“Retour vers le futur” : l’islamophobie dans la presse, rien n’a changé en 30 ans

Islamophobie islam une journaux mediatique medias propagande

Le 21 octobre 2015 : nous y sommes. Marty McFly et Doc, héros du film culte “Retour vers le futur 2”, sont arrivés aujourd’hui. Beaucoup de chose ont changé en 30 ans, mais d’autres sont loin d’avoir évolué. Retour vers certaines Unes de presse peu glorieuses.

Il y a 30 ans, Le Figaro titrait son dossier sur l’immigration “Serons-nous encore Français dans 30 ans?

Tel un marronnier, les Unes sur l’islam/les musulmans/l’immigration se profilent de manière régulière. Après cette première occurrence en 1985, Le Figaro magazine du 21 septembre 1991, illustre sa Une avec deux Marianne, l’une étant voilée et portant un niqab, intitulée «Immigration ou invasion?», une autre, en 2009, enquête sur “l’islam radical en France”.

Mais Le Figaro est loin d’être le seul à jouer sur ces images.

Dans un contexte post-Charlie, Régis Dubois, docteur en cinéma, auteur et journaliste, analyse les couvertures de magazines consacrées à «l’islam» et/ou aux «musulmans».

Une de L’Express du 4 au 10 février 2015

J’ai pu en trouver 35 parues au cours des quinze dernières années. Constat : plus de la moitié d’entre elles donnent une image négative de l’islam et des musulmans” écrit-il.

Source : lessensdesimages.com

Le Figaro, Le Point, Valeurs Actuelles, L’Express, Courrier International, Marianne… Autant de titres de presse qui n’hésitent pas à jouer sur les peurs, voire à les créer.

Quant à André Gunthert, enseignant-chercheur en histoire visuelle et maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il explique comment l’utilisation de certaines images est volontairement sinistre et menaçante.

Dans le contexte de l’inexorable montée de l’islamophobie en France, la figure de la femme voilée n’est pas une simple image, mais l’un des principaux marqueurs d’une imagerie, support dynamique d’une idéologie particulièrement active, qui joue habilement d’un large registre de connotations” écrit-il dans un billet intitulé “Désigner la dissimulation, figure de l’islamophobie”.

Zaman France

Netanyahu accuse le Mufti de Jérusalem d’avoir incité Hitler à « brûler les juifs »

l04EfiA6fjVyLGYvoQ85TTl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a suscité mardi un tollé, en affirmant que le Grand Mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini, a été celui qui a fait germer l’idée de l’extermination des Juifs d’Europe dans l’esprit d’Adolf Hitler, rapporte mercredi le quotidien israélien Haaretz.

Dans un discours prononcé mardi devant le Congrès sioniste mondial à Jérusalem, Netanyahou a affirmé que le dirigeant nazi n’avait pas l’intention de tuer les Juifs, mais seulement de les expulser.

Il a ainsi décrit une rencontre entre Husseini et Hitler qui a eu lieu en novembre 1941: « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser. Et Mohammed Amin al-Husseini est allé voir Hitler et lui a dit: si vous les expulsez, ils vont tous venir ici (en Palestine)« , a raconté Netanyahou.

« Hitler a alors demandé: Que dois-je faire?, et le Mufti a répondu: Brûlez-les », a-t-il poursuivi.

Les affirmations de Netanyahou ont très vite déclenché une tempête sur les réseaux sociaux, alors que le dirigeant israélien avait fait une affirmation similaire lors d’un discours prononcé à la Knesset en 2012, où il décrivait Husseini comme « l’un des principaux architectes » de la solution finale.

Le chef de l’opposition israélienne, Yitzhak Herzog (Union sioniste) a réagi en affirmant que Netanyahou faisait le jeu des négationnistes. Herzog a exigé que Netanyahou revienne sur sa déclaration, la qualifiant de « distorsion dangereuse de l’histoire ».

L’historienne en chef du mémorial Yad Vashem pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem, a estimé que les propos de M. Netanyahu n’étaient pas « historiquement exacts ». « Ce n’est pas le mufti, même s’il avait des positions antijuives très extrêmes, qui a donné à Hitler l’idée d’exterminer les juifs », a déclaré Dina Porat à l’AFP.

Le Parisien

Il est indispensable de rappeler que près de 150 000 juifs ont servi dans l’armée d’Hitler durant la guerre.

Le privilège de Saint-Romain ou quand l’Église graciait les assassins

image_content_general_19534052_20151018214219

Alors que dans quatre jours la foire Saint-Romain doit s’ouvrir, retour sur une ancienne pratique dont la première mention remonte en 1210. Le pouvoir de gracier une fois l’an, un condamné avait été accordé à l’Église de Rouen après qu’un condamné à mort eut débarrassé la ville d’un monstre : la Gargouille, qui hantait les marais.

Depuis, chaque année, un condamné était choisi. Au cours d’une cérémonie, il devait, sur la Fierte, monument qui existe encore, place de la Haute Vieille Tour, soulever les reliques de Saint-Romain et, ainsi, gagnait de rester en vie.

Ce privilège dit du prisonnier était fort connu en Normandie et même au-delà, et on se bousculait pour en bénéficier. Mais il occasionna aussi des tensions avec le pouvoir royal, qui n’appréciait pas de partager une sienne prérogative, de même que vis-à-vis du clergé : la fête, devenue très populaire, était moins religieuse que célébrant le prisonnier. Elle dura néanmoins du début du XIIIe siècle à 1789.

En près de sept siècles, le privilège a permis de libérer au moins 15 voleurs, 6 violeurs, 9 infanticides, 3 faux monnayeurs et plus de 350 assassins. Sur cet usage de la grâce du prisonnier, un jeune lycéen de Yainville, Bruno Bertheuil et un de Duclair, Laurent Dutrait, ont, dans les années 1975 réalisé une étude que récompensa un deuxième prix national, remis alors par Jack Lang.