Un rappeur arabe israélien : «Ils me traitent de terroriste, mais je vis dans le pays de mes ancêtres»

Il est la nouvelle voix de la lutte contre les discriminations envers les Arabes israéliens. Dans son pays, le chanteur aux titres engagés est devenu la cible privilégiée de la droite radicale et de sa représentante, la Ministre de la Culture israélienne Miri Regev.

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Les controverses causées par le rappeur arabe israélien Tamer Nafar auraient fait la fierté de son idole américaine Tupac Shakur, l’un des plus grands noms du genre, assassiné en 1996. Tamer Nafar et son groupe DAM ont touché la corde sensible en Israël avec des chansons en arabe comme C’est qui, le terroriste? qui dénonce les discriminations envers les Arabes israéliens.

À 37 ans, Tamer Nafar est devenu une star dans cette communauté (17,5% de la population israélienne) formée des descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la fondation d’Israël, en 1948. Il est aussi applaudi par les Palestiniens des Territoires occupés. Du côté israélien en revanche, le chanteur est une cible privilégiée de la droite radicale, notamment de la tonitruante ministre de la Culture Miri Regev. Cette ancienne porte-parole de l’armée et chargée de la censure a accusé le rappeur d’attiser les haines. Puis elle a tenté, en vain, d’interdire un de ses concerts.

«Il ne rate pas une occasion, devant tous les publics possibles, de s’en prendre à l’idée et à l’existence de l’État d’Israël en tant qu’État du peuple juif», a-t-elle dénoncé, selon des propos rapportés par la presse. Certains de ses textes justifient le «terrorisme», accuse la ministre.

Comme les Noirs américains

«Mme Regev n’est rien d’autre qu’un porte-voix gouvernemental pour répandre le poison raciste», dit à l’AFP Tamer Nafar, fine barbe, sweat-shirt à capuche, pantalon baggy et chaîne en or autour du cou. S’exprimant après un concert ayant réuni un millier de fans dans la ville arabe de Sakhnin, il a bien l’intention de continuer à écrire des titres offensifs sur des rythmes contagieux.

Tamer Nafar voit beaucoup de points communs entre la lutte des Noirs américains pour l’égalité et le combat des Arabes israéliens. «L’image véhiculée par les vidéos de Tupac Shakur est similaire à notre réalité à Lod», la ville mixte judéo-arabe où il a grandi. «J’ai trouvé que nous avions quelque chose en commun. Lorsque j’ai découvert Tupac Shakur, je ne parlais pas l’anglais. Je me suis procuré les textes de ses chansons et je les ai traduits à l’école avec un dictionnaire», se rappelle-t-il.

Le nom de son groupe témoigne de son engagement, car DAM est l’acronyme de Da Arabian MCs (un MC étant un rappeur pour les initiés) en même temps qu’il signifie «tenace» en arabe et «sang» en hébreu. La chanson C’est qui, le terroriste?proclame: «Ils me traitent de terroriste, mais je vis dans le pays de mes ancêtres».

Mme Regev aurait été émue en particulier par ces paroles: «Démocratie? Pourquoi? Cela me rappelle les nazis. Vous avez violé l’âme arabe et elle est tombée enceinte, donnant le jour à un enfant appelé «attaque terroriste». Et après ça, vous nous appelez terroristes».

La controverse a culminé en octobre à l’occasion d’un festival financé en partie par des fonds publics à Haïfa, dans le nord d’Israël. La ministre a fait pression sur le maire de cette ville mixte pour qu’il interdise le concert de Tamer Nafar. Le concert a bien eu lieu, mais sous haute tension, les policiers empêchant des militants d’extrême droite drapés dans des drapeaux israéliens d’approcher de la scène. Le chanteur dit avoir eu «peur» car à l’extérieur de la salle, «ils hurlaient:»terroriste», «va donc à Gaza».

Une ministre en guerre contre les artistes

Tamer Nafar n’est pas le seul artiste à être entré en conflit avec Miri Regev depuis la nomination de celle-ci au gouvernement, en mai 2015. En septembre, elle avait quitté avec fracas la cérémonie de remise des prix d’un festival de cinéma lorsque le chanteur et un autre artiste israélien avaient lu sur scène un poème de Mahmoud Darwich, considéré comme le poète national palestinien.

Huée à son arrivée à une récente conférence, la ministre avait estomaqué le public en lançant de la tribune: «Comme le grand philosophe chinois l’a dit un jour: «cut the bullshit, cut the bullshit» (»arrêtez vos conneries») dans un anglais très accentué.

Tamer Nafar refuse de se laisser impressionner. «Tout ce que j’ai fait vient de la réalité de la rue à Lod, du ghetto». «Mon travail est de rendre compte de ma génération et je n’ai pas honte d’utiliser des mots en hébreu dans mes chansons». Il a récemment achevé de tourner le film Junction 48, qu’il a co-écrit et dans lequel il joue sous la direction de l’Israélo-Américain Udi Aloni.

Ce film, qui raconte l’histoire d’un rappeur israélo-arabe et de son amoureuse, devait être présenté dans un club de jeunes à Karmiel, dans le nord d’Israël, mais la municipalité l’a interdit. Il a obtenu le prix du public dans la section Panorama à la 66e Berlinale début 2016.

Le Figaro

 

Une réflexion sur “Un rappeur arabe israélien : «Ils me traitent de terroriste, mais je vis dans le pays de mes ancêtres»

  1. et oui les juifs sionistes n’ont rien a faire dans ce pays,ce ne sont que des parasites,des occupants qui ne sont pas chez eux,aucunement sémites mais de vrais antisémites

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