestiniens ?  Oui, Gilles Clavreul les a… rencontrés. Formidable ! Et après ? Qu’en est-il sorti ? Une analyse commune ? Un plan d’action commun ? Ne rêvons pas…

Interviewé à Jérusalem par Paul Amar sur la chaîne israélienne francophone i24, [2] le préfet Dilcra s’est contenté du service minimum : « La souffrance, les difficultés quotidiennes, les tracasseries, les peurs et les angoisses pour l’avenir qui s’expriment du côté palestinien, moi, je les entends tout à fait… ». Et c’est tout ? Oui, c’est tout. Quant aux causes et aux responsabilités qui sont à l’origine de cette  « souffrance », il n’a pas pipé mot.

L’occupation ? La colonisation ? Les morts ? Les emprisonnements ? Les destructions ? Les interdictions de circuler ? Le développement économique étouffé ? Que nenni… Sans doute voulait-il évoquer la hausse des prix, la grippe aviaire ou les calamités météorologiques. Ah si, il a tout de même ajouté : « Après, la manière dont certaines choses sont répercutées, amplifiées, ou quelquefois  déformées, c’est  une toute autre question. Et c’est vrai que  la question palestinienne, en France, est utilisée pour servir des causes, qui parfois s’éloignent beaucoup des intérêts directs des Palestiniens ». Une idée réitérée de manière encore plus explicite – et surréaliste ! – dans son interview accordée au  site Times of Israël : «Nous pouvons aussi en apprendre beaucoup sur la question palestinienne, la façon dont elle est mobilisée, instrumentalisée, pour servir l’antisémitisme[…] La mobilisation palestinienne est beaucoup plus radicale en France qu’ici »    

Résumons. Gilles Clavreul représentant officiel du gouvernement français en déplacement en Israël déclare publiquement depuis Jérusalem que la cause palestinienne n’existe pas, qu’il ne s’agit que d’un faux problème inventé depuis la France par des antisémites contre lesquels il convient de lutter grâce aux « outils » fournis par le ministère israélien des  affaires étrangères avec lequel la France partage  une « analyse commune »

Gilles Clavreul déplore que la question palestinienne soit utilisée en France pour servir des causes qui parfois s’éloignent beaucoup des intérêts directs des Palestiniens

On pourrait lui rétorquer que lui-même, en Israël, use de sa fonction de délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme à des fins qui sont fort éloignées  de sa mission et de ses attributions officielles en France.      

Le plus étonnant est que ces propos n’ont provoqué aucune polémique, aucune réaction, de la part de qui que ce soit

En d’autres temps et dans d’autres circonstances, on en a pourtant démissionné pour moins que ça.                        

 Médiapart

 

L’année où Israël avait failli voir le jour au Kenya, en Australie et au Canada

L’Etat juif possède de part son histoire des liens forts avec l’Afrique des grands lacs, mais à la suite de la guerre du Kippour en 1973, puis de l’opération Entebbe qui avait vu un commando israélien libérer de façon spectaculaire à l’aéroport de Kampala des otages enlevés par un commando palestinien en juillet 1976, l’amitié était devenue défiance. 

planisphere-monde-vierge-2

Il y a un peu plus d’un siècle, Israël aurait pourtant pu voir le jour dans une région sauvage du Kenya actuel –mais à l’époque nommée Ouganda– sur les hauts plateaux de la vallée du Rift. C’est le père du sionisme, Theodor Herzl, qui avait lancé cette idée le 26 août 1903 lors du sixième congrès du sionisme, comme le raconte le média israélien Haaretz.

Un havre de paix

Theodor Herzl n’était pourtant initialement pas convaincu par cette idée soufflée par le Premier ministre britannique Chamberlain en avril 1903. Mais quand le père du sionisme se rend compte que l’option d’établir une colonie juive au Moyen-Orient n’est pas encore envisageable, il se laisse séduire. À l’issue du sixième congrès sioniste, il est même décidé lors de ce congrès d’envoyer une expédition pour examiner les territoires proposés, détaille la Jewish virtual library

Cet «Ouganda projet» n’avait cependant pas pour but d’établir un Etat juif durable comme Israël. Dans la tête de Theodor Herzl, il s’agissait de trouver un havre de paix pour protéger les Juifs de l’antisémitisme «jusqu’à ce que le rêve sioniste d’un retour à la terre natale en Palestine puisse être réalisé», explique Haaretz. Les Britanniques refusent à l’époque l’implantation d’une colonie juive au Moyen-Orient. 

Une poignée de juifs

L’idée ne se concrétisera jamais, mais quelques Juifs fuyant les pogroms en Europe de l’Est s’installeront tout de même au Kenya à partir de 1904. Une synagogue voit même le jour en 1912 à Nairobi, la capitale, comme le rappelle Le Monde. «Les Juifs du Kenya n’ont jamais été très nombreux; néanmoins ils ont influencé de manière remarquable le développement du pays», écrit sur son site la congrégation juive de Nairobi

L’idée d’un foyer juif en Afrique de l’Est fut définitivement abandonnée en 1905 lors du septième congrès sioniste, mais plusieurs voix de leaders du mouvement juif appelèrent à ne pas renoncer au projet d’une colonie juive temporaire pour protéger les populations des violences et des implantations en Australie ou au Canada furent envisagées. Sans plus de succès. 

Slate Afrique

Bombardement de Gaza : une entreprise française visée par une plainte pour « complicité de crimes de guerre »

Enfants tués lors d’un bombardement à Gaza : une entreprise française visée par une plainte pour « complicité de crimes de guerre ».

Capture d’écran 2016-06-29 à 13.12.43

Une première qui questionne l’éthique des vendeurs d’armes français à l’étranger. Une famille palestinienne a porté plainte contre la société française Exxelia Technologies pour « complicité de crimes de guerre » et « homicide involontaire » lors de l’opération israélienne « Bordure protectrice » dans la bande de Gaza à l’été 2014. Cette plainte vient d’être déposée auprès du pôle judiciaire spécialisé dans les crimes de guerre du parquet de Paris. 

Les faits dénoncés remontent au 17 juillet 2014. L’armée israélienne bombarde depuis dix jours Gaza City, répliquant ainsi aux tirs de roquettes lancées vers Israël par le Hamas et le Jihad islamique. A 17h40, ce jour-là, un missile, sans doute tiré par un drone israélien, s’abat sur le toit de la maison de la famille Shuheibar, où cinq enfants sont en train de nourrir des oiseaux. Trois enfants, deux frères et soeurs et leur cousin décèdent sur place : Afnan, 8 ans, Wassim, 9 ans, et Jihad, 10 ans.

« On ne commente pas les ventes »

Dans les débris, un composant est retrouvé. Selon l’association « Action des chrétiens pour l’abolition de la torture » (ACAT), ce capteur sensoriel faisait « partie du missile de petite taille tiré depuis les airs ». Cette pièce comportait les inscriptions « Eurofarad – Paris – France ». Des composants similaires auraient été retrouvés sur deux autres sites touchés par des missiles israéliens. Les rapports des experts internationaux, diligentés par l’ACAT, ont permis d’établir que ce composant a été « fabriqué par l’entreprise française Eurofarad, aujourd’hui nommée Exxelia Technologies depuis son rachat par Exxelia Group en 2015″, rapporte l’association.

L’issue de cette plainte reste incertaine. Car la justice va devoir établir que ce bombardement du 17 juillet 2014 était bien un « crime de guerre ». Voilà pourquoi les parents accusent aussi la société d’ »homicide involontaire ». 

Il suffirait alors que le juge recueille la preuve qu’Exxelia Technologies a vendu son capteur à une entreprise de défense israélienne. « Plus largement, l’industrie de l’armement française ne peut plus échapper à sa responsabilité morale et juridique », souligne Ingrid Metton, avocate de l’ACAT.

A compter du dépôt de plainte, le parquet de Paris a trois mois pour se prononcer sur l’opportunité ou non des poursuites. En cas de classement sans suite, une nouvelle procédure pourra éventuellement être engagée devant le doyen des juges d’instruction.

Metro News

Gérard, ex-cadre condamné pour avoir agressé sexuellement un handicapé

221842471_B977932990Z.1_20160223183858_000_GO068LIIU.1-0

Costume-cravate et cheveux blancs, Gérard Pallu n’avait pas, pour le moins, le profil des habitués du tribunal correctionnel. Cet ancien cadre commercial à la retraite de 65 ans, installé depuis 2012 dans le département, comparaissait pour de vieux dossiers d’agressions sexuelles sur des jeunes hommes vulnérables (l’un étant un sourd-muet) remontant à 2011 et 2012, à Carcassonne et à Montauban.

Un dossier, au départ, ouvert au criminel qui aurait pu conduire son auteur devant la cour d’assises de Tarn-et-Garonne et qui a mis longtemps à être jugé devant le tribunal correctionnel, en raison d’au moins trois renvois successifs.

Le verdict tombait en début de soirée : trois ans, dont deux ans de SME; l’inscription au fichier des délinquants sexuels et 5 000 € de préjudice moral pour chacune des victimes.

La Depeche

#EURO2016 : interpellations pour violences avant Ukraine-Pologne à Marseille

Canon à eau et gaz lacrymogène, avant le match classé à risques Ukraine-Pologne. Des incidents ont éclaté mardi après-midi à proximité du stade Vélodrome à Marseille. La police a fait usage d’un canon à eau et de gaz lacrymogène et a procédé à plusieurs interpellations.

Capture d’écran 2016-06-21 à 20.33.40.png

Les incidents ont entraîné des mouvements de foule et ont eu lieu à environ une heure et demie du début du match, à 18 heures. Quelques bouteilles ont été lancées et une poubelle incendiée. Les forces de l’ordre ont utilisé plusieurs bombes et sprays lacrymogènes et brièvement employé le canon à eau. Le calme est revenu après un quart d’heure. Selon la source policière, un policier a été blessé à l’épaule lors de ces affrontements.

Quatre personnes ont été interpellées près du stade Vélodrome dans le cadre de ces violences, a indiqué la préfecture de police. Huit autres avaient été arrêtées plus tôt dans l’après-midi après de brefs incidents sur le Vieux-Port, a-t-on appris auprès de la même source. «Il y a eu une toute petite rixe, les forces de l’ordre sont tout de suite intervenues», a-t-il été précisé.

Un nouveau match à risques à Marseille

En début d’après-midi, des milliers de supporters polonais ont convergé depuis le quartier du Vieux-Port vers le stade Vélodrome. Certains ont notamment défilé derrière une banderole «Defenders of European Culture» («Défenseurs de la culture européenne»).

 

Le Parisien

Menaces, intimidations : Mediapart fait condamner le militant d’extrême droite Arthur Tobitt

gud-lyon

Après notre enquête sur des militants du GUD (Groupe Union Défense), un groupuscule d’extrême droite violent, et sur le trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, Mediapart a fait l’objet d’une assignation en référé d’heure à heure réclamant la censure de notre article. Durant l’enquête, nos journalistes ont par ailleurs été visés par plusieurs tentatives d’intimidation et coups de fil malveillants, pour lesquels l’un de leurs auteurs, Arthur Tobitt, a été condamné le 14 juin.

Le premier volet de l’enquête, publié le 21 mars par Marine Turchi et notre confrère Thierry Vincent, révélait les détails d’une violente agression pour laquelle des militants du GUD ont été mis en examen en octobre. L’article révélait les neuf vidéos de cette scène, dans lesquelles on voyait notamment le chef du GUD à Paris, Logan Djian, et un autre Gudard, Loïk Le Priol. Nous racontions également les dessous du paiement de la caution de 25 000 euros ayant permis la libération de Logan Djian.

Lire la suite sur MediaPart