«5000 à 6000 € en liquide chaque jour»: Soupçons de détournement de fonds au Sénat
Des perquisitions ont eu lieu au Sénat ce lundi matin, dans le cadre d’une enquête sur des détournements de fonds qui auraient profité à des sénateurs UMP.

Les investigations, visant notamment à recueillir des documents comptables, ont été conduites par les policiers de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) de la police judiciaire parisienne.
5000 à 6000 euros en liquide chaque jour
Des juges financiers sont saisis depuis novembre 2013 de cette enquête qui porte sur des faits présumés d’abus de confiance et recel de ce délit, et de détournement de fonds publics.
La perquisition visait des documents en lien avec l’Union républicaine du Sénat (URS), une ancienne association sénatoriale qui recevait des financements du groupe UMP et dont l’ex-secrétaire général a été mis en examen en juillet 2015 pour détournement de fonds publics.
Ce dernier, François Thual, avait livré son témoignage au Monde en novembre 2014: «Jusqu’à cet été, j’allais tous les mois, ou presque, retirer entre 5.000 et 6.000 euros en liquide de l’un des comptes de l’URS, et je le remettais au trésorier du groupe UMP du Sénat, Jean-Claude Carle.»
L’enquête des juges René Cros et Emmanuelle Legrand porte également sur des fonds perçus par le sénateur UMP de l’Yonne Henri de Raincourt, y compris lorsqu’il était au gouvernement sous Nicolas Sarkozy.
L’élu avait admis avoir perçu 4.000 euros par mois versés depuis un compte au nom de son groupe politique. Il avait évoqué «des aides et des soutiens pour une activité parlementaire», expliquant que les sommes reçues lorsqu’il était ministre correspondaient à une activité antérieure.