37 faits à caractère islamophobe en Corse en 2015

Dégradations par un moyen dangereux pour les personnes ou acte xénophobe ?
La question se pose au moment où la justice se trouve obligée de qualifier le tout-venant des infractions. Entre la réalité des cadavres dépecés de sangliers déposés nuitamment à des endroits stratégiques par de courageux anonymes et l’article du code pénal, il y a parfois un espace qui oblige les magistrats à jeter un voile pudique par vocabulaire interposé.
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« Dans les faits, l’acte raciste n’est pas toujours aisé à caractériser », confiait récemment un parquetier ajaccien.
Bon nombre de « faits divers » se retrouvent ainsi privés de la circonstance aggravante qui pourrait leur être accolée. En l’occurrence, le mitraillage de deux commerces appartenants à des Marocains installés à Propriano ne rentre pas dans ce cas de figure, l’enquête en étant à ses prémisses. « Les pistes de la tentative d’extorsion et du différend commercial sont explorées », tempère d’ailleurs le parquet d’Ajaccio.
Pour autant, les statistiques recueillies par les forces de l’ordre et compilées par les autorités préfectorales échappent, elles, à cette dichotomie judiciaire.
Les chiffres donnent ainsi un aperçu des actes à caractère raciste enregistrés sur le territoire insulaire. En 2014, dans toute la Corse, on dénombrait ainsi 19 faits rangés dans la case « à caractère islamophobe », dont 10 inscriptions. En 2015, le décompte relevait 37 faits, dont 22 inscriptions.
 

À Propriano, la gendarmerie a constaté l’an dernier trois vagues de faits l’an dernier. En début d’année, la communauté musulmane avait dénoncé l’agression de trois femmes à qui l’on avait arraché leurs voiles. Les victimes n’ont jamais déposé plainte. En avril, les murs d’une salle de prière avaient été souillés d’inscriptions « Arabi Fora, Droga Fora ». Rebelote au mois de novembre, avec des slogans similaires. Pour autant, la Corse n’a pas la palme de la recrudescence des actes à caractère islamophobe. En janvier, le ministre de l’Intérieur rappelait que les actes antimusulmans avaient triplé au niveau national entre 2014 et 2015.

Corse Matin

Islamophobie : Du porc envoyé au Conseil français du culte musulman

L’instance représentative de l’islam est régulièrement victime d’actes islamophobes. Le nombre de menaces et d’insultes ont plus que tripler sur l’année 2015.

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Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a reçu ces derniers jours plusieurs lettres d’insultes, dont une contenant une tranche de porc, une première, a indiqué mercredi le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie au CFCM.

« Après les mosquées, c’est le CFCM qui est touché », a déploré, désabusé, le président de l’observatoire, Abdallah Zekri, après une année 2015 qui a vu les actes antimusulmans plus que tripler, passant de 133 en 2014 à 429 l’an dernier.

Une tranche de porc dans la lettre

Trois lettres anonymes d’insultes ont été envoyées au siège du CFCM dans le XVe arrondissement de Paris, dont une contenant une tranche de porc, entre le 28 janvier et le 1er février, selon Abdallah Zekri.

Deux courriers injurieux étaient nommément adressés au président du CFCM, Anouar Kbibech et à Abdallah Zekri, qui en a reçu un autre à son domicile, a précisé ce dernier.

Ouest France

« islam hors de France » : la mosquée de Saint-Omer taguée

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Les pratiquants musulmans qui se sont rendus à leur mosquée, rue de l’Abbaye, près des ruines de Saint-Bertin à Saint-Omer, ont eu une drôle de surprise, samedi 23 janvier. Pour les accueillir, un message peint sur la grande porte du bâtiment, indiquant : « islam hors de France ».

Les musulmans de la rue de l’Abbaye n’avaient pas encore déposé plainte, se laissant le temps de la réflexion. Mais devraient finalement s’engager dans une action dans ce sens.

Le parquet a bien sûr eu connaissance des faits. Le procureur de la République rappelle simplement que pour le moment, « une enquête a été confiée au commissariat de Saint-Omer. Mais des dégradations de cette nature sur un lieu de culte constituent une circonstance aggravante à l’infraction ».

La Voix Du Nord

Il prie à l’hôpital et se fait interdire l’entrée : instant de vie d’un musulman ordinaire

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L’histoire de Momo Roots

Momo Roots est originaire du Maroc. Musulman pratiquant, il mène une honnête carrière artistique en France depuis de nombreuses années sous l’égide d’un style musical métissé qu’il définit comme du Reggae Gnawa. De nombreux concerts en France mais aussi à l’étranger. Des textes appelant à la paix et au respect de l’Autre.

Des actes forts comme la défense active de la synagogue de Montfermeil, en 2005, au plus fort des événements des banlieues. Un premier album puis un second qui devait paraître fin 2014. Mais voilà, sa maman, âgée de 74 ans, fait en octobre de cette année-là une rupture d’anévrisme.

Dans le coma, elle est prise en charge au centre hospitalier Sainte-Anne. Depuis le premier jour, Momo Roots force mon admiration. Il ne quitte jamais sa mère.

Prières, psalmodie et rétablissement

Assez vite, il a le sentiment que la psalmodie du Coran à mi-voix qu’il dispense à sa maman la soulage. À l’issue de deux mois de coma, elle reprend connaissance. Un lent retour à la vie s’opère. La main de son fils posée sur elle la réconforte. Momo Roots est toujours auprès de sa mère, premier témoin de chacun de ses infimes progrès.

Aujourd’hui, elle reconnaît les siens et arrive à parler, un peu. À tort ou à raison, Momo Roots est toujours persuadé que ses prières et sa psalmodie contribuent directement à son rétablissement. Mais cette pratique n’est définitivement pas du goût de tout le monde dans le service.

Quelques jours avant Noël 2015, la sanction tombe : il n’est plus le bienvenu dans l’établissement. Ses visites sont limitées à deux heures par jour. Un martyr pour celui qui accompagne au plus près sa maman depuis près de quinze mois.

Le Plus

Tags et vitrine brisée : une boucherie halal à nouveau vandalisée

La boucherie halal est visée pour la deuxième fois en un an. Son gérant souhaite l’installation d’une caméra de surveillance.

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Cela ne fait pas encore un an que la façade de la boucherie halal de Gigean a été la cible d’un ou plusieurs vandales. Et voilà qu’une deuxième agression a été perpétrée contre le même commerce et selon un mode similaire : jets nocturnes d’une peinture professionnelle très résistante aux solvants, et vitrine brisée.

 Sauf que cette fois-ci, le ou les responsables de ce nouvel acte ont inscrit à la peinture noire, sur le mur de l’enseigne, des mots insultants. Faisant du coup monter d’un cran la dimension du vandalisme.

Le nombre d’actes antimusulmans a triplé en 2015

Les actes antimusulmans « ont triplé » en 2015 et les actes antisémites sont restés « à un niveau élevé », a annoncé le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, dans une interview au quotidien La Croix, parue mercredi 20 janvier.

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M. Cazeneuve fait état d’une « diminution de 5 % des actes antisémites, qui restent cependant à un niveau élevé, avec 806 actes constatés ». Le nombre d’actes antimusulmans, lui, s’établit à « environ 400 ». Un chiffre record depuis 2011, date de création de l’Observatoire national contre l’islamophobie, instance du Conseil français du culte musulman (CFCM), selon son président, Abdallah Zekri. L’année 2014 s’était soldée par 133 actes antimusulmans, selon le décompte dressé sur la base des plaintes et des mains courantes.

Depuis 2005, les violences et menaces antisémites n’ont dépassé qu’à deux reprises le seuil des 800 actes, en 2009 et 2014, à chaque fois en écho à un durcissement du conflit israélo-palestinien. En 2015, plus de la moitié des actes antimusulmans ont été enregistrés au premier trimestre, dans le sillage des attentats du mois de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

Les lieux de culte et cimetières chrétiens, qui sont en France les plus nombreux et se comptent par dizaines de milliers, « ne sont pas épargnés avec 810 atteintes, en hausse de 20 % », selon le ministre. « En tant que ministre des cultes, je ne peux accepter de tels actes. Ils doivent être sévèrement punis », ajoute M. Cazeneuve. Depuis le début de 2015, affirme encore le ministre, « 40 mesures d’expulsion à l’égard de prêcheurs de haine ou de pseudo-imams autoproclamés » ont été décidées. Le détail des chiffres doit être communiqué mercredi par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra), Gilles Clavreul.

Le Monde

Raphaël Liogier « L’islamophobie est soutenue par l’Etat »

Après les critiques de Manuel Valls lundi contre l’Observatoire de la laïcité, Raphaël Liogier, sociologue et spécialiste du fait religieux, a sévèrement critiqué le Premier ministre mardi sur France Info. 

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Après les critiques de Manuel Valls lundi contre l’Observatoire de la laïcité, Raphaël Liogier, sociologue et spécialiste du fait religieux, a sévèrement critiqué le Premier ministre mardi sur France Info. Pour lui, le message que Manuel Valls est en train d’envoyer c’est « on n’a pas le droit de dire qu’on est antisémite par contre, on peut légitimement dire qu’on est islamophobe.« 

 Manuel Valls a rappelé, lundi, à l’Observatoire de la laïcité qu’il ne pouvait pas « dénaturer la réalité de cette laïcité ».  La critique visait Jean-Louis Bianco son président, mais aussi son bras-droit Nicolas Cadène, rapporteur général de l’observatoire, qui avait regretté dans un tweet la déclaration d’Elisabeth Badinter le 6 janvier sur France Inter, « Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe« .

 

Raphaël Liogier a ajouté que lorsque le Premier ministre s’exprime, « cela veut  dire que l’islamophobie est soutenue par l’Etat, soutenue par l’appareil de l’Etat : vous vous rendez compte de la gravité de la chose pour les gens qui sont musulmans et qui ont aussi peur du terrorisme ? (…) Je trouve que c’est irresponsable !  »

France Info

Les propos d’Elisabeth Badinter sur l’Islamophobie déchirent l’Observatoire de la Laïcité

A la suite de l’entretien donné par Elisabeth Badinter le 6 janvier dernier sur France Inter, le rapporteur général de l’Observatoire de la Laïcité, Nicolas Cadène, avait vertement critiqué sur Twitter les propos de la philosophe. La réaction ne s’est pas fait attendre. Trois personnalités, dont le député Jean Glavany, ont annoncé suspendre leur participation au travaux de l’Observatoire. Des tensions qui ne datent pas d’hier.

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Ambiance de scission au sein de l’Observatoire de la Laïcité. Le député socialiste Jean Glavany, Patrick Kessel, président du comité Laïcité République et ancien Grand Maître du Grand Orient de France, et Françoise Laborde, sénatrice (PRG) de Haute Garonne, ont annoncé dans un communiqué leur intention de suspendre leur participation aux travaux de l’institiution dirigée par Jean-Louis Bianco. En cause, ce tweet en date du 6 janvier de Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire, qui s’en prenait à la philosophe Elisabeth Badinter.

L’attaque du rapporteur général visait les propos tenues par la philosophe sur les ondes de France Inter le matin même. Elle en appelait à ne plus céder au politiquement correcte dans la défense de la laïcité : « On ferme le bec de toute discussion sur l’islam en particulier ou d’autres religions avec la condamnation absolue que personne ne supporte : ‘Vous êtes raciste ou vous êtes islamophobe, taisez-vous !’ Et c’est cela que les gens ne supportent plus : la peur, pour des gens de bonne foi, qu’on puisse penser que vous êtes raciste ou anti-musulman fait que vous vous taisez. C’est la meilleure arme qu’on pouvait trouver à l’égard des gens de bonne foi. »

Elisabeth Badinter : « Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe »

Une sortie du rapporteur que n’ont pas franchement goûtée Jean Glavany, Patrick Kessel et Françoise Laborde. Dans ce communiqué publié le 11 janvier, ils dénoncent « la réaction du Rapporteur Général (…) dérisoire, risible et innaceptable ». Et d’ajouter : « Un petit Monsieur qui s’attaque à une grande dame, c’est dérisoire et risible ». Avant d’annoncer leur décision de « suspendre [leur] participation aux travaux de l’Observatoire de la Laïcité tant que le rapporteur général ne se sera pas excusé ou qu’il n’aura pas été désavoué ».

Jean-Louis Bianco de son côté, a réagi en dénonçant un « communiqué mensonger, dérisoire, risible et innaceptable » de la part du trio. Quant à Nicolas Cadène, il a déploré « une sorte de chasse à l’homme organisée par des gens qui osent se dire « laïques » et des identitaires du FN. La Laïcité, c’est le respect mutuel ».

Marianne

«Salam, je viens en paix»… Une manifestante musulmane expulsée d’un meeting de Donald Trump

Une femme musulmane a été priée de quitter un meeting de Donald Trump après s’être levée pour protester en silence contre le candidat à la Maison Blanche, son vêtement portant en grandes lettres les inscriptions: «Salam, je viens en paix».

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Les images télévisées du meeting, qui avait lieu vendredi à Rock Hill en Caroline du Sud (sud-est), montrent une femme escortée dans le calme vers la sortie par un policier, tandis que des partisans du candidat aux primaires républicaines agitent des pancartes et crient dans sa direction, avec véhémence pour certains.

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«C’est très vite devenu méchant, c’est effrayant», a ensuite dit à CNN la manifestante, Rose Hamid, une hôtesse de l’air de 56 ans, qui porte le hijab et avait accroché à son vêtement une étoile jaune marquée «musulmane». Elle était assise dans les gradins situés derrière le podium du candidat.

L’action silencieuse de Rose Hamid est une réponse au discours anti-musulmans de Donald Trump, qui a proposé de fermer les frontières aux musulmans après les attentats de Paris (130 morts) et de San Bernardino (14 morts), commis par des jihadistes.

«La haine contre nous est incroyable», a dit Donald Trump après l’expulsion de la manifestante. «C’est leur haine, pas notre haine».

20 Minutes

Islamophobie: « En France, critiquer les musulmans est devenu le sport national »

Il y a un an, la France connaissait une explosion des actes islamophobes après les attentats de janvier. Depuis, la communauté musulmane de France s’inquiète. Entretien avec Marwan Mohammed, sociologue, chargé de recherche au CNRS, à l’occasion de la journée portes ouvertes organisées dans les mosquées ce week-end, à l’appel du Conseil français du culte musulman (CFCM).

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Comment mesure-t-on l’islamophobie en France

Pour évaluer les perceptions de l’islam en France, nous avons deux grands repères: les enquêtes d’opinion commandées et analysées chaque année par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), et l’observation du traitement de l’islam et de la présence musulmane dans les médias. Sur le premier point, même si ces enquêtes ont leurs limites, elles pointent un mouvement durable de dégradation de l’image des musulmans, y compris à travers des opinions négatives sur des actes rituels (comme la pratique du ramadan) qui ne provoquaient pas autant de rejet il y a encore une dizaine d’années.

Quel impact ont les médias sur la question? 

 La construction médiatique d’un « problème musulman » va en s’intensifiant, notamment depuis la séquence politique sur l’identité nationale. Dans le même temps, et assez paradoxalement, de plus en plus de journalistes semblent mieux maîtriser ce sujet et sont susceptibles de produire une information de qualité. Ils ne pèsent toutefois pas bien lourd au regard du règne d’un certain simplisme, de la banalisation d’une série de préjugés sur l’islam et les musulmans, notamment dans des émissions à forte audience.

Sauf rares exceptions, la qualité du traitement de l’islam semble inversement proportionnelle à l’audience. Ce n’est pas non plus un hasard si Eric ZemmourAlain Finkielkraut et Michel Houellebecq ont vendu presque un million d’ouvrages à eux trois. Et cette tendance, plutôt négative, ne peut être réduite à la succession de tueries commises au nom de l’islam, depuis Mohamed Merah jusqu’à celles de novembre dernier. Elle est plus ancienne et profonde.

Justement, quel a été l’impact des attentats de janvier

Il est trop tôt pour mesurer sérieusement un impact durable des attentats de janvier selon moi, même si un sondage d’opinion réalisé il y a quelques mois affirme que la défiance vis-à-vis de l’islam a reculé depuis deux ans. Attendons au moins la parution du prochain rapport au mois de mars 2016 pour se faire une première idée.

La situation est-elle différente en ce qui concerne les attentats du 13 novembre

Ce qui change entre janvier et novembre -outre l’ampleur des attentats et la nature des cibles– c’est la réaction politique. En janvier, l’exécutif avait préféré répondre par un discours rassembleur qui se voulait inclusif, même si tout n’a pas été sans ambiguïté et que cette rhétorique unanimiste s’est accompagnée d’une répression des actes et paroles s’écartant du mot d’ordre dominant.

En novembre, le gouvernement, le chef de l’Etat et la plupart des parlementaires ont privilégié un discours belliciste. Comme tout discours guerrier, cela polarise et implique une désignation de l’ennemi. Cette désignation peut-être explicite en pointant « l’islamisme radical » ou « Daech ». Elle a également été implicite par le déploiement de l’état d’urgence à travers des milliers de perquisitions administratives qui ont essentiellement visé des institutions ou des citoyens de confession musulmane. Des milliers de perquisitions, dans des milliers de quartiers, cela touche, au regard de la densité de population, des centaines de milliers de personnes qui connaissent directement ou indirectement les perquisitionnés.

Dans une interview accordée à l’Express, le président du CCIF parle de « traumatisme » de la communauté musulmane, tant à cause des attentats que de l’augmentation de l’islamophobie…

Lorsque vous interrogez les citoyens de confession musulmane, ils pointent trois peurs, parfois quatre: la peur des attentats, celle des représailles islamophobes qu’elles soient violentes et explicites ou bien plus discrètes, peu détectables, la peur de l’avenir ainsi que, pour certains parents, la peur que leurs enfants soient la cible du discours « djihadiste ». Ce n’est pas la sérénité qui domine.

Etant donné les récents événements en Corse, pensez-vous que la parole islamophobe s’est libérée au cours de l’année 2015? 

Contrairement à ce que certains racontent, il n’est pas impossible de critiquer l’islam et les musulmans. C’est devenu un « sport national » auquel s’adonnent beaucoup de professionnels de la parole publique ou de simples citoyens. C’est même l’un des rares sujets où l’ignorance n’empêche pas l’expertise et où les médias dominants s’autorisent à consacrer comme représentants les individus les moins légitimes, s’ils ne sont pas tout simplement détestés.

Ce qui s’est passé à Ajaccio est différent: des civils bien structurés par des militants ont entrepris d’appliquer une sorte de punition collective aux habitants d’un quartier populaire où des pompiers et des policiers ont été blessés. Le fait de cibler les musulmans et de proférer, face caméra et en présence de policiers, des menaces de mort et des insultes racistes, est un événement rare qui devrait inquiéter. Un drame peut vite arriver, avec des conséquences imprévisibles.

Face à cette évolution de l’islamophobie, comment lutter? 

Au regard de sa profondeur sociale et de son évolution, l’islamophobie n’exprime pas une crise temporaire. Elle révèle une remise en question de la légitimité politique, et même présentielle des musulmans sur notre territoire. L’islamophobie reflète également un refus de l’égalité, sans parler du mépris de classe qui la nourrit. Ce phénomène pose donc des questions de fond auxquelles nos élites politiques, médiatiques ou administratives doivent répondre. Il sera à terme difficile de projeter symboliquement ou politiquement un « nous » qui n’est pas totalement assumé, défendu et affirmé sincèrement.

Marwan Mohammed est sociologue, chargé de recherche au CNRS et co-auteur (avec Abdellali Hajjat) de Islamophobie: la construction d’un racisme légitime (aux éditions La découverte). 

L’Express

Une croix gammée et des restes de sanglier sur la mosquée de Perpignan

Dans l’enceinte de la mosquée de Perpignan, les quatre pattes et la tête d’un sanglier ont été balancés depuis l’extérieur. Le mot « Dehors » a été tagué sur un mur.

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« On a affaire à des idiots », a estimé le directeur départemental de la police Yannick Janas, en précisant qu’« une enquête a été ouverte ».

C’est en allant ouvrir à 9h30 la grande mosquée que le gardien a découvert sur les murs des tags avec « Dehors », « une croix gammée » et d’autres inscriptions que les services de nettoyage se sont empressés de nettoyer, a indiqué M. Janas.

Dans l’enceinte de la mosquée, les quatre pattes et la tête d’un sanglier ont été balancés de l’extérieur.

Vosges Matin

Un musulman injurié et roué de coups alors qu’il récoltait des fonds pour une association

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Un chauffeur de taxi musulman a raconté comment il « pensait qu’il allait mourir » après avoir Subi des injures racistes et des vols en recueillant des fonds pour une association dans le sud de Londres. 

Muj Hussain, 31 ans, était allé collecter des fonds au pub Horseshoe à Thornton Heath le 24 Décembre, quand il a été attaqué.

M. Hussain marchait vers sa voiture à environ 22h30 quand quelqu’un aurait crié «f ****** Paki », avant d’être frappé à la tête et dépouillé des dons qu’il venait de récolter.

« Il m’a certainement ciblé parce que je suis asiatique et parce que je suis musulman. »

«Je pense vraiment que les musulmans britanniques souffrent à cause de cela, vous entendez tout le temps des gens ciblés. »

La police est toujours à la recherche du suspect.

Standard

Une famille musulmane britannique empêchée par les Etats-Unis de prendre un vol pour Disneyland

The characters of Mickey Mouse and Minnie Mouse greet guests during Disneyland's Diamond Celebration in Anaheim

L’Oncle Sam discriminerait-il les citoyens musulmans en raison d’une crainte démesurée de la menace terroriste ? C’est en tout cas ce qu’estiment plusieurs britanniques victimes de mésaventures avec les autorités américaines.

Membre d’une famille de 11 personnes, Mohammad Tariq Mahmood voulait se rendre au parc d’attraction Disneyland en Californie avec ses enfants. Mais alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Los Angeles dans un aéroport londonien, les autorités US l’en ont empêché. Celles-ci ne lui ont communiqué aucune justification précise, alors que l’homme détenait pourtant une autorisation de voyage.

Mahmood, qui raconte l’incident dans le quotidien britannique The Guardian, affirme que la compagnie aérienne refuse de lui rembourser le prix du vol, qui lui a pourtant coûté quelques 13 000 dollars. Lui et sa famille auraient également du rapporter tout ce qu’ils avaient acheté dans les boutiques hors-taxes de l’aéroport, duquel ils ont été sortis par la force.

Pour le Britannique, qui explique n’avoir «jamais été aussi embarrassé de sa vie», la raison de sa mésaventure est «évidente» : «c’est à cause des attaques en Amérique [à San Bernardino], ils pensent que tous les musulmans constituent une menace».

Deux jours après avoir vu son voyage annulé, l’un de ses coreligionnaires, Ajmal Mansoor, imam et conférencier anglais, a également été empêché d’embarquer pour New York, dans un incident similaire. Ce dernier a déploré sur Facebook : «Les USA ont le droit de distribuer et d’annuler un visa, je comprends parfaitement cela (…) mais ne transmettre aucune raison rend les gens ordinaires furieux».

Une membre du parti travailliste, Stella Creasy, a évoqué la problématique au parlement britannique, estimant qu’un nombre croissant de musulmans britanniques sont actuellement «trumpés» de la sorte. Elle faisait ainsi référence aux récentes déclarations du candidat à la présidentielle américaine Donald Trump, qui avait promis que s’il était élu, il ne laisserait plus rentrer les musulmans sur le territoire national.

RT

Un couple musulman fiché «terroriste» sur les réseaux sociaux après que la police lui a demandé de quitter un centre commercial

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Ébranlés par la fusillade de San Bernardino, de nombreux Américains semblent être paranoïaques. Une famille musulmane dans l’Arkansas a été escorté hors d’un centre commercial et accusé de terrorisme sur les réseaux sociaux. alors que le couple faisait du shopping. 

La Police de l’Arkansas a répondu à une plainte selon laquelle un homme dans une robe musulmane filmait les magasins au centre commercial samedi. Plusieurs officiers se sont dépêchés sur les lieux jusqu’à escorter l’homme et sa famille hors du centre commercial. Les gens ont pris des photos et les ont publié sur les réseaux sociaux, en qualifiant la famille de «terroriste».

Identifiés comme Alan Crawford et Daphne Ridenour, le couple musulman était habillé en tenue traditionnelle arabe. Alan portait un thobe, aussi connu comme dishdasha, une tunique originaire de la péninsule arabique et d’Irak. Daphne portait un foulard.

Alan Crawford dit qu’il est allé au centre commercial avec sa femme et son fils pour faire un peu de shopping en cette période de vacances et de distribuer des cadeaux pour un organisme local de bienfaisance. Il dit que le panneau sur la porte du centre commercial, interdisait de filmer à l’intérieur, échappé à son attention – et en tout cas, la réaction de la police était disproportionnée.

Parlant à la station de télévision, Crawford a également plaisanté à propos de son penchant pour cheeseburgers au bacon – interdit dans l’islam – et dit que la communauté locale l’a été harcelé lui et sa famille car  musulmans.

Muldrow se trouve être la ville natale de sergent-chef Joshua Wheeler, un membre des forces spéciales américaines qui a été tué dans les combats en Octobre dernier par  l’Etat islamique en Irak. Alan Crawford, répond qu’il a lui même servi dans l’armée. A l’époque ou le sergent-chef Joshua Wheeler était détenu, des dépliants sur lui et sa femme les identifiants comme terroristes, ont commencé à circuler dans la ville.

Le dépliant, apparemment un document interne publié par la police de Muldrow puis divulgué au grand public, accusant les « suspects » Alan Crawford et Daphne Ridenour de menacer la sécurité du pays. Le couple a été identifié comme converti à l’Islam.

RT

 

Latifa Ibn Ziaten, mère d’une des victimes de Merah, raconte son agression à l’Assemblée par des socialistes

#VIDÉO Latifa Ibn Ziaten, mère d’une des victimes de Mohamed Merah, a été huée par certains membres du public lors d’un débat sur la laïcité à l’Assemblée nationale en raison de son foulard. Elle raconte enfin ce qui s’est passé

« Ces personnes m’ont plus que huée, elles m’ont agressée. Deux personnes sont sorties de la salle, elles m’ont suivie jusqu’à l’ascenseur. Elles m’ont dit : ‘vous n’êtes pas française Madame, vous dites que vous avez la nationalité française, mais vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard, vous faites honte à la France’

Ce mot ‘honte’ m’a fait beaucoup de mal », raconte Latifa Ibn Ziaten dans une interview au Bondy Blog.

« Il s’agissait de deux personnes qui assistaient au colloque », connues du Parti socialiste, explique-t-elle, sans donner de noms.

« Moi, je me sens française, j’ai le droit de défendre mon pays, défendre ses valeurs […]. Quand mon fils a souhaité être militaire, servir la République, je ne lui ai pas dit ‘non mon fils’, j’avais peur pour lui mais il a voulu servir son pays, il était heureux, et moi aussi, cela aussi fait partie de la laïcité, je l’ai accepté », explique-t-elle encore dans cet entretien émouvant. Elle annonce par ailleurs porter plainte.

L’Obs

Des tags islamophobes “Kill Muslims” dans le métro de Tuscany au Canada

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Six chefs d’accusation de méfait ont été déposés à l’encontre d’un homme de 30 ans soupçonné d’avoir dessiné des graffitis racistes et injurieux à la station de train léger Tuscany de Calgary le 3 décembre dernier.

La Couronne devra décider si les gestes qu’il est accusé d’avoir commis méritent que des accusations plus graves, comme incitation à la haine, soient également portées. L’autre suspect identifié grâce aux images de la vidéo surveillance présentée par la police a été arrêté et fait également face à six chefs d’accusation de méfait.

Le coût des réparations nécessaires pour effacer les dommages causés par les graffitis est estimé à plus de 20 000 $. Les messages injurieux et haineux envers les Syriens et les musulmans étaient accompagnés de symboles associés aux mouvements de la suprématie blanche.

Radio Canada