Articles par Fdebranche

Le FN et Robert Ménard applaudissent les dérapages de Chevènement

Marianne : L’extrême droite félicite Manuel Valls


https://twitter.com/RobertMenardFR/status/770527088579403776

Islam : Chevènement multiplie les propos indignes. Le reflet d’une vision post-coloniale

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Tout le monde semble rentré de vacances, y compris Jean-Pierre Chevènement qui, ce lundi matin passait chez Patrick Cohen pour défendre sa nomination à la Fondation de l’islam de France. C’est dommage, il a pourtant besoin de beaucoup de repos. Même s’il a toutes les qualités requises : c’est un homme, il a 77 ans et n’est pas musulman.

Il a par ailleurs récemment donné un conseil fort de circonstance aux musulman-e-s de France : la discrétion. Un conseil vivement apprécié si l’on en croit les réactions notamment sur les réseaux sociaux.

Mais revenons à l’émission de ce lundi matin. Même si ce que dit Chevènement n’est pas toujours intelligible, il a nettement dit ceci : « À Saint-Denis, il y a 135 nationalités et il y en a une qui a quasiment disparu« .

Laquelle ? Que fait l’Insee ? On voit bien où veut en venir Chevènement qui, le disant plus ou moins, ne veut pas de société multiculturelle. Tout comme Manuel Valls sur le marché d’Evry, d’une certaine façon, il fustige le fait qu’il n’y ait pas assez de « white », de « blancos » à Saint-Denis.

Une vision post-coloniale des musulmans de France

C’est très grave. Pour Chevènement, la nationalité française est liée à la couleur de peau, blanche de préférence. Or, quelles que soient leurs couleurs, les habitantes et les habitants de Saint-Denis sont français pour les trois quarts d’entre eux.

Oui, noir et français, arabe et français, musulman et français… Pour avoir tenu de tels propos, Nadine Morano a été fort justement privée de son investiture aux dernières régionales.

Le souci dans le cas de Chevènement – en dehors du fait qu’il n’en est pas à sa première abjection verbale – est qu’il est nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France. Une nomination qui ne fait pas du tout l’unanimité et qui traduit pour le moins une vision post-coloniale des musulmanes et des musulmans de France. Réserves que je partage davantage aujourd’hui.

En tant qu’élu de Saint-Denis chargé de la lutte contre discriminations, je suis outré par l’absence de condamnations de ces propos, notamment dans les rangs du gouvernement.

L’Obs Le Plus

«Sein nu de Marianne» : une historienne corrige ce «crétin» de Valls

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Hier soir à Colomiers, en banlieue de Toulouse, Manuel Valls, visiblement en sueur, a invoqué Marianne pour parler de burkini sans le citer, déclarant ainsi : «Marianne elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ! C’est ça la République !». Ce qui a fait bondir sur Twitter l’historienne Mathilde Larrere, spécialiste des révolutions et de la citoyenneté et auteure de L’ urne et le fusil – elle a également coordonné le livre Révolutions – Quand les peuples font l’Histoire.

«Marianne a le sein nu parce que c’est une allégorie, crétin», s’est ainsi emporté la maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, avant de détailler sa réflexion dans une série de tweets désormais compilés sur un Storify, dans lequel Larrere rappelle que le sein de Marianne est dénudé «sur le modèle des allégories antiques, sans que ça signifie quoi que ce soit… juste un code artistique». In fine, la représentation au fil des ans de Marianne n’a rien à voir avec celle de la féminité : «tout ce qui se joue là est l’image que l’on veut donner de la République, et pas du tout ce qu’on veut dire des femmes !».

Libération

Sortie du livre La Fachosphère : Comment l’animateur de Fdesouche rencontre Eric Zemmour…

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Sortie du livre La Fachosphère (« Comment l’extrême-droite remporte la bataille du net ») le 21 septembre prochain. Un ouvrage rédigé par les journalistes Dominique Albertini et David Doucet, auteurs il y a deux ans de « Histoire du Front National ».

Une enquête de deux ans pour comprendre les parcours, les idées, les réseaux et les moyens des partisans de l’extrême droite sur Internet, notamment à travers le blog Fdesouche et la plate-forme SOS racailles, annonce l’éditeur.

Flammarion présente ainsi ce livre :

« « Fachosphère » : le mot s’est largement répandu dans les médias pour désigner l’omniprésence de l’extrême droite sur Internet. La réalité qu’il recouvre reste pourtant nébuleuse. Fruit d’une enquête de deux ans, l’ouvrage lève le voile sur les parcours, leurs idées, les réseaux et les moyens de ses artisans. Dans quelles conditions se passent les rencontres entre l’animateur de Fdesouche, premier blog français d’extrême droite, et les idoles réactionnaires Eric Zemmour et Alain Finkielkraut ? Comment la plate-forme SOS Racailles, active au début des années 2000, a poussé un jeune à tenter d’assassiner Jacques Chirac ? Comment un néo-nazi en cavale peut continuer à narguer la justice depuis le Japon ? Alors que l’extrême droite progresse dans les urnes et dans les têtes, l’ouvrage répond à cette question : comment ses partisans ont-ils gagné la bataille du Net ?« 

Le Blog TV News

En Slovaquie, les milices d’extrême droite anti-juifs, anti-roms… pullulent

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Depuis le succès électoral du parti fasciste en mars, les groupes paramilitaires sont de plus en plus actifs.

En tenue de camouflage, ils s’entraînent, une mitraillette non létale à la main, dans les forêts de Slovaquie. Techniques de survie, parachutage, entraînement à la guérilla, maniement des armes: les jeunes recrues ne sont pourtant pas des soldats de l’armée slovaque, loin de là.

Peter Švrcek, par exemple, est étudiant en archéologie à l’université. C’est lui qui dirige la principale milice du pays, Slovenskí Branci (SB, «les recrues slovaques»), un groupuscule de 200 membres actifs qui se veut apolitique mais que les services secrets surveillent étroitement et que les autorités considèrent comme étant affilié à l’extrême droite. «Nous sommes de vrais patriotes. Nous suivons un entraînement sophistiqué et nous sommes prêts à aider nos soldats et notre patrie», assure-t-il.

Infiltrer l’armée

En juin, le Ministère de l’intérieur a même officiellement reconnu une des branches de Slovenskí Branci. Pourtant, ce même ministère a rédigé des rapports établissant un lien direct entre ce groupuscule et les idées extrémistes. Et son collègue, à l’Education, lui a publiquement demandé de ne plus intervenir dans les écoles, au motif que «les leçons et l’entraînement dispensés par une organisation extrémiste peuvent représenter un danger pour le développement personnel des élèves». Des membres de SB avaient pénétré dans plusieurs établissements scolaires, avec l’accord des directeurs, pour initier les enfants au tir à blanc et leur donner un cours sur l’histoire slovaque.

Résistance, une autre milice, connue pour ses saillies anti-juifs et anti-roms, donne elle aussi de la voix. L’un de ses responsables, qui figurait sur la liste des candidats L’SNS aux dernières élections générales, a appelé «tous les nationalistes courageux et forts mentalement et physiquement à infiltrer s’ils le peuvent l’armée et la police».

Pour Jaroslav Nad’, ces gens posent un réel problème de sécurité en Slovaquie. «Le jour où ils auront de vraies armes, ils pourraient être vraiment dangereux.»

Tribune de Genève

Charles-Antoine Casanova, le maire qui voulait expulser tous les Maghrébins à Sisco est mort

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Charles-Antoine Casanova transportait 100 000 euros et une arme

Charles-Antoine Casanova, maire de Guarguale, un village d’une centaine d’habitants, est mort « dans un accident de la circulation sans intervention d’un tiers », a confirmé à l’AFP une source judiciaire, excluant tout homicide.

Dans sa sacoche, les policiers ont trouvé un calibre 7.65, un calibre répandu, approvisionné, et M. Casanova transportait 104.000 euros en liquide, a précisé une source proche du dossier.

Ouest France


Le maire de Guarguale, Charles-Antoine Casanova, est décédé à la suite d’un accident de moto à l’entrée d’Ajaccio, lundi 29 août.

Peu après 8h, lundi 29 août, le maire de Guarguale, Charles-Antoine Casanova, 52 ans, est décédé à la suite d’un accident de la route à Ajaccio. Sa moto a effectué une sortie de route après le rond-point de Campo dell’Oro, situé à l’entrée de la ville.

Le motard était en arrêt cardio-ventilatoire au moment de sa prise en charge par les secours. Grièvement blessé à la tête, Charles-Antoine Casanova a été transporté en état d’urgence absolue à l’hôpital de la Miséricorde d’Ajaccio, où il est décédé peu de temps après son admission.

France 3


Après les incidents de Sisco, Charles-Antoine Casanova, maire de la commune de Guarguale en Corse, a écrit sur sa page Facebook un message de recommandation à l’attention de son collègue. Dans ce message, il lui conseille d’expulser les Maghrébins.

«En tant qu’élu, je demande à mon collègue, le maire de Sisco, dans un premier temps, de prendre toutes les mesures nécessaires afin d‘exclure définitivement de sa commune tous les maghrébins et leurs familles, qu’ils soient impliqués ou non dans ces incidents».

Ces propos, rédigés le 14 août sur la page Facebook de Charles-Antoine Casanova, ont depuis été effacés. Mais la polémique est vivace concernant celui accusé «d’appeler à bastonner les Maghrébins» : sur Change.org, deux pétitions ont vu le jour, l’une pour le soutenir (618 signataires), l’autre demandant sa condamnation en justice (19 214 signataires).

RT

Belgique : une femme tente de mordre un policier parce qu’il est d’origine maghrébine

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Une femme, née en 1958, a été interpellée après avoir agressé le personnel soignant d’un hôpital ainsi qu’un policier vendredi en fin d’après-midi à Jemeppe-sur-Sambre, a révélé samedi le parquet de Namur. En état d’ivresse, elle a même tenté de mordre l’agent de police parce qu’il était d’origine maghrébine.

La quinquagénaire se promenait sur la voie publique en état d’ébriété avancé et sous un soleil de plomb. Elle titubait et faisait peine à voir, d’après le parquet. Une alerte a donc été donnée et 4,2 grammes d’alcool ont été relevés dans son sang, ajoute le parquet.

Elle a été transportée à l’hôpital où elle s’est illustrée par de la violence verbale envers le personnel soignant. Elle a agressé et insulté tout le personnel d’origine étrangère œuvrant aux urgences.

La police a donc été prévenue et lorsqu’elle s’est retrouvée en cellule de dégrisement, la quinquagénaire s’en est prise là aussi à un policier d’origine maghrébine, en tentant de le mordre.

La Nouvelle Gazette

« Sale bougnoule, retourne chez toi » : une friterie taguée et incendiée à Athies

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Une friterie ambulante a été incendiée, dimanche soir, à Athies. Un acte criminel. Selon un membre de la famille qui tenait ce commerce, des tags racistes étaient inscrits sur le camion depuis plusieurs semaines.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un camion-friterie, qui est habituellement à Saint-Nicolas près du Leclerc, a été incendié, dans la commune d’Athies. L’acte criminel ne fait guère de doute selon la gendarmerie qui a ouvert une enquête.

Le père de l’homme qui tient cette friterie nous a joints ce mardi pour apporter des précisions. « Je ne comprends pas pourquoi la gendarmerie ne confirme pas les tags racistes. Il y a quinze jours, il y en avait déjà et nous sommes allés porter plainte. On pouvait lire des écrits comme sale bougnoule, retourne chez toi devant la maison de mon fils à Athies. » Le camion aurait également été vandalisé.

La famille est actuellement en vacances et reviendra à la fin du moins dans l’Arrageois. « Mon fils est dévasté. Je m’étonne également que la mairie n’ait pas réussi à le joindre. Je l’ai prévenu dès lundi. Comment voulez-vous qu’il aille après un tel acte odieux ! Mon fils tenait cette friterie depuis un an. Douze mois de travail sont partis en fumée. »

La Voix du Nord

Steve Bannon, le nouveau directeur de campagne de Donald Trump accusé d’antisémitisme

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Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Donald Trump. Distancé dans les sondages face à sa rivale démocrate Hillary Clinton dans la course à la Maison-Blanche, le candidat républicain est confronté ces derniers jours à d’embarrassantes révélations sur la passé de son nouveau directeur de campagne, Steve Bannon.

Dernières en date, les accusations d’antisémitisme proférées par son ex-femme, Mary Louise Piccard. Selon elle, Steve Bannon s’était opposé, en 2007, à la scolarisation de leurs filles jumelles dans un établissement d’élite à Los Angeles car « il ne voulait pas que les filles aillent en cours avec des juifs ».  

Ces déclarations ont été tenues à lors d’une audience en 2007 devant une cour qui examinait leur divorce. Et elles ont été récupérées par le Guardian qui les a publié ce samedi. « Il a dit qu’il n’aimait pas les juifs et qu’il n’aimait pas la façon dont ils élèvent leurs enfants », a à l’époque fait savoir Mary Louise Piccard. Des accusations rejetées par la porte-parole de Donald Trump: « M. Bannon n’a jamais tenu de tels propos ».

Poursuivi pour violences conjugales

Ces révélations du Guardian interviennent au lendemain de celles publiée par le New York Times et le New York Post. Les quotidiens américains annoncent depuis vendredi que Steve Bannon a été poursuivi en 1996 pour violences conjugales contre Mary Louise Piccard. Le directeur de campagne de Donald Trump avait été inculpé de violences domestiques, voies de fait et tentative d’intimidation. Mais l’affaire avait été classée lorsque son épouse ne s’était pas présentée pour témoigner.

Steve Bannonn directeur de campagne de Donald Trump, depuis la mi-août, est aussi le patron du site d’informations conservateur Breitbart News, qui relaye régulièrement des informations et des rumeurs anti-Clinton. Ses ardents supporters sont d’ailleurs très proche de la mouvance du Tea Party.

L’Express

« Tous les musulmans sont des terroristes »: un restaurateur refuse de servir 2 femmes voilées

Le parquet de Bobigny ouvre  dimanche une enquête pour « discrimination à caractère racial

Le parquet de Bobigny a indiqué avoir ouvert dimanche une enquête pour « discrimination à caractère racial ». Interrogée par l’AFP, la préfecture de Seine-Saint-Denis a évoqué un « différend » ayant opposé samedi soir le patron de ce restaurant.

Ces deux habitantes de la région parisienne ont aussitôt pris contact avec le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), a indiqué l’association. Selon son porte-parole, Marwan Muhammad, joint par l’AFP, elles ont l’intention de déposer plainte lundi matin avec l’aide du collectif.

La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol a indiqué sur Twitter avoir saisi la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra) « afin d’engager investigations et sanctions contre le comportement intolérable de ce patron de restaurant« .

France Bleu


Francois Asensi, le maire de la ville de Tremblay-en-France condamne l’attitude discriminante du restaurateur

https://twitter.com/AlexisMazade93/status/769943374916976640


Cette scène se déroule dans le restaurant le Cénacle à Tremblay-en-France.

Islam Info

Femme violentée dans une rixe en Charente: aucun musulman mais la fachosphère accuse l’Islam

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Jeudi, vers 19h, la température est méchamment montée d’un cran, sur la plage du Bain des Dames, à Châteauneuf, une baignade mal nommée le temps d’un déchainement de violence. Bilan: une femme frappée et déshabillée, devant son mari et ses trois enfants, par un groupe d’une quinzaine d’individus – hommes, femmes et adolescents mêlées – appartenant semble-t-il à la même famille. Le nez en sang, la femme, trente ans, a dû quitter la baignade avec ses enfants en pleurs alors que ses agresseurs sont tranquillement restés dîner sur place.

Selon un témoin, un groupe d’une quinzaine de personnes s’est déchaîné lorsqu’une mère de famille a ôté le haut de son maillot de bain. En bas, un string. « Elle était volubile, un peu exubérante et s’est donc fait remarquer dans l’après-midi, dit le témoin. Mais rien de méchant du tout, rien qui n’appelait la violence ». Vers 19h, elle ôte le haut. Sur le haut de la baignade, une femme et des hommes s’insurgent: « Il y a des enfants », « rhabillez vous ».

En tous cas, tout dérape. Les coups succèdent aux cris. « Dans le lot, il y avait surtout une femme, qui frappait plus que les autres », dit Antoine. Il tente de s’interposer, avec le compagnon de l’estivante. « On était 3 contre 15, personne d’autre ne bougeait ».

Selon au moins deux témoins, l’altercation de la baignade du Bain des Dames aurait dégénéré après une provocation de la baigneuse. Provocation faite à deux enfants et leur mère. Les deux femmes se seraient empoignées, puis les hommes seraient intervenus ensuite.

Les gendarmes sont intervenus et n’ont procédé à aucune interpellation. Contactée vendredi, la compagnie de gendarmerie de Cognac évoquait une« bagarre », « sans plainte ». « Ils ont relevé quelques plaques d’immatriculation, posé quelques questions » dit Jean-Louis Levesque. Le groupe qui s’en est pris à la femme a pu dîner sur place.

Vue le déferlement de commentaires, nous précisons que cette agression n’a aucune connotation religieuse. Aucune personne d’origine maghrébine n’est impliquée dans cette histoire. Il est dommage de devoir en arriver à de telles précisions.

Charente Libre

https://twitter.com/Messsmer/status/769511702895464449

https://twitter.com/The_Depositaire/status/769500973047943168

https://twitter.com/PtdArcole/status/769512692314959873

https://twitter.com/linsoumis_fr/status/769505255017025536

https://twitter.com/SOSRaciste/status/769494344743133184

Police des mœurs laïques : une femme verbalisée pour le port d’un simple foulard à Cannes

Femme voilée verbalisée a cannes : « rentrez chez vous » « Ici on est catholiques » Siam a été lynchée par la foule

Mathilde Cusin, journaliste à France 4, est témoin par hasard de ce qui se passe depuis le boulevard du Midi, le long de la plage. Puis elle s’est approchée et a assisté à toute la scène. Notre consœur raconte : « J’ai vu trois policiers en train de regarder la plage. Deux d’entre eux avaient le doigt sur la gâchette de leur bombe lacrymo, sans doute au poivre. Ça m’a interpellée. Puis je les ai vus traverser la plage vers une femme voilée, elle portait un simple hijab sur les cheveux. »

Une policière se baisse à la hauteur de Siam. « Elle m’a dit : ‘Vous êtes au courant qu’il y a un arrêté sur la ville de Cannes ?’ J’ai dit que non, je ne savais pas exactement de quoi il en retournait, je n’avais pas trop suivi la polémique », explique alors la mère de famille.

Siam, sa sœur, sa mère et une amie de cette dernière sont stupéfaites, même si elles commencent à entrevoir que c’est le voile qui est visé : « Qu’est-ce qu’une tenue correcte pour vous ? » demande la jeune femme. Les deux autres policiers, qui ont rejoint leur collègue, lui rétorquent :

Si vous mettez votre foulard sous forme de bandeau autour de la tête, vous pouvez rester sur la plage. »

Dans le climat actuel, vous comprenez, « on est obligés de verbaliser », m’ont-il dit. »

Siam refuse toutefois de se dévêtir ou de quitter la plage.

« Ici, on est catholiques ! »

« Mes enfants étaient en pleurs, témoins de mon humiliation, ainsi que ma famille », raconte Siam. « Moi-même je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Ils nous ont humiliées. »Autour d’elle s’est créé un attroupement. Si certains prennent sa défense, arguant qu’elle ne cause de tort à personne et ne porte pas de « burkini », d’autres se lâchent, les insultent fusent. 

« La parole raciste s’est totalement libérée. J’étais abasourdie », raconte-t-elle. « J’ai entendu des choses que l’on ne m’avait jamais dites en face, comme ‘rentrez chez vous !’ ‘Madame, la loi c’est la loi, on en a marre de ces histoires’, ‘Ici, on est catholiques !' »

« Certains ont carrément applaudi les policiers. D’autres ont traversé la route pour se joindre à la mêlée sur la plage. »

« Les gens lui demandaient de partir ou d’enlever son voile, c’était assez violent« , appuie Mathilde Cusin, « J’ai eu l’impression de voir une meute s’acharner sur une femme assise au sol en pleurs avec sa fillette. Ce qui m’a choquée, c’est que c’était surtout des trentenaires, pas des personnes âgées comme on pourrait l’imaginer. »

Les proches de Siam demandent aux policiers : « Si ce sont les signes religieux ostentatoires qui sont visés, comme vous dites, pourquoi n’allez-vous pas chasser les croix ? » « On ne va pas faire la chasse aux croix », leur répond-on. « Allez sur la route, madame, on vous demande de quitter la plage. »

Crier à l’amalgame et à la stigmatisation n’y fera rien : les policiers lui remettent alors une amende de 11 euros, qu’elle accepte à contrecœur de payer pour rester sur la plage.

« Aujourd’hui, on nous interdit la plage. Demain, la rue ? Après-demain, on nous interdira de pratiquer notre culte chez nous ? » s’insurge la Toulousaine. « Dans le pays des droits de l’homme, je ne vois pas de trace des principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Je suis révoltée que cela puisse se passer en France. »

« C’est vraiment du racisme pur et dur »

« C’est la première fois que je subis une discrimination », souffle Siam avec son accent toulousain. Au départ, elle a beaucoup hésité à parler de ce qui s’est passé, par peur de se mettre en avant.

« J’ai bien réfléchi. Je me suis dit que l’on ne pouvait pas laisser passer ça dans notre pays. Le pire, c’est que je suis un peu ‘Française de souche‘ ! Mes parents sont français, mes grands-parents sont françaisQuand on me dit ‘rentre chez toi’, ça me fait doucement rigoler, c’est vraiment du racisme pur et dur… »

Passé le choc, elle décide de réagir et contacte le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dont elle a découvert l’existence en même temps que celle de la polémique sur le « burkini » à son retour. Soutenue par une juriste pour monter son dossier, elle pense porter plainte contre la mairie de Cannes et l’Etat français.

 

L’Obs


Siam, 34 ans, maman de deux enfants, originaire de Toulouse, qui souhaite garder l’anonymat, se souviendra longtemps de sa petite escapade sur la côte d’Azur. 

Hijab plage mer sable voile foulard burkini voilée

  Ce mardi 16 août, elle est tranquillement assise sur la plage de Cannes La Bocca avec ses enfants et des membres de sa famille, quand trois policiers viennent à son encontre. « Ils m’ont dit que ma tenue n’était pas correcte et que le maire avait pris un arrêté qui leur donnait la possibilité de verbaliser celles et ceux qui ne respectaient pas la loi », dit-elle, toujours abasourdie par une telle décision.

Le 28 juillet dernier,  le maire Les Républicains (LR) de Cannes, David Lisnard, avait pris cet arrêté disposant que « l’accès aux plages et à la baignade sont interdits à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime ». En gros, un arrêté « anti-burkini », du nom de ce costume de bain pour femme couvrant le torse, ainsi qu’une partie des membres et de la tête.

Siam verbalisée à la plage pour son voile

Pourtant, ce jour-là, Siam ne portait pas de burkini, assure-t-elle, mais un « simple hijab sur les cheveux ». « Je ne comptais pas me baigner, j’étais tout habillée« , précise encore cette dernière.

Après quelques vaines protestations, les policiers lui remettent une contravention de 11 euros, mais ne l’oblige pas pour autant à quitter la plage. De « nature discrète », sur le coup, elle hésite à en parler.

Ce n’est que vendredi dernier qu’elle décide à faire connaître sa mésaventure, d’abord sur les réseaux sociaux, puis en contactant des associations de lutte contre l’islamophobie, pas question pour elle d’en rester là.

Le Courrier de l’Atlas

Une conseillère de François Hollande se voile pour pouvoir rencontrer le Pape

François Hollande a-t-il voulu envoyer un signe ostentatoire en direction de l’électorat catholique conservateur encore contrarié par l’instauration du « mariage pour tous »? En marge de sa rencontre avec le pape Francois mercredi 17 août, le président français lui a présenté les quatre membres composant sa délégation: Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et des cultes et trois membres de son cabinet élyséen.

En France les JT de 20 heures ne se sont guère attardés sur cette séquence. Mais au même moment en Italie, le journal de la Rai Uno a présenté des images que l’on croyait pourtant révolues: la seule femme de la délégation française, Claudine Ripert-Landler, conseillère de François Hollande en « communication, stratégie et international », s’est présentée devant le pape en portant… un foulard noir sur sa tête.

Un couvre-chef nommé « mantille ». Le quotidien belge Le Soir qui expliquait en mars 2015 à ses lecteurs « pourquoi la reine Mathilde portait un voile [blanc] devant le pape François » précisait que « pour les autres femmes devant se présenter devant le pape, une mantille noire est traditionnellement requise. Cette règle n’est cependant plus aussi suivie qu’avant ». Car si malgré la révision du droit canonique en 1983 le service protocolaire du Saint-Siège préconise toujours aux visiteuses du pape le port de la mantille, de fait, cette recommandation n’est plus une obligation.

Application stricte d’une règle protocolaire, comme l’assure l’Elysée, ou marque ostensible de respect à la fonction papale, la tenue vestimentaire imposée à la conseillère de François Hollande symbolise également un sacré retour en arrière.

Huffington Post

Ce que la gauche ne pardonne pas aux « maghrébins », c’est d’avoir fait des enfants musulmans

Professeur à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le programme méditerranéen, Olivier Roy est un spécialiste de l’islam. Il y a consacré différents ouvrages comme En quête de l’Orient perdu, en 2014, ou La laïcité face à l’islam, en 2005.

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Les polémiques récurrentes sur la viande halal, le port du voile à l’université ou les prières de rue poussent certains à se demander si la pratique de l’islam est compatible avec la laïcité française… 

C’est un faux débat. On peut, bien entendu, se poser de nombreuses questions théologiques sur l’islam. Mais le port du foulard à l’université, du burkini, ou le débat sur la viande halal ne sont pas des problématiques propres à l’islam. Elles sont liées à l’évolution de l’acceptation des signes religieux en France, au même titre que la soutane, la kipa ou la viande casher.

La conception de la laïcité française a considérablement évolué depuis la loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cette législation ne dit rien sur les religions. Il n’y a donc pas lieu d’interdire le voile à l’université ou le burkini. Dans son essence, la laïcité ne devait pas chasser le religieux de l’espace public, mais seulement organiser la gestion des lieux de culte. Mais la laïcité est devenue une idéologie politique, qui sert à exclure la religion vers l’espace privé. Il y a désormais une « morale laïque ». 

Pourquoi le débat se cristallise-t-il autour de l’islam ? 

Si cette religion fait autant parler d’elle, c’est parce qu’il y a une conjonction entre une droite identitaire, qui définit le christianisme comme la religion fondatrice de la société française, et une gauche laïque et anti-cléricale. Quand Manuel Valls déclare qu’il « comprend » les maires qui ont pris l’arrêté anti-burkini, il se place dans la continuité d’une certaine gauche fondamentalement hostile aux religions. Rappelez-vous qu’en 1996, Michel Charrasse, un ancien ministre du Budget socialiste, avait refusé d’entrer dans l’église pour les obsèques de François Mitterrand, par conviction laïque.

Cette alliance hors-nature entre cette droite et cette gauche se concentre sur l’islam, qui est devenu l’ennemi commun, mais pour des raisons complètement différentes. C’est ce qui lui donne autant de résonance dans le débat public.

Pourquoi ce débat sur la compatibilité entre islam et laïcité n’a pas eu lieu avec la même ampleur en 1995, lors de la vague d’attentats terroristes perpétués par le Groupe islamique armé ?

En 1995, on était dans une logique d’intégration, dans la foulée de « la marche des beurs ». Mais dans l’esprit de la gauche, à l’époque, intégration signifiait sécularisation. Aujourd’hui, ce que la gauche ne pardonne pas aux immigrés maghrébins, c’est d’avoir fait des enfants musulmans. Elle s’attendait à ce que la deuxième et la troisième génération soient sécularisées et a été très surprise de découvrir une génération de croyants…

Après une telle polémique sur le burkini, quelles peuvent-être les répercussions dans la société française ?

Cela risque de créer un sentiment de rejet et de dégoût chez les musulmans, qui pourrait se traduire par un repli identitaire. Après, il y a des tensions, mais la France est un pays de tensions permanentes. Les gens ont complétement perdu la mémoire historique. L’identité française est un mythe : relisons Celine et Bagatelle pour un massacre, souvenons-nous de l’OAS ! Les arguments utilisés par les antisémites dans les années 1920 sont aujourd’hui repris à propos de l’islam : incompatibilité culturelle et une loyauté plus grande accordée à la religion qu’à la nation. 

France TV