10 réflexions sur “Pour Francois Fillon la colonisation se dit: partager sa culture avec les peuples d’Afrique

  1. La colonisation c’est partager sa culture.
    Misère. Nos hommes politiques sont de grands malades.
    Soit ils se moquent du monde.
    Soit ils sont de grands malades.
    L’un ou l’autre.
    J’ai bien peur qu’ils pensent vraiment ce qu’ils disent. Qu’ils soient de grands malades donc.

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  2. Déconstruisons un discours politicien racoleur.

    « la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord » :
    -> traduisez par « la colonisation c’était pour éduquer les races inférieures, absolument pas pour récupérer des ressources et s’ouvrir de nouveaux marchés ». ce discours était employé par les blancs pendant la IIIème République pour justifier l’exploitation de populations entières et leur dépossession territoriale, économique et culturelle et religieuse. Rudyard Kipling appelait ça « le fardeau de l’homme blanc », et Ferry l’a largement relayé en France.
    conclusion partielle, Fillon a l’esprit et l’éducation qui retardent de 100-130 ans.

    « la France n’a pas inventé l’esclavage » :
    -> mais elle l’a bien perpétré, étant après les Britanniques, les Espagnols et les Néerlandais, les Français ont tout de même déporté (en commençant plus tard que les concurrents) une main d’oeuvre servile nombreuse. et pas pour leur faire profiter de la culture de la métropole. et elle a mis un temps très long à renoncer à la traite (1815-1817), et encore plus long à abolir le statut d’esclave (1848) mais laissant une période de transition pendant laquelle les anciens esclaves n’étaient pas pour autant des citoyens de plein droit. donc effectivement la France n’a pas inventé l’esclavage. mais elle l’a perpétré, raffiné, et fait durer le plus longtemps possible.
    conclusion partielle, Fillon estime normal d’employer un outil dégueulasse tant qu’on ne l’a pas inventé soi-même. godwinons tout ça un brin : selon sa logique, il est donc acceptable moralement d’employer des fours crématoires pour exterminer une population indésirable puisque nous ne serions pas les premiers à l’avoir fait ?

    « la France, c’est quinze siècle d’histoire depuis le baptême de Clovis à Reims » :
    -> non et non. la France n’est pas si vieille, loin s’en faut. à l’époque de Clovis, on parle de « roi des Francs », un peuple GERMANIQUE. on commence à parler de roi de France en tant qu’entité féodale uniquement, comme un ensemble de provinces soumises à un même roi (donc en fait des territoires reçus par des nobles de la part d’un noble d’un calibre supérieur contre lequel ils doivent un service armé, et dont la population n’a absolument pas conscience, seuls les grands féodaux fréquentant le roi parlent de France, comme on parle de territoires sur un plateau de Risk) qu’à partir de Philippe Auguste, grosso modo soit au XIIIème siècle. la baptême de Clovis et de ses guerriers date du Vème siècle. Fillon exagère donc d’au moins huit siècles.
    et on ne peut parler de la France comme d’un espace regroupant ce qui commence à se considérer à tâtons comme une nation qu’au plus tôt à l’issue de la guerre de cent ans (et encore, ça reste discutable). donc au XVème siècle. l’exagération passe carrément à dix siècles. pour les quinze avancés, mathématiquement, la marge d’erreur est ridiculement haute.
    -> bonus applicable aux sous-entendus nauséabonds, le baptême de Clovis serait l’événement fondateur de la France, permettant d’établir des racines chrétiennes pour le pays entier. connerie que cela : d’une part c’est pas parce qu’un roi (qui n’a rien d’absolu, oubliez le modèle François Ier/Louis XIV ; à l’époque c’est un chef de guerre qui redistribue des terres, lève des impôts et rend la justice entre ses différents subordonnés) et 200 gugusses se font baptiser que la population change de religion par magie. il faudra plusieurs siècles et des luttes acharnées pour faire en sorte que la population catholique du pays atteigne entre 80 et 95% de la population des territoires inféodés au roi des Francs au XIIIème siècle. alors penser qu’en 451 la France apparaît magiquement du fait d’un baptême, c’est inculte et stupide.
    conclusion partielle, Fillon ne connaît pas (ou feint de méconnaître pour la déformer à des fins politiques) l’histoire qu’il défend.

    « la France c’est Saint Louis, c’est Louis XI, c’est Louis XIV, c’est les révolutionnaires de 1789, c’est Bonaparte, c’est Napoléon III, c’est la IIIème République, c’est Gambetta, Thiers, Jules Ferry, Clemenceau, Jaurès, Poincaré, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac »
    -> la citation coupe, j’espère sincèrement qu’il arrête là sa liste au risque de vomir. La France serait donc une série de grands hommes (notez, à part peut-être dans l’agglomérat des révolutionnaires, pas de femme ; je lui sais gré néanmoins de nous avoir épargné Jeanne d’Arc), pas une population. Fillon tombe là dans une vision de l’histoire assez vieille, reprochée au début du XXème siècle par les historiens d’une nouvelle génération à leurs prédécesseurs qui se concentraient sur une histoire politique, des grands hommes et obsédée par la chronologie. et cette liste que montre-t-elle ? une chronologie de grands hommes politiques. on a là les trois idoles dénoncées : chronologique, individuelle, politique. strike !
    ajoutons que ses emblèmes sont choisis parmi la fine fleur du passé : dans le tas figurent un roi fanatique imposant aux juifs de porter un symbole reconnaissable sur leur habit, un sournois de premier ordre, un mégalomane ayant persécuté et poussé à l’exil plus de deux cent mille personnes et ruiné l’économie du pays, une bande d’exaltés ayant exercé une justice sommaire et expéditive, un autre mégalomaniaque ayant provoqué par ses guerres deux millions et demi de militaires et un million de civils, le premier président de la République française qui l’a sabordée pour en faire un nouvel empire, un boucher ayant massacré les communards et levé un impôt pour édifier au lieu de leur exécution une basilique d’un goût douteux, un homme capable d’un côté de prôner l’égalité par l’instruction et de l’autre l’enchaînement de populations entières parce qu’elles n’ont pas atteint le même niveau technique, une diva au carcan moral prononcé qui pensait que la politique française ne pouvait sans lui qu’être mauvaise, un homme pour qui fricoter avec les dictatures africaines valait bien quelques diamants, un vichyste reconverti en monarque gauchiste, et un adepte des essais nucléaires dévastateurs.
    conclusion partielle, Fillon retarde aussi d’un siècle dans sa façon de concevoir historiquement une société, et il admire un certain nombre de personnalités peu recommandables.

    conclusion finale, François Fillon devrait arrêter de maltraiter l’histoire et de l’invoquer pour servir ses desseins.

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    • Ha. Oui quand meme. Ils nous prennent pour des nigots alors. L’esclavage s’est produit également en France avec les serfs. Le maitre leur laissait de quoi manger, un toit et en échange ils travaillaient gratuitement pour lui. Meme si ce n’était pas la meme échelle, il n’y a pas eu que les noirs en Afrique qui l’ont subit.

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      • Je comprends ton intention avec ce commentaire Poupougnette (je peux te tutoyer ?), mais je veux souligner le fait que la différence immense entre serf et esclave. Ce n’est pas seulement une question d’échelle, mais de considération.
        Les conditions d’un serf étaient particulièrement difficiles, je l’accorde, mais peut-on vraiment comparer avec des esclaves arrachés de leur terre natale, entassés dans des bateaux négriers où ils devaient endurer une longue traversée dans 1m cube (beaucoup meurent pendant le voyage), pour enfin appartenir à leur futur maître en tant que bien. J’insiste sur ce dernier point : là où le serf était quand même vu comme un être humain, l’esclave était légalement considéré comme un « bien meuble » (selon le Code Noir).
        Encore une fois, je comprends ce que tu as voulu partager, mais l’esclavage (et ses conséquences bien modernes dans les esprits) et le servage ne sont pas vraiment sur le même plan…

        Rien à voir, mais Simon Dietz est mon nouveau héros ! ♥

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  3. Oui c’est sur qu’il n’y avait pas la notion de race inférieure, de toutes les théories folles qui étaient faites sur les noirs.
    Mais ce que je voulais dire c’est que la posture de monsieur Fillon à l’air d’etre de dire que toute la nation française comme un bloc n’a toujours été que le bien pour elle meme et pour les autres. Tandis que non. Ses propres citoyens ont aussi été maltraités par la France elle meme. Et pas que les noirs issus de contrées lointaines.
    Il dit d’envahisseurs qu’ils ont été les grands hommes de l’Histoire de France. Les guerres napoléoniennes étaient des boucheries. Ils ont fait l’Histoire de France. Il sont l’Histoire de France. Ce que je demande c’est ce que l’Histoire de France à a voir avec la politique. C’est de la culture, du savoir, mais quel est le rapport avec notre vie ici et maintenant. Quel est le rapport entre le passé et le métier de politique qui consiste à prendre des décisions pour améliorer la vie des citoyens dans la vie de tous les jours ici et maintenant.

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    • Je suis bien d’accord avec votre dernier point. C’est tout bonnement la manipulation du passé au service de l’idéologie du présent. Franchement, ça me fait peur.

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  4. Ping : «La colonisation c’est partager sa culture avec les peuples d’Afrique» Elie Domota dénonce le «racisme» de Fillon | Fdebranche

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