Deux lois visant à réduire les droits des personnes LGBT viennent d’être votées dans les Etats de Caroline du Nord et du Mississippi. En réaction, des entreprises ont annoncé qu’elles renonçaient à s’implanter dans ces Etats.

Célébrer leur mariage dans un restaurant ou dans une salle pourra désormais être refusé aux personnes LGBT dans le Mississippi. La faute à une loi votée ce mardi 5 avril dans cet Etat du Sud des Etats-Unis, destinée selon son gouverneur républicain Phil Bryant à « protéger sincèrement les convictions religieuses et les convictions morales« . Concrètement, les églises et les entreprises privées sont autorisées à arguer de leur conviction religieuse pour refuser d’accorder des services à certaines personnes.
Une loi qui rappelle la ségrégation raciale
Dans les faits, donc, un restaurant ne peut toujours pas interdire son entrée à un couple homosexuel en tant que tel, comme cela était le cas pour les Noirs dans cet Etat du Sud au temps de la ségrégation raciale. Mais si le propriétaire de l’établissement est opposé au mariage de couples de même sexe, il peut en revanche refuser d’abriter tout événement lié (pré-cérémonie ou post-cérémonie de mariage, anniversaire de mariage, etc).
De grandes compagnies comme Nissan, Toyota ou MGM Resorts, toutes de gros employeurs de la région, n’ont pas tardé à réagir en se prononçant publiquement contre cette loi. La marque Nissan, dans un communiqué a ainsi rappelé qu’elle « prohibe tout type de discrimination et s’oppose à toute loi qui autoriserait les discriminations contre les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres. »
Avocat au Southern Povert Law Center, Jody Owens compare cette loi aux mesures ségrégationnistes du siècle dernier : « Cette nouvelle loi – comme les autres anti-LGBT dans d’autres Etats – utilise l’argument de ‘la liberté religieuse’ pour justifier la discrimination, les mauvais traitements et la bigoterie. C’est le même genre de raisonnement qu’utilisaient les suprématistes blancs à d’autres époques pour justifier l’esclavage« .
Marianne