Suède: un journaliste inculpé pour avoir ramené un enfant syrien

Un journaliste de la télévision suédoise a été inculpé pour aide à l’immigration illégale après avoir ramené de Grèce un enfant réfugié syrien, un délit passible d’une peine de prison ferme, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Suède-migrants-contrôles-frontières-e1447422136232.jpg

Fredrik Önnevall réalisait un documentaire sur la réponse des partis nationalistes européens à la vague migratoire au printemps 2014 quand il a rencontré en Grèce un jeune Syrien de 15 ans, « Abed« . Avec deux de ses collègues, également inculpés, il lui a permis de gagner la Suède.

« De manière préméditée, (ils ont) aidé un étranger (…) à (entrer) en Suède via Malmö bien que cette personne n’eût ni passeport, ni aucune autorisation pour rentrer dans ce pays« , explique l’acte d’accusation. Le journaliste, qui encourt trois mois de prison ferme, plaide non-coupable.

« En tant qu’être humains, nous avons senti que nous devions le faire pour un garçon qui se trouvait dans une situation d’urgence« , s’est-il justifié à la télévision.

Une vague de sympathie 

La diffusion de son documentaire en janvier 2015 avait suscité une vague de sympathie mais c’est aussi à cette époque qu’une plainte avait été déposée. « Beaucoup (de Suédois) se demandaient ce qu’ils auraient fait si un garçon les suppliait de l’aider et qu’ils étaient les seuls à pouvoir le faire« , rappelle-t-il.

Fredrik Önnevall a auparavant affirmé qu’il n’avait pas agi comme un passeur puisque ni lui ni ses collègues n’avait accepté d’argent.

« Il suffit d’aider quelqu’un à passer une frontière dans un pays européen » pour que le délit d’aide à l’immigration illégale soit constitué, souligne auprès de l’AFP la procureure en charge du dossier, Kristina Amilon.

RTBF

Attentat déjoué en Allemagne : le suspect a été livré pieds et poings liés à la police par 3 réfugiés Syriens

Jaber Albakr a été livré pieds et poings liés dans la nuit de dimanche à lundi par trois Syriens qui l’ont hébergé dans leur appartement, avant de réaliser qu’il s’agissait de l’homme recherché par la police.

1204767333_b979931476z-1_20161010171542_000_gta7ouq2j-3-0

D’Angela Merkel à la police en passant par les réseaux sociaux : les Syriens qui ont permis l’arrestation de leur compatriote suspecté de vouloir commettre un attentat en Allemagne étaient érigés en héros lundi, coupant l’herbe sous le pied des anti-migrants.

Jaber Albakr a été livré pieds et poings liés dans la nuit de dimanche à lundi par trois Syriens qui l’ont hébergé dans leur appartement à Leipzig avant de réaliser qu’il s’agissait de l’homme recherché par toutes les polices du pays depuis samedi. Les autorités n’ont pas voulu donner de détails sur eux, en arguant de la nécessité de les protéger.

« Un signal très positif »

Une fois le suspect ligoté, l’un d’eux s’est rendu dans un commissariat pour le dénoncer en apportant aux policiers une photo prise sur un téléphone portable.

 

L’arrestation de ce Syrien de 22 ans, qui était très proche de commettre un attentat, apparemment pour le compte de l’État islamique (EI) selon la police, a relancé le débat sur le contrôle des réfugiés, dont quelque 890.000 sont arrivés en Allemagne l’an dernier. Et ce d’autant plus que le pays a connu en juillet deux attentats commis par des réfugiés et revendiqués par l’EI.

Mais l’aide décisive apportée par ces trois Syriens à la police représentait pour beaucoup la preuve que les amalgames n’ont pas lieu d’être.

«  C’est un signal très positif qui montre que tous (les réfugiés) ne doivent pas être soupçonnés  », s’est ainsi réjoui un dirigeant du syndicat de policier BDK, Sebastian Fiedler.

« J’aurais fait la même chose »

Qualifié de «  courageux  » et «  responsable  » par le chef du gouvernement de Saxe, Stanislaw Tillich, la région où s’est déroulée la chasse à l’homme ce week-end, le Syrien qui a prévenu la police a même été félicité par la chancelière Angela Merkel lundi.

«  C’est un héros  », a déclaré l’un de ses voisins Jihad Darwish, un Syrien de 47 ans. «  J’aurais fait la même chose  », a-t-il assuré, avant de conclure : « Tous les Syriens ne sont pas comme (Jaber Albakr) ».

Le Soir