Mohamed, agent SNCF victime de racisme ordinaire, menacé de radiation

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Son chef reconnu coupable par la justice d’injures racistes, sa hiérarchie accusée par l’inspection du travail de « harcèlement moral » à son encontre : c’est un véritable calvaire que vit depuis des années Mohamed Moussa Benyacine, agent SNCF de la police ferroviaire à Valenciennes et militant CGT. C’est pourtant sur sa tête que la direction de la SNCF fait pleuvoir les sanctions, jusqu’à une mutation disciplinaire prononcée le 25 mars. En arrêt depuis presque sept mois, Mohamed ne se laisse pas démolir et contre-attaque aux prud’hommes.

 

L’inspection du travail, elle, conclut, le 19 février, que son cas « s’apparente effectivement à une situation de harcèlement moral, les agissements répétés dont (il a fait) l’objet ayant pour effet d’altérer (sa) santé mentale ». La SNCF l’a pourtant traîné en conseil de discipline le 2 mars, aoù il risquait la « radiation des cadres ». En clair, un licenciement pour faute.

En janvier 2011, Mohamed fait condamner son supérieur pour insultes racistes (lire ci-contre). En septembre 2015, Mohamed craque : « Je suis père de trois enfants, quand on voit sa femme pleurer tous les jours, c’est dur, après treize années d’ancienneté. » Indispensable pour sa santé mentale, son arrêt de travail le prive cependant de toutes ses primes, soit « 400 à 500 euros par mois », estime-t-il.

« grand malaise » au conseil de discipline

Le dossier contient le certificat d’un psychiatre attestant de « l’état de détresse » de Mohamed et de son épouse, ajoute Nicolas Pavard, qui se souvient également du « grand malaise de la direction » quand il a lu le rapport de l’inspection du travail.

Le « bougnoule de service » et le chef raciste
« Bougnoule de service », « mangeur de loukoums », grossesse de son épouse comparée à « une portée de rats »… Mohamed avait déjà subi, en 2009 et 2010, les injures racistes répétées de son supérieur hiérarchique, qui affichait dans son bureau son appartenance au Front national.

Après un véritable parcours du combattant pour Mohamed, son chef était condamné en janvier 2011 par la cour d’appel de Douai, pour « injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », à une amende de 600 euros. Les réquisitions étaient d’un mois de prison avec sursis.

Le coupable a été muté… avec une promotion. « La SNCF vit très mal que les victimes de propos racistes ne vivent pas dans l’ombre et demandent réparation », commente Jean-Claude Dulieu, conseiller départemental communiste du Valenciennois et responsable national du Mrap, qui s’était porté partie civile et soutie

Humanité

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