Un ex délinquant d’extrême droite devant la justice pour incitation à la haine raciale

Les deux dossiers polémiques publiés par Le Petit Journal Catalan en août 2015 mettant en cause les communautés maghrébine et gitane auront une suite judiciaire après les plaintes de plusieurs associations.
Capture d’écran 2016-05-19 à 21.10.51.png
C’est une figure de l’extrême droite française bien connue de la justice et des services de renseignements qui comparaîtra le 5 juillet prochain devant le tribunal de grande instance de Perpignan. Rodolphe Crevelle est poursuivi pour « délit de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes, en l’occurrence les gitans de Perpignan et la population maghrébine de Perpignan, en raison de leur appartenance à une ethnie, une nation, ou une race. »

Dans le numéro suivant, c’est la population maghrébine de la place Cassanyes qui essuie les saillies islamophobes, coupable à ses yeux de vouloir mettre la main sur un des cafés de la place. Reprenant les codes de l’extrême droite, les Maghrébins sont qualifiés de « Martiens » par Crevelle. « Sale oiseau de malheur », « Martiens, en robe spatiale et mal rasés ».

Quand Hollande ordonne la surveillance de Crevelle

Rodolphe Crevelle navigue dans la nébuleuse de l’extrême droite depuis maintenant quarante ans.  On apprend ainsi que l’homme de 61 ans est un habitué des palais de justice. Après avoir fait ses armes dans sa jeunesse au sein du groupe Action jeunesse, scission du GUD, l’organisation étudiante nationaliste, il atterrit à Restauration Nationale, principal mouvement royaliste héritier de Charles Maurras, figure intellectuelle de l’extrême droite française.A l’origine de la création de la Garde Blanche en 1984, il rejoint le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) et se lie avec le sulfureux Serge Ayoub.
En 1985, il est exclu du MNR et bascule dans la criminalité avec une incarcération à la prison de Fresnes pour des braquages de bureaux de poste et de supermarché.

L’Independant

Henry de Lesquen, le candidat carrément raciste

5768501_1-0-231693950_545x460_autocrop

Depuis son entrée en lice dans la course « virtuelle » à la présidentielle, Henry de Lesquen, patron de Radio Courtoisie, multiplie les outrances. Son programme et son site de campagne regorgent de propositions hallucinantes susceptibles de tomber sous le coup de la loi. A tel point que le conseiller régional Paca Front national Thibault de la Tocnaye, qui anime une émission sur les ondes de la même station, s’est fendu mardi d’un communiqué pour « désavouer publiquement » ses prises de position.

Ainsi, sur son site, Henry de Les- quen pose sans ciller la question : « Les races sont-elles égales ? » Et d’y répondre en citant une pseudoenquête menée, dit-il, « par des Américains », qui affirme qu’il existe une différence de QI de 15 points entre les Noirs et les Blancs (sic). Il classe également les races entre « caucasoïdes » (les Blancs) et « congoïdes » (les Noirs).

Travaux forcés

Ce polytechnicien et énarque, ex conseiller municipal de Versailles, ancien RPR passé par le MNR, affirme également : « Sarkozy a des raci- nes juives, mais la France n’en a pas. » Quant à son programme, il préconise d’engager « la réimmigration ». Et de détailler : « Des millions d’immigrés envahisseurs seront déportés légitimement dans des conditions humaines. » Le rétablissement des travaux forcés et de la peine de mort, le port d’arme « pour les honnêtes gens », le bannissement des « musiques nègres », le « racisme positif » figurent au menu. Il entend également « brûler le Code du travail ».

Son tweet nauséabond sur Auschwitz (où il s’interroge sur la longévité des survivants, après la mort, à 93 ans, de l’écrivain rescapé des camps Martin Gray), a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a porté plainte contre lui. Le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) a saisi le CSA. L’institution ne peut rien faire : Internet ne relève pas de ses compétences. Mais, précise un porte-parole : « Nous sommes très vigilants sur tout ce qui est dit sur Radio Courtoisie. »

Le Parisien