Saint-Cloud : perquisition en cours dans la villa de Jean-Marie Le Pen

Une perquisition est en cours ce mardi dans la villa de Jean-Marie Le Pen de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). L’ancien président du front national se trouve sur place avec une douzaine de policiers, arrivés à 11 heures.

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 La perquisition intervient dans le cadre de l’enquête sur les assistants parlementaires du FN. Les interrogations portent sur des salaires versés à 20 assistants, apparaissant dans l’organigramme du FN, laissant supposer qu’ils sont affectés à d’autres tâches que leurs seules fonctions parlementaires.

Le Parquet de Paris a ouvert une enquête fin mars 2015. Quelques jours auparavant, le Parlement européen avait annoncé avoir saisi l’organisme antifraude de l’Union européenne, rappelant que les assistants parlementaires « doivent nécessairement et directement travailler à l’exercice du mandat des députés européens ».

Le Parisien

Avec la démission de Chauprade l’implosion du FN a commencé

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Des contradictions profondes tiraillent le parti lepéniste, notamment entre sa ligne Nord-Est, celle de Marine Le Pen et Florian Philippot d’une part, et la ligne Sud, où Marion Maréchal Le Pen et Jean-Marie Le Pen se retrouvent en connivence.

D’un côté elle accentue, sous l’influence de l’ex-chevènementiste Philippot, des positions « social-étatiques », l’interventionisme étatique étant mis au service d’une sorte de national socialisme qui surfe sur la désespérance des couches populaires ; c’est manifeste dans ses campagnes récentes à Hénin-Beaumont et dans la région Nord-Pas-de-Calais, où elle cherche à siphonner une partie de l’électorat socialiste et communiste de cette région.

C’est le discours sur la retraite à 60 ans, sur l’augmentation sensible du Smic, etc… Georges Marchais n’aurait pas fait mieux ! D’un autre côté, dans le Sud, le FN est, avec sa nièce, sur des postures qui appliquent les vieilles recettes du grand-père, formé à l’école poujadiste, le FN cherchant à racoler les voix des artisans et petits commerçants, qui n’en peuvent plus de l’interventionisme étatique, des impôts, des normes, et rejettent tout discours qui pourrait ressembler à celui de la gauche.

Entre le Nord et le Sud frontiste, il y a bien une incohérence idéologique forte qui va provoquer des fissures et, à l’approche de la présidentielle, provoquer de réelles divisions. Autrement dit, pendant les régionales, chacun au FN chasse sur ses terres avec des armes différentes, en espérant que cela ne se voit pas trop politiquement et médiatiquement.

Mais ensuite, quand il s’agira de la présidentielle, l’incohérence va devoir être traitée, elle créera d’inévitables tensions et peut-être une crise majeure. En cela, Marine Le Pen mange son pain blanc. Car le boulet Jean-Marie Le Pen, si la force physique lui est donnée, ne va pas se taire, bien au contraire. Pas plus que Marion Maréchal-Le Pen ne va, entourée comme elle l’est des « identitaires » théoriciens de l’inégalité des races, « affadir » son propos.

Les positions de la tante et de la nièce sur la Laïcité, les mœurs, l’homosexualité par exemple, sont diamétralement opposées et ne pourront que créer des divisions. Car Marion Maréchal-Le Pen s’appuie sur les catholiques traditionalistes de son parti, comme Bruno Gollnish, qui a toujours été prêt à « pardonner » (et même approuver) les dérapages du vieux compagnon Jean-Marie Le Pen, que ce soit sur les noirs et les arabes, ou les juifs et la seconde guerre mondiale. Ces tensions là, avec la jeune nièce, restera un cauchemar durable pour Marine Le Pen.

Atlantico