La motion FN contre les migrants rejetée au conseil municipal d’Abbeville

Si le conseil municipal de lundi soir a été nettement moins mouvementé que le précédent, le sujet de polémique a été une nouvelle fois l’accueil de migrants à Abbeville. Ces derniers sont 27, orientés ici par la préfecture suite au démantèlement de la jungle de Calais ; ils sont hébergés dans des logements privés et accompagnés par des associations. Le groupe Abbeville Bleu Marine (Front national) a encore présenté une motion sur le sujet, cette fois pour demander que la population soit consultée en cas de nouvelles arrivées. Patricia Chagnon a notamment parlé de « tsunami migratoire », et accusé le maire socialiste Nicolas Dumont d’éviter le débat.
« La compétence de l’État »
Celui-ci a rappelé que ces personnes étaient des demandeurs d’asile, dont la prise en charge relève de « la compétence de l’État », suivant les engagements internationaux de la France. « En aucun cas l’État demande l’avis d’un maire », a-t-il insisté, précisant qu’il soutenait cette décision. Il a également accusé son opposante d’alimenter les rumeurs. Et noté que cette motion était présentée par les élus FN partout en France. Valérie Muller, du groupe Communistes et apparentés, a elle aussi dénoncé le discours du FN, adressant au contraire « un message d’accueil » aux réfugiés, suivant les valeurs « d’hospitalité, de solidarité et de liberté » de la République.
Stéphane Decayeux (Les Républicains), chef du groupe « Oui c’est possible », a également réagi. Critiquant l’amalgame entre migrants économiques et réfugiés, il a souligné : « LaFrance est une terre d’asile. Elle s’honore d’accueillir ces populations en déshérence. » Il a toutefois prôné « une certaine modération » pour pouvoir offrir « des perspectives d’intégration » à ces personnes.
Devant un public fourni, notamment composé de membres de la Ligue des Droits de l’Homme, la motion a été rejetée à une très large majorité, seules les deux élues du groupe FN votant pour.