Nicolas écroué pour le meurtre de Lucie Beydon

ci-contre-jean-paul-le-tensorer-directeur-interregional-de_2248234_439x405Le principal suspect dans l’affaire du meurtre de Lucie Beydon a avoué, au cours de sa garde à vue, avoir tué la jeune étudiante . Pour le procureur de Rennes, ce dénouement est le résultat de l’opiniâtreté des enquêteurs de la P.J. de Rennes. Hier, l’homme a été mis en examen pour meurtre et écroué.

Le 5 septembre 2004, les pompiers ont découvert le corps de la jeune femme, allongé dans son petit appartement de la rue Gambetta, à Rennes, rappelle le procureur de la République, Thierry Pocquet du Haut-Jussé. Le décès, qui remontait à 48 heures, avait été causé par 30 coups de couteau dont 21 portés dans la région du coeur et au ventre. Des prélèvements étaient aussitôt effectués, notamment sur les vêtements de la victime. Des coussins venant de l’appartement, retrouvés un mois et demi plus tard non loin de là, faisaient également l’objet de prélèvements. Mais aucune identification n’était possible : les traces biologiques étaient trop infimes ou provenaient de l’ADN mêlé de plusieurs personnes. Pendant plus de dix ans, les enquêteurs ont remonté des pistes qui n’ont mené nulle part.

« Ce dossier n’a jamais été refermé, insiste Thierry Pocquet du Haut-Jussé. Durant tout ce temps, le laboratoire de la police scientifique et technique a été saisi régulièrement de demandes sur les évolutions de l’état de la science en espérant que les maigres prélèvements puissent parler un jour ».

Ce jour est venu, tout récemment, lorsqu’ont été mis au point un procédé d’amplification des éléments contenus dans des traces d’ADN incomplet et un système de séparation des ADN mélangés. Les scellés de 2004 ont alors été analysés une nouvelle fois par le labo IGNA de Nantes, leader français de l’analyse génétique médico-légale. Les prélèvements étudiés ont permis une identification d’une grande précision. Le risque d’erreur a été estimé à 1 pour 1 milliard, note le procureur. Le suspect ainsi désigné était âgé de 27 ans au moment des faits. Originaire de Saint-Brieuc mais domicilié à Rennes, Nicolas Le Boulch travaillait alors dans une pizzeria toute proche du domicile de l’étudiante. Il avait déjà été entendu par les enquêteurs en octobre 2004, mais rien n’avait pu être retenu contre lui.

L’homme était déjà connu de la justice pour avoir été condamné, peu de temps auparavant, pour une série d’une vingtaine d’agressions sexuelles et d’exhibitionnisme : il sonnait à la porte des appartements dont la boîte aux lettres indiquait un prénom féminin, et se mettait nu dès qu’une femme venait ouvrir. Il lui est aussi arrivé fréquemment de voler des sous-vêtements féminins. Ces délits lui avaient valu une condamnation. Par la suite, il a commis de multiples vols nocturnes par effraction, notamment dans les bars et restaurants rennais dont il volait le contenu de la caisse pour financer sa consommation de stupéfiants. Cette fois, il a écopé de trois ans et d’une révocation de sursis antérieur. Il purgeait cette peine en Normandie lorsque les hommes de la P.J. sont allés le chercher pour l’emmener à Rennes où il a été placé lundi en garde à vue. Après avoir nié, le suspect a avoué mardi après-midi, pendant la prolongation de la garde à vue.

Il a expliqué avoir agi sur une pulsion, comme celles qui lui avaient valu d’être condamné l’année précédente. En sortant du travail ce vendredi soir, il était entré dans le petit immeuble où demeure l’étudiante. Il dit ne pas la connaître mais reconnaît l’avoir aperçue dans le quartier et soutient qu’il ne savait pas qu’elle habitait là. Après avoir sonné sans succès aux étages inférieurs, il arrive au dernier étage. Lucie Beydon lui ouvre et face au comportement exhibitionniste de l’inconnu, elle tente de le repousser pour refermer sa porte. En vain : l’homme, armé d’un couteau, la frappe mortellement avant de quitter les lieux, fermant la porte à clé, emportant les coussins tachés de sang qu’il allait jeter un peu plus loin. Nicolas Le Boulch a été présenté, hier soir, au juge d’instruction, qui l’a mis en examen pour meurtre. Il a été écroué à la maison d’arrêt du Mans (Sarthe).

Le Télégramme

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