Quand le Front national était pro-Union européenne

Défenseur d’une plus forte intégration européenne jusqu’à la fin des années 1980, le FN est depuis devenu un farouche opposant à «Bruxelles».

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Nous sommes au printemps 1988. Un grand parti politique français vient de réunir ses militants à Paris. A la tribune, le principal orateur a réclamé la «construction d’une Europe politique, économique et militaire». Le rassemblement s’achève au son de l’hymne européen, la 9e symphonie de Beethoven. Et de la salle conquise part ce slogan : «Europe, Le Pen, liberté». Car c’est bien d’une réunion du Front national qu’il s’agit, et bien de son leader d’alors, Jean-Marie Le Pen, qui a plaidé pour davantage d’intégration entre membres de l’Union européenne. Des nombreux «ajustements» qu’a connus le discours frontiste au fil des ans, celui-ci n’est pas le moindre : initialement favorable à l’unité du vieux continent, le parti d’extrême droite est aujourd’hui un farouche opposant à l’UE, dont il ne cesse de prophétiser la prochaine disparition.

Dans son premier programme présidentiel, en 1974, Jean-Marie Le Pen défend ainsi une «européanisation des forces armées» : «Il est évident que la menace soviétique rend illusoire une défense française isolée et peu crédible une coalition disparate», peut-on lire dans le document. En 1978, relève l’AFP, le programme économique du FN appelle quant à lui à «une monnaie européenne». En 1988, dans son livre «Tonnerre de Dreux» le secrétaire général du parti, Jean-Pierre Stirbois, évoque quant à lui cette «impérieuse nécessité de notre temps : lier notre sort à l’Europe et être le moteur de son devenir». Et en 1992 encore, le programme du FN plaide pour «une adaptation de notre économie à l’échéance européenne [du traité de Maastricht] par une réduction des charges fiscales et sociales, qui pénalisent les entreprises françaises face à leurs concurrents étrangères».

C’est pourtant vers la même époque que s’amorce le virage du discours frontiste. En 1992, après l’approbation par référendum du traité de Maastricht, Jean-Marie Le Pen dénonce «un médiocre oui» et une victoire du «parti de l’étranger».

«On est passé de « Europe, Le Pen, Liberté » à « Marine, France, Liberté », un slogan entendu lors des derniers 1er mai, remarque Nicolas Lebourg. Le FN contemporain se caractérise par un complet repli sur la question nationale, par opposition aux décennies 1970 et 1980, période la plus européiste de l’extrême droite française.»

Libe

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