Harcèlement : « des ministres organisaient des réunions dans le seul but de lever des filles »

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Élues, dirigeantes ou assistantes, de droite comme de gauche, beaucoup ont subi des blagues douteuses, des mains baladeuses, voire bien pire. Elles racontent.

C’est l’histoire d’un poids lourd des gouvernements de François Hollande qui se renseigne sur une députée et demande à Cécile Duflot : « À part ses seins magnifiques, elle est comment? » C’est une ancienne ministre de Nicolas Sarkozy qui évoque comme une question récurrente : « Un ministre au banc du gouvernement qui me demande si je porte des culottes ou des strings. » Et qui ajoute : « À l’occasion d’un déplacement ou d’un meeting, il est arrivé qu’un élu vienne toquer à la porte de ma chambre d’hôtel pour essayer d’y entrer. »

« Ce n’est pas uniquement verbal, c’est aussi physique »

Ce sont des ministres de François Hollande qui confient que certains de leurs collègues leur « font des massages aux épaules » sans qu’elles l’aient demandé ou qui, descendant de la tribune de l’Assemblée ou du Sénat et, marchant vers le banc du gouvernement, se rendent compte « qu’ils matent [leur] cul ». «À l’occasion d’un déplacement ou d’un meeting, il est arrivé qu’un élu vienne toquer à la porte de ma chambre d’hôtel pour essayer d’y entrer»

C’est Rama Yade qui se souvient : « Ce n’est pas uniquement verbal, c’est aussi physique. Il y a des gens qui vous tripotent, qui vous mettent deux mains autour de la taille et vous serrent. » Ou une ancienne ministre de Nicolas Sarkozy qui balance : « Certains ministres ou députés organisaient des réunions dans le seul but de lever des filles qu’ils avaient invitées sous prétexte de cette réunion. Des assistantes ou des militantes qu’ils avaient repérées. »

« Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir »

C’est une autre qui, montant à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre un texte de loi, reçoit des petits mots : « Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir. » Ou, discutant avec un parlementaire, l’entend lui glisser : « Il faudrait que tu viennes chez moi, dans ma circonscription. Tu pourrais visiter ma maison. On pourrait dîner ensemble. Ma femme n’est pas là. » C’est un débat parlementaire où Ségolène Royal est au perchoir. Un député de droite l’interpelle en criant : « À poil! » Roselyne Bachelot le saisit alors au col et lui lance : « En l’insultant, c’est moi que tu insultes. »

Ce sont des dirigeantes socialistes qui, assises à la tribune de meetings ou de réunions militantes, entendent que les pontes du parti à côté d’elles « commentent de manière graveleuse les formes des intervenantes ». «Tu connais la différence entre une minute de sodomie et une minute de fellation?» À la buvette de l’Assemblée nationale, il y a vingt ans, Bernard Roman demande à Marisol Touraine : « Tu connais la différence entre une minute de sodomie et une minute de fellation? » Devant son visage interloqué, le ponte du groupe socialiste se lance : « Tu as deux minutes? » Comme elle lui jette un verre d’eau dans la figure, elle hérite alors d’une réputation de rigide. « Marisol, si tu étais plus accueillante à mes blagues, ce serait tellement plus drôle! », lui dira ensuite un autre parlementaire.

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