
« Regardez bien cette photo ». Elle montre le visage d’un homme aux lèvres boursouflées, aux deux yeux fermés par des coups, aux ecchymoses marquées sur les joues. « Ben moi, je n’ai donné que quelques claques, après avoir été frappé moi-même », s’enferre Gilles R., 51 ans. « La victime vous désigne, dit que c’était le plus petit le pire », s’indigne le tribunal.
Le 14 mai dernier, Gilles R. et Dominique W. s’étaient retrouvés au domicile de Roland L. Il est 10 h du matin et le rosé coule à flots chez ces quinquagénaires, ils convoquent alors la future victime, Michel L., 68 ans, qui leur devrait 48 €.
L’homme s’assoit dans le studio, refuse de payer une dette qu’il estime ne pas devoir et c’est Dominique W. qui porte les premiers coups. Avec vingt-deux condamnations au casier, presque exclusivement pour des violences, il semble adopter le rôle de bourreau chevronné. Les claques et les coups de poing pleuvent. Le vieil homme est laissé libre pour aller au distributeur bancaire, et dans la rue un témoin l’aperçoit en sang, suivi par deux de ses tortionnaires. La police est appelée.
Dominique W., qui a le plus lourd casier, écope en son absence de dix mois de prison. Gilles R., « le plus violent », de 12 mois dont 8 avec sursis. Roland L. est condamné à six mois de prison avec sursis.