Articles par FDEBRANCHE

Le conseil municipal d’Ivry sur Seine vote pour le boycott des produits israéliens

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Communiqué du Collectif  » Ivryens pour la Palestine »:

Le conseil municipal d’Ivry sur Seine a adopté le 20 octobre 2016 un vœu appelant au boycott des produits israéliens. C’est une première en France et une étape importante qu’il faudra renforcer.

Notre combat contre le système colonial d’Israël doit se poursuivre jusqu’à son abolition. Restons mobilisés et déterminés à soutenir le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits : pour la levée du blocus de Gaza, la libération des prisonniers, le droit au retour des réfugiés sur leurs terres, la fin de l’occupation et de la colonisation et l’instauration d’un seul Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale – sur la terre historique de la Palestine – de la mer au Jourdain. Justice, Dignité et Liberté pour le peuple palestinien. »

Oumma

Un Grenoblois de 71 ans commande des viols d’enfants pour les visionner sur Internet

Un Grenoblois a été mis en examen mercredi. Il est suspecté d’avoir commandé des vidéos de viols de mineurs via internet. Emprisonné depuis pour détention d’images pédopornographiques à la prison de Valence (26), cet homme de 71 ans a été confondu grâce à une enquête internationale.

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Tout commence aux États-Unis, où le FBI est contacté par Yahoo. Ce fournisseur d’accès à internet a détecté un réseau de live stream pédopornographique, le live stream étant le fait de filmer et de diffuser simultanément des images sur internet.

La France est concernée, comme d’autres pays d’ailleurs. L’enquête est donc confiée à l’OCRVP, l’office central de répression des violences aux personnes, basée à Nanterre, en région parisienne. Ces policiers, très spécialisés, ont donc réussi à remonter jusqu’à un Grenoblois de 71 ans qui s’était connecté sur ce site illégal.

« Le live stream est une pratique en pleine expansion et notamment avec les pays émergents, comprenez les pays pauvres, comme les Philippines ». nous a confié le patron de l’OCRVP que nous avons eu au téléphone. Le principe : des pédophiles commandent des viols d’enfants sur internet, avec des consignes précises et regardent ensuite en direct la scène. Le tout pour 10 à 20 euros.

Une pratique en pleine expansion dans les pays pauvres

Il est donc compliqué après d’avoir des preuves matérielles, « sauf s’ils sont assez tordus pour enregistrer la scène » lâche un enquêteur. mais dans le cas de ce Grenoblois, les enquêteurs ont pu montrer qu’il avait fait des versements d’argent en direction des Philippines et qu’il s’était bien connecté au dark web, la partie cachée d’internet.

L’homme, qui était déjà en prison pour détention d’images pédopornographiques, a donc été extrait de sa cellule ce mardi. Devant le juge, il a nié les faits [antérieurs à son séjour en prison NDLR], expliquant qu’ on avait usurpé son identité. Il a tout de même été mis en examen, mercredi, pour complicité de viols sur mineurs avec actes de torture et de barbarie et association de malfaiteurs. Il est retourné en prison. Pour l’instant, c’est le seul Français mis en examen dans cette terrible affaire.

France Bleu

Loire : Marc Petit, maire de Firminy soupçonné d’agression sexuelle en Turquie

Le maire (PCF) de Firminy (Loire) est dans la tourmente. Il y a une semaine, l’élu a appris qu’il était visé par une plainte pour agression sexuelle. Les faits se seraient produits mi-juillet lors d’un déplacement en Turquie.

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La victime présumée, déjà entendue à plusieurs reprises, est salariée au service de communication du département du Puy-de-Dôme.

Cette quadragénaire se trouvait au sein d’une délégation d’une douzaine de personnes à Istanbul, à la mi-juillet, pour promouvoir le classement de la chaîne des Puys et de la faille de Limagne au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le maire de Firminy avait fait le déplacement en Turquie pour le même comité de l’Unesco, mais afin de soutenir la candidature des sites conçus par l’architecte Le Corbusier dans sa commune. A la fin de ce séjour, des membres de la délégation auvergnate ont vu arriver la plaignante « en pleurs, l’air bouleversé ».

« Elle a confié à certains d’entre nous qu’elle venait de subir une agression », témoigne l’un d’eux. Les faits se seraient déroulés alors même que la Turquie vivait un coup d’Etat. Dès son retour, l’Auvergnate a porté plainte. La procédure a été transmise au parquet de Saint-Etienne qui a ouvert une enquête préliminaire confiée à la police judiciaire.

Il nie catégoriquement

La plaignante, qui a le soutien de son employeur, est présentée comme une mère de famille « d’une grande probité morale », selon sa chef de service qui salue son courage, « surtout face à un élu ».

Marc Petit n’a pas encore été entendu par les enquêteurs. Toujours est-il que l’élu de 49 ans dément catégoriquement ces accusations. Son avocat a annoncé son intention de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Le Parisien

Contre le club identitaire La Citadelle interdit aux « non blancs », la mobilisation se construit

L’ouverture en septembre du club identitaire la Citadelle dans le centre de Lille continue de susciter de farouches oppositions. Samedi, le mouvement Action antifasciste NP2C organisait une réunion publique de mobilisation.

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Ne pas sous-estimer l’adversaire. Chef régional de Génération identitaire, Aurélien Verhassel aura eu droit à toute l’attention des intervenants d’une rencontre entre une cinquantaine de militants antifas, samedi à Lille. «  Son intention n’est pas simplement de former une armée de dix mecs  », met en garde un orateur. En clair, le patron des identitaires se voit volontiers à la tête d’une école de cadres. Objectif : mettre la main, à plus ou moins long terme, sur le Front national et son épais bas de laine de voix.

Groupusculaire

Dans ce contexte, l’ouverture de la Citadelle (un club privé bunkerisé dans une courée du centre-ville) trouve tout son sens. C’est un bureau «  pour rabattre pour le FN, y compris dans la frange violente  », estiment les opposants. «  Dans leurs rangs, il y a des bourrins et des intellectuels  », rappelle un participant.

Alors, comment agir ? Le testing ? «  Cela ne sera pas efficace, balaie un animateur de la rencontre. La Citadelle ne se veut pas un bar, mais un club privé. Pour y aller, il faut payer sa cotisation. » Sensibiliser les voisins ? «  Pourquoi pas  ?, approuve un autre militant. On a déjà reçu une dizaine de messages de riverains pas très contents. » L’idée des échanges est également de marteler l’aspect groupusculaire de Génération identitaire. Avec l’ambition de décourager les personnes n’appartenant pas au noyau dur de franchir le seuil de la Citadelle. «  Verhassel voudrait que ce lieu soit dynamique, relève un militant. C’est peut-être là qu’il faut agir. En créant un climat local défavorable. » Peut-être en stimulant une «  contre-culture antiCitadelle. » Le 24 septembre, une manifestation avait réuni de 500 à 1 000 opposants au club. Une pétition a réuni, elle, plus de 60 000 signatures. Et maintenant ?

La Voix Du Nord

Les nationalistes condamnés pour attentat terroriste bientôt transférés en Corse après la violente manifestation

Le garde des Sceaux a précisé que cette décision n’était « pas une faveur » et n’était donc pas liée à l’actualité récente ( la Police attaquée par des nationalistes corses lors d’une manifestation )

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Les militants nationalistes Nicolas Battini et Stéphane Tomasini, récemment condamnés par la cour d’assises spéciale de Paris, seront prochainement transférés en Corse, a annoncé samedi la Chancellerie confirmant une information de Corse-Matin.

« A ce jour, l’ensemble des condamnés définitifs pour motif terroriste ayant émis le souhait d’être à Borgo ont pu rejoindre cet établissement, hormis 3 personnes condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité et inscrites au répertoire des détenus particulièrement signalés », avait souligné le ministère.

Un troisième militant corse, Joseph-Marie Verdi, petit-fils de l’ex-chef du FLNC Charles Pieri, condamné par défaut le 6 octobre alors qu’il était en fuite, à six ans de prison par la cour d’assises spéciale de Paris pour l’attentat contre la sous-préfecture de Corte, a été incarcéré jeudi à Borgo.

Europe 1

 

Policiers en colère: un mouvement infiltré par l’extrême droite? #ManifPolice

Depuis le début de la semaine, des centaines de policiers défilent la nuit dans différentes villes de France. A Paris, ils affirment être un mouvement « sans tête » et apolitique, mais la tentative de récupération de l’extrême droite plane.

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Depuis lundi 17 octobre, des centaines de policiers en colère se réunissent chaque soir dans les rues de Paris, mais aussi à Lyon, Marseille ou encore Toulouse et Montpellier. Un « ras-le-bol » face au manque de moyens, d’effectifs et de sécurité, deux semaines après l’agression de quatre agents au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essone).

Rarissime, ce mouvement pose aussi de nombreuses questions: qui le dirige? qui en est à l’origine? Difficile de savoir, puisque les manifestants, qui défilent cagoulés, tentent de préserver leur anonymat. Ils n’ont d’ailleurs pas déclaré la manifestation de lundi à la préfecture de police de Paris, un « oubli » normalement puni de 7500 euros d’amende et de six mois d’emprisonnement. Et pour cause, le droit de manifester des policiers, s’il n’est pas explicitement interdit par leur code de la déontologie quand ils sont hors service et en civil, n’est pas non plus évident, comme l’explique Le Monde.

Un mouvement « manipulé » par le FN?

Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis voit dans ces manifestations « la patte du FN ». Et le secrétaire général d’Alliance police, Jean-Claude Delage, a affirmé sur France Info vendredi, qu’il y a « des manipulateurs » qui oeuvrent en coulisses.

Selon un journaliste militant, un manifestant parisien n’aurait pas hésité à proférer des menaces de mort à son encontre. Les images montrant des membres du cortège arborant chaînes, bagues de combat, bombers et « foulard tête de mort », apparats dont s’affublent traditionnellement les groupes identitaires, ne plaident pas forcément en leur faveur.

Le mouvement a-t-il pour autant été récupéré par les mouvements d’extrême-droite? Pas selon « un brigadier d’origine maghrébine » interrogé par Le Pointpour qui « C’est une aberration que Schwartz s’autoproclame porte-parole, les collègues ne sont pas d’extrême-droite ». Interrogé par L’Express, Rémy Buisine, un reporter qui a couvert les manifestations de Paris sur Periscope et Twitter, estime lui aussi qu’il est « difficile de tirer des conclusions ».

« Sans tête et apolitique »

« Honnêtement, il serait très hasardeux d’affirmer que le mouvement est piloté par qui que soit. C’est vrai qu’il y a eu des slogans comme ‘Les racailles en prison!’, qui interrogent, mais peut-on en conclure quelque chose? Le principal slogan, c’était surtout de chanter la Marseillaise toutes les 10 minutes », explique Rémy Buisine.

« J’essaye, comme beaucoup de gens, de comprendre qui a impulsé le mouvement et s’ils ont une idée politique derrière la tête. C’est ambigu car aucun manifestant n’a voulu donner son nom, uniquement un numéro de matricule, regrette-t-il. Mais la grande majorité m’a affirmé être un mouvement ‘sans-tête’, apolitique et totalement détaché des syndicats. Ils réclament plus de moyens et plus de protection, la démission de Bernard Cazeneuve [le ministre de l’Intérieur], Jean-Marc Falcone [le patron des policiers] et de François Hollande. Surtout, ils réfutent tous à 100% les accusations de Cambadélis. »

Les syndicats tentent de reprendre la main

« J’ai discuté avec une personne qui se revendiquait ouvertement d’un groupe identitaire. Il n’était pas de la police, mais tenait à apporter son soutien, précise Rémy Buisine. Mais si l’on veut rester totalement factuel, il n’y avait aucun représentant officiel du Front national dans le cortège. Et si des politiques étaient venus, je pense qu’ils n’auraient pas été les bienvenus. C’est probablement pour ça qu’aucun ne s’y est hasardé. »

Mais un mouvement policier qui opère dans les limites de la légalité peut-il rester « sans-tête » indéfiniment, à la manière d’un Nuit Debout? Ce n’est pas l’avis des syndicats de la police qui, s’ils ont été dépassés par l’événement les premiers jours, tentent désormais de reprendre la main, notamment en ayant décroché une réunion la semaine prochaine avec François Hollande. Pas sûr que cela suffise à calmer la grogne des policiers.

L’Express

Une Américaine plaide coupable pour avoir fracassé la tête d’une musulmane voilée avec un verre de bière

Indéfendable, Jodie Burchard-Risch, 40 ans, a plaidé coupable lundi dernier devant le juge du tribunal du comté d’Anoka, dans l’Etat du Minnesota, en évitant de croiser le regard anxieux de sa victime, Asma Mohamed Jama, 38 ans, qu’elle n’avait pas revue depuis ce jour d’octobre 2015, tristement mémorable, où elle libéra ses pires pulsions contre elle.

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Le visage défiguré de Asma Mohamed Jama a nécessité 17 points de suture 

Placée devant la réalité accablante de l’agression qu’elle a commise, cette citoyenne américaine de Minneapolis a préféré négocier un plaidoyer de culpabilité, reconnaissant être sortie de ses gonds en voyant la jeune femme voilée s’attabler dans le restaurant Applebee’s, où elle était en train de déjeuner avec son mari. 

Bouillonnant de rage jusqu’à l’implosion, elle n’a pas supporté d’entendre Asma Mohamed Jama converser avec ses proches qui l’accompagnaient, en l’occurrence un cousin et ses deux enfants, dans une autre langue que l’anglais : le swahili, sa langue maternelle.

Ni une ni deux, Jodie Burachard-Rish a alors saisi un grand verre de bière et s’est ruée vers la table voisine pour le briser avec une brutalité inouïe sur la tête de la malheureuse Asma Mohamed Jama. Celle-ci, ignorant que sa présence avait à ce point indisposé son assaillante, n’a rien pu faire pour se protéger de sa fureur. Elle s’est écroulée, le visage en sang, sous les yeux impuissants et terrifiés de sa famille.

Le personnel du restaurant, alerté par le bruit fracassant de la scène, s’est précipité pour mettre hors d’état de nuire cette cliente hors d’elle, avant que cela ne tourne au drame.

« Je craignais de la revoir, j’étais très nerveuse à cette perspective, mais il fallait que j’en passe par là. Je pense que chaque victime doit ressentir la même chose au moment d’être à nouveau confrontée à son agresseur dans un tribunal », a confié Asma Mohamed Jama, en rappelant qu’il aura fallu pas moins de 17 points de suture pour fermer ses plaies profondes, en tout cas les plus visibles, les séquelles psychologiques restant enfouies en elle, indélébiles.

« Au moins, elle a reconnu sa culpabilité et la gravité des faits. Même si elle n’a pas utilisé le terme de crime de haine, elle a admis que c’était une agression à caractère raciste », a-t-elle ajouté, en disant éprouver un certain soulagement.

Jodie Burchard-Rish encourt une peine d’emprisonnement d’une durée de 180 jours et cinq ans de probation. Le tribunal rendra son verdict au mois de décembre. 

Oumma

Un prêtre arrêté pour agressions sexuelles sur 4 femmes et une fillette

Un prêtre de Palerme a été arrêté ce vendredi. Il est accusé d’abus sexuels pendant les séances d’exorcisme. 

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Florine : «Les policiers nous demandent de les rejoindre alors qu’il y a 4 mois, ils nous ont matraqués»

Après l’agression de leurs collègues à Viry-Châtillon, les policiers ont renouvelé leur manifestation nocturne dans les rues de Paris. Sur leur chemin, quelques détracteurs.

C’est le monde à l’envers. Ce jeudi 20 octobre, environ 500 policiers défilaient dans les rues de Paris lors d’une troisième manifestation nocturne depuis le début de la semaine. Le cortège sauvage imitait ainsi les opposants à la Loi Travail qui avaient battu le pavé lors de plusieurs nuits mouvementées le printemps dernier. Après la violente agression au cocktail Molotov de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon, les policiers veulent ainsi réclamer plus de moyens et d’effectifs pour accomplir leur mission.

Du Trocadéro jusqu’à l’avenue de Marigny, où ils ont été bloqués à 300 mètres du Ministère de l’intérieur par la gendarmerie, les manifestants-policiers ont marché en alternant la Marseillaise, « Racailles en prison! » et « Cazeneuve démission! ». Leur cri du coeur a visiblement été entendu puisque François Hollande recevra une délégation de syndicats de policiers en début de semaine prochaine.

En marge du cortège, Le HuffPost a interviewé plusieurs badauds et riverains qui se sont montrés en majorité sympathiques à la cause des policiers. Mais nous avons aussi été témoin d’une conversation entre des manifestants et une jeune opposante à la Loi Travail qui découvrait par hasard ce curieux cortège. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, Florine, 25 ans, a quant à elle beaucoup de mal à entendre le message des policiers…

Ces derniers ont ensuite été raccompagnés chez eux par quelques taxis qui les ont gratuitement pris en charge.

Huffington Post

Les manifestations de la police vous font peur? Voilà pourquoi

Si la mise en scène des manifestations spontanées de policiers, organisées en pleine nuit dans les rues de Paris, ont pu surprendre les riverains, elles inquiètent également la majorité à l’approche de la présidentielle. 

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Voilà plusieurs nuits désormais qu’à Paris, Toulouse, Nice ou Marseille, des centaines de policiers descendent dans les rues. Ils veulent faire entendre leur colère, leur «ras-le-bol»face à des effectifs insuffisants et un manque de moyens, une politique du chiffre, des conflits internes qui rongent les organisations syndicales et un manque de considération de leur hiérarchie. Ces rassemblements spontanés font surtout écho aux différentes attaques dont des fonctionnaires de police ont été victimes ces derniers jours. D’abord celle, au cocktail Molotov dans le quartier de la Grande Borne, à cheval entre les communes de Grigny et Viry-Châtillon, le 8 octobre, qui a blessé grièvement un adjoint de sécurité. Puis celles de Bastia et de Mantes-la-Jolie, quelques jours plus tard.

Aux yeux des personnalités politiques de tous bords, les revendications de ces policiers sont légitimes. Mais certains, surtout à gauche, regrettent la manière dont les manifestations sont menées et mises en scène: ballets de policiers dans les rues en pleine nuit, en uniforme ou en civil, cagoulés pour certains; ballets de voitures banalisées et officielles sirènes hurlantes et gyrophares allumés sur les Champs-Élysées.

«Entre Pinochet et « The Walking Dead »»

À la vue de ce spectacle dans les rues de Paris, ou à la télévision, certains riverains et téléspectateurs se sont dits choqués. Sur Twitter, on décrit des scènes «surréalistes», «hallucinant[es]», «entre Pinochet et The Walking Dead», de policiers défilant dans les rues en «réveillant la population» et appellant les gendarmes mobiles qui encadraient la manifestation illégale à les rejoindre dans le cortège.

Parmi ces réactions fortes, quand certains évoquent à demi-mot des faux airs de coup d’État, d’autres font davantage référence à une forme d’«impunité» des forces de l’ordre qui ont pu se livrer à des manifestations interdites sans être inquiétés par les gendarmes mobiles qui encadraient les rassemblements. Un «deux poids/deux mesures» qui interpelle donc ceux qui ont été témoins ou au cœur des heurts parfois violents qui ont émaillé, ces derniers mois, les manifestations contre la loi travail.

Pour Arnaud Houte, maître de conférence à La Sorbonne et historien de la police, la peur ou, tout au moins, la surprise ressenties à la vue de ces manifestations «sauvages» répondent à d’autres facteurs symboliques. «Qu’ils manifestent cagoulés, masqués, c’est lié à leur devoir de réserve et à des contraintes réglementaires, mais il y aussi là une volonté de mise en scène. Mais, ce n’est pas spécifique à la police, prévient-il. Mettre en scène une manifestation, faire le spectacle, des happenings, c’est quelque chose que l’on peut ratacher aux transformations de la manière de manifester et général et qui s’oberserve également dans d’autres professions».

«Pas un bon signe pour la santé démocratique»?

Alors, pourquoi l’idée de voir des policiers dans la rue, de nuit, surprend? Arnaud Houte avance deux hypothèses. D’abord que ces images peuvent rappeler, dans notre imaginaire collectif, des scènes que nous sommes surtout habitués à voir dans des États policiers d’Amérique du Sud plutôt qu’en France. Il soulève ensuite l’idée que ces manifestations spontanées, organisées sans autorité syndicale, posent des questions sur l’encadrement et la gestion des fonctionnaires de police. «Les contestations de la police contre le gouvernement ne sont pas nouvelles, ce qui est nouveau, en revanche, c’est que les syndicats donnent le sentiment de ne plus tenir leur base», ajoute-t-il

«En France, je pense qu’on a perdu la mémoire de ces manifestations policières, mais il y en a eu. Il y a eu, par exemple, la grande manifestation du 13 mars 1958 qui a lieu deux mois avant la chute de la IVe République, très liée au contexte de la Guerre d’Algérie, et qui est le point de comparaison le plus intéressant. Quelque part, dans la mémoire collective, il y a ce souvenir que quand la police manifeste, ce n’est jamais bon signe pour la bonne santé démocratique.»

Dans deux tweets postés sur un compte Twitter (désormais passé en privé), une riveraine du canal Saint-Martin, dans le XXe arrondissement de Paris, a décrit en ces termes la scène qui se déroulait sous ses fenêtres:

«Les flics sont en train de chanter super fort la Marseillaise dans ma rue. Et crient « La police dans la rue ». Mon sang s’est glacé». 

Puis:

Je tremble de partout. C’est archi-flippant

Une riveraine

«La police manifeste en hurlant « Résistance », « La police dans la rue », très nombreux. Je tremble de partout. C’est archi-flippant». 

La force de la mise en scène

La mise en scène de ces manifestations nocturnes a marqué les esprits. Nombre de Parisiens résidant sur le parcours du cortège semblent avoir été surpris par le mode opératoire, après avoir été réveillés, dans la nuit, par les klaxons, les sirènes et les gyrophares de véhicules de police. Le caractère illégal de ces rassemblements a pu jouer sur le sentiment étrange vécu par les Parisiens. Car s’«il n’est pas illégal de manifester dans la police, ce que l’on n’a pas le droit de faire c’est d’utiliser les moyens de la police, des véhicules, etc….», a rappelé Bernard Cazeneuve, le 19 octobre, sur TF1. Ce que l’on observe pourtant depuis quelques jours.

Autre aspect illégal: contrairement à de précédentes manifestations de policiers préalablement autorisées par la préfecture, organisées en pleine journée et chapeautées par des organisations syndicales survenues ces derniers mois, devant le ministère de la Justiceou sur la place de la République à Paris, les rassemblements de ces derniers jours n’ont pas été autorisés par la préfecture.

Slate

Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies?

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La loi de 1905 n’interdit à aucune famille de reproduire cette magie de Noël, chez elle ou au marché. La question est de savoir s’il faut mimer la naissance de Jésus, sur fonds publics, dans nos maisons communes que sont les Mairies ou les Conseils généraux ? La réponse est non.

La loi de 1905

Même aux Etats-Unis, cette pratique est jugée contraire au « Mur de Séparation ». En France, la loi de 1905 et son article 28 sont très clairs : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics« .

C’est pour défendre cette séparation, notre laïcité commune, que la Libre Pensée a porté plainte contre plusieurs mairies et conseils généraux violant la loi. Un tribunal administratif lui a donné raison contre le Conseil Général de Vendée. Depuis des années, il choisit d’exposer dans son hall, sur fonds publics, deux statues géantes de Jésus et Marie...

Une gifle à la Séparation que l’on doit à Philippe de Villiers, parfait ambassadeur de cette Vendée cléricale et anti-laïque, sauf bien sûr s’il s’agit de guerroyer contre l’Islam. Toujours un peu rétif à accepter la loi des hommes, le vicomte a qualifié le rappel à la loi républicaine de « totalitaire ».

Quant au maire de Béziers, Robert Ménard, il a carrément appelé à la « désobéissance civile » et installé une crèche de Noël dans sa mairie.

Dans ces deux cas, au moins, les choses sont claires. En bafouant la loi de 1905, en traitant la République de dictature anti-chrétienne lorsqu’elle veut faire respecter la Séparation, l’extrême droite et la droite cléricale se dévoilent… Leur conversion tardive à la laïcité n’est qu’un leurre et une conviction uniquement valable pour l’Islam. Autant dire une imposture parfaite.

Mais d’autres citoyens, de bonne foi cette fois, ne voient pas où est le problème. Ceux-là doivent lever leurs yeux des santons et voir plus loin. Car c’est tout l’équilibre de la Séparation que menacent l’ouverture du bal des accommodements. Si on fait une exception pour le petit Jésus, pourquoi ne pas le faire pour d’autres ?

En cédant à la mode sympathique des crèches de Noël, la France risque de mettre le doigt dans un engrenage de revendications et de rivalités communautaires sans fin.

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

En matière d’égalité des religions, il n’existe que deux chemins. Soit vous veillez à ne pas privilégier une religion sur une autre par la Séparation, soit vous les reconnaissez toutes et c’est la course aux dérogations. Ce qu’il nous faut, c’est une règle claire et valable pour tous.

 

Huffington Post

Rome ferme 5 lieux de culte, des musulmans manifestent devant le Colisée

Plusieurs centaines de musulmans ont organisé aujourd’hui une grande prière devant le Colisée à Rome, pour protester contre la fermeture récente de cinq lieux de culte dans la capitale italienne.

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« Les autorités ont fermé ces derniers temps cinq lieux de culte pour des irrégularités administratives », a déclaré à l’AFP M. Bacciu, originaire du Bangladesh, et l’un des organisateurs de la manifestation. « Il est vrai qu’il y a eu quelques problèmes administratifs, des toilettes en moins ou en plus, mais ce n’est pas une raison suffisante pour fermer un lieu de culte », a-t-il ajouté. « Nous ne savons pas en plus qui a ordonné ces fermetures, tout le monde nie en être à l’origine, la municipalité, la préfecture, le ministère de l’Intérieur », a-t-il ajouté.

A l’écart des hommes qui scandaient « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand, en arabe) des femmes et des enfants ont prié dans un espace délimité entre plusieurs arbres par une grande toile bleue. Dénonçant l’amalgame entre musulmans et djihadistes après la multiplication des attentats revendiqués par des djihadistes dans le monde, M. Bacciu a rejeté l’argument selon lequel des imams risquent d’inciter à la violence dans les lieux de culte irréguliers. Selon lui, un grand nombre de musulmans comme lui « ne comprennent que quelques mots d’arabe et vont à la mosquée pour être en communion avec Dieu ».

« Par la force des choses, on se sent montrés du doigt en tant que musulmans. Ensuite, dans les débats politiques, on entend le centre gauche (au gouvernement) qui dit qu’il nous aime bien mais qui ne nous aide pas, le centre droit qui ne nous aime pas mais le résultat est le même », a affirmé Francesco Tieri, un Italien converti et porte-parole d’une coordination d’associations musulmanes. « Il n’y a pas de volonté politique de reconnaître notre présence sur le territoire. Donc nous sommes obligés de louer des locaux et nous nous mettons à prier. Parce que la prière, pour celui qui veut cultiver la dimension spirituelle, c’est comme l’air. Si nous ne prions pas, nous mourons », a-t-il fait valoir.

En Italie, toutes les communautés religieuses autres que catholiques ont du mal à se faire entendre, mais le dialogue avec les autorités est encore plus compliqué pour les musulmans, qui n’ont pas de représentant ou d’organe collégial représentatif.

Le Figaro

Menaces de mort et injures racistes : une aire de jeux dégradée et taguée avec des signes chrétiens et nazis

Les jeux pour enfants, des bancs, le sol ont été dégradés et tagués avec des sigles à connotation nazie et raciste.

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Dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 octobre, l’aire de jeux pour enfants du parc de Drouille de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) a été vandalisée par de très nombreuses inscriptions à caractère raciste et xénophobe. La quasi-totalité des jeux, mais aussi des bancs ou même le sol, ont été dégradés et tagués avec des sigles à connotation nazie (comme des croix gammées), mais aussi religieuse, sans compter des menaces de mort et autres injures à connotation raciste… peintes à la bombe noire.

 

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Ce n’est malheureusement pas la première dégradation dont est victime cette aire de jeux, puisqu’il y a quelques mois, les nouveaux grillages qui avaient été posés avec été vandalisés, abîmés… et la municipalité avait finalement décidé de les enlever face aux dégradations récurrentes.

Dès ce jeudi matin, la municipalité a déposé plainte contre X auprès du commissariat de Police, « après avoir fait constater par la Police Municipale et la Police Nationale » a confirmé le premier adjoint au maire de la ville de Manosque, Bernard Diguet.

Haute Provence Info

Jean-Marie Le Pen : Africains et Européens n’ont pas le même «âge mental et biologique»

Le fondateur du FN est revenu sur la série de violences qui ont récemment visé le corps enseignant, et la juge notamment due au brassage ethnique dans les classes.

Toujours fidèle au poste, Jean-Marie Le Pen poursuit ses commentaires de l’actualité dans son «journal de bord» hebdomadaire. L’occasion pour l’octogénaire de dispenser ses analyses et ses bons mots, flirtant régulièrement avec l’outrance à tonalité raciste. Une limite allègrement franchie dans le dernier numéro de l’émission présentée par son assistante Marie d’Herbais, qui a suivi «son président d’honneur» dans l’exil, aux marges du FN. La sortie de route du jour concerne l’analyse que fait le «Menhir» de la série de violences qui ont visé ces derniers jours le corps enseignant. «Pas un jour ne passe sans qu’un enseignant ne soit agressé, de l’école primaire en passant par le collège jusqu’au lycée, quelle est la raison de cette débâcle?», lance Marie d’Herbais.

Pour Jean-Marie Le Pen, «il y a beaucoup de raisons». «L’une d’entre elle tient à l’attitude laxiste et complaisante du corps enseignant (…) L’enseignement public, et par contagion, peut-être un peu le privé, est profondément marxisé, ou peut-être même pire encore anarchisé. Il était de bon ton de considérer que l’enfant est roi. Il n’y a pas d’autre accès à la connaissance que le travail, l’effort. Et cela ne se fait pas dans une ambiance de vacances permanentes», vilipende l’ancien parachutiste.

Le Pen n’en est pas à son coup d’essai

L’autre explication de ces évènements se trouve selon lui dans «l’ambiance de melting-pot (brassage ethnique, ndlr) physique». L’eurodéputé regrette de voir mis «dans la même classe des jeunes Africains de 14 ans avec de jeunes Européens du même âge». «Mais ils n’ont pas le même âge biologique, ni le même âge mental, ni le même niveau de connaissance et d’éducation», estime Jean-Marie Le Pen, dans la lignée des saillies ethno-différencialistes dont il a le secret. «Un enfant qui ne suit pas la classe, l’enseignement, il s’ennuie. Quand il s’ennuie, il s’amuse et se détend, ou s’exprime par des violences, et nous allons donc voir s’aggraver ces violences», juge encore le père de Marine Le Pen, qui n’hésite pas à voir là un début de «désintégration du système» scolaire. «Système qui ne peut reposer que sur l’ordre, sur l’autorité, sur la hiérarchie, sur des valeurs que l’enseignement français a niées pendant des décennies», brocarde le pourfendeur de «la migrance».

Ce n’est pas la première fois que Jean-Marie Le Pen utilise son journal de bord pour diffuser des propos propres à susciter de vives polémiques. En juin 2014, encore intégré au FN, il avait notamment promis de faire «une fournée» d’une série d’artistes, dont Patrick Bruel. Une boutade selon Jean-Marie Le Pen, dont les accents antisémites avaient provoqué l’éclatement d’un nouveau conflit politico-familial. Un affrontement qui a conduit Marine Le Pen à suspendre son père du parti et à la priver des moyens nécessaires au tournage et à l’hébergement du journal de bord. Jean-Marie Le Pen dispose donc désormais de son propre site et ses vidéos sont notamment relayées par le site du polémiste d’extrême droite Alain Soral

Le Figaro

Racisme et menaces : l’essayiste d’extrême droite Alain Soral au tribunal

Le parquet a requis jeudi six mois de prison contre l’essayiste d’extrême droite, poursuivi notamment pour harcèlement moral, menaces et injures raciales, par une ancienne mannequin qui l’avait éconduit.

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Ce pourrait être l’histoire, tristement banale, du type éconduit qui, vexé du rejet de celle qu’il convoite, se met à l’insulter. Des affaires comme celles-ci, il en arrive tous les jours : les harcèlements, de rue ou d’ailleurs, dont sont régulièrement victimes les femmes, parce qu’elles n’ont pas répondu favorablement à un compliment lourdingue ou à une invective machiste.

Sauf qu’ici, le prévenu s’appelle Alain Soral. Et à la gravité des faits qui lui sont reprochés s’ajoute le caractère racial. Plus un travail de sape méthodiquement organisé par les proches de l’essayiste d’extrême droite, pour faire taire sa victime. Ce jeudi, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, l’homme était jugé pour des faits présumés d’injures raciales, menaces, envois réitérés de messages malveillants, et harcèlement. Il n’a pas fait le déplacement.

C’est donc celle qui l’accuse, Binti Bangoura, une grande femme noire de 34 ans, qui va livrer sa version du dossier : deux ans en enfer pour avoir osé repousser les avances d’Alain Soral. Pendant longtemps, elle a préféré ne rien dire. Parce qu’elle avait peur. Pendant des semaines, Binti Bangoura s’est terrée en Allemagne, craignant de rentrer en France, craignant «pour [sa] vie»«Ecoute bien, crasseuse, et passe le message à qui tu veux. Un conseil, oublie Alain, et ne t’avise pas de venir sur Paris», l’a-t-on prévenue un soir, dans un mail. Un de plus, au vu des nombreux messages d’insultes que la jeune femme a reçus entre août et novembre 2014, entre le moment où elle a dit «non», et celui où elle a finalement porté plainte.

«Les Blancs prennent les Blacks pour des putes»

A la barre, Binti Bangoura raconte. Elle a fait la connaissance de l’auteur de la Sociologie du dragueur le 3 mars 2014. A l’époque, l’ancienne mannequin, hôtesse d’accueil, qui tente de percer dans la musique, commence à s’intéresser aux vidéos d’un certain Dieudonné, à qui elle prête un rôle d’avocat de la cause noire. «J’avais l’impression qu’il s’agissait d’un leader, qu’il voulait dénoncer des choses», explique-t-elle. Via Facebook, elle envoie à Egalité et Réconciliation, le mouvement antisémite d’Alain Soral, un article sur l’Afrique, précisément la Guinée, dont elle est originaire. Elle aimerait le voir relayé «pour dénoncer des injustices». C’est Soral lui-même qui répond. Commence un échange, qui peu à peu se transforme en flirt. L’homme promet de la mettre en relation avec des producteurs intéressés par sa fibre artistique. A l’époque, «il me faisait la cour, mais il était charmant et très gentleman. Il ne me faisait pas d’avances sexuelles», raconte-t-elle.

De temps en temps, elle converse avec Soral via Skype ou échange des photos. Parfois dénudées. Puis l’homme devient insistant, il souhaite la rencontrer. Binti Bangoura raconte recevoir alors le message d’une femme, qui se présente comme la maîtresse de l’essayiste. Elle se veut rassurante au sujet de l’idylle naissante : «elle m’a dit que ça ne la dérangeait pas», mais essaye de s’immiscer dans la relation, dit Binti Bangoura, qui décide de tout arrêter. «Cela ne m’intéressait pas». Elle contacte Alain Soral pour le lui dire, l’embrouille un peu. Puis reçoit ces textos : «vu comme ça effectivement tu peux aller te faire foutre»«ce soir je pense que c’est le moment de te remettre à ta place. J’ai renoncé depuis longtemps à ton cul. Tu es le genre de fille qui n’a aucun pouvoir sur moi»«ton destin est d’être un fantasme à vieux blanc juif pervers…»«les Blancs prennent les Blacks pour des putes, ce qu’elles sont le plus souvent»«finalement il ne te reste de sûr que les juifs et les pédés»«les pédés comme amis pour t’écouter chialer que ton destin c’est d’être une pute à juifs…».

«Comme ça tu vas peut-être finir par la fermer»

Nous sommes le 16 août 2014, les menaces dureront plusieurs mois. Le soir même : «Tiens, je te renvoie cette photo, j’ai trop peur qu’elle se perde et se retrouve sur Facebook, les gens sont si méchants». Un autre, anonyme : «Salut, notre ami vient de nous filer tes photos… Pas mal… Si on entend reparler de toi : diffusion publique de tes photos et crois-nous on a du fan sur YouTube et nos sites». Puis un autre : «On te prévient, on est là pour prendre la suite» ; encore : «Fais bien attention à ne pas aller trop loin, tu y laisserais des plumes». Certains contiennent des photos : «Comme ça, tu vas peut-être finir par la fermer. Au passage belle paire de nichons». Plus menaçants encore : «La tournante s’est déroulée dans une cave de La Défense». Un proche la contacte, joue la carte communautaire, tente de la raisonner «tu vas pas aller voir la jew-stice [«jew» veut dire «juif» en anglais, ndlr] ? C’est tout ce qu’on combat.»

«Toutes les personnes [gravitant] autour d’[Alain Soral] ont commencé à me contacter, pour reprendre le relais des menaces à sa place», raconte Binti Bangoura, ajoutant que des fans d’Egalité et Réconciliation, où des articles – encore en ligne aujourd’hui –, lui sont consacrés, se joignent au «tsunami». «Tout le monde venait m’insulter sans me connaître. Chacun faisait des posts sur Facebook pour me faire passer pour une prostituée. Ils ont fini par publier toutes les photos». Binti Bangoura tombe peu à peu dans la dépression, se sent abandonnée, se tourne vers des associations anti-racistes, sans succès. «Alain Bonnet [le vrai nom d’Alain Soral, ndlr] a donné de moi l’image d’une bimbo. Les gens ne voulaient pas m’aider».

«Alain Soral a dit qu’il ne va pas s’arrêter»

Elle devient parano – «je me suis dit : il a 200 000 fans sur Facebook, si tu parles, ces personnes se tourneront toutes contre toi» –, se croit suivie, observée – «j’étais sûre qu’il allait envoyer quelqu’un pour me tuer ou me faire du mal»«Bonnet donne l’impression de quelqu’un qui n’a peur de personne, quelqu’un de politique, qui connaît du monde. Quand quelqu’un venait me parler, je pensais systématiquement qu’il était envoyé par [Soral]». Elle a «des idées noires», finit par appeler au secours. Un médecin la prend en charge. Elle quitte l’Allemagne et rentre en France, va au commissariat. Nous sommes le 16 novembre 2014.

Au tribunal, jeudi, Binti Bangoura est venue seule, accompagnée par son avocat, Me Philippe-Henry Honegger. Deux ans après les faits, elle dit n’avoir plus confiance en personne. Elle enchaîne les petits boulots, la boule au ventre. Elle raconte qu’une fois, à Orange, où elle était hôtesse, elle a retrouvé des inscriptions la concernant sur les murs : le petit copain d’une collègue était fan d’Alain Soral. «Les employeurs me demandent systématiquement des comptes sur cette histoire, car quand on tape mon nom sur Internet, ce sont les articles d’Egalité et Réconciliation qui remontent en premier». Aux juges qui l’interrogent, elle répond, un petit tremblement dans la voix, qu’elle craint pour la suite : «Alain Soral a dit qu’il ne va pas s’arrêter». 

C’est par la voix de son avocat que l’homme réplique. Mais pas question d’évoquer les messages, dont il n’a «jamais contesté» l’existence. Me Lahcène Drici axe sa plaidoirie ainsi : «il n’y a pas de preuve qu’Alain Soral en était l’auteur». Il souligne qu’aucun huissier n’a constaté qu’ils provenaient bien de son téléphone.

Le parquet a réclamé six mois ferme pour l’essayiste. Le jugement a été mis en délibéré au 26 novembre.

Libe

Laïcité : Le Conseil d’Etat autorise la Crèche dans les mairies

Le Conseil d’Etat se penchait ce vendredi 21 octobre sur le dossier sensible des crèches de Noël dans les lieux publics. Le rapporteur public de l’institution préconise leur autorisation « sous conditions ».
 
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La question divise. Ce vendredi 21 octobre, le rapporteur public du Conseil d’Etat a recommandé d’autoriser, sous conditions, les crèches de Noël dans les bâtiments publics. Dans un pays à vif sur la laïcité, la plus haute juridiction administrative devait trancher entre deux cas de figure. D’un côté le tribunal administratif de Nantes, qui a validé l’installation d’une crèche en mairie, de l’autre la cour de Paris, qui a quant à elle reconnu légitime d’en interdire la présence.

Alors quelles sont ces conditions, évoquées par le rapporteur public ? Selon lui, l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et plus généralement le principe de neutralité « n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public », sauf quand une « intention religieuse » préside à une telle manifestation. Une interprétation que pourrait choisir de ne pas suivre le Conseil d’Etat, qui rendra sa décisiion dans quelques semaines.

Une décision qui pourrait venir clore des polémiques, remises au goût du jour à chaque période hivernale, lorsque mairies et associations se déchirent sur l’inauguration d’un symbole religieux dans l’antre de la République. En décembre 2015, c’est Julien Sanchez, maire Front national de Beaucaire, qui créait le débat, venant s’ajouter à une liste déjà bien fournie d’élus – frontistes ou assimilés pour la plupart – tenant à l’exposition controversée.

LCI