Jacques, esclave pendant 30 ans, Gérard, son maître condamné à du sursis

Dans les Cévennes, une famille d’agriculteurs faisait travailler gratuitement un homme, allant jusqu’à lui ponctionner ses prestations sociales. Le mari a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis.

871598-cevennes-esclavage-moderne.jpg

Un matelas en mousse moisie. Un toit en tôle. Des murs et un sol en planches. Une ampoule au plafond. Et un tas graisseux de haillons pour seule garde-robe. C’est dans ce taudis de 3 mètres sur 3, sans eau ni chauffage, que Jacques passait ses nuits. Il avait 42 ans quand il s’est pour la première fois couché sur ce grabat humide ; il y a dormi jusqu’à ses 71 ans, sans draps, sans rien, avec pour seul compagnon un vieux réveille-matin, détail sordide, quand on sait que Jacques vivait ici, sur le terrain de la famille André, pour travailler chaque jour de l’année, du matin au soir. Il ne s’agissait donc pas de traînailler au lit… Quand il est parti d’ici, après trente ans de labeur, le dos de Jacques formait presque une équerre. Son compte en banque, lui, affichait une platitude totale : 1,48 euro d’économies. Le reste avait disparu dans la poche du couple André.

A Saint-Florent-sur-Auzonnet, le village cévenol dans lequel cette histoire d’esclavage moderne s’est écrite durant toutes ces années, personne n’a réalisé que Jacques, un brave gars simple et sans malice, était exploité par Gérard André.

La tranquille exploitation de cet homme va s’interrompre en mars 2014 : pour la seconde fois, Jacques est hospitalisé, il souffre d’un œdème pulmonaire. Paul-Michel Gaultier, un voisin,  va lui rendre visite. Jacques lui confie alors ce curieux secret : «Il ne faut pas que je dise que je vis dans la petite maison en bois.» Intrigué, le voisin décide d’aller voir cette maison en l’absence des André. «En découvrant ce taudis, j’ai compris que j’avais fait une grave erreur d’appréciation sur mes voisins : je n’avais pas affaire à la famille Groseille mais aux Thénardier. J’ai vomi en rentrant chez moi.»

Entre-temps, à l’hôpital, Jacques est interrogé sur sa situation administrative. Ne parvenant à obtenir aucune réponse claire, notamment sur ses revenus, une autre assistante sociale, celle de l’hôpital, commence à suspecter un vrai problème concernant ce patient squelettique qui a englouti trois plateaux-repas dès son arrivée. Un signalement est transmis au procureur. L’enquête va révéler que le RSA et la petite pension d’invalidité de Jacques sont retirés chaque mois, en liquide, par les André.

«Pendant trente ans, ils ont utilisé leur procuration pour ponctionner tous les revenus de Jacques, soit environ 850 euros par mois, tout en laissant un euro pour ne pas clôturer le compte, détaille Lionel Marzials, avocat de la victime. Pendant toutes ces années, Jacques n’a touché aucun salaire, et n’a pas fait un seul acte d’achat. Tous ses courriers administratifs ainsi que ses papiers d’identité étaient détenus par le couple André

Face aux gendarmes, Gérard André, 76 ans, ne se démonte pas. Non, la cabane n’est pas insalubre. D’ailleurs, il s’agit «d’une dépendance». De toute manière, c’est «mieux que sous un pont». L’hygiène ? Jacques n’avait qu’à faire ses besoins dans le jardin, «naturellement», «comme dans l’ancien temps».

Libe

Inde : La police découvre une « ferme à bébés »

tumblr_n5emnePnAs1sj3omto7_1280

Selon le Times of India, c’est la police de Madhya Pradesh, en Inde, qui a découvert ce qui n’est autre qu’un centre de revente et d’échange d’enfants. Situé dans le district de Gwalior, un hôpital privé se « fournissait » auprès de parents d’enfants non désirés. Et les revendait ensuite à des couples en manque de progéniture.

Les enfants étaient nés de relations interdites, voire de viols, a expliqué la police. Ce que la presse locale nomme « la ferme à bébés » contenait 30 lits. La police a pu sauver deux bébés, tandis que trois autres venaient d’être vendus. Cinq personnes ont été arrêtées, dont le directeur qui n’a pu expliquer la provenance des deux nourrissons découverts. Les personnes interpellées sont poursuivies pour  achat et esclavage d’êtres humains, commerce d’esclaves et ventes de mineurs dans un but de prostitution.

La technique étaient semble-t-il rodée: lorsqu’une jeune femme enceinte ou ses parents venaient à l’hôpital en vue de l’accouchement, les docteurs de la « ferme à bébés » tentaient de les convaincre d’abandonner l’enfant en échange d’un accouchement discret, a expliqué un enquêteur. Comble de l’atroce, un couple qui avait deux garçons n’a pas hésité à échanger l’un d’eux contre une fille.

RTBF

Au Brésil, une photo réveille le fantôme de la fracture sociale et raciale

Fracture raciale bresil noir blanc favelas  Dilma Rousseff.manifestation

Les manifestations contre le gouvernement de Dilma Rousseff mobilisent surtout les classes moyennes et supérieures. Un cliché d’un couple de manifestants blancs aisés suivi de sa nounou noire souligne le fossé social et racial toujours en vigueur dans le pays.

La question raciale et sociale au Brésil s’est invitée dans les manifestations réclamant la chute du gouvernement de Dilma Rousseff. Une photo qui a fait le tour des réseaux sociaux au Brésil a illustré la persistance de ce fossé: celle d’un couple en route pour une manifestation anti-Dilma Rousseff, paré d’un T-shirt aux couleurs du drapeau brésilien. Et à son côté, la domestique, noire, vêtue d’un uniforme blanc, conduisant la poussette des deux bébés du couple.

Une photo parlante, partagée des millions de fois

Prise le 13 mars à Ipanema, l’un des quartiers les plus riches de Rio de Janeiro, par le photographe du Correio Braziliense Joao Valadares, la photo a été partagée des milliers de fois sur Facebook et a donné lieu à de nombreux détournements. Beaucoup y ont vu la perpétuation de clichés historiques témoignant de la discrimination raciale et sociale toujours en vigueur au Brésil, pays qui a été le dernier du continent à mettre fin à l’esclavage, en 1888.

Le père de famille photographié s’est défendu sur sa page Facebook en expliquant qu’il gagnait honnêtement sa vie et que sa nounou était payée au-dessus de la moyenne. Interrogée par le journal O Globo la nounou s’est de son côté dite heureuse de son travail, partisane de l’opposition et embarrassée d’avoir été utilisée comme icône de la ségrégation sociale.

Pour autant, « la photo de la nounou en uniforme blanc promenant des bébés blancs est typique des quartiers aisés de Rio ou de Sao Paulo », relève la correspondante du site portugais Publico. Si le cliché d’Ipanema a tant ému, assure l’historienne Maria Helena Machado à Publico, c’est qu’il met en avant un type de représentation hiérarchique datant de l’époque de l’esclavage illustrée par la différence vestimentaire de la domestique noire et sa façon de marcher derrière le couple blanc.

Les classes moyennes supérieures largement représentées dans les manifestations

Cette image met en évidence la composition sociale des défilés qui exigent la démission de la présidente: dans le plus grand rassemblement anti-Rousseff, à Sao Paulo, le 13 mars, la moitié des manifestants ont déclaré gagner cinq à 20 fois le salaire minimum; 77% d’entre eux s’identifiaient comme blancs et 77% avaient des diplômes universitaires, selon l’institut de sondages Datafolha.

Or, la moitié de la population brésilienne est noire ou métisse, et « la proportion de Brésiliens ayant eu accès à l’éducation supérieure est très faible », souligne pour L’Express Walter Nique Franz, doctorant à l’université Paris I.

Longtemps l’un des pays les plus inégalitaires au monde, le Brésil a vu 40 millions de citoyens sortir de l’extrême pauvreté, en 13 ans de pouvoir du parti de Lula et de Dilma Roussef, grâce à des programmes sociaux, mais aussi à un cycle économique favorable. Mais le fossé racial et social persiste: en 2012, selon la BBC, le revenu moyen d’un travailleur blanc dans six grandes villes du Brésil était de 2237 reais par mois mais de 1255 reais pour une personne d’origine africaine.

Les trois quarts des 10% plus pauvres de la population brésilienne sont des Noirs. Enfin, rappelle Walter Nique Franz, « seuls un dixième des candidats aux législatives de 2014 étaient noirs et moins de 5% ont été élus ». La politique de discrimination positive à l’université mise en place par le gouvernement a toutefois nettement fait progresser la part des noirs et métis à l’université.

Manifestation en soutien à Lula et Rousseff sur l'avenue Paulista à Sao Paulo, le 18 mars 2016.

Manifestation en soutien à Lula et Rousseff sur l’avenue Paulista à Sao Paulo, le 18 mars 2016.

Reuters/Paulo Whitaker

L’Express

Gérard condamné pour avoir réduit en esclavage et spolié un homme durant 30 ans

1299374_659_obj8644070-1_667x333

Sans salaire, ses prestations sociales détournées, ses comptes vidés, la victime habitait dans un taudis de 12 m2 pendant une trentaine d’années.

L’enquête des gendarmes a révélé des faits particulièrement sordides. Durant trente ans, un homme, aujourd’hui âgé de 72 ans, a travaillé dans une ferme de Saint-Florent-sur-Auzonnet, au Nord d’Alès, sans recevoir de salaire. Ses courriers administratifs et ses pièces d’identité étaient détenus par les propriétaires, à qui il avait confié une procuration de ses comptes bancaires à son arrivée en 1985.

Les conditions de vie de ce qu’il convient d’appeler un esclave, sont « atroces ». L’homme vivait dans une cabane, « un taudis fait de planches et de tôles, sans eau courante ni chauffage. » Une unique ampoule éclaire “l’habitation” de quatre mètres sur trois.

« Il s’agit d’un cas d’esclavagisme moderne »

Fin 2013, la victime tombe gravement malade. Elle contracte un œdème pulmonaire. C’est à la suite de son hospitalisation, et à son arrivée dans une maison de retraite en février 2014 que sa situation financière intrigue. Il apparaît que sa pension versée par la Carsat, le RSA et l’argent sur son livret A sont prélevés par le couple de Thénardier moderne.

Ce vendredi, Gérard, 77 ans, était jugé au tribunal correctionnel d’Alès. Le patron se défend : « Je lui ai rendu service. Il me donnait la main pour les petits travaux : nourrir les bêtes, couper du bois… Je lui ai fourni la famille qu’il n’a jamais eue. Il vivait dans une « dépendance » et ne voulait jamais sortir ».

« Travail clandestin pendant trente ans »

Me Lionel Marzials, dans les intérêts de la victime, estime que « les faits sont révoltants. On est dans un dossier d’esclavage moderne. Ce n’est pas la petite maison dans la prairie. Pendant trente ans, la victime s’est occupée du potager, des animaux, de divers travaux, a signé une procuration qui a permis à cette famille de prélever 52 000 € en sept ans. On serait en droit d’exiger 370 000 € pour le travail clandestin sur trente ans. » Et le conseil de réclamer la somme forfaitaire de 185 000 € de réparation.

Au final, Gérard est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 1 000 € d’amende et devra verser 185 000 € de dommages et intérêts à la victime. Le dossier est loin d’être clos puisque son domaine pourrait faire l’objet d’une saisie immobilière.

Midi Libre

 

Au Soudan du Sud, les combattants autorisés « à violer les femmes en guise de salaire »

2015_07_afr_south_sudan_dsc_5478_resize Un rapport de l’ONU révèle des faits sordides : outre l’arme du viol, les bourreaux n’hésitent pas à brûler vives et à découper en morceaux leurs victimes

La situation au Soudan du Sud est des plus inquiétantes. Un rapport de l’ONU publié vendredi révèle que des combattants alliés au gouvernement avaient été autorisés « à violer les femmes en guise de salaire ». Et ce au nom du principe : « Faites ce que vous pouvez et prenez ce que vous voulez ».

« Il s’agit d’une situation des droits de l’Homme parmi les plus horribles dans le monde, avec une utilisation massive du viol comme instrument de terreur et comme arme de guerre », a déclaré le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Il précise :

« L’échelle et le type de violences sexuelles – qui sont principalement le fait des forces gouvernementales SPLA (Armée populaire de libération du Soudan, ndlr) et des milices qui leur sont affiliées – sont décrits avec des détails épouvantables et dévastateurs, tout comme l’attitude – presque désinvolte mais calculée – de ceux qui ont massacré les civils et détruit des biens et des moyens de subsistance ».

Le rapport contient des témoignages sur des civils soupçonnés de soutenir l’opposition, y compris des enfants et des personnes handicapées, qui ont été assassinés, brûlés vifs, asphyxiés dans des conteneurs, tués par balle, pendus à des arbres ou découpés en morceaux.

Sud Ouest

Nestlé est poursuivi en justice pour utilisation d’enfants esclaves en Afrique

53-nestle-get

Le plus grand producteur alimentaire du monde Nestlé vient d’être poursuivi suite aux allégations selon lesquelles il a utilisé des enfants-esclaves pour récolter le cacao en Côte-d’Ivoire.

La Cour suprême américaine a rejeté l’appel de Nestlé et deux autres sociétés suite aux plaintes déposées à la Haute Cour en Décembre 2014, selon Reuters.

Les plaignants, originaire du Mali, disent que les entreprises ont aidé et encouragé les violations des droits de l’homme à travers l’achat de cacao en Côte-d’Ivoire. Les entreprises auraient été au courant du problème de l’esclavage des enfants dans la région et continuaient à fournir une assistance financière aux agriculteurs locaux pour obtenir le produit le moins cher.

Citant un rapport du Département américain du Travail parrainé depuis Juillet 2015, il ya 2,12 millions d’enfants travailleurs en Côte d’Ivoire et au Ghana, employés dans la production de cacao, une forte augmentation d’environ 1 million.

Independent