Articles par Fdebranche

#StopIslam : 90% des tweets étaient critiques vis-à-vis du hashtag

CeK16atUAAA_WbE

Le hashtag islamophobe #Stopislam est devenu le plus discuté sur Twitter le 22 mars suite aux attentats de Bruxelles. Mais contrairement aux apparences, la plupart des tweets étaient anti-islamophobes. Analyse.

Stupeur et désespoir. C’est à peu près l’effet que pouvait provoquer la vision des “tendances” sur Twitter (les sujets les plus discutés) le 22 mars, après les attentats de Bruxelles. Le hashtag #Stopislam, amalgamant islam et terrorisme, est resté au sommet de celles-ci presque toute la journée : en début de soirée, 140 000 messages contenant ce mot-clé avaient été tweetés selon le logiciel Dataminr, utilisé par le New York Times.

L’analyse plus approfondie de ce hashtag est plutôt rassurante. En réalité, de nombreuses personnes l’ont utilisé pour le critiquer et déconstruire la fausse évidence qu’il véhicule, en affirmant par exemple : “Les extrémistes radicaux sont à l’islam ce que le KKK est à la chrétienté”, “Le terrorisme n’a pas de religion”, ou encore “si les 1,6 milliard de musulmans dans le monde étaient des terroristes, je ne pense pas que vous seriez encore là”.

90% des messages sont critiques vis-à-vis du hashtag

Ainsi, selon l’analyse statistique du Washington Post, sur un échantillon de tweets publiés dans le monde avec ce hashtag entre 14h20 (en France) et 12h50, 90% le critiquaient. Certains n’ont pas eu besoin de statistiques pour le comprendre :

“C’est l’ambivalence des hashtags. Moi-même j’ai hésité à tweeter avec, histoire d’aller sur le terrain discursif des gens que j’ai envie de combattre, mais le problème c’est que ça amplifie la visibilité du message”, constate Clément Sénéchal, ancien community manager de Jean-Luc Mélenchon et auteur du livre Médias contre médias, La société du spectacle face à la révolution numérique (éd. Prairies ordinaires).

“Twitter participe à la mise en scène de la guerre des civilisations”

Est-il surprenant que le hashtag #Stopislam ait été finalement partagé dans un but antiraciste ? Selon Raphaël Liogier, sociologue et spécialiste du fait religieux, auteur de La guerre des civilisations n’aura pas lieu : coexistence et violence au XXIème siècle, CNRS Éditions, cette réaction s’inscrit dans la continuité des précédents attentats : “Twitter participe à la mise en scène de la guerre des civilisations, mais il y a des gens qui luttent contre l’amalgame. Après les attentats du 7 janvier 2015, contrairement aux craintes il y a eu une baisse de l’islamophobie. Ça n’a pas profité au populisme et à l’extrême droite”.

Média horizontal par excellence, Twitter aurait pu être saturé de mini-communiqués haineux contre les musulmans, compte-tenu de l’organisation bien huilée de la fachosphère en matière d’activisme numérique. Mais la réalité est plus nuancée. Depuis les précédentes attaques, le débat a été informé, estime Clément Sénéchal : “Sur Twitter, les communautés d’internautes sont vigilantes. Un discours critique est établi pour lutter contre les amalgames. Les sentinelles antiracistes se mobilisent très régulièrement”.

Valentine Zuber : «Le laïcisme tend à amoindrir nos libertés»

image_content_general_16985242_20140513232944

Universitaire, historienne, directrice d’Etude à l’Ecole pratique des hautes études et auteur de Le culte des droits de l’homme (Gallimard), Valentine Zuber sera présente au Collège des bernardins le 8 avril dans le cadre d’une conférence sur la «Transmission religieuse en Méditerranée» au Collège des bernardins le 8 avril. Zaman France l’a interrogé sur le durcissement d’une partie de la gauche sur la question laïque observée dernièrement au sein du mouvement du Printemps républicain.

Comment comprendre ce durcissement idéologique d’une partie de la gauche observé au sein du mouvement du Printemps républicain qui n’hésite plus à promouvoir l’interdiction de mères voilées à des sorties scolaires ou qui, à l’instar de Élisabeth Badinter, appelle à ne plus avoir peur d’être taxé d’islamophobe ?

Il y a toujours eu deux compréhensions du rapport à la religion dans la gauche républicaine dès la fin du 19es. En premier lieu, au moment de la discussion sur la loi de 1905. Une partie des Républicains de gauche comme Émile Combes étaient favorables à une prééminence de l’État sur les religions, comprise au sens précis d’un contrôle de l’État sur les religions. Cette partie de la gauche diffusait des discours anticatholiques et anticléricaux dans une perspective gallicane et sur la base du slogan voltairien «Écrasons l’infâme», pouvant aller jusqu’à l’interdiction du religieux.

Le religieux était à leurs yeux dangereux politiquement et il fallait donc l’encadrer par la loi comme la loi sur les congrégations en a offert un exemple. Une autre partie de la gauche, plus conciliante, est dans l’apaisement depuis l’affaire Dreyfus et les lois combistes. Il fallait, selon elle, aboutir à une paix entre l’Église et l’État. Jean Jaurès, Aristide Briand, Ferdinand Buisson, sont des personnalités de la IIIe république qui s’inscrivent dans cette philosophie laïque qui s’était incarnée dans un texte d’apaisement, le pacte laïque.

C’est leur vision qui l’a d’ailleurs emporté avec la loi de 1905 qui promeut la liberté religieuse tout en séparant les deux ordres de l’Église et de l’État. Il y a toujours eu une gauche anticléricale qui voyait la religion comme hostile au progrès et une autre favorable aux libertés religieuses. Au moment de 1905, il y a eu un affrontement très vif là-dessus. C’est cette fracture qui renaît actuellement. La réactivation a été faite autour de la visibilité du voile et des attentats. Les partisans de la laïcité d’apaisement sont taxé de ventre mou.

Laquelle de ces tendances est aujourd’hui prédominante au sein de la gauche et du Parti socialiste ?

En fait, il y a une différence notable entre le bruit des uns et des autres et leurs représentativité. Les tenants d’une laïcité dure, d’un certain laïcisme sont plus bruyants que les autres en faisant appel à des procédés rhétoriques démagogues. Patrick Kessel du Comité laïcité république a dernièrement tenu un discours violent en évoquant des méthodes dignes des procès de Moscou à propos de Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la laïcité. Il le taxe de communautariste alors que lui serait universaliste.

A propos de la laïcité, on ne sait plus très bien à quel saint se vouer, tant les définitions se sont multiplié ces dernières années ?

On peut clarifier cela. La laïcité est un principe juridico-politique destiné à réguler l’État de droit et les mouvements religieux et qui a pris une forme précise en France.. Ce qui est en cause dans ce débat c’est la laïcité philosophique qui devient une idéologie car seul l’État doit être laïque. Les adeptes du laïcisme défendent une laïcité «valeur» de la République qui prétend s’imposer à la société et aux personnes. Ceux qui se prétendent des laïcs purs considèrent que la laïcité est en danger. Ils ne pensent pas à la laïcité de l’État mais à l’expression de la religion dans l’espace publique et à l’islam bien entendu. Cette laïcité radicale, qui prétend s’appliquer aux personnes individuelles, est une laïcité qui tend à amoindrir nos libertés.

Cette ligne laïciste ne sépare plus la gauche socialiste de mouvement politique comme Les républicains ou le Front national. La tradition de la gauche laïque à la Jules Ferry a-t-elle disparu ?

Non et Jean Louis Bianco en est un excellent exemple. Il aurait été seul dans son camp s’il avait été démis, même si ses soutiens ne se sont peut-être pas exprimés assez forts ou n’auront pas été repris toujours par la presse. Une partie de la gauche est aux côtés de Bianco. Il a été soutenu sans réserve par les universitaires qui travaillent sur ce sujet, très loin des discours du comité Laïcité république qui flirtent avec l’instrumentalisation qui en a été faite par le FN.

Zaman

Cédric, condamné pour avoir frappé des pompiers et des policiers

les-pompiers-sont-tombes-dans-un-guet-apens_1724633_667x333

Cédric Mathieu, un Sézannais de 20 ans, était déjà bien imbibé d’alcool dans la soirée du samedi 19 mars lorsqu’il a ingurgité les quelques grammes de champignons hallucinogènes qui ont achevé sa soirée à Fère-Champenoise.

Alors qu’il participait à une soirée chez une amie, le prévenu s’éclipse quelques minutes pour aller retirer de l’argent. Après trois échecs successifs pour entrer son code, sa carte est avalée par l’automate. C’est ce moment que choisit Cédric Mathieu pour ingurgiter une partie des trois grammes de champignons hallucinogènes qu’il a achetés quelques jours plus tôt.

Les psychotropes faisant leur effet, il retourne à la soirée, où, devant son état, quelqu’un appelle les pompiers et les gendarmes pour prendre en charge le mycophile à la dérive.

À la vue des uniformes, Cédric Mathieu, s’emporte, insulte et frappe à tout va : un coup de poing pour un pompier, un coup de boule pour un gendarme. Il termine sa nuit en garde en vue.

« C’est devenu une crainte pour nous d’être appelé pour être agressé », a regretté un membre du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Marne, venu se porter partie civile à l’audience.

Pour l’ensemble de son œuvre, le tribunal de Châlons a condamné Cédric Mathieu à une peine de huit mois de prison dont quatre avec sursis. La révocation de trois précédents mois de sursis ajoute trois mois et demi de prison ferme à sa peine. Le tribunal a par ailleurs condamné Cédric Mathieu à verser 600 euros aux pompiers ainsi que 400 euros au Sdis.

L’Union

L’extrême laïcité du « Printemps républicain »

Printemps republicain extreme laicité islamophobie laurent bouvet voile intolerence

Dimanche, le lancement du « Printemps républicain », sous l’égide de Laurent Bouvet et de personnalités proches du PS, a surtout rassemblé – derrière la bannière de la « laïcité offensive » – les partisans d’une gauche autoritaire et intolérante.

Hier, 20 mars, se tenait à la Bellevilloise à Paris la première réunion du « Printemps républicain », orchestrée par Laurent Bouvet, auteur de L’insécurité culturelle. Sortir du malaise identitaire français, ouvrage dont Roger Martelli avait regretté que, loin d’éloigner la gauche du « piège identitaire », il tendait à l’y précipiter.

À l’origine, un manifeste prétendument apolitique, intitulé « Manifeste pour un Printemps républicain », publié début mars par Marianne ainsi que par Causeur, signé par des « personnalités de gauche qui veulent défendre la laïcité […] face aux attaques contre la République ». Ils entendent en faire « un lieu de débat et de pluralisme dans le cadre accepté par tous les participants du manifeste », un « mouvement du bas [qui] ne part pas des institutions mais de la société civile ». La liste des signataires donne des indications sur le « bas » dont il s’agit.

Pour la caution « de gauche », les signatures de quelques élus et figures du PS (dont les frondeurs Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, ainsi que Fleur Pellerin ou Frédérique Calendra, maire du 20e arrondissement de Paris), d’EE-LV ou encore et du PCF pouvaient faire leur effet. Il en est d’autres plus embarrassantes, comme celle d’Élisabeth Badinter, qui affirme à Marianne avoir retrouvé dans ce manifeste « l’expression politique de la troisième voie », entre « d’un côté, le racisme qui diabolise les Arabo-musulmans, et, de l’autre, le déni pratiqué par les islamo-gauchistes à l’égard de la montée en puissance de l’islamisme radical ». Si l’usage de l’expression « islamo-gauchistes » ne suffisait pas, Élisabeth Badinter juge que « Manuel Valls défend la même République que les signataires du Manifeste »

Une laïcité agressive

Que propose cette gauche républicaine et laïque ? Selon celle-ci, la France est menacée par les religions, les journalistes, les politiques, tous ceux qui, par idéologie ou par « déni », en veulent à la laïcité. Car nous aurions abandonné les valeurs nationales, à commencer par cette laïcité « remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres, ignorée de beaucoup par indifférence, elle ne semble plus défendue que par quelques-uns, dont nous sommes, bien évidemment ».

Dans ce manifeste, on peut aussi lire ceci : « L’extrême droite comme l’islamisme politique sont à la manœuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française. » On pourrait donc s’attendre à un front républicain contre deux extrémismes : le FN et l’islamisme radical. Sauf que le FN fait figure de grand absent parmi les cibles désignées, malgré tout ce qu’il y aurait à dire sur le parti d’extrême droite et la laïcité. Mais non. Il semble moins grave d’attaquer la laïcité au nom de l’héritage judéo-chrétien qu’avec une barbe et une djellaba.

Car nous arrivons au problème numéro un en France, très abordé ce dimanche par les orateurs du « Printemps » : le voile. Au passé le débat sur le voile à l’école, le voile dans les administrations, les candidates ou élues voilées, etc. Désormais, il faut bannir le voile partout, dans les places, les rues, dehors, partout. « Toute discrimination à raison de l’identité de la personne est par définition antirépublicaine et antilaïque », était-il pourtant écrit dans le manifeste, qui affirme aussi lutter contre le racisme ou l’antisémitisme. Las, le combat semble surtout porter contre le concept d’islamophobie [1].

Et, incidemment, au cours d’une soirée où se croisent Richard Malka, Gilles Kepel, Patrick Kessel, Marc Cohen, Gilles Clavreul ou Fadela Amara, on se croit revenu en janvier 2015, quand Fox News évoquait les « no go zones », endroits où la charia régnerait à Paris (le conducteur de bus qui s’exprime ci-dessous désigne cependant ses collègues, pas les passagers).

Derrière la laïcité, le Printemps républicain ne proposerait-il que rejet de l’autre, préjugés et autorité ? Ironie du sort, le jour même, le gouvernement lançait sa campagne « Tous unis contre la haine » avec ce message : « Le racisme, ça commence par des mots. Ça finit par des crachats, des coups, du sang ».

De la République à la Nation

Très vite, le discours ne porte plus tant sur la République et ses valeurs à défendre, que sur l’idée d’appartenance à un pays, une histoire, une nation.

Fleur Pellerin avait souhaité « ne pas dépassionner le débat mais le poser de manière sereine ». Raté. Nadia Remadna, de la Brigade des mères de Sevran, estime que « nos banlieues sont islamisées et arabisées ». Finalement, dans le brouhaha et l’excitation ambiante, un homme, Mehdi Ouraoui, membre du conseil national du PS, a émis sur Twitter ce propos mesuré et apaisant :

Sauf que les mots « commun » ou « ensemble », ne semblent pas faire partie de la terminologie du Printemps républicain. Un mouvement pourtant si accueillant.

Regards

Au Brésil, une photo réveille le fantôme de la fracture sociale et raciale

Fracture raciale bresil noir blanc favelas  Dilma Rousseff.manifestation

Les manifestations contre le gouvernement de Dilma Rousseff mobilisent surtout les classes moyennes et supérieures. Un cliché d’un couple de manifestants blancs aisés suivi de sa nounou noire souligne le fossé social et racial toujours en vigueur dans le pays.

La question raciale et sociale au Brésil s’est invitée dans les manifestations réclamant la chute du gouvernement de Dilma Rousseff. Une photo qui a fait le tour des réseaux sociaux au Brésil a illustré la persistance de ce fossé: celle d’un couple en route pour une manifestation anti-Dilma Rousseff, paré d’un T-shirt aux couleurs du drapeau brésilien. Et à son côté, la domestique, noire, vêtue d’un uniforme blanc, conduisant la poussette des deux bébés du couple.

Une photo parlante, partagée des millions de fois

Prise le 13 mars à Ipanema, l’un des quartiers les plus riches de Rio de Janeiro, par le photographe du Correio Braziliense Joao Valadares, la photo a été partagée des milliers de fois sur Facebook et a donné lieu à de nombreux détournements. Beaucoup y ont vu la perpétuation de clichés historiques témoignant de la discrimination raciale et sociale toujours en vigueur au Brésil, pays qui a été le dernier du continent à mettre fin à l’esclavage, en 1888.

Le père de famille photographié s’est défendu sur sa page Facebook en expliquant qu’il gagnait honnêtement sa vie et que sa nounou était payée au-dessus de la moyenne. Interrogée par le journal O Globo la nounou s’est de son côté dite heureuse de son travail, partisane de l’opposition et embarrassée d’avoir été utilisée comme icône de la ségrégation sociale.

Pour autant, « la photo de la nounou en uniforme blanc promenant des bébés blancs est typique des quartiers aisés de Rio ou de Sao Paulo », relève la correspondante du site portugais Publico. Si le cliché d’Ipanema a tant ému, assure l’historienne Maria Helena Machado à Publico, c’est qu’il met en avant un type de représentation hiérarchique datant de l’époque de l’esclavage illustrée par la différence vestimentaire de la domestique noire et sa façon de marcher derrière le couple blanc.

Les classes moyennes supérieures largement représentées dans les manifestations

Cette image met en évidence la composition sociale des défilés qui exigent la démission de la présidente: dans le plus grand rassemblement anti-Rousseff, à Sao Paulo, le 13 mars, la moitié des manifestants ont déclaré gagner cinq à 20 fois le salaire minimum; 77% d’entre eux s’identifiaient comme blancs et 77% avaient des diplômes universitaires, selon l’institut de sondages Datafolha.

Or, la moitié de la population brésilienne est noire ou métisse, et « la proportion de Brésiliens ayant eu accès à l’éducation supérieure est très faible », souligne pour L’Express Walter Nique Franz, doctorant à l’université Paris I.

Longtemps l’un des pays les plus inégalitaires au monde, le Brésil a vu 40 millions de citoyens sortir de l’extrême pauvreté, en 13 ans de pouvoir du parti de Lula et de Dilma Roussef, grâce à des programmes sociaux, mais aussi à un cycle économique favorable. Mais le fossé racial et social persiste: en 2012, selon la BBC, le revenu moyen d’un travailleur blanc dans six grandes villes du Brésil était de 2237 reais par mois mais de 1255 reais pour une personne d’origine africaine.

Les trois quarts des 10% plus pauvres de la population brésilienne sont des Noirs. Enfin, rappelle Walter Nique Franz, « seuls un dixième des candidats aux législatives de 2014 étaient noirs et moins de 5% ont été élus ». La politique de discrimination positive à l’université mise en place par le gouvernement a toutefois nettement fait progresser la part des noirs et métis à l’université.

Manifestation en soutien à Lula et Rousseff sur l'avenue Paulista à Sao Paulo, le 18 mars 2016.

Manifestation en soutien à Lula et Rousseff sur l’avenue Paulista à Sao Paulo, le 18 mars 2016.

Reuters/Paulo Whitaker

L’Express

Sur 15 terroristes djihadistes ayant frappé la France, seuls 2 étaient binationaux et sont morts

Mohamed Merah Abdelhamid Abaaoud attentat juif 13 novembre terroristes bataclan militaires

Sur 15 terroristes djihadistes ayant frappé la France, seuls 2 étaient binationaux et sont morts, il s’agit de Mohamed Merah et d’Abdelhamid Abaaoud

Ceux qui ont commis ou fomenté des attaques terroristes sont de jeunes trentenaires. Dans leur grande majorité, ces hommes sont Français et nés en France, de parents immigrés. Certains ont eu un contexte familial instable ou compliqué : orphelins, les frères Kouachi ont par exemple été élevés dans un foyer de Corrèze. D’autres ont grandi dans des familles sans histoire. Tous ou presque semblent avoir eu une scolarité difficile, ou en tout cas courte, et des emplois peu qualifiés, quand ils en ont eu.

Ceux qui résidaient en France avaient la plupart du temps, à un moment donné, fait l’objet d’une fiche S (« sûreté de l’Etat »), mais pas forcément en raison de leur radicalisation. Les noms de plusieurs de ces individus figuraient sur des mandats d’arrêt internationaux ou sur les bases de données partagées par les polices de l’espace Schengen.

Si quelques-uns étaient connus pour leurs liens avec des mouvances salafistes et leur pratique rigoriste de l’islam, à l’instar de Yassin Salhi – l’auteur présumé de la décapitation de son employeur et d’une tentative d’attaque kamikaze contre une entreprise de l’Isère le 26 juin –, d’autres semblent s’être radicalisés récemment.

Pour nombre d’entre eux, un voyage à l’étranger, et notamment en Syrie, paraît avoir constitué un moment clé de ce processus. La moitié d’entre eux se sont, de façon certaine, rendus en Syrie ces dernières années. D’autres avaient passé du temps au Yémen, en Afghanistan ou au Pakistan.

Le Monde

Le nombre d’homicides a atteint un record au Brésil, le plus grand pays catholique au monde

dt.common.streams.StreamServer.cls

Le nombre d’homicides au Brésil a atteint le chiffre record de 59 627 en 2014, soit 163 par jour, ce qui en fait le pays le plus violent au monde en chiffres absolus, selon l’Atlas de la Violence 2016.

Le nombre d’homicides est en hausse de 3,8% par rapport à l’année précédente, et augmente de manière soutenue depuis dix ans, selon ce rapport élaboré par le Centre brésilien de sécurité publique, une ONG, en collaboration avec l’Institut de recherches économiques IPEA.

«C’est le chiffre le plus élevé jamais enregistré dans l’histoire du Brésil ce qui en fait le pays avec le plus grand nombre d’homicides au monde», a déclaré à l’AFP Renato Sergio de Lima, vice-président de l’ONG et l’un des chercheurs qui a dirigé l’étude.

En se basant sur les statistiques de l’Office de Nations unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), l’Atlas aboutit à la conclusion que le Brésil a le plus grand nombre d’homicides de la planète, même si le taux n’est «que» de 29,1 pour 100 000, car sa population dépasse les 200 millions d’habitants.

Ce taux place le Brésil derrière des pays comme le Venezuela ou le Honduras, mais très au-dessus des 10 homicides pour 100 000 habitants, considéré par l’Onu comme le seuil de violence endémique.

Journal de Montréal

Un CRS poursuivi pour violence contre des migrants

000_par8202476

Un fonctionnaire de police va comparaître devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer pour des actes de violence à l’encontre de migrants le long de l’autoroute…

Il est soupçonné d’avoir frappé des migrants sur le bord d’une autoroute. Un CRS devra comparaître d’ici quelques semaines devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer pour ces faits datant de mai 2015, a annoncé, jeudi, le procureur de la République, selon La Voix du Nord.

Coups de pied et gaz lacrymo

C’est une vidéo qui avait immortalisé la scène. On y voit un CRS, identifié depuis, faire sortir à coups de pied des migrants d’un camion inspecté avant de le jeter contre la barrière de sécurité et de les gazer. Après la diffusion des images sur internet par des militants de l’association Calais migrants solidarity, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été saisie de l’enquête.

Défendu par le syndicat Alliance

« Je ne suis pas là pour accabler les policiers, mais je ne suis pas là non plus pour les exonérer. De la même façon, j’engage des poursuites contre des No Border ou des migrants lorsqu’on me prouve qu’ils sont auteurs d’infractions, et qu’on les identifie », a souligné le procureur, Jean-Pierre Valensi, au quotidien régional. Le procureur a reçu, mardi, les représentants du syndicat Alliance qui défend ce fonctionnaire de police.

20 Minutes

Victime d’un accident de voiture, un responsable d’extrême droite secouru par 2 migrants

Stefan Jagsch NPD accident voiture migrants refugiés syriens nazi extreme droite

Un responsable du parti néo-nazi allemand NPD, victime d’un accident de voiture, a été secouru par deux réfugiés syriens qui sont toutefois partis avant l’arrivée des pompiers

Le véhicule de Stefan Jagsch, tête de liste du NPD lors de récentes élections municipales à Altenstadt (ouest), est entré en collision frontale avec un arbre juste après quitté la route mercredi dernier, rapporte le quotidien Frankfurter Rundschau en citant un pompier.

Grièvement blessé, il a été dégagé de la carcasse du véhicule et s’est vu prodiguer les premiers soins par deux réfugiés syriens qui circulaient alors par hasard dans deux autocars, a également indiqué un porte-parole des pompiers volontaires de Büdingen, cité par l’agence allemande Dpa.

Le Parti national-démocratique (NPD) est une formation raciste, antisémite et révisionniste qui fait actuellement l’objet d’une procédure d’interdiction en cours d’examen par la justice allemande. Insignifiant au niveau national, le NPD a obtenu ses plus gros scores électoraux dans certaines régions d’ex-RDA.

En janvier, Stefan Jagsch, 29 ans, avait participé à un rassemblement dans sa région au cours duquel les plus d’un million de réfugiés arrivés l’an dernier en Allemagne avaient notamment été qualifiés de « primates hors-la-loi », selon la Frankfurter Rundschau.

La visite de Marine Le Pen au Canada vire au fiasco

marine-le-pen-a-laval-le-4-novembre-2015_5459094

Poursuivie par des groupes militants hostiles, boycottée par la classe politique canadienne, Marine Le Pen n’a pas pu visiter d’entreprises. Même l’une de ses réservations hôtelières a été annulée devant la pression.

Ce devait être une escapade outre-Atlantique loin des médias. Soucieuse de se tenir loin des médias français, auxquels elle impute une partie de ses difficultés d’image auprès de la presse étrangère, Marine Le Pen ne s’est pas pour autant trouvée bien accueillie au Canada, où elle a prévu de passer six jours pour soigner sa stature internationale.

Boudée par les responsables locaux qui n’ont pas souhaité la rencontrer, la présidente du FN s’est attiré les foudres de l’opinion canadienne en attaquant la politique du gouvernement d’Ottawa dans la crise des migrants. Pire: talonnée par des groupes militants hostiles à l’extrême droite, Marine Le Pen a vu ses réservations hôtelières annulées d’office à Québec.

Dès l’arrivée de la fille de Jean Marie Le Pen vendredi, un groupe de militants antifascistes et de gauche radicale avaient préparé un comité d’accueil. Une ambiance tendue qui, semble-t-il, donne le ton de l’ensemble de ce séjour mouvementé.

Selon plusieurs médias canadiens, aucun représentant politique n’a accepté de s’entretenir avec la candidate à la présidentielle ce week-end, malgré le programme annoncé par le FN. «Elle aurait bien aimé discuter d’immigration avec les politiciens québécois. Or, la majorité d’entre eux refuse de la rencontrer», écrivait samedi Radio Canada. Même fin de non-recevoir exprimée par le cabinet du premier ministre Couillard. Le parti de centre droit Coalition Avenir Québec a lui aussi été approché, mais a décliné l’invitation.

Même lorsque quelques militants souverainistes du Parti québécois ont souhaité tourner quelques images en compagnie de la présidente du FN, le président de leur parti s’est rapidement désolidarisé. Tout au long de son voyage, Marine Le Pen à multiplié les critiques à l’encontre de la classe politique canadienne.

Pour couronner le tout, Marine Le Pen n’a pas pu visiter d’entreprises, comme elle l’avait initialement prévu. Selon l’eurodéputée, le gouvernement Trudeau aurait fait annuler toutes ses visites d’entreprises, dont une chez Bombardier. Elle devait participer à ces rencontres en tant que membre de la délégation du commerce international du Parlement européen.

Le Figaro

L’identitaire Willy Destierdt condamné pour l’organisation d’une manifestation violente

Willy Destierdt arrestation calais général Piquemal pediga islam

L’organisateur proche de l’extrême droite d’une manifestation interdite en février dernier à Calais, a été condamné, lundi, à trois mois de prison avec sursis.

Agé de 59 ans, Willy Destierdt, ancien de la Légion étrangère (1977-1980), a été «condamné à trois mois de prison avec sursis avec une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de travail et d’accomplir un stage de citoyenneté», a précisé le parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Willy Destierdt, qui vit en Ardèche, n’était pas présent à son procès. Il a également l’interdiction de se rendre dans le Nord et le Pas-de-Calais pendant deux années. Le procureur avait requis 50 jours amende à dix euros.

Willy Destierdt, qui avait déjà été condamné à six reprises (port d’arme, dégradation de biens, provocation à la haine ou encore violence avec menace), était poursuivi, cette fois, pour «participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser» et «organisation d’une manifestation interdite sur la voie publique».

Le 20 février, il avait été interpellé avec trois autres manifestants réputés d’extrême droite pour avoir bravé une interdiction préfectorale de se rassembler pour «la défense des Calaisiens» dans la cité portuaire bordée par la «Jungle», un bidonville où vivent plusieurs milliers de migrants.

Les organisateurs entendaient notamment exprimer leur soutien au général Piquemal, interpellé lors d’une manifestation également interdite organisée, le 6 février, par le mouvement islamophobe Pegida. 

Le Parisien

« Putain de Français » des proches du FN mis en cause dans une vidéo choc

Mediapart s’est procuré neuf vidéos où l’on voit le chef du GUD à Paris, Logan Djian, agresser et violenter l’un des anciens responsables de ce groupuscule extrémiste. Mis en examen pour « violences aggravées », Logan Djian a vu sa détention provisoire levée contre une caution de 25 000 euros.

Des enquêteurs s’interrogent sur l’origine de cette somme, qui pourrait être liée à une société créée par Axel Loustau, trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, conseiller régional FN et responsable du FN dans les Hauts-de-Seine.

 

La suspension de Samuel Mayol, auteur d’une manipulation islamophobe prolongée

Samuel Mayol islmophobe tapis priere univercité laicité manipulation IUT de Saint-Denis

C’est un nouvel épisode dans la crise qui secoue depuis plus de deux ans l’institut universitaire de technologie (IUT) de Saint-Denis. Jean-Loup Salzmann, le président de l’université Paris-XIII-Villetaneuse, a reconduit la suspension de Samuel Mayol, qui dirige l’établissement depuis 2012 : il est interdit d’accès au campus jusqu’au 12 novembre « ou jusqu’à la fin des poursuites disciplinaires » engagées contre lui.

La direction de l’université l’accuse notamment d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association musulmane pour démontrer l’existence de dérives communautaires.

Jean-Loup Salzmann fait valoir que « l’éloignement et la suspension » de M. Mayol sont de nature « à favoriser la manifestation de la vérité ainsi que le bon déroulement d’investigations et de procédures en cours et à venir ». Dans un prérapport sur la crise qui secoue l’IUT, dont la version définitive est attendue mi-avril, les inspecteurs de l’éducation nationale épinglent la gouvernance de M. Mayol, sans exonérer la présidence de ses responsabilités. Les inspecteurs constatent aussi que, depuis sa suspension, la situation s’est nettement apaisée, au grand « soulagement » de personnels dont certains s’estimaient pris en otages dans un conflit qui les dépassait.

Cette décision survient alors que M. Mayol, dont l’action en faveur de la laïcité avait été saluée en novembre par le premier ministre, Manuel Valls, est invité dimanche 27 mars à s’exprimer aux côtés d’autres promoteurs d’une laïcité offensive, réunis dans l’appel du Printemps républicain. Il doit intervenir sur le thème : « Le travail aux prises avec le fait religieux ». M. Salzmann, dont le second mandat s’achevait le 14 novembre, a par ailleurs été prolongé dans ses fonctions jusqu’à l’élection de son successeur.

Le Monde

La présence du maire d’Hayange à l’anniversaire d’un acteur porno gay fait polémique

CeEiSmoXIAEKjPN

La présence de Fabien Engelmann, maire FN d’Hayange en Moselle, à l’anniversaire d’un acteur porno gay amateur dans un établissement de nuit de Metz vendredi 11 mars n’est pas vraiment passée inaperçue. Dans un communiqué, l’association Couleurs Gaies, s’interroge sur la présence de l’élu frontiste à une soirée organisée dans une boîte gay messine.

Le maire FN d’Hayange, interrogé par LORACTU.fr, s’est indigné de l’exploitation de «photos privées et volées». «J’ai simplement été boire un verre avec des élus Front national après une réunion à Metz. Ce n’est d’ailleurs pas à l’Endroit mais à l’Appart que nous avons partagé un verre. Cet établissement n’est pas un bar homosexuel mais mixte qui diffuse de la musique électro et ouvert à tous» se justifie Fabien Engelmann. «Je suis contre l’homophobie mais aussi contre le mariage homosexuel qui donne le droit à l’adoption, ce n’est pas incompatible» poursuit-il.

Assurant «ne pas fêter l’anniversaire de ce jeune homme», l’élu Front national précise avoir «accepté de prendre une photo avec lui car c’est un sympathisant de la Manif pour Tous qui s’oppose au mariage gay». «Je suis un homme libre ! Je vais boire un verre où je veux et je prends des photos avec qui je veux» s’indigne M. Engelmann, attaquant l’association Couleurs Gaies qu’il qualifie de «lobby d’extrême gauche qui dessert la cause des homosexuels».

Une plainte envisagée par le maire FN

Une plainte pour atteinte à la vie privée est envisagée contre l’association, assure le maire qui ne comprend pas «comment on peut exploiter de simple selfies à des fins politiques et de publicité».

Les relations entre le maire FN d’Hayange et l’association Couleurs Gaies sont tendues depuis la victoire du parti à Hayange. Régulièrement attaqué sur son double langage sur l’homosexualité par l’association, le maire frontiste réplique que la structure est un «parti politique d’extrême gauche».

baf095ac57bd9a0091a605404d82186ff21817fa

LorActu