Srebrenica: Il y a 21 ans, 8 372 musulmans étaient massacrés par les milices serbes de Bosnie

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Veuves ou filles de certains des plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans tués en juillet 1995, par les forces serbes de Bosnie, des femmes pleurent, consolées par des proches. D’autres sont accroupies près des cercueils, en caressant l’étoffe verte ou y posant une fleur.  Retrouvées dans des fosses communes et identifiées depuis le dernier anniversaire, ces dépouilles vont être enterrées au mémorial de Potocari, près de Srebrenica, où les cercueils ont auparavant été disposés pour permettre aux proches de se recueillir.

A proximité, quelques hommes s’agenouillent et prononcent une prière. Plus loin, des familles attendent près des tombes creusées où les cercueils seront portés après la prière du midi qui sera prononcée par le grand mufti bosnien, Husein Kavazovic.

Selon les chiffres du Mémorial de Srebrenica, ce massacre a coûté la vie à 8 372 hommes, exécutés en quelques jours, cinq mois mois avant la fin de la guerre intercommunautaire en Bosnie (1992-95).

« Plus de mille personnes sont toujours recherchées », précise Lejla Cengic, porte-parole de l’Institut bosnien pour les personnes disparues. A ce jour, quelque 6 300 victimes du massacre ont été enterrées au mémorial de Srebrenica et 230 sur d’autres cimetières, selon la même source. Les restes de 350 personnes n’ont pas été inhumés, soit parce qu’elles n’ont pas été identifiées, soit faute d’accord des familles. Les morts de Srebrenica ont été retrouvés dans 77 fosses communes.

L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été condamné en mars par la justice internationale à 40 ans de prison pour crimes de guerre en Bosnie, et a notamment été reconnu coupable de génocide à Srebrenica. Soupçonné d’avoir ordonné ces massacres, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, l’ex-général Ratko Mladic est actuellement jugé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

Le Parisien

Une journaliste française incarcérée pour avoir révélé des documents sur le génocide de Srebrenica

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Une pétition a été lancée en ligne pour la libération de Florence Hartmann, journaliste française emprisonnée en marge du procès de l’homme politique de l’ex-Yougoslavie Radovan Karadzic, la semaine dernière à la Haye.

Lancée par le comité de soutien à Florence Hartmann et des associations bosniaques, la pétition appelle à la libération de la journaliste qui a été mise en garde à vue pour sept jours, avec 7 000 euros d’amende, pour avoir révélé les documents attestant le silence du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) face aux massacres commis à Srebrenica lors des Guerres de Yougoslavie. Dans son livre publié en 2007 « Paix et châtiment », Hartmann, qui était par ailleurs ancienne porte-parole du Tribunal avait révélé que le Tribunal s’était engagé à ne pas divulguer l’implication de l’Etat serbe dans les massacres en Bosnie.

Hartmann a été arrêtée par les gardes du Tribunal alors qu’elle venait assister au procès de Karadzic à la Haye. Elle est aujourd’hui détenue au même titre que Karadzic dans le secteur pénitentiaire des Nations unies, dans « des conditions de surveillance pour risque de suicide », selon son avocat Guénaël Mettreaux, et sa cellule est ainsi « éclairée 24 heures sur 24 et qu’elle est contrôlée par des gardes toutes les quinze minutes ».

Le Comite de soutien à Florence Hartmann souligne sur son site que l’amende de 7000 euros, levée en deux semaines, a été déposée sur un compte que le Tribunal refuse de prélever. « Que fait Florence Hartmann dans le quartier des criminels de guerre, non loin de Radovan Karadzic condamné pour génocide ? Que fait-elle placée à l’isolement, lumière allumée 24 heures sur 24, guichet ouvert toutes les 15 minutes, privée de communication avec l’extérieur ? », s’interroge encore le comité de soutien.

Rappelant l’appel à la libération de Carla del Ponte, procureur du Tribunal à l’époque où Hartmann était la porte-parole, le comité de soutien exige la « réhabilitation » de la journaliste française. En effet, elle est aujourd’hui empêchée de travailler dans des organisations internationales ou dans les médias en raison de cette condamnation, évoque le comité.

Interrogé sur l’affaire, le ministère français des Affaires étrangères a préféré garder le silence, rappelant uniquement la consule générale de France à Amsterdam a rendu visite à Hartmann et que cette dernière « bénéficie » de la protection consulaire.

Agence Anadolu